Modulateur ECS (recherche)
EndogènePrégnénolone
Prégnénolone
1-[(3S,8S,9S,10R,13S,14S,17S)-3-hydroxy-10,13-dimethyl-2,3,4,7,8,9,11,12,14,15,16,17-dodecahydro-1H-cyclopenta[a]phenanthren-17-yl]ethanone
Alias.pregnenolone · 3-Hydroxypregn-5-en-20-one · Δ5-prégnénolone · 5P · P5 · 3β-hydroxyprégn-5-én-20-one
Stéroïde endogène, modulateur allostérique négatif du CB1 spécifique de la signalisation.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₂₁H₃₂O₂
- Masse molaire
- 316.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 145-13-1
- PubChem CID
- 8955
- Première description
- Stéroïde décrit dans les années 1930 pendant les travaux d'isolement et de synthèse des hormones stéroïdiennes, la première synthèse étant attribuée à Adolf Butenandt et ses collaborateurs en 1934. Son action sur le récepteur cannabinoïde CB1 est bien plus récente : elle a été rapportée en janvier 2014 dans la revue Science par les équipes Inserm de Pier Vincenzo Piazza et Giovanni Marsicano, au Neurocentre Magendie de Bordeaux.
- Origine
- Stéroïde endogène des mammifères, synthétisé dans la corticosurrénale, les gonades et le cerveau. Il n'est pas produit par le chanvre et ne fait donc pas partie des phytocannabinoïdes. Une production a également été rapportée chez le champignon Botrytis cinerea.
- InChIKey
- ORNBQBCIOKFOEO-QGVNFLHTSA-N
En clair
La prégnénolone est une hormone que le corps fabrique lui-même à partir du cholestérol, dans les glandes surrénales, les gonades et le cerveau. Elle n'existe pas dans le chanvre. Des chercheurs français ont montré en 2014 que le cerveau en produit beaucoup après une prise de THC, et qu'elle freine alors une partie des effets du cannabis, à la manière d'un frein de sécurité naturel.
Récepteurs et activité
- CB1Modulateur
- Récepteur sigma-1Modulateur
- GABA-AModulateur
- MAP2 (microtubules)Modulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement15
- Clarté15
- Sommeil10
- Appétit5
- High8
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
La prégnénolone est le premier stéroïde issu du cholestérol et le précurseur commun de tous les stéroïdes de l'organisme. Son intérêt pour le système endocannabinoïde vient d'un travail publié dans Science en 2014 par les équipes Inserm de Bordeaux : le THC provoque une élévation massive de la prégnénolone cérébrale, de l'ordre de trente fois en deux heures, et cette prégnénolone se fixe alors sur un site allostérique du récepteur CB1. Elle n'y déplace pas les agonistes et ne modifie pas l'inhibition de l'AMP cyclique, mais elle bloque la phosphorylation des MAP kinases ERK1/2 et la chute de respiration mitochondriale déclenchées par le récepteur. Ce profil, qualifié d'inhibition spécifique de signalisation, atténue chez l'animal la sédation, les troubles de mémoire et l'auto-administration de cannabinoïdes liés au THC, sans effet comportemental propre et sans précipiter de sevrage, à la différence des antagonistes orthostériques comme le rimonabant. Les limites sont réelles : une équipe indépendante n'a pas reproduit cette modulation avec le 2-AG dans des neurones autaptiques, ce qui suggère une dépendance à l'agoniste, et les données humaines manquent pour la prégnénolone elle-même dans cette indication. Sa faible biodisponibilité orale et sa conversion rapide en autres stéroïdes ont conduit à développer des dérivés non métabolisables, dont l'AEF0117, évalué jusqu'en phase 2a dans le trouble de l'usage du cannabis.
Sources clés.
- Vallée M. et al., Pregnenolone can protect the brain from cannabis intoxication, Science, 2014PMID 24385629
- Haney M. et al., Signaling-specific inhibition of the CB1 receptor for cannabis use disorder : essais de phase 1 et 2a, Nature Medicine, 2023
- Busquets-Garcia A. et al., Pregnenolone blocks cannabinoid-induced acute psychotic-like states in mice, Molecular Psychiatry, 2017PMID 28220044
- Raux P.L. et al., New perspectives on the role of the neurosteroid pregnenolone as an endogenous regulator of CB1 receptor activity, Journal of Neuroendocrinology, 2022PMID 34486765
- Straiker A. et al., Evaluation of allosteric modulators of CB1 in a neuronal model (résultat négatif pour la prégnénolone), Pharmacological Research, 2015PMID 26211948
- Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie : Prégnénolone (dosage, valeurs de référence, métabolisme)
- Vidal : Prégnénolone, conditions de délivrance en France et effets indésirables
- Inserm, communiqué de presse : une molécule qui protège le cerveau de l'intoxication au cannabis (2014)
- USADA : statut de la prégnénolone au regard de la liste des interdictions de l'AMA
- PubChem CID 8955 : Pregnenolone (identité, formule, InChIKey)
Origine (outil de recherche)
La prégnénolone est le premier stéroïde formé à partir du cholestérol : la protéine StAR achemine le cholestérol vers la membrane interne des mitochondries, où l'enzyme CYP11A1 (cytochrome P450scc) coupe la chaîne latérale. Cette réaction a lieu dans la corticosurrénale et les gonades, ainsi que directement dans le cerveau, où la prégnénolone est synthétisée de novo par les astrocytes et plusieurs types de neurones, ce qui lui vaut le statut de neurostéroïde. Elle constitue ensuite le précurseur obligatoire de la progestérone, de la DHEA, des androgènes, des œstrogènes et des corticostéroïdes.
Cadre légal
France
La prégnénolone n'est pas un stupéfiant en France. Elle n'est pas concernée par la clause générique de l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, qui vise les tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers et sels : c'est un stéroïde, dépourvu de tout squelette de type THC. Elle n'entre pas davantage dans le champ de la Décision ANSM du 22 mai 2024 relative aux dérivés du noyau benzo[c]chromène. Son encadrement relève du droit des hormones et non des stupéfiants : à la différence des États-Unis, où elle est vendue librement comme complément alimentaire, elle ne peut en France être obtenue que sur ordonnance, auprès d'un pharmacien qui la conditionne en gélules, selon la référence Vidal. Aucune autorisation de mise sur le marché française ne lui a été accordée.
Union européenne
Substance endogène, non inscrite aux conventions internationales de contrôle des stupéfiants et absente des listes de nouvelles substances psychoactives suivies par l'EUDA. Sa commercialisation relève du droit des hormones et des compléments alimentaires, dont l'encadrement reste largement national dans l'Union : plusieurs États membres traitent les précurseurs hormonaux comme des médicaments par fonction. Un dérivé non métabolisable de la prégnénolone, l'AEF0117, a été évalué en essais cliniques de phase 1 et de phase 2a dans le trouble de l'usage du cannabis, sans autorisation de mise sur le marché à ce jour.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Modulateur ECS (recherche)
- Origine
- Stéroïde endogène des mammifères, synthétisé dans la corticosurrénale, les gonades et le cerveau. Il n'est pas produit par le chanvre et ne fait donc pas partie des phytocannabinoïdes. Une production a également été rapportée chez le champignon Botrytis cinerea.
- Statut
- Endogène
Stéroïde en C21 de la série pregnane, bâti sur le squelette stérane tétracyclique, portant une fonction 3β-hydroxyle, une double liaison Δ5 et un groupe acétyle en C17. Ce n'est pas un cannabinoïde : la molécule ne possède ni noyau benzo[c]chromène ni résorcinol alkylé. Elle appartient à la famille des neurostéroïdes.
Pharmacocinétique
Molécule très lipophile qui franchit facilement la barrière hémato-encéphalique. Sa biodisponibilité orale est faible et sa demi-vie courte, ce qui a conduit les équipes de développement à écarter la prégnénolone elle-même comme candidat médicament. Les essais cliniques qui ont cherché à élever durablement les concentrations plasmatiques ont utilisé des doses orales élevées, de l'ordre de 300 à 500 milligrammes par jour répartis en deux prises. Les concentrations physiologiques matinales chez l'adulte jeune se situent entre 0,20 et 0,60 nanogramme par millilitre de sérum, avec des variations nycthémérales marquées et sans différence liée au sexe.
Métabolisme
La prégnénolone est un carrefour métabolique plus qu'un produit terminal. Elle est convertie en progestérone par la 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase (voie Δ4) ou en 17-hydroxyprégnénolone puis en DHEA (voie Δ5), et elle est sulfoconjuguée en sulfate de prégnénolone par les sulfotransférases. Dans le foie, des réductions successives conduisent au prégnanediol, éliminé principalement sous forme sulfoconjuguée dans les urines. Cette conversion rapide en stéroïdes actifs est précisément la raison pour laquelle des dérivés non métabolisables ont été mis au point pour un usage pharmaceutique.
Toxicologie et risques
Aucun profil de toxicité aiguë comparable à celui des cannabinoïdes de synthèse n'est décrit : la prégnénolone est une molécule endogène et les études animales n'ont pas mis en évidence d'effet comportemental propre, ni de sevrage précipité, ni de baisse de prise alimentaire, contrairement aux antagonistes orthostériques du CB1. Les risques documentés sont d'ordre hormonal et découlent de sa conversion en androgènes et en œstrogènes : acné, chute de cheveux, pilosité accrue et modification de la voix chez la femme, ainsi que nausées, fatigue, douleurs abdominales, élévation de la pression artérielle et baisse du cholestérol HDL. Les références cliniques françaises la déconseillent pendant la grossesse et l'allaitement, chez l'enfant, en cas d'épilepsie et en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer hormonodépendant. Le bénéfice cognitif observé chez l'animal n'a pas été confirmé chez l'humain.
Détection et analyse
Le dosage de la prégnénolone sérique ou plasmatique est un examen de biologie médicale courant, prescrit notamment pour rechercher un déficit en 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase devant un hirsutisme ou une hyperandrogénie. Il repose historiquement sur la radio-immunologie précédée d'une extraction et d'une chromatographie, condition nécessaire à une bonne spécificité, et de plus en plus sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem. Le prélèvement se fait le matin avant dix heures en raison des variations nycthémérales. En contrôle antidopage, la prégnénolone ne figure pas nommément sur la liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage, même si certaines revues la rangent parmi les précurseurs de la testostérone.
Références
- 1.Vallée M. et al., Pregnenolone can protect the brain from cannabis intoxication, Science, 2014PMID 24385629
- 2.Haney M. et al., Signaling-specific inhibition of the CB1 receptor for cannabis use disorder : essais de phase 1 et 2a, Nature Medicine, 2023
- 3.Busquets-Garcia A. et al., Pregnenolone blocks cannabinoid-induced acute psychotic-like states in mice, Molecular Psychiatry, 2017PMID 28220044
- 4.Raux P.L. et al., New perspectives on the role of the neurosteroid pregnenolone as an endogenous regulator of CB1 receptor activity, Journal of Neuroendocrinology, 2022PMID 34486765
- 5.Straiker A. et al., Evaluation of allosteric modulators of CB1 in a neuronal model (résultat négatif pour la prégnénolone), Pharmacological Research, 2015PMID 26211948
- 6.Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie : Prégnénolone (dosage, valeurs de référence, métabolisme)
- 7.Vidal : Prégnénolone, conditions de délivrance en France et effets indésirables
- 8.Inserm, communiqué de presse : une molécule qui protège le cerveau de l'intoxication au cannabis (2014)
- 9.USADA : statut de la prégnénolone au regard de la liste des interdictions de l'AMA
- 10.PubChem CID 8955 : Pregnenolone (identité, formule, InChIKey)
Données structurées
- InChIKey
- ORNBQBCIOKFOEO-QGVNFLHTSA-N
- SMILES
- CC(=O)[C@H]1CC[C@@H]2[C@@]1(CC[C@H]3[C@H]2CC=C4[C@@]3(CC[C@@H](C4)O)C)C
- Formule
- C21H32O2
- Masse molaire
- 316.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 145-13-1
- PubChem CID
- 8955
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