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NORML : que signifie le sigle et que fait NORML France ?

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9 min de lectureMis à jour le

NORML signifie National Organization for the Reform of Marijuana Laws, soit « organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana ». Fondée à Washington en 1970, elle milite aux États-Unis pour que l'usage du cannabis par les adultes devienne légal. NORML France, association loi 1901 affiliée mais autonome, défend une régulation du cannabis ; elle ne vend aucun produit et son action ne touche pas au cadre légal du CBD.

Hémicycle vide de l'Assemblée nationale, rangées de sièges rouges face à la tribune

À retenir

  • NORML a été créée en novembre 1970 à Washington, autour de l'avocat Keith Stroup.
  • Issue de la fusion de trois associations, NORML France a été déclarée en préfecture le 6 janvier 2014.
  • Sa devise est « Réguler le cannabis pour mieux réduire les risques ».
  • Elle s'est opposée au relèvement de l'amende forfaitaire pour usage de stupéfiants, passée de 200 à 500 € le 20 août 2026.
  • Le CBD à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus est déjà légal ; le plaidoyer de NORML concerne le cannabis riche en THC.

Que signifie NORML ? Le sigle et son origine américaine

Le sigle est anglais : National Organization for the Reform of Marijuana Laws. D'après le récit de l'organisation elle-même, l'avocat R. Keith Stroup a réuni quelques amis début novembre 1970 dans une maison de Georgetown, un quartier de Washington. Ils jugeaient contre-productives les lois qui punissaient l'usage de cannabis par des adultes. L'organisation a obtenu le statut d'association à but non lucratif le 2 mars 1971.

Aujourd'hui, elle se donne pour mission de faire évoluer l'opinion jusqu'à la légalisation de l'usage responsable par les adultes, et de défendre les consommateurs. Groupe de pression, NORML s'adresse directement aux élus. Elle dispose aux États-Unis d'un réseau de sections locales, et son nom a été repris à l'étranger, en France par exemple.

En France aussi, 1970 compte. C'est l'année de la loi du 31 décembre 1970, qui a fondé la répression de l'usage de stupéfiants et dont les dispositions figurent aujourd'hui dans le Code de la santé publique. Son évolution est retracée dans notre article sur la loi française sur le cannabis.

NORML France : une association loi 1901, affiliée mais autonome

Selon les statuts de NORML France, il s'agit d'une association à but non lucratif régie par la loi de 1901. Elle résulte de la fusion de trois structures : le CIRC Nord-Est (créé en 1997), Chanvre & Violettes (créée en 2011) et une première NORML France (créée en 2013). Elle a porté deux noms intermédiaires, Chanvre & Libertés puis CL-NORML France, avant d'être déclarée à la préfecture de la Haute-Garonne le 6 janvier 2014. Les statuts en vigueur ont été adoptés par un vote en ligne le 1er octobre 2023.

Ces statuts lui donnent quatre missions :

  • faire avancer la recherche scientifique sur le cannabis ;
  • informer le public ;
  • aider les usagers à accéder à la santé et à leurs droits ;
  • fédérer la société civile autour d'une réforme fondée sur les données scientifiques et les droits humains.

L'association se dit liée à NORML aux États-Unis, tout en restant autonome dans son action, sa direction et son financement. Ses statuts prévoient comme ressources les cotisations, les dons, les recettes d'activités, le mécénat et d'éventuelles subventions publiques. Elle ne vend ni cannabis ni CBD : son terrain est le débat public.

Ce que l'association défend, et ce que la loi a fait

Sa ligne tient dans la devise affichée sur le site de NORML France : « Réguler le cannabis pour mieux réduire les risques ». L'association publie des analyses, prend position lors des débats parlementaires et soutient l'accès au cannabis médical. Pour savoir où en est ce dernier, voir notre article sur le cannabis médical en France.

Des instances publiques ont rendu des avis proches de cette ligne, sans que la loi change.

InstanceDatePositionEffet sur la loi
Mission d'information de l'Assemblée nationale5 mai 2021« Légalisation réglementée » du cannabisAucun texte adopté
Conseil économique, social et environnemental24 janvier 2023« Légalisation encadrée », adoptée par 87 voix contre 25Avis consultatif
Parlement, loi n° 2026-79818 août 2026Amende forfaitaire pour usage portée à 500 €En vigueur

En avril 2021, NORML France a envoyé une note de 22 recommandations à la mission d'information sur les usages du cannabis. Présenté le 5 mai 2021, le rapport d'étape de la mission constatait l'échec de la politique répressive et proposait une « légalisation réglementée ». Une consultation citoyenne avait auparavant recueilli plus de 250 000 contributions. Le 24 janvier 2023, le Conseil économique, social et environnemental a adopté un avis favorable à une légalisation encadrée, par 87 voix pour, 25 contre et 16 abstentions.

Le législateur a fait le choix inverse. Depuis le 20 août 2026, l'article L3421-1 du Code de la santé publique, modifié par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, fixe l'amende forfaitaire pour usage de stupéfiants à 500 €. Elle tombe à 400 € en cas de paiement rapide et monte à 1 000 € si elle est majorée. Le délit reste puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende. NORML France s'y est opposée. Son bilan des débats, publié le 13 juillet 2026, reprend l'analyse du Collectif pour une nouvelle politique des drogues. Pour ce collectif, l'amende forfaitaire est « une mesure démagogique », qui fait de la capacité à payer un critère de sanction.

Frise chronologique en deux lignes : plaidoyer et avis, avec la création de NORML en 1970, la déclaration de NORML France en 2014, la mission d'information en 2021 et l'avis du CESE en 2023 ; droit applicable, avec la loi du 31 décembre 1970, l'arrêté chanvre de 2021, la décision du Conseil d'État de 2022 et l'amende à 500 € en 2026
Plaidoyer et droit applicable, 1970 à 2026. Sources : NORML, NORML France, Assemblée nationale, CESE, Légifrance, Conseil d'État

CBD et cannabis : deux débats juridiques distincts

NORML plaide sur le cannabis riche en THC, classé stupéfiant. Le CBD dépend d'un autre cadre, déjà en place. L'arrêté du 30 décembre 2021 autorise les variétés de chanvre dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, et applique le même plafond aux extraits. L'interdiction de vendre fleurs et feuilles brutes a été annulée par la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022. Ce seuil est détaillé dans notre article sur le taux de THC légal.

Pour un acheteur de CBD, les deux sujets se rejoignent sur trois points :

  • Hors des conditions de l'arrêté, un produit redevient un stupéfiant. La MILDECA, qui coordonne la politique publique sur les drogues, le rappelle : au-dessus de 0,30 % de THC, ou avec une molécule classée comme le HHC, la politique pénale des stupéfiants s'applique.
  • Au volant, une trace suffit. La même page rappelle que constater du THC dans l'organisme d'un conducteur caractérise l'infraction, y compris après un produit au CBD. Notre article sur le CBD au volant donne les sanctions.
  • Les pages militantes datent vite. Une page du site de NORML France sur la vente de CBD, publiée en juillet 2021, est toujours en ligne. Elle mentionne un seuil de 0,2 % de THC, antérieur à l'arrêté de décembre 2021. Pour le droit en vigueur, reportez-vous aux textes officiels.

Pour acheter un produit conforme, vous n'avez pas besoin de suivre le débat sur la légalisation. Il est utile, en revanche, de savoir où passe la frontière : notre article sur le statut du CBD l'explique. Vous pouvez aussi la comparer aux choix d'autres pays, réunis dans notre panorama des modèles légaux dans le monde.

Questions fréquentes

C'est le sigle de National Organization for the Reform of Marijuana Laws, en français « organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana ». L'organisation a été fondée à Washington en novembre 1970.

Non. Association loi 1901 à but non lucratif, elle informe, publie des analyses et prend position dans le débat public, sans vendre aucun produit.

Elle se dit liée à l'organisation américaine, mais ses statuts la déclarent autonome dans son action, sa direction et son financement. Sa déclaration en préfecture, en France, date du 6 janvier 2014.

Aucun texte allant dans ce sens n'a été adopté. Une mission parlementaire en 2021, puis le CESE en 2023, ont proposé une légalisation encadrée ; la loi du 18 août 2026 a au contraire relevé l'amende forfaitaire pour usage à 500 €.

Elle ne concerne pas un produit conforme, issu de chanvre autorisé, à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus et sans molécule classée. Au-delà de ce seuil, ou avec du HHC, du H4CBD ou du THCP, le produit relève des stupéfiants.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.