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Canna·wikiADB-5'Br-PINACA

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : clause générique

ADB-5'Br-PINACA

ADB-5'Br-PINACA

N-(1-amino-3,3-dimethyl-1-oxobutan-2-yl)-5-bromo-1-pentylindazole-3-carboxamide

Alias.ADMB-5'Br-PINACA · ADB-P-5'Br-INACA · ADB-P-5Br-INACA · ADB-5Br-PINACA · 5-Bromo-N-(1-carbamoyl-2,2-dimethyl-propyl)-1-pentyl-indazole-3-carboxamide

Cannabinoïde de synthèse bromé, agoniste complet de CB1, classé stupéfiant en France par clause générique.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₁₉H₂₇BrN₄O₂
Masse molaire
423.30 g·mol⁻¹
CAS
-
PubChem CID
168323135
Première description
La molécule n'a pas d'antériorité pharmacologique propre : elle appartient à la série des indazole-3-carboxamides couplés à un acide aminé, décrite dans un brevet Pfizer publié en 2009, série restée absente du marché récréatif jusqu'en 2021. Les agonistes de synthèse porteurs d'un brome en position 5 du noyau indazole sont apparus après l'entrée en vigueur, en juillet 2021, du classement générique chinois des cannabinoïdes de synthèse, le brome servant à sortir du champ des définitions alors en vigueur. L'ADB-5'Br-PINACA a été signalé au système d'alerte précoce de l'Union européenne en 2022, et une monographie analytique lui a été consacrée par le Center for Forensic Science Research and Education en 2023. Son métabolisme a été décrit par Rautio et collaborateurs en 2024, et sa première caractérisation pharmacologique publiée revient à Gréen, Norman, McKenzie et collaborateurs, en 2025.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle ne se trouve ni dans le chanvre, ni dans les fleurs, ni dans aucun produit au cannabidiol. Comme les autres agonistes de cette série, elle est fabriquée en poudre par des ateliers de chimie fine, puis déposée sur un support végétal, incorporée à un liquide à vapoter ou imprégnée sur du papier. C'est là que réside le danger central : le produit fini circule sous une autre identité, présenté comme de l'herbe, comme de la résine ou comme un article de chanvre légal, sans que l'acheteur connaisse ni la substance réellement présente ni la quantité déposée.
InChIKey
OUVRBTCXLMBRLT-UHFFFAOYSA-N

En clair

L'ADB-5'Br-PINACA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire : il n'existe ni dans le chanvre, ni dans le cannabis, ni dans les produits au cannabidiol. On le rencontre surtout déposé sur des herbes à fumer, dans des liquides à vapoter ou sur du papier imprégné, vendus sous une autre étiquette, si bien que la personne qui achète ignore ce qu'elle consomme et en quelle quantité. Il agit sur le même récepteur que le THC, mais il l'active totalement au lieu de l'activer partiellement, ce qui le rend nettement plus dangereux.

Récepteurs et activité

  • CB1
    EC50 = 19,8 nM (IC 95 % 17,3 à 22,6) et Emax = 108 % du JWH-018 (IC 95 % 106 à 110), essai AequoScreen de libération de calcium intracellulaire sur cellules CHO-K1 exprimant le récepteur CB1 humain, standard racémiqueAgoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)

Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    8
  • Clarté
    4
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    10
  • High
    8

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

L'ADB-5'Br-PINACA appartient à la génération des agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes de classe indazole-3-carboxamide apparue après le classement générique chinois de juillet 2021 : c'est l'ADB-PINACA auquel un atome de brome a été ajouté en position 5 du noyau indazole, modification destinée à échapper aux définitions légales existantes. In vitro, la molécule se comporte en agoniste complet du récepteur CB1, avec une EC50 de 19,8 nM et une efficacité maximale de 108 % rapportée au JWH-018, valeurs mesurées en essai de libération calcique sur cellules CHO-K1 exprimant le récepteur humain. C'est le point qui compte : le THC n'est qu'un agoniste partiel de CB1 et son effet plafonne, tandis qu'une activation complète ne plafonne pas, ce qui fait le danger de cette classe. Le brome n'affaiblit pas la puissance, qui reste indiscernable de celle du JWH-018 et voisine de celle de l'ADB-BUTINACA. Au-delà de cette mesure, la littérature est mince : le récepteur CB2 n'a pas été testé, aucune donnée n'existe sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A, et le métabolisme n'a été décrit qu'in vitro, sur hépatocytes humains, où dix métabolites ont été identifiés et le dérivé hydroxylé terminal retenu comme marqueur de dépistage. Aucune étude chez l'être humain n'a été publiée : les données humaines manquent, sur les effets comme sur la toxicité, la tolérance et la dépendance.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient d'une synthèse organique, par acylation d'un indazole bromé substitué sur son azote puis couplage à l'amide de tert-leucine. La fabrication n'est décrite ici que par classe chimique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle ne se trouve ni dans le chanvre, ni dans les fleurs, ni dans aucun produit au cannabidiol. Comme les autres agonistes de cette série, elle est fabriquée en poudre par des ateliers de chimie fine, puis déposée sur un support végétal, incorporée à un liquide à vapoter ou imprégnée sur du papier. C'est là que réside le danger central : le produit fini circule sous une autre identité, présenté comme de l'herbe, comme de la résine ou comme un article de chanvre légal, sans que l'acheteur connaisse ni la substance réellement présente ni la quantité déposée.
Statut
Stupéfiant : clause générique

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la famille des indazole-3-carboxamides : noyau indazole portant un atome de brome en position 5 du cycle benzénique, queue n-pentyle fixée sur l'azote en position 1, lien carboxamide et tête amide de tert-leucine, soit le groupement 1-amino-3,3-diméthyl-1-oxobutan-2-yle. C'est l'analogue 5-bromé de l'ADB-PINACA, dont il ne diffère que par cet atome de brome. Il ne doit pas être confondu avec l'ADB-5'Br-BUTINACA, qui porte une queue butyle, ni avec le MDMB-5'Br-PINACA, dont la tête est un ester méthylique : ce sont trois molécules distinctes, aux données propres.

Pharmacocinétique

Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'a été publiée : ni concentration sanguine, ni demi-vie, ni biodisponibilité, ni durée d'action. Les seuls éléments disponibles proviennent d'incubations sur hépatocytes et microsomes hépatiques humains, qui montrent une transformation étendue de la molécule en quelques heures. Le mode de consommation habituel de cette série, l'inhalation d'un support imprégné, conduit à un passage sanguin puis cérébral rapide, mais cela n'a pas été mesuré pour cette molécule. La quantité effectivement reçue reste imprévisible, la poudre se répartissant de façon irrégulière sur un support végétal.

Métabolisme

Le métabolisme a été caractérisé sur hépatocytes humains, avec confirmation des métabolites majeurs par des références synthétisées et analyse en chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse à temps de vol. Dix métabolites ont été identifiés. Les biotransformations relevées associent la formation d'un dihydrodiol, l'hydrolyse de la fonction amide terminale, l'hydroxylation, la déshydrogénation, la formation d'un carbonyle et la glucuronidation, ainsi que leurs combinaisons. Le métabolite hydroxylé en bout de chaîne pentyle est retenu comme marqueur recommandé pour le dépistage. Aucune perte de l'atome de brome ne figure parmi les biotransformations rapportées, et les enzymes responsables n'ont pas été identifiées individuellement.

Toxicologie et risques

Aucun cas d'intoxication ni de décès attribué spécifiquement à cette molécule n'a été publié, et il n'existe aucune étude toxicologique réglementaire : les données humaines manquent entièrement. Ce silence de la littérature ne vaut pas innocuité, il traduit la nouveauté du composé. Le risque se déduit du mécanisme mesuré : l'activation complète de CB1, là où le THC ne produit qu'une activation partielle, supprime le plafond d'effet qui limite celui du cannabis. Les équipes qui ont étudié cette molécule rappellent que les agonistes de synthèse sont bien plus puissants que le THC et produisent des effets indésirables plus proches de ceux des psychostimulants que de ceux du cannabis, psychose, agressivité, dépendance, insuffisance rénale aiguë et décès inclus, et qu'ils sont régulièrement liés à des intoxications sévères et à des morts par surdose dans le monde. Ces éléments valent pour la classe, non pour cette seule molécule. Deux facteurs aggravent la situation des composés bromés récents : ils circulent sous une étiquette trompeuse, et la teneur varie fortement au sein d'un même produit. L'association avec l'alcool, les opioïdes ou les sédatifs majore le risque vital.

Détection et analyse

La molécule échappe aux tests immunologiques du cannabis, qui recherchent les métabolites du THC. Son identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse : les saisies sont caractérisées en phase gazeuse et en phase liquide haute résolution de type temps de vol, la monographie analytique de 2023 donnant un ion [M+H]+ à 423,1390. Le brome facilite le repérage, cet atome produisant en spectrométrie de masse un profil isotopique caractéristique à deux pics d'intensité voisine séparés de deux unités de masse. En biologie, le dépistage cible le métabolite hydroxylé terminal plutôt que la molécule mère, et la glucuronidation observée in vitro justifie une hydrolyse enzymatique préalable des conjugués. Aucun intervalle de concentration de référence n'est établi dans les prélèvements humains.

Références

  1. 1.Gréen H, McKenzie C, Hamra E, Rautio T, Wu X, Juneskog E, Sandblom R, Monti MC, Persson M, Norman C. In vitro CB1 receptor activity of halogenated indazole synthetic cannabinoid receptor agonists. Arch Toxicol. 2025 (EC50 19,8 nM et Emax 108 % du JWH-018 pour l'ADB-5'Br-PINACA)PMID 40382747
  2. 2.Rautio T, Obrist R, Krebs L, Klingstedt T, Dahlén J, Wu X, Gréen H. In vitro metabolism study of ADB-P-5Br-INACA and ADB-4en-P-5Br-INACA using human hepatocytes, liver microsomes, and in-house synthesized references. Drug Test Anal. 2025;17(5):701-712PMID 39039949
  3. 3.ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (arrêté du 22 février 1990), annexe IV, définition générique des dérivés du 3-carboxamide indazole
  4. 4.Center for Forensic Science Research and Education, NPS Discovery, monographie analytique ADB-5'Br-PINACA, 2023
  5. 5.PubChem, Compound Summary CID 168323135, ADB-5'Br-PINACA

Données structurées

InChIKey
OUVRBTCXLMBRLT-UHFFFAOYSA-N
Formule
C19H27BrN4O2
Masse molaire
423.30 g·mol⁻¹
PubChem CID
168323135
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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