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Modulateur ECS (recherche)

Non listé

AM404

AM404

(5Z,8Z,11Z,14Z)-N-(4-hydroxyphenyl)icosa-5,8,11,14-tetraenamide

Alias.N-arachidonoylphenolamine · AM404 · N-(4-hydroxyphenyl)arachidonylamide

Inhibiteur du transport de l'anandamide, agoniste TRPV1, et métabolite actif du paracétamol.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₆H₃₇NO₂
Masse molaire
395.60 g·mol⁻¹
CAS
183718-77-6
PubChem CID
6604822
Première description
AM404 a été décrit en 1997 dans Science par Marcello Beltramo, Daniele Piomelli et Alexandros Makriyannis, comme premier inhibiteur sélectif du transport membranaire de l'anandamide ; son nom vient de la série de composés « AM » du laboratoire de Makriyannis. En 2005, l'équipe d'Edward Högestätt et de Peter Zygmunt a montré que la même molécule se forme dans le système nerveux à partir du paracétamol, ce qui a fait passer AM404 du statut d'outil pharmacologique à celui de métabolite actif d'un médicament courant.
Origine
AM404 n'existe ni dans le cannabis ni dans aucune autre plante. C'est une molécule de synthèse, obtenue par condensation de l'acide arachidonique avec le 4-aminophénol. Elle possède toutefois une origine endogène particulière : elle se forme chez l'être humain après la prise de paracétamol, le foie désacétylant d'abord ce médicament en p-aminophénol, lequel franchit la barrière hémato-encéphalique avant d'être conjugué dans le tissu nerveux.
InChIKey
IJBZOOZRAXHERC-DOFZRALJSA-N

En clair

AM404 est une molécule de laboratoire, absente du cannabis comme de toute autre plante. Elle a la particularité de se former aussi dans le cerveau après la prise de paracétamol, à partir d'un produit de dégradation de ce médicament. Les chercheurs s'en servent pour freiner l'élimination de l'anandamide, un cannabinoïde fabriqué par le corps, mais ce n'est ni un complément ni un produit destiné à être consommé.

Récepteurs et activité

  • TRPV1
    Agoniste
  • Transporteur membranaire de l'anandamide
    Antagoniste
  • Canaux sodiques Nav1.7 et Nav1.8
    Antagoniste
  • CB1
    Agoniste partiel
  • COX-1 et COX-2
    Antagoniste
  • CB2
    Agoniste partiel
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

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  • Apaisement
    12
  • Clarté
    8
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    8
  • High
    8

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

AM404 a été conçu comme inhibiteur sélectif du transport membranaire de l'anandamide : en freinant la recapture de cet endocannabinoïde par les neurones et les astrocytes, il prolonge sa durée de vie synaptique et amplifie indirectement la signalisation CB1, sans se comporter lui-même en agoniste cannabinoïde franc. La pharmacologie s'est ensuite révélée plus large, puisque la molécule active puissamment le récepteur vanilloïde TRPV1, cible qui explique une bonne part de ses effets antinociceptifs et anticonvulsivants chez l'animal, et inhibe faiblement les cyclo-oxygénases purifiées. Sa notoriété tient surtout à sa seconde identité : en 2005, la conjugaison du p-aminophénol à l'acide arachidonique par la FAAH a été mise en évidence dans le cerveau et la moelle épinière, faisant d'AM404 un métabolite actif du paracétamol et une explication candidate de l'action centrale de cet antalgique. Les données humaines manquent : AM404 a été détecté dans le liquide céphalo-rachidien de patients ayant reçu du paracétamol, mais la molécule n'a jamais été administrée comme telle à l'être humain, et il n'existe ni essai clinique, ni posologie, ni profil de sécurité établi. Un signal d'abus mérite d'être noté, le composé s'étant montré auto-administré par voie intraveineuse chez le singe écureuil, avec réamorçage de la recherche de drogue, effets tous deux atténués par un antagoniste CB1.

Sources clés.

Origine (outil de recherche)

Aucune voie végétale : AM404 ne provient pas du cannabis. Sa seule formation naturelle documentée est métabolique et se déroule chez le mammifère. Après ingestion de paracétamol, la désacétylation hépatique libère le p-aminophénol, qui gagne le système nerveux central et y est conjugué à l'acide arachidonique par l'amide hydrolase des acides gras (FAAH). Cette conjugaison disparaît chez les souris dépourvues de FAAH, ce qui désigne cette enzyme comme responsable de la réaction. La formation a lieu surtout au niveau supraspinal, dans le cerveau et la moelle épinière, et a également été observée dans des neurones sensitifs périphériques.

Classification structurelle

Classe
Modulateur ECS (recherche)
Origine
AM404 n'existe ni dans le cannabis ni dans aucune autre plante. C'est une molécule de synthèse, obtenue par condensation de l'acide arachidonique avec le 4-aminophénol. Elle possède toutefois une origine endogène particulière : elle se forme chez l'être humain après la prise de paracétamol, le foie désacétylant d'abord ce médicament en p-aminophénol, lequel franchit la barrière hémato-encéphalique avant d'être conjugué dans le tissu nerveux.
Statut
Non listé

N-acylphénolamine : amide formé entre l'acide arachidonique et le 4-aminophénol. La molécule reprend la chaîne grasse polyinsaturée en C20 de l'anandamide, mais le groupement éthanolamine y est remplacé par un noyau phénolique para-hydroxylé, ce qui la range parmi les analogues synthétiques des N-acyléthanolamines plutôt que parmi les cannabinoïdes terpénophénoliques du cannabis.

Pharmacocinétique

Les paramètres pharmacocinétiques d'AM404 chez l'être humain ne sont pas établis, la molécule n'ayant jamais été administrée directement. Ce qui est documenté concerne sa formation endogène. Chez le rat recevant du paracétamol à des doses équivalentes aux doses thérapeutiques humaines, AM404 apparaît dans le cerveau à des concentrations de l'ordre de quelques centaines de picogrammes par gramme de tissu, soit environ cent mille fois moins que le paracétamol mesuré dans le même compartiment. Chez l'être humain, AM404 a été retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien après une dose unique d'un gramme de paracétamol, chez dix-sept des vingt-six patients étudiés. La molécule est très lipophile, mais c'est son précurseur p-aminophénol qui franchit la barrière hémato-encéphalique, la conjugaison ayant lieu ensuite dans le tissu nerveux. Aucune demi-vie, aucune clairance et aucune biodisponibilité ne sont publiées.

Métabolisme

AM404 est lui-même un métabolite, formé par la FAAH à partir du p-aminophénol issu de la désacétylation hépatique du paracétamol. Son propre devenir métabolique reste peu décrit. La FAAH, qui catalyse sa formation, hydrolyse aussi les amides d'acides gras : la coupure de la liaison amide, qui restituerait l'acide arachidonique et le 4-aminophénol, constitue la voie de dégradation attendue, sans qu'elle ait été caractérisée en détail. Aucun métabolite d'AM404 n'a été identifié chez l'être humain et aucune étude d'interaction avec les cytochromes P450 n'est disponible.

Toxicologie et risques

Le profil de sécurité d'AM404 chez l'être humain est inconnu : la molécule n'a jamais fait l'objet d'un essai clinique et il n'existe ni dose sans effet, ni dose toxique documentée. Les signaux disponibles viennent de l'animal. Le plus notable concerne le potentiel d'abus : chez le singe écureuil, AM404 administré par voie intraveineuse a maintenu un comportement d'auto-administration et a réamorcé la recherche de drogue précédemment associée aux cannabinoïdes ou à la cocaïne, ces deux effets étant réduits par un antagoniste des récepteurs CB1 ; les auteurs en concluent que les composés augmentant le tonus endocannabinoïde par blocage du transport membranaire peuvent présenter un potentiel d'abus. L'activation marquée de TRPV1 laisse par ailleurs attendre des effets sensoriels et thermorégulateurs communs aux agonistes vanilloïdes. Des travaux de toxicologie de la reproduction explorent une implication du système endocannabinoïde, via AM404, dans les effets du paracétamol sur le développement gonadique chez le rongeur, sans conclusion transposable à l'être humain. En pratique, AM404 est un réactif de laboratoire et ne doit pas être ingéré.

Détection et analyse

AM404 se dose par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, technique employée pour le retrouver dans le plasma, le liquide céphalo-rachidien et le tissu cérébral après administration de paracétamol. Les concentrations attendues se situant au niveau du picogramme par gramme de tissu, la méthode exige un étalon interne marqué et une préparation d'échantillon soignée. AM404 ne figure dans aucun panel de dépistage toxicologique de routine, urinaire ou salivaire, et n'est recherché ni par les laboratoires antidopage ni par la police scientifique, faute de statut de substance contrôlée. Sa présence dans un prélèvement humain traduit plus vraisemblablement une prise de paracétamol qu'une exposition à la molécule elle-même.

Références

  1. 1.Beltramo M, Stella N, Calignano A, Lin SY, Makriyannis A, Piomelli D. Functional role of high-affinity anandamide transport, as revealed by selective inhibition. Science. 1997;277(5329):1094-7.PMID 9262477
  2. 2.Högestätt ED, Jönsson BAG, Ermund A, Andersson DA, Björk H, Alexander JP, Cravatt BF, Basbaum AI, Zygmunt PM. Conversion of acetaminophen to the bioactive N-acylphenolamine AM404 via fatty acid amide hydrolase-dependent arachidonic acid conjugation in the nervous system. J Biol Chem. 2005;280(36):31405-12.PMID 15987694
  3. 3.Mallet C, Desmeules J, Pegahi R, Eschalier A. An updated review on the metabolite (AM404)-mediated central mechanism of action of paracetamol (acetaminophen): experimental evidence and potential clinical impact. J Pain Res. 2023;16:1081-1094.PMID 37016715
  4. 4.Schindler CW, Scherma M, Redhi GH, Vadivel SK, Makriyannis A, Goldberg SR, Justinova Z. Self-administration of the anandamide transport inhibitor AM404 by squirrel monkeys. Psychopharmacology (Berl). 2016;233(10):1867-77.PMID 26803499
  5. 5.Muramatsu S, Shiraishi S, Miyano K, et al. Metabolism of AM404 from acetaminophen at human therapeutic dosages in the rat brain. Anesth Pain Med. 2016;6(1):e32873.PMID 27110534
  6. 6.Stueber T, Meyer S, Jangra A, Hage A, Eberhardt M, Leffler A. Activation of the capsaicin-receptor TRPV1 by the acetaminophen metabolite N-arachidonoylaminophenol (AM404). Life Sci. 2018;194:67-74.PMID 29273526
  7. 7.PubChem, fiche composé CID 6604822 (AM404), National Library of Medicine.
  8. 8.ChEMBL, enregistrement CHEMBL39878 (AM404), European Bioinformatics Institute.
  9. 9.AM404, notice de synthèse générale (cibles Nav1.7 et Nav1.8, historique), Wikipedia.

Données structurées

InChIKey
IJBZOOZRAXHERC-DOFZRALJSA-N
SMILES
CCCCC/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\CCCC(=O)NC1=CC=C(C=C1)O
Formule
C26H37NO2
Masse molaire
395.60 g·mol⁻¹
CAS
183718-77-6
PubChem CID
6604822
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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