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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

XLR-11

XLR-11

[1-(5-fluoropentyl)indol-3-yl]-(2,2,3,3-tetramethylcyclopropyl)methanone

Alias.5F-UR-144 · 5-fluoro-UR-144 · XLR11

Analogue fluoré de l'UR-144, associé à des foyers d'atteinte rénale aiguë aux États-Unis en 2012.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₁H₂₈FNO
Masse molaire
329.50 g·mol⁻¹
CAS
1364933-54-9
PubChem CID
57501498
Première description
La molécule n'est pas issue d'un programme thérapeutique publié : elle a été obtenue en appliquant à l'UR-144, agoniste sélectif de CB2 décrit par les laboratoires Abbott en 2010, la modification devenue systématique sur le marché des mélanges à fumer, à savoir l'ajout d'un atome de fluor à l'extrémité de la chaîne portée par l'azote indolique. Son signalement fondateur est sanitaire et non chimique. En mars 2012, le département de la santé du Wyoming est alerté sur trois hospitalisations pour atteinte rénale aiguë inexpliquée chez des consommateurs de cannabinoïdes de synthèse ; l'enquête étendue à six États recense seize cas, et l'analyse toxicologique identifie une substance fluorée jusque-là inconnue des produits saisis, retrouvée dans quatre des cinq échantillons de produit et quatre des six prélèvements cliniques disponibles. Le rapport publié en février 2013 par les centres américains de contrôle des maladies constitue sa première description publique documentée. Une série indépendante de neuf cas survenus en Oregon et dans le sud-ouest de l'État de Washington entre mai et octobre 2012 a confirmé le signal.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant, et sans rapport avec le chanvre ou les produits au cannabidiol. Elle a été l'un des agonistes les plus répandus des mélanges à fumer entre 2012 et 2015, vendue en poudre importée en vrac puis mise en solution et pulvérisée sur un support végétal inerte, ou destinée à la vaporisation. Les enquêtes de santé publique américaines ont relevé qu'elle s'achetait sans difficulté dans des épiceries de proximité, des bureaux de tabac et des librairies pour adultes. La teneur des produits n'est jamais indiquée et la pulvérisation est irrégulière.
InChIKey
PXLDPUUMIHVLEC-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le XLR-11 est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, sans aucun rapport avec le chanvre. C'est la version fluorée de l'UR-144, et l'un des produits les plus répandus des mélanges à fumer entre 2012 et 2015. Il s'est fait connaître par une série d'atteintes rénales graves survenues aux États-Unis chez de jeunes consommateurs, dont plusieurs ont dû être hospitalisés. Il est classé comme stupéfiant en France et sous contrôle international.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Agoniste ; la fluoration terminale augmente la puissance sur CB1 d'un facteur 2 à 5 par rapport à l'UR-144 in vitro, la série testée par Banister 2015 s'échelonnant de 2,8 à 1959 nM de CE50 sur CB1Agoniste
  • CB2
    Agoniste ; la série testée par Banister 2015 s'échelonne de 6,5 à 206 nM de CE50 sur CB2Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    10
  • Clarté
    5
  • Sommeil
    12
  • Appétit
    10
  • High
    14

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le XLR-11 est l'analogue fluoré de l'UR-144, dont il ne diffère que par un atome de fluor placé au bout de la chaîne portée par l'azote indolique, modification devenue une signature du marché des cannabinoïdes de synthèse. Cette fluoration augmente in vitro la puissance sur le récepteur CB1 d'un facteur deux à cinq, sans que l'effet se traduise de manière constante chez l'animal. La molécule reste identifiée à un événement de santé publique plutôt qu'à sa pharmacologie : elle a été retrouvée dans les produits et les prélèvements de plusieurs foyers d'atteinte rénale aiguë survenus aux États-Unis en 2012, chez des consommateurs jeunes, majoritairement des hommes de quinze à vingt-sept ans, présentant nausées intenses et douleurs lombaires ou abdominales, avec des pics de créatinine allant jusqu'à 17,7 mg/dL et un recours à la dialyse dans un cas sur neuf dans la série de l'Oregon. Aucun néphrotoxique connu ni aucune autre cause n'a été retrouvé, et le mécanisme, toxicité directe, prédisposition génétique ou contaminant non identifié, reste ouvert. Un modèle murin publié en 2022 montre par ailleurs une atteinte hépatique aiguë après administration répétée, avec nécrose, infiltrat inflammatoire, élévation des transaminases et signature de stress oxydatif. Comme pour son analogue non fluoré, la combustion ouvre l'unité tétraméthylcyclopropane et engendre un dégradant à la pharmacologie distincte, de sorte que ce qui est inhalé n'est pas ce qui a été pulvérisé. Aucune étude contrôlée n'a été publiée chez l'être humain : les données humaines manquent, sur les effets comme sur les doses, la tolérance et la dépendance.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule ne se forme dans aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique à partir d'un indole dont l'azote porte une chaîne pentyle fluorée en bout de chaîne, relié par un pont cétone à une unité tétraméthylcyclopropane. La fabrication n'est décrite ici que par sa classe chimique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant, et sans rapport avec le chanvre ou les produits au cannabidiol. Elle a été l'un des agonistes les plus répandus des mélanges à fumer entre 2012 et 2015, vendue en poudre importée en vrac puis mise en solution et pulvérisée sur un support végétal inerte, ou destinée à la vaporisation. Les enquêtes de santé publique américaines ont relevé qu'elle s'achetait sans difficulté dans des épiceries de proximité, des bureaux de tabac et des librairies pour adultes. La teneur des produits n'est jamais indiquée et la pulvérisation est irrégulière.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la famille des cétones d'indole à unité tétraméthylcyclopropane. Un noyau indole porte en position 3 un pont cétone relié à un cyclopropane portant quatre méthyles ; l'azote indolique porte une chaîne pentyle dont le carbone terminal est fluoré. Le fluor terminal est la modification standard appliquée aux agonistes de première et deuxième génération pour en produire des analogues échappant aux inscriptions nominatives, comme l'AM-2201 par rapport au JWH-018 ou le 5F-PB-22 par rapport au PB-22. Le cycle à trois carbones est thermiquement fragile et s'ouvre à la température de combustion.

Pharmacocinétique

Aucune étude de pharmacocinétique contrôlée chez l'être humain n'a été publiée. Les concentrations sanguines relevées dans les dossiers cliniques sont de l'ordre de quelques dizaines de nanogrammes par millilitre au plus : 35 ng/mL chez un patient hospitalisé pour atteinte rénale aiguë après usage quotidien prolongé d'un produit contenant 69 mg par gramme de cette molécule. Aucune demi-vie plasmatique, aucune biodisponibilité et aucun volume de distribution ne sont établis. Comme pour l'ensemble de cette classe, la forte lipophilie fait attendre une distribution cérébrale rapide et un stockage tissulaire, mais aucune mesure n'est disponible chez l'être humain.

Métabolisme

L'étude sur microsomes hépatiques humains couvrant neuf isoformes du cytochrome P450 attribue la biotransformation très majoritairement au CYP3A4, qui attaque l'unité tétraméthylcyclopropane, avec une contribution mineure du CYP1A2. La phase I combine ces hydroxylations avec la défluoration oxydative de la chaîne terminale, laquelle conduit à des métabolites hydroxypentyle puis à un métabolite acide, tous communs avec ceux de l'analogue non fluoré. Ce partage est le principal écueil de l'interprétation toxicologique : un marqueur urinaire ne permet pas à lui seul de dire laquelle des deux substances a été consommée. Les travaux sur hépatocytes humains publiés en 2017 ont établi le profil de métabolites employé aujourd'hui pour le criblage. La phase II est dominée par la glucuronoconjugaison, de sorte que les composés retrouvés dans l'urine sont très largement conjugués.

Toxicologie et risques

Aucune étude toxicologique réglementaire n'a été conduite. Le signal humain le mieux documenté est rénal. L'enquête des centres américains de contrôle des maladies a recensé seize cas d'atteinte rénale aiguë après usage de cannabinoïdes de synthèse dans six États en 2012, la molécule étant identifiée dans quatre des cinq échantillons de produit et quatre des six prélèvements cliniques disponibles, sans qu'aucune marque ni aucun composé unique n'explique la totalité des cas. La série indépendante de l'Oregon et du sud-ouest de l'État de Washington décrit neuf patients de sexe masculin âgés de quinze à vingt-sept ans, dont deux fratries, avec nausées intenses, douleurs lombaires ou abdominales, une créatinine au pic comprise entre 2,6 et 17,7 mg/dL, une médiane à 6,6 mg/dL, une hospitalisation dans tous les cas, une dialyse dans un cas et aucun décès ; aucun néphrotoxique connu ni aucune autre cause n'a été identifié. Un homme de vingt-six ans ayant consommé pendant environ un an un produit contenant 69 mg par gramme de cette molécule et 61 mg par gramme de son analogue non fluoré a présenté un tableau comparable, résolutif en vingt-trois jours. Chez la souris, l'administration répétée de 3 mg/kg par voie intrapéritonéale pendant cinq jours provoque une atteinte hépatique aiguë : nécrose avec infiltrat inflammatoire, élévation des transaminases, surexpression des gènes du stress oxydatif et de l'inflammation, apoptose confirmée en marquage. Le tableau général de la classe ajoute agitation, tachycardie, crises convulsives, psychose, hypokaliémie, tolérance, dépendance et sevrage. Le risque principal en usage réel tient à l'impossibilité de connaître la dose reçue.

Détection et analyse

La substance échappe aux tests immunologiques usuels destinés au cannabis. Son identification dans les enquêtes de santé publique de 2012 a reposé sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse à temps de vol, technique retenue précisément parce qu'elle permet de caractériser des principes actifs inattendus dans des produits en évolution constante et d'en écarter les contaminants toxiques. Le criblage de routine emploie aujourd'hui la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, en urine sur les métabolites hydroxylés et acides après déconjugaison, en sang sur la molécule mère à des concentrations de l'ordre du nanogramme par millilitre. Deux précautions s'imposent : rechercher le dégradant thermique à côté de la molécule mère, et se souvenir que les métabolites partagés avec l'analogue non fluoré interdisent d'attribuer l'exposition à l'une plutôt qu'à l'autre sur ce seul critère. Des méthodes de dépistage rapide sur échantillons non biologiques et de dosage dans le fluide oral et le cheveu ont été validées.

Références

  1. 1.Centers for Disease Control and Prevention, Acute kidney injury associated with synthetic cannabinoid use, multiple states, 2012, MMWR Morbidity and Mortality Weekly Report 2013PMID 23407124
  2. 2.Buser GL et coll., Acute kidney injury associated with smoking synthetic cannabinoid, Clinical Toxicology 2014PMID 25089722
  3. 3.Banister SD et coll., Effects of bioisosteric fluorine in synthetic cannabinoid designer drugs JWH-018, AM-2201, UR-144, XLR-11, PB-22, 5F-PB-22, APICA and STS-135, ACS Chemical Neuroscience 2015PMID 25921407
  4. 4.Nielsen LM et coll., Cytochrome P450-mediated metabolism of the synthetic cannabinoids UR-144 and XLR-11, Drug Testing and Analysis 2016PMID 26360322
  5. 5.Thomas BF et coll., Thermolytic degradation of synthetic cannabinoids: chemical exposures and pharmacological consequences, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics 2017PMID 28087785
  6. 6.Alzu'bi A et coll., Acute hepatic injury associated with acute administration of synthetic cannabinoid XLR-11 in mouse animal model, Toxics 2022PMID 36355959
  7. 7.Kevin RC et coll., Off-target pharmacological profiling of synthetic cannabinoid receptor agonists including AMB-FUBINACA, CUMYL-PINACA, PB-22 and XLR-11, Frontiers in Psychiatry 2022PMID 36590635
  8. 8.Richter LHJ et coll., New psychoactive substances: studies on the metabolism of XLR-11, AB-PINACA, FUB-PB-22 and others, Toxicology Letters 2017PMID 28782580
  9. 9.Organe international de contrôle des stupéfiants, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, édition 2022, tableau II, entrée PX 001
  10. 10.ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026, annexe IV, entrée XLR-11
  11. 11.Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990, inscription de sept familles de cannabinoïdes de synthèse, Légifrance
  12. 12.PubChem, Compound Summary CID 57501498, XLR-11

Données structurées

InChIKey
PXLDPUUMIHVLEC-UHFFFAOYSA-N
Formule
C21H28FNO
Masse molaire
329.50 g·mol⁻¹
CAS
1364933-54-9
PubChem CID
57501498
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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