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DMHPDiméthylheptylpyrane

Analogue synthétique du THC à chaîne diméthylheptyle, plus puissant, hypotenseur ; stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₅H₃₈O₂

CAS 32904-22-6

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBLigand de recherche ou médicament
Masse molaire
370,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

Le diméthylheptylpyrane, ou DMHP, est un cannabinoïde fabriqué en laboratoire, décrit dès 1949 : c'est une variante du THC dont la chaîne latérale est plus longue et ramifiée, et qui s'est montrée plus active que le THC chez l'animal. Il n'existe pas dans le chanvre. L'armée américaine l'a étudié dans les années 1960 comme agent incapacitant non létal ; son effet le plus marqué est une baisse de la tension artérielle en position debout. En France, il est nommément classé comme stupéfiant.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteAttribué au CB1 par analogie de structure avec le Δ9-THC ; aucune constante d'affinité ni mesure d'efficacité publiée pour le DMHP lui-même
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de DMHP : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de DMHP.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1Agonisteaucune valeur mesurée citée

    Attribué au CB1 par analogie de structure avec le Δ9-THC ; aucune constante d'affinité ni mesure d'efficacité publiée pour le DMHP lui-même

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

Le DMHP est un cannabinoïde classique : il conserve le squelette tricyclique du THC et n'en modifie que deux points, la position de la double liaison, en 6a,10a, et la chaîne latérale, un groupe 1,2-diméthylheptyle ramifié qui remplace le pentyle. Chez l'animal, il reproduit des effets du Δ9-THC : ralentissement dose-dépendant des réponses corticales somesthésiques chez le chat, où il est plus puissant que le THC (Wilkison et coll., 1982), baisse de température chez le chat et tachycardie chez le rat éveillé. Ce qui le sépare le plus nettement du THC est cardiovasculaire : la revue de Pradhan (1984) conclut à une action hypotensive plus puissante et plus prolongée que celle du Δ9-THC pour un effet psychique bien moindre, avec une hypotension orthostatique à des doses très inférieures à celles qui provoquent une incapacité mentale légère. Le DMHP et son acétate (EA-2233) ont une puissance voisine, et chacun se compose de huit stéréo-isomères de puissances inégales : les isomères 2 et 4 sont les plus actifs. L'activité est attribuée au récepteur CB1 sans qu'aucune constante de liaison ni mesure d'efficacité n'ait été publiée pour ce composé, sa pharmacologie ayant été établie avant l'identification des récepteurs. Une étude des effets et de la disposition du DMHP chez l'homme a été publiée en 1974 (Lemberger et coll.) ; les sources consultées ne décrivent aucun essai clinique.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : aucune plante ne la produit. Décrite dès 1949 dans les travaux de Roger Adams sur les analogues du tétrahydrocannabinol, elle a ensuite été étudiée dans les années 1960 par le programme militaire américain d'agents incapacitants d'Edgewood Arsenal, qui lui a donné les désignations EA-1476 (DMHP) et EA-2233 (son ester O-acétique). Les sources consultées ne la signalent dans aucun produit de consommation, et elle n'entre dans aucun produit légal à base de chanvre.
Première description
Décrit en 1949 par Roger Adams, Morton Harfenist et S. Loewe, dans le dix-neuvième volet de leur série « New Analogs of Tetrahydrocannabinol » (J Am Chem Soc 1949, 71(5):1624-1628) ; la revue de Valenzuela-Tapia et coll. (2025) rapporte une découverte en 1949 par Adams lors des travaux d'élucidation de la structure du THC. Il a ensuite été étudié par le programme militaire américain d'Edgewood Arsenal, sous les désignations EA-1476 pour le diméthylheptylpyrane et EA-2233 pour son acétate (Pradhan, 1984). Lemberger et coll. ont publié en 1974 une étude des effets et de la disposition du DMHP chez l'homme.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biologique. Le diméthylheptylpyrane ne résulte d'aucune biosynthèse : il n'existe pas de précurseur vivant portant une chaîne 1,2-diméthylheptyle, et la molécule relève uniquement de la chimie de synthèse, sans aucune étape enzymatique.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Ligand de recherche ou médicament

Classe

classique

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

Dimethylheptylpyran (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Cannabinoïde classique de type THC : squelette tricyclique benzo[c]chromène, également écrit dibenzo(b,d)pyrane, portant un phénol en position 1, une double liaison placée en 6a,10a et non en 9 comme dans le delta-9-THC, et surtout une chaîne latérale 1,2-diméthylheptyle ramifiée à la place du pentyle. Ce n'est ni un ester ni un éther du THC mais un homologue de chaîne, d'où une masse moléculaire de 370 contre 314 pour le delta-9-THC.

Pharmacocinétique

Les sources consultées ne donnent aucun paramètre quantitatif fiable pour le DMHP (biodisponibilité, volume de distribution, demi-vie d'élimination). Lemberger et coll. ont publié en 1974 une étude des effets pharmacologiques et de la disposition du DMHP chez l'homme, dont le texte n'a pas pu être consulté. La revue de Valenzuela-Tapia et coll. (2025) rapporte, pour l'acétate EA-2233 administré à des volontaires militaires, des effets persistant jusqu'à deux à trois jours avec l'isomère le plus puissant (EA-2233-2).

Métabolisme

Le devenir métabolique du DMHP a fait l'objet d'une étude in vitro et in vivo (Lemberger et coll., 1973), dont le texte n'a pas pu être consulté. Les sources consultées ne décrivent aucun panel de métabolites urinaires validé chez l'homme ni aucun marqueur d'exposition pour la pratique toxicologique courante.

Toxicologie et risques

Le signal principal est hémodynamique. La revue de Pradhan (1984) retient, pour le DMHP et son acétate, une hypotension orthostatique à des doses très inférieures à celles qui provoquent une incapacité mentale légère, avec une action hypotensive plus puissante et plus prolongée que celle du Δ9-THC. Chez l'animal, la molécule produit par ailleurs une tachycardie chez le rat éveillé, une baisse de température chez le chat et un ralentissement des réponses corticales évoquées. La revue de Valenzuela-Tapia et coll. (2025) cite une DL50 intraveineuse d'environ 63 mg/kg chez la souris et une dose létale minimale intraveineuse d'environ 10 mg/kg chez le chien. Ce risque de classe (agitation, convulsions, troubles psychiatriques aigus) décrit pour les cannabinoïdes de synthèse récents n'a pas été documenté spécifiquement pour le DMHP.

Détection et analyse

Les sources consultées ne décrivent ni méthode de dépistage validée ni métabolite urinaire retenu comme marqueur pour le DMHP ; la recherche en milieu biologique porterait sur la molécule mère. En spectrométrie de masse, sa masse moléculaire (370,6) la distingue du Δ9-THC (314,5), et l'identification d'un échantillon repose sur la comparaison à un étalon de référence.

Références

  1. Adams R, Harfenist M, Loewe S. New Analogs of Tetrahydrocannabinol. XIX. J Am Chem Soc. 1949;71(5):1624-1628 (nouvel onglet)DOI 10.1021/ja01173a023
  2. Pradhan SN. Pharmacology of some synthetic tetrahydrocannabinols. Neurosci Biobehav Rev. 1984;8(3):369-385 (revue consacrée au DMHP et à son acétate : EA 1476, EA 2233, hypotension orthostatique, huit isomères) (nouvel onglet)PMID 6095152
  3. Valenzuela-Tapia LN et coll. The Blurred Lines Between New Psychoactive Substances and Potential Chemical Weapons. Toxics. 2025 (EA-2233, ester O-acétique du DMHP ; Edgewood Arsenal) (nouvel onglet)PMID 40863935
  4. Lemberger L, McMahon R, Archer R, Matsumoto K, Rowe H. Pharmacologic effects and physiologic disposition of delta 6a,10a dimethyl heptyl tetrahydrocannabinol (DMHP) in man. Clin Pharmacol Ther. 1974;15(4):380-386 (nouvel onglet)PMID 4821441
  5. Lemberger L, McMahon RE, Archer R, Matsumoto K, Rowe H. The in vitro and in vivo metabolism of delta 6a,10a dimethyl heptyl tetrahydrocannabinol (DMHP). J Pharmacol Exp Ther. 1973;187(1):169-175 (nouvel onglet)PMID 4746325
  6. Osgood PF, Howes JF. delta9-Tetrahydrocannabinol and dimethylheptylpyran induced tachycardia in the conscious rat. Life Sci. 1977 (nouvel onglet)PMID 927033
  7. Wilkison DM, Pontzer N, Hosko MJ. Slowing of cortical somatosensory evoked activity by delta 9-tetrahydrocannabinol and dimethylheptylpyran in alpha-chloralose-anesthetized cats. Neuropharmacology. 1982;21(7):705-709 (nouvel onglet)PMID 6289158
  8. Hosko MJ, Schmeling WT, Hardman HF. Evidence for a caudal brainstem site of action for cannabinoid induced hypothermia. Brain Res Bull. 1981 (DMHP étudié avec le THC et le 11-OH-THC) (nouvel onglet)PMID 7225905
  9. ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (annexe III, entrée « DMHP ou hydroxy-1 (diméthyl-1,2 heptyl)-3 tétrahydro-7,8,9,10 triméthyl-6,6,9 6H-dibenzo(b,d)pyranne ») (nouvel onglet)
  10. Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, Légifrance (nouvel onglet)
  11. OICS (INCB), Liste verte des substances psychotropes placées sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau I : DMHP) (nouvel onglet)
  12. OICS (INCB), Liste verte des substances psychotropes placées sous contrôle international, 36e édition, 2025 (tableau I : DMHP) (nouvel onglet)
  13. PubChem, Compound Summary CID 36276, 3-(1,2-dimethylheptyl)-7,8,9,10-tetrahydro-6,6,9-trimethyl-6H-dibenzo(b,d)pyran-1-ol (identifiants et formule) (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom courant
Diméthylheptylpyrane
Nom IUPAC
6,6,9-trimethyl-3-(3-methyloctan-2-yl)-7,8,9,10-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol
Autres noms
Dimethylheptylpyran · DMHP · 3-(1,2-diméthylheptyl)-delta-6a(10a)-THC · delta-6a,10a-dimethylheptyl-tetrahydrocannabinol · alpha-6,10a-dimethylheptyl-tetrahydrocannabinol · EA-1476 · EA-2233 · A-40824 · 1-hydroxy-3-(1,2-dimethylheptyl)-6,6,9-trimethyl-7,8,9,10-tetrahydro-6H-dibenzo[b,d]pyran · 6,6,9-trimethyl-3-(3-methyloctan-2-yl)-7,8,9,10-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol

Identifiants

Formule
C₂₅H₃₈O₂
CAS
32904-22-6
InChIKey
QBEFIFWEOSUTKV-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCC(C)C(C)C1=CC2=C(C3=C(CCC(C3)C)C(O2)(C)C)C(=C1)O

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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