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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

DMHP

Diméthylheptylpyrane

6,6,9-trimethyl-3-(3-methyloctan-2-yl)-7,8,9,10-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol

Alias.Dimethylheptylpyran · DMHP · 3-(1,2-diméthylheptyl)-delta-6a(10a)-THC · delta-6a,10a-dimethylheptyl-tetrahydrocannabinol · alpha-6,10a-dimethylheptyl-tetrahydrocannabinol · EA-1476 · EA-2233 · A-40824 · 1-hydroxy-3-(1,2-dimethylheptyl)-6,6,9-trimethyl-7,8,9,10-tetrahydro-6H-dibenzo[b,d]pyran · 6,6,9-trimethyl-3-(3-methyloctan-2-yl)-7,8,9,10-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol

Analogue synthétique du THC à chaîne diméthylheptyle, plus puissant, hypotenseur ; stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₅H₃₈O₂
Masse molaire
370.29 g·mol⁻¹
CAS
32904-22-6
PubChem CID
36276
Première description
Première synthèse décrite en 1949 par Roger Adams, Morton Harfenist et Siegfried Loewe, dans le dix-neuvième volet de leur série sur les analogues du tétrahydrocannabinol au Journal of the American Chemical Society : le remplacement de la chaîne pentyle par une chaîne 1,2-diméthylheptyle y est identifié comme un facteur d'augmentation majeure de l'activité. La molécule a ensuite été reprise dans les années 1960 par le programme américain d'agents incapacitants d'Edgewood Arsenal, sous les désignations EA-1476 et EA-2233 ; les sources divergent sur celle qui vise le phénol libre et celle qui vise son ester acétique, la revue de Pradhan attribuant EA-1476 au diméthylheptylpyrane et EA-2233 à son acétate. La première étude publiée chez l'homme est celle de Lemberger et collaborateurs, en 1974.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : aucune plante ne la produit et elle ne figure dans aucun profil de cannabinoïdes végétaux. Sa seule existence matérielle est celle d'un produit de laboratoire, préparé pour la recherche pharmacologique puis, dans les années 1960, pour un programme militaire américain. Elle ne circule pas sur le marché de consommation et n'entre dans aucun produit légal à base de chanvre.
InChIKey
QBEFIFWEOSUTKV-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le diméthylheptylpyrane, ou DMHP, est un cannabinoïde fabriqué en laboratoire en 1949 : c'est une variante du THC dont la queue moléculaire a été allongée, ce qui la rend nettement plus active. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a jamais été un produit de consommation : l'armée américaine l'a étudié dans les années 1960 comme agent d'incapacitation, surtout pour la chute de tension artérielle qu'il provoque. En France, il est nommément classé comme stupéfiant.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    10
  • Clarté
    5
  • Sommeil
    15
  • Appétit
    12
  • High
    8

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le DMHP est un cannabinoïde classique : il conserve le squelette tricyclique du THC et n'en modifie que deux points, la position de la double liaison, en 6a,10a, et la chaîne latérale, un groupe 1,2-diméthylheptyle ramifié qui remplace le pentyle. Cette seule modification de chaîne suffit à changer d'échelle de puissance : chez l'animal, le DMHP reproduit les effets du delta-9-THC en étant plus actif que lui, avec un ralentissement dose-dépendant des réponses somesthésiques corticales chez le chat, une hypothermie d'origine bulbaire et une tachycardie chez le rat éveillé. Ce qui le sépare le plus nettement du THC est cardiovasculaire : la revue de Pradhan conclut à une action hypotensive plus puissante et plus prolongée que celle du delta-9-THC pour un effet psychique moindre, et c'est cette chute de tension, survenant en deçà des expositions psychoactives, qui a motivé l'intérêt militaire et qui constitue le danger principal. L'activité est attribuée au récepteur CB1 sans qu'aucune constante de liaison ni mesure d'efficacité n'ait jamais été publiée pour ce composé, sa pharmacologie ayant été établie avant l'identification des récepteurs. Une étude de disposition chez l'homme existe, publiée en 1974, mais il n'y a aucun essai clinique, aucun bénéfice thérapeutique établi et aucune marge de sécurité définie.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biologique. Le diméthylheptylpyrane ne résulte d'aucune biosynthèse : il n'existe pas de précurseur vivant portant une chaîne 1,2-diméthylheptyle, et la molécule s'obtient uniquement par voie chimique, par condensation d'un résorcinol substitué par cette chaîne avec un synthon terpénique, sans aucune étape enzymatique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : aucune plante ne la produit et elle ne figure dans aucun profil de cannabinoïdes végétaux. Sa seule existence matérielle est celle d'un produit de laboratoire, préparé pour la recherche pharmacologique puis, dans les années 1960, pour un programme militaire américain. Elle ne circule pas sur le marché de consommation et n'entre dans aucun produit légal à base de chanvre.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Cannabinoïde classique de type THC : squelette tricyclique benzo[c]chromène, également écrit dibenzo(b,d)pyrane, portant un phénol en position 1, une double liaison placée en 6a,10a et non en 9 comme dans le delta-9-THC, et surtout une chaîne latérale 1,2-diméthylheptyle ramifiée à la place du pentyle. Ce n'est ni un ester ni un éther du THC mais un homologue de chaîne, d'où une masse moléculaire de 370 contre 314 pour le delta-9-THC.

Pharmacocinétique

Molécule très lipophile, davantage encore que le delta-9-THC du fait de sa chaîne allongée, ce qui va de pair avec une installation lente et une durée d'action longue. Lemberger et collaborateurs ont publié en 1974 la seule étude de disposition chez l'homme, conduite avec un composé marqué au carbone 14 et assortie du suivi de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque, de la salivation et du sommeil. Les comptes rendus du programme militaire américain décrivent une incapacité persistant deux à trois jours après une exposition unique, ce qui situe la durée d'action très au-delà de celle du THC. Les paramètres quantitatifs usuels, biodisponibilité, volume de distribution et demi-vie d'élimination, ne sont pas établis de façon fiable dans la littérature indexée.

Métabolisme

Le devenir métabolique a fait l'objet d'une étude dédiée, publiée par Lemberger et collaborateurs en 1973, portant à la fois sur des systèmes in vitro et sur l'animal entier chez la souris, le rat, le cobaye, le lapin et le chien : elle décrit une transformation hépatique par hydroxylation, sur le modèle de ce qui est connu du delta-9-THC, et un dérivé 11-hydroxylé. Aucun panel de métabolites urinaires n'a été validé chez l'homme et aucun marqueur d'exposition n'est disponible pour la pratique toxicologique courante.

Toxicologie et risques

Le signal principal est hémodynamique. La revue de Pradhan retient une action hypotensive plus puissante et plus prolongée que celle du delta-9-THC, obtenue à des expositions inférieures à celles qui produisent les effets psychiques : le retentissement attendu est un malaise orthostatique, des vertiges, une faiblesse musculaire et une syncope, avec le risque de chute qui en découle. Chez l'animal, la molécule produit par ailleurs une tachycardie chez le rat éveillé, une hypothermie dose-dépendante rapportée à un site du tronc cérébral caudal et un ralentissement des réponses corticales évoquées chez le chat. La létalité aiguë n'apparaît, chez l'animal, qu'à des expositions très supérieures à celles qui produisent les effets centraux et aucun décès n'est rapporté ; cet écart n'a jamais été traduit en marge de sécurité chez l'homme et ne dit rien du risque de collapsus, qui est le danger réel. Comme agoniste des récepteurs CB1 bien plus puissant que le THC, la molécule appartient à la catégorie pharmacologique associée, chez les consommateurs de cannabinoïdes de synthèse, aux intoxications sévères : agitation, convulsions, troubles psychiatriques aigus. Ce risque de classe n'a pas été documenté spécifiquement pour le DMHP, qui n'a jamais circulé comme produit de consommation.

Détection et analyse

L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence : la masse moléculaire de 370 et le profil de fragmentation la séparent sans ambiguïté du delta-9-THC, dont la masse est de 314. Les immunoessais destinés au cannabis ne sont pas conçus pour cette structure et un résultat négatif ne vaut pas absence. La littérature indexée ne décrit aucune méthode de dépistage validée qui la cible ni aucun métabolite urinaire retenu comme marqueur, si bien que la recherche en milieu biologique porterait sur la molécule mère.

Références

  1. 1.Adams R, Harfenist M, Loewe S. New Analogs of Tetrahydrocannabinol. XIX. J Am Chem Soc. 1949;71(5):1624-1628 (première synthèse)DOI 10.1021/ja01173a023
  2. 2.Lemberger L, McMahon R, Archer R, Matsumoto K, Rowe H. Pharmacologic effects and physiologic disposition of delta 6a,10a dimethyl heptyl tetrahydrocannabinol (DMHP) in man. Clin Pharmacol Ther. 1974;15(4):380-386PMID 4821441
  3. 3.Lemberger L, McMahon RE, Archer R, Matsumoto K, Rowe H. The in vitro and in vivo metabolism of delta 6a,10a dimethyl heptyl tetrahydrocannabinol (DMHP). J Pharmacol Exp Ther. 1973;187(1):169-175PMID 4746325
  4. 4.Pradhan SN. Pharmacology of some synthetic tetrahydrocannabinols. Neurosci Biobehav Rev. 1984;8(3):369-385 (revue consacrée au DMHP et à son acétate)PMID 6095152
  5. 5.Osgood PF, Howes JF. delta9-Tetrahydrocannabinol and dimethylheptylpyran induced tachycardia in the conscious rat. Life Sci. 1977PMID 927033
  6. 6.Osgood PF, Howes JF, Razdan RK, Pars HG. Drugs derived from cannabinoids. 7. Tachycardia and analgesia structure-activity relationships in delta9-tetrahydrocannabinol and some synthetic analogues. J Med Chem. 1978;21(8):809-811PMID 691006
  7. 7.Wilkison DM, Pontzer N, Hosko MJ. Slowing of cortical somatosensory evoked activity by delta 9-tetrahydrocannabinol and dimethylheptylpyran in alpha-chloralose-anesthetized cats. Neuropharmacology. 1982;21(7):705-709PMID 6289158
  8. 8.Hosko MJ, Schmeling WT, Hardman HF. Evidence for a caudal brainstem site of action for cannabinoid induced hypothermia. Brain Res Bull. 1981 (DMHP étudié avec le THC et le 11-OH-THC)PMID 7225905
  9. 9.Razdan RK, Dalzell HC. Drugs derived from cannabinoids. 6. Synthesis of cyclic analogues of dimethylheptylpyran. J Med Chem. 1976PMID 1271414
  10. 10.ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (annexe III, entrée « DMHP ou hydroxy-1 (diméthyl-1,2 heptyl)-3 tétrahydro-7,8,9,10 triméthyl-6,6,9 6H-dibenzo(b,d)pyranne »)
  11. 11.Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, Légifrance
  12. 12.PubChem, Compound Summary CID 36276, 3-(1,2-dimethylheptyl)-7,8,9,10-tetrahydro-6,6,9-trimethyl-6H-dibenzo(b,d)pyran-1-ol (identifiants et formule)
  13. 13.Wikipedia, Dimethylheptylpyran (synthèse encyclopédique du programme d'Edgewood Arsenal et des désignations EA)

Données structurées

InChIKey
QBEFIFWEOSUTKV-UHFFFAOYSA-N
Formule
C25H38O2
Masse molaire
370.29 g·mol⁻¹
CAS
32904-22-6
PubChem CID
36276
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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