Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Non listéPravadolinePravadoline (WIN 48098)
(4-methoxyphenyl)-[2-methyl-1-(2-morpholin-4-ylethyl)indol-3-yl]methanone
Alias.WIN 48098 · WIN 48098-6 · pravadoline maleate · BRL-38227
Aminoalkylindole fondateur : anti-inflammatoire des années 1980 devenu l'ancêtre des cannabinoïdes de synthèse.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₃H₂₆N₂O₃
- Masse molaire
- 378.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 92623-83-1
- PubChem CID
- 56463
- Première description
- Développée dans les années 1980 par le groupe de recherche Sterling comme anti-inflammatoire non stéroïdien inhibiteur de la synthèse des prostaglandines, la pravadoline est à l'origine d'une découverte accidentelle majeure. Son effet analgésique apparaissait à des doses dix fois inférieures à la dose anti-inflammatoire efficace, écart inexplicable par la seule inhibition de la cyclooxygénase, et il n'était pas levé par la naloxone, ce qui excluait une action opioïde. L'explication est venue de la pharmacologie cannabinoïde : la pravadoline s'est révélée être le premier représentant d'une classe entièrement nouvelle d'agonistes des récepteurs cannabinoïdes, les aminoalkylindoles.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle a été conçue dans un programme pharmaceutique et n'a pas de présence significative sur le marché des produits de consommation ; sa descendance chimique, en revanche, a essaimé bien au-delà du laboratoire.
- InChIKey
- MEUQWHZOUDZXHH-UHFFFAOYSA-N
En clair
La pravadoline est un anti-inflammatoire conçu dans les années 1980 qui soulageait la douleur bien plus qu'il n'aurait dû. En cherchant pourquoi, les chercheurs ont découvert qu'elle agissait sur les récepteurs du cannabis : c'est l'ancêtre de toute la famille des cannabinoïdes de synthèse à noyau indole.
Récepteurs et activité
- CB1Agoniste
- COXAntagoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement35
- Clarté20
- Sommeil30
- Appétit25
- High25
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
La pravadoline (WIN 48098) est la molécule fondatrice des aminoalkylindoles, et par là de la lignée entière des cannabinoïdes de synthèse à noyau indole. Conçue par le groupe Sterling dans les années 1980 comme anti-inflammatoire non stéroïdien apparenté à l'indométacine, elle inhibait effectivement la synthèse des prostaglandines. L'anomalie tenait à son effet analgésique, obtenu à des doses dix fois plus faibles que la dose anti-inflammatoire et insensible à la naloxone : ni la cyclooxygénase ni les récepteurs opioïdes ne pouvaient en rendre compte. La pravadoline s'est révélée agoniste des récepteurs cannabinoïdes, première d'une classe chimique alors inconnue. L'optimisation de la série a ensuite dissocié les deux activités, l'effet sur les prostaglandines s'effaçant à mesure que l'activité CB1 se renforçait, et a conduit au WIN 55,212-2, agoniste de référence encore utilisé aujourd'hui, puis aux séries JWH qui ont alimenté le marché des faux cannabis. Le développement clinique de la pravadoline elle-même a été abandonné.
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biologique. La pravadoline est un aminoalkylindole obtenu par synthèse : un noyau indole porte en position 1 une chaîne morpholinoéthyle, en position 2 un méthyle, et en position 3 une fonction cétone reliant un cycle 4-méthoxyphényle. Elle est décrite ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
La pravadoline n'est pas inscrite nommément à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990. Sa structure, cétone d'indole portant une chaîne aminoalkyle et une tête méthoxyphényle, ne correspond pas aux familles de naphtoylindoles ni aux familles de carboxamides ajoutées par l'arrêté du 31 mars 2017. Elle relève en pratique du statut de composé de recherche, sans usage humain autorisé ni commercialisation.
Union européenne
Aucun contrôle harmonisé à l'échelle de l'Union et aucune inscription aux conventions internationales de 1961 et 1971. Le développement clinique de la molécule comme antalgique a été abandonné et elle n'a jamais obtenu d'autorisation de mise sur le marché dans un État membre.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle a été conçue dans un programme pharmaceutique et n'a pas de présence significative sur le marché des produits de consommation ; sa descendance chimique, en revanche, a essaimé bien au-delà du laboratoire.
- Statut
- Non listé
Aminoalkylindole, prototype de la classe. Le noyau indole porte une chaîne 2-(morpholin-4-yl)éthyle sur l'azote en position 1, un méthyle en position 2, et une cétone aroyle en position 3 reliée à un 4-méthoxyphényle. Le remplacement ultérieur de cette tête méthoxyphényle par un naphtalène a donné les naphtoylindoles, dont le JWH-018 : toute la nomenclature moderne des cannabinoïdes de synthèse à cœur indole descend de ce squelette.
Pharmacocinétique
La molécule a été évaluée par voie orale chez l'animal, avec une inhibition de la synthèse des prostaglandines mesurable ex vivo après administration orale. Elle a fait l'objet d'un développement clinique comme antalgique, abandonné depuis, et aucun profil pharmacocinétique humain de référence n'est aujourd'hui publiquement documenté sous une forme exploitable.
Métabolisme
Le métabolisme humain de la pravadoline n'est pas caractérisé dans la littérature accessible. La structure offre plusieurs sites d'attaque attendus, dont la O-déméthylation du groupement méthoxy et l'oxydation du cycle morpholine, mais ces voies relèvent de l'attente de classe et non d'une observation publiée pour ce composé.
Toxicologie et risques
Aucun signalement d'intoxication n'est associé à la pravadoline elle-même, qui n'a pas circulé comme produit de consommation. Son intérêt est historique et pharmacologique. Le risque réel de la classe qu'elle a inaugurée est porté par ses descendants optimisés, agonistes complets de très haute affinité responsables de la morbidité observée avec les faux cannabis.
Détection et analyse
La pravadoline n'est pas recherchée en toxicologie de routine et n'est pas détectée par les immunoessais cannabis. Elle sert surtout de référence chromatographique dans les bibliothèques spectrales des laboratoires travaillant sur la série des aminoalkylindoles, où elle marque l'origine structurale de la famille.
Références
Données structurées
- InChIKey
- MEUQWHZOUDZXHH-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CC1=C(C2=CC=CC=C2N1CCN3CCOCC3)C(=O)C4=CC=C(C=C4)OC
- Formule
- C23H26N2O3
- Masse molaire
- 378.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 92623-83-1
- PubChem CID
- 56463
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.