Aller au contenu
Canna·wiki4F-MDMB-BICA

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

4F-MDMB-BICA

4F-MDMB-BICA

methyl (2S)-2-[[1-(4-fluorobutyl)indole-3-carbonyl]amino]-3,3-dimethylbutanoate

Alias.4F-MDMB-BUTICA · 4-fluoro MDMB-BUTICA · MDMB-4F-BICA

Cannabinoïde de synthèse indolique, agoniste complet de CB1, classé stupéfiant et lié à des décès.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₀H₂₇FN₂O₃
Masse molaire
362.40 g·mol⁻¹
CAS
-
PubChem CID
157010663
Première description
La molécule n'a pas d'antériorité dans la littérature scientifique. Elle dérive des esters d'acides aminés greffés sur des indazole-3-carboxamides décrits dans un brevet Pfizer publié en 2009, le noyau indazole ayant été remplacé par un indole pour sortir du champ de ce brevet. Les informations réunies par l'observatoire européen des drogues la situent sur le marché européen depuis mars 2020 au moins, à la suite d'une saisie douanière belge à l'aéroport de Liège portant sur un colis venu de Chine ; la Belgique a déposé la notification formelle au système d'alerte précoce de l'Union la même année. La première caractérisation pharmacologique publiée revient à Cannaert, Sparkes, Banister, Stove et collaborateurs, en 2020.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Les éléments réunis par l'observatoire européen désignent des sociétés chimiques établies en Chine comme fabricants : la poudre est importée en vrac en Europe, puis revendue telle quelle ou transformée en produits finis. Trois formes dominent le marché, les mélanges à fumer où la poudre est déposée sur un support végétal ou sur du tabac, les e-liquides pour cigarette électronique, et les papiers imprégnés servant notamment à l'introduction en milieu pénitentiaire. Rien de tout cela ne relève du chanvre ou des produits au cannabidiol.
InChIKey
QIKHYQCWGUGFBB-QGZVFWFLSA-N

En clair

Le 4F-MDMB-BICA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre : il n'existe ni dans le cannabis ni dans les produits au cannabidiol. Vendu en poudre, en liquide à vapoter ou déposé sur des herbes à fumer, il agit sur les mêmes récepteurs que le THC mais de façon beaucoup plus forte, et la quantité réellement présente dans un produit reste imprévisible. Il a été associé à plusieurs dizaines de décès et d'intoxications graves en Europe en 2020, et il est classé comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki = 5,67 nM (IC 95 % 3,15 à 8,25) en liaison compétitive au [3H]CP-55940 ; EC50 = 137 nM en essai [35S]GTPγS et 121 nM en recrutement de la β-arrestine 2, Emax de 253 % rapportée au JWH-018Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)

Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    8
  • Clarté
    5
  • Sommeil
    12
  • Appétit
    10
  • High
    8

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le 4F-MDMB-BICA appartient à la génération récente des agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes de classe indole-3-carboxamide : noyau indole, queue 4-fluorobutyle, lien carboxamide et tête ester méthylique de tert-leucine. In vitro, la molécule se comporte en agoniste complet du récepteur CB1, avec une efficacité supérieure à celle du JWH-018 de référence, alors que sa puissance reste modeste au regard d'autres agonistes de synthèse : les valeurs publiées s'échelonnent de 37,7 nM à 137 nM selon le système d'essai, pour une affinité mesurée en liaison compétitive de 5,67 nM. Les évaluateurs européens ont souligné que cette puissance in vitro relativement basse ne suffit pas à expliquer la gravité des évènements observés sur le terrain. Chez le rongeur, la substance reproduit intégralement le signal discriminatif du THC à des doses très faibles et déprime l'activité locomotrice dès une dizaine de minutes après administration. Aucune cible autre que CB1 n'a été étudiée, et il n'existe aucune étude contrôlée chez l'être humain : les données humaines manquent entièrement, sur les effets comme sur la tolérance et la dépendance. Les métabolites majeurs, issus de l'hydrolyse de l'ester, perdent l'essentiel de leur affinité pour CB1.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient d'une synthèse organique clandestine, par acylation d'un indole substitué puis couplage à un ester méthylique de tert-leucine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Les éléments réunis par l'observatoire européen désignent des sociétés chimiques établies en Chine comme fabricants : la poudre est importée en vrac en Europe, puis revendue telle quelle ou transformée en produits finis. Trois formes dominent le marché, les mélanges à fumer où la poudre est déposée sur un support végétal ou sur du tabac, les e-liquides pour cigarette électronique, et les papiers imprégnés servant notamment à l'introduction en milieu pénitentiaire. Rien de tout cela ne relève du chanvre ou des produits au cannabidiol.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la classe des indole-3-carboxamides : noyau indole, queue 4-fluorobutyle portée par l'azote indolique, lien carboxamide et tête ester méthylique de L-tert-leucine. C'est l'homologue à noyau indole du 4F-MDMB-BINACA et l'analogue raccourci d'un méthylène du 5F-MDMB-PICA.

Pharmacocinétique

Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'a été identifiée par les évaluateurs européens, qui estiment le profil comparable à celui du 5F-MDMB-PICA et du 4F-MDMB-BINACA. Chez la souris, des travaux comparatifs après inhalation et après administration parentérale montrent une distribution cérébrale rapide ; une modélisation physiologique place le 4F-MDMB-BICA en retrait du 5F-MDMB-PICA, ce dernier étant plus lipophile, de demi-vie plus longue et d'accumulation cérébrale plus marquée. Dans les prélèvements humains, la molécule mère se retrouve à des concentrations sanguines de l'ordre du nanogramme par millilitre, souvent proches des limites de détection, ce qui impose de rechercher les métabolites plutôt que le composé parent.

Métabolisme

Le métabolisme de phase I est dominé par l'hydrolyse de l'ester méthylique, qui libère l'acide carboxylique correspondant, suivie de la mono-hydroxylation, de la déshydrogénation et de leurs combinaisons. Une étude sur microsomes hépatiques humains a caractérisé trente métabolites de phase I, dont vingt ont été retrouvés dans l'urine et treize dans le sang de consommateurs. Le produit d'hydrolyse de l'ester est retenu comme marqueur principal en urine comme en sang, complété par le métabolite mono-hydroxylé en urine et par le métabolite hydrolysé puis déshydrogéné en sang. Des travaux indépendants sur microsomes et sur modèle poisson-zèbre aboutissent à des schémas voisins. Les métabolites principaux montrent une affinité CB1 très réduite et un comportement de faible agoniste inverse in vitro.

Toxicologie et risques

Vingt et un décès avec exposition confirmée ont été signalés à l'observatoire européen par la Hongrie, survenus entre mai et août 2020 ; d'autres substances étaient présentes dans la quasi-totalité des cas, souvent d'autres cannabinoïdes de synthèse. Les causes de décès documentées comprennent la surdose, l'insuffisance cardiaque aiguë, le choc traumatique, l'œdème cérébral et l'inhalation de vomissements. Le Royaume-Uni a rapporté cinq intoxications non mortelles jugées menaçantes pour le pronostic vital, avec confusion, tachycardie, insuffisance respiratoire, altération de la conscience, sudation anormale et agitation, là encore en contexte de polyconsommation. En France, un cas publié décrit un homme jeune admis en réanimation dans le coma, sous ventilation mécanique, après avoir consommé une poudre achetée en ligne et présentée comme un opioïde. Aucune étude toxicologique réglementaire n'existe. Le risque tient largement à l'impossibilité de connaître la dose reçue : la répartition de la poudre sur un support végétal est irrégulière et les produits n'indiquent pas leur composition réelle. L'association avec l'alcool, les opioïdes ou les sédatifs majore le risque vital.

Détection et analyse

La substance échappe aux tests immunologiques usuels destinés au cannabis. Son identification repose sur la chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, avec un recours croissant à la haute résolution de type Orbitrap ; la caractérisation des saisies fait appel en complément à la résonance magnétique nucléaire et à la spectroscopie infrarouge ou Raman. La spectrométrie de mobilité ionique a été évaluée à grande échelle pour le criblage rapide des papiers imprégnés en milieu pénitentiaire. En biologie, la recherche cible en priorité le produit d'hydrolyse de l'ester, dans l'urine comme dans le sang. Dans le cas français publié, la molécule et deux de ses métabolites ont été retrouvés dans le plasma et le liquide céphalorachidien, mais pas dans les cheveux, ce qui signait une exposition unique.

Références

  1. 1.EMCDDA, rapport technique sur la nouvelle substance psychoactive 4F-MDMB-BICA (2020)
  2. 2.Cannaert A. et coll., ACS Chemical Neuroscience, 2020 : synthèse et activité CB1 in vitro du 4F-MDMB-BICA et de onze autres agonistes récentsPMID 33253529
  3. 3.Körmöczi T. et coll., Journal of Analytical Toxicology, 2021 : métabolites de phase I du 4F-MDMB-BICA en microsomes hépatiques, urine et sangPMID 33404059
  4. 4.Addiction, 2026 : score de risque des agonistes cannabinoïdes de synthèse, avec affinités et puissances hCB1 mesuréesPMID 41423817
  5. 5.Dvorácskó S. et coll., Toxicology and Applied Pharmacology, 2023 : 5F-MDMB-PICA, 4F-MDMB-BICA et leurs métabolites primairesPMID 37182749
  6. 6.Xu Y. et coll., Toxicology and Applied Pharmacology, 2025 : effets cannabinoïdes, affinité réceptorielle et pharmacocinétique comparés chez la sourisPMID 40945865
  7. 7.Journal of Cannabis Research, 2026 : pharmacologie comportementale de cannabinoïdes de synthèse indazoliques, indoliques et benzimidazoliques chez le rongeurPMID 41526973
  8. 8.Caré W. et coll., Journal of Analytical Toxicology, 2025 : identification du 4F-MDMB-BICA dans un cas français d'intoxication sévère avec comaPMID 40036602
  9. 9.OMS, comité d'experts de la pharmacodépendance, 44e réunion : rapport d'examen critique du 4F-MDMB-BICA (2021)
  10. 10.Federal Register du 15 février 2022 : recommandation de l'OMS de maintien du 4F-MDMB-BICA sous surveillance, sans contrôle international
  11. 11.Directive déléguée (UE) 2021/802 du 12 mars 2021 modifiant l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI
  12. 12.Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV (Légifrance)

Données structurées

InChIKey
QIKHYQCWGUGFBB-QGZVFWFLSA-N
SMILES
CC(C)(C)[C@@H](C(=O)OC)NC(=O)C1=CN(C2=CC=CC=C21)CCCCF
Formule
C20H27FN2O3
Masse molaire
362.40 g·mol⁻¹
PubChem CID
157010663
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

Produits suggérés

4F-MDMB-BICAest classé en France : Phytogrammes ne le distribue pas, voici l'alternative légale.

La gamme ci-dessous reste dans le cadre légal (THC < 0,3 %, variétés au Catalogue européen) et travaille les mêmes voies que le composé recherché : fleurs, résines, huiles full-spectrum, chaque lot signé HPLC.