Phytocannabinoïde mineur
Non listéCBD-C1
Cannabidiorcol
5-methyl-2-(3-methyl-6-prop-1-en-2-ylcyclohex-2-en-1-yl)benzene-1,3-diol
Alias.CBDO · CBD-C1 · O-1821
Homologue méthyle du CBD, à l'état de traces : agoniste du canal TRPV2, sans données humaines.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₁₇H₂₂O₂
- Masse molaire
- 258.40 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 20586765
- Première description
- Identifié en 1972 dans le haschisch par Vree, Breimer, van Ginneken et van Rossum, qui décrivent par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse les homologues à chaîne méthyle du THC, du CBD et du CBN. Sa pharmacologie n'a été abordée que bien plus tard, à l'occasion d'un criblage de cannabinoïdes sur les canaux TRP publié en 2008.
- Origine
- Plante : constituant de trace de Cannabis sativa, présent aux côtés du cannabidiol dans les chémotypes producteurs de CBD, à des niveaux très inférieurs à ceux de l'homologue pentyle.
- InChIKey
- GKVOVXWEBSQJPA-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le cannabidiorcol est un proche parent du CBD dont la chaîne latérale se réduit à un seul atome de carbone au lieu de cinq. Il est présent à l'état de traces dans le chanvre, en quantités bien trop faibles pour peser sur un produit fini. Les travaux publiés le décrivent surtout comme un activateur du canal cellulaire TRPV2, et les données humaines manquent.
Récepteurs et activité
- TRPV2Agoniste
- CB1Modulateur
- CB2Modulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement12
- Clarté8
- Sommeil8
- Appétit5
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le cannabidiorcol (CBD-C1, également référencé O-1821) est l'homologue à chaîne méthyle du cannabidiol : le squelette résorcinol relié au cycle menthadiénique est conservé, seule la chaîne latérale passe de cinq carbones à un seul. Il a été identifié dans le haschisch en 1972 par Vree et ses collègues, aux côtés des homologues méthylés du THC et du CBN, et reste un constituant de trace de Cannabis sativa. Son affinité pour CB1 et CB2 est faible, ce qui concorde avec la relation structure-activité des cannabinoïdes classiques, où une chaîne latérale trop courte dégrade fortement la reconnaissance du récepteur. La seule activité mesurée sur une cible identifiée provient du criblage de Qin et coll. (J Neurosci, 2008) : dans un test de mobilisation calcique sur cellules exprimant le TRPV2 de rat, le composé produit environ 93 % de la réponse de l'agoniste de référence 2-APB à la concentration la plus élevée testée, soit une efficacité comparable à celle du Δ9-THC, sans que les auteurs aient pu établir de CE50 ; il était en revanche pratiquement inactif sur TRPA1 et sur TRPV1. Au-delà de ce point, la littérature est quasi vide : pas de pharmacocinétique, pas de métabolisme caractérisé, pas d'étude de toxicité, et les données humaines manquent entièrement. L'hypothèse d'un effet anti-inflammatoire repose sur ce que l'on sait du TRPV2 en général et non sur des travaux consacrés à cette molécule ; le même canal est par ailleurs impliqué dans des voies de prolifération tumorale décrites en cancérologie expérimentale, ce qui invite à la prudence. En l'état, le cannabidiorcol relève du répertoire analytique et chimiotaxinomique du chanvre, pas d'un usage documenté.
Sources clés.
- Qin et al., activation du TRPV2 par les cannabinoïdes (O-1821, tableau 1), J Neurosci 2008PMID 18550765
- Vree et al., identification dans le haschisch des analogues à chaîne méthyle du THC, du CBD et du CBN, J Pharm Pharmacol 1972PMID 4401327
- Muller, Morales & Reggio, ligands cannabinoïdes ciblant les canaux TRP, Front Mol Neurosci 2019PMID 30697147
- Antunes, Barroso & Gallardo, analyse des cannabinoïdes dans les milieux biologiques (panel salivaire incluant le CBD-C1), IJERPH 2023PMID 36767678
- PubChem CID 20586765 : identité, formule brute et InChIKey
- Arrêté du 22 février 1990, annexe IV, liste des substances classées comme stupéfiants (Légifrance)
- Cannabidiorcol, synthèse encyclopédique (identifiants et cible TRPV2)
Voie biosynthétique
Homologue à chaîne méthyle (C1) du cannabidiol. La voie admise reprend celle des cannabinoïdes du chanvre avec un précurseur polycétidique raccourci : au lieu de l'acide olivétolique issu de l'hexanoyl-CoA, une amorce acétyl-CoA conduit à un noyau de type orcinol (acide orsellinique), puis à l'acide cannabigérorcinique, que la CBDA synthase transforme en acide cannabidiorcolique ; la décarboxylation donne le cannabidiorcol. Cette séquence reste une reconstitution par analogie, aucune enzymologie dédiée à la série C1 n'ayant été publiée.
Cadre légal
France
Le cannabidiorcol n'est nommément inscrit sur aucune liste française de stupéfiants ou de psychotropes. Ce n'est pas un tétrahydrocannabinol : la clause générique de l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, qui classe « Tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers, sels ainsi que les sels des dérivés précités », ne le capture donc pas. La molécule est non classée en tant que telle. En revanche la matière première reste encadrée, la plante et sa résine relevant du régime des stupéfiants, sous réserve de la dérogation industrielle applicable aux variétés de cannabis dont la teneur en Δ9-THC ne dépasse pas 0,3 %.
Union européenne
Aucun classement à l'échelle de l'Union européenne : le cannabidiorcol ne figure pas aux tableaux des conventions des Nations unies de 1961 et 1971 et aucun instrument européen ne le vise nommément. Le contrôle relève des droits nationaux, qui visent en général le cannabis et le Δ9-THC plutôt que les cannabinoïdes mineurs. Pour un usage alimentaire, un isolat de cannabinoïde entre dans le champ du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments et suppose une autorisation préalable.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Phytocannabinoïde mineur
- Origine
- Plante : constituant de trace de Cannabis sativa, présent aux côtés du cannabidiol dans les chémotypes producteurs de CBD, à des niveaux très inférieurs à ceux de l'homologue pentyle.
- Statut
- Non listé
Cannabinoïde de type résorcinol, squelette cannabidiol : un noyau résorcinol relié à un cycle terpénique menthadiénique, les deux cycles restant ouverts, sans pont pyranique. Se distingue du CBD par sa chaîne latérale, un simple méthyle (C1) au lieu du pentyle (C5), ce qui en fait le plus court des homologues de la série CBD.
Pharmacocinétique
Aucune donnée de pharmacocinétique n'est publiée pour le cannabidiorcol, ni chez l'animal ni chez l'humain : absorption, distribution, demi-vie et biodisponibilité restent inconnues. Sa présence dans la plante se limitant à des traces, l'exposition attendue via un produit de chanvre courant est très faible.
Métabolisme
Aucune voie métabolique n'a été caractérisée pour le cannabidiorcol : ni enzyme impliquée (CYP, UGT) ni métabolite identifié. Par analogie avec le cannabidiol, une hydroxylation microsomale suivie d'une conjugaison est plausible, mais rien ne l'a vérifiée expérimentalement pour cet homologue.
Toxicologie et risques
Le profil toxicologique n'est pas établi : aucune étude de toxicité, aucun essai clinique et aucune série de cas ne concernent spécifiquement le cannabidiorcol, et les données humaines manquent. La seule réserve mécanistique documentée est indirecte : le TRPV2, sa cible principale, intervient dans des voies de prolifération tumorale décrites en cancérologie expérimentale, ce qui interdit de déduire un bénéfice anti-inflammatoire de la seule activation du canal. En pratique, les quantités présentes dans le chanvre restent trop faibles pour qu'une exposition significative soit attendue.
Détection et analyse
Le composé a été caractérisé dès l'origine par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, la chaîne méthyle abaissant la masse moléculaire de 56 unités par rapport au CBD, ce qui rend l'homologue reconnaissable. Il figure aujourd'hui parmi les analytes de méthodes multi-cannabinoïdes validées : une méthode HPLC-MS/MS appliquée à la salive quantifie treize cannabinoïdes dont le CBD-C1. Un étalon de référence dédié reste nécessaire pour le séparer sans ambiguïté des autres homologues de chaîne.
Références
- 1.Qin et al., activation du TRPV2 par les cannabinoïdes (O-1821, tableau 1), J Neurosci 2008PMID 18550765
- 2.Vree et al., identification dans le haschisch des analogues à chaîne méthyle du THC, du CBD et du CBN, J Pharm Pharmacol 1972PMID 4401327
- 3.Muller, Morales & Reggio, ligands cannabinoïdes ciblant les canaux TRP, Front Mol Neurosci 2019PMID 30697147
- 4.Antunes, Barroso & Gallardo, analyse des cannabinoïdes dans les milieux biologiques (panel salivaire incluant le CBD-C1), IJERPH 2023PMID 36767678
- 5.PubChem CID 20586765 : identité, formule brute et InChIKey
- 6.Arrêté du 22 février 1990, annexe IV, liste des substances classées comme stupéfiants (Légifrance)
- 7.Cannabidiorcol, synthèse encyclopédique (identifiants et cible TRPV2)
Données structurées
- InChIKey
- GKVOVXWEBSQJPA-UHFFFAOYSA-N
- Formule
- C17H22O2
- Masse molaire
- 258.40 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 20586765
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.


