Modulateur ECS (recherche)
Non listéParacétamolParacétamol (acétaminophène)
N-(4-hydroxyphenyl)acetamide
Alias.Acétaminophène · Acetaminophen · N-acétyl-para-aminophénol · APAP
Antalgique courant dont une part de l'effet passe par l'AM404, métabolite cérébral apparenté aux endocannabinoïdes.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₈H₉NO₂
- Masse molaire
- 151.06 g·mol⁻¹
- CAS
- 103-90-2
- PubChem CID
- 1983
- Première description
- Le paracétamol est un antalgique et antipyrétique employé depuis la fin du dix-neuvième siècle, dont le mécanisme d'action est resté longtemps mal compris. Son rattachement au système endocannabinoïde date de 2005, quand Högestätt et collaborateurs, à l'université de Lund, ont montré qu'il est transformé dans le système nerveux en un composé apparenté aux endocannabinoïdes, l'AM404, par une réaction que catalyse l'amidohydrolase des acides gras.
- Origine
- Molécule de synthèse, produite industriellement comme principe actif médicamenteux. Elle n'est pas d'origine cannabique et n'appartient pas aux phytocannabinoïdes : son inscription ici tient au fait qu'une part de son action antalgique passe par un métabolite qui agit sur le système endocannabinoïde et sur le récepteur TRPV1.
- InChIKey
- RZVAJINKPMORJF-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le paracétamol est l'antidouleur le plus utilisé au monde, et son mécanisme est resté longtemps mystérieux. Une partie de son effet passe par un dérivé fabriqué dans le cerveau, l'AM404, qui ressemble aux cannabinoïdes produits par le corps.
Récepteurs et activité
- TRPV1Effet indirect via le métabolite AM404 ; antinociception abolie chez la souris dépourvue de TRPV1 (Barrière et coll. 2013)Agoniste
- FAAHEnzyme non pas inhibée mais utilisée comme voie de synthèse : elle conjugue le 4-aminophénol à l'acide arachidonique (Högestätt et coll. 2005)Modulateur
- CB1Pas de liaison directe ; l'antinociception chez le rat est prévenue par l'inhibition du CB1Modulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Clarté10
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- Appétit5
- High8
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le paracétamol occupe une place inattendue dans une encyclopédie des cannabinoïdes, et il l'occupe légitimement. Utilisé depuis plus d'un siècle, prescrit et consommé plus que tout autre antalgique, il a longtemps eu la particularité gênante d'être un médicament dont personne ne savait vraiment expliquer l'action : ses effets anti-inflammatoires périphériques sont faibles, ce qui le distingue des anti-inflammatoires non stéroïdiens, et l'inhibition des cyclooxygénases n'en rend pas compte de façon satisfaisante. La réponse trouvée en 2005 par Högestätt et collaborateurs à l'université de Lund déplace la question du composé vers son métabolite. Le paracétamol est désacétylé en 4-aminophénol, et cette molécule est prise en charge dans le système nerveux par l'amidohydrolase des acides gras, l'enzyme qui d'ordinaire coupe l'anandamide. Employée à l'envers, elle fabrique : elle conjugue le 4-aminophénol à l'acide arachidonique pour produire l'AM404, molécule dont la structure est celle d'un endocannabinoïde et qui active puissamment le récepteur TRPV1 tout en gênant la recapture de l'anandamide. Barrière et collaborateurs ont bouclé la démonstration en 2013 avec les outils de la génétique : ni le métabolite ni l'effet antalgique n'apparaissent chez des souris dépourvues de l'enzyme, et l'effet disparaît chez des souris dépourvues du récepteur TRPV1. Chez le rat, l'antinociception est de surcroît supprimée par le blocage du récepteur CB1 et par la destruction des voies sérotoninergiques descendantes, ce qui inscrit le mécanisme dans un circuit de contrôle de la douleur et non dans une action locale. Cette histoire explique pourquoi le paracétamol figure dans les inventaires de modulateurs du système endocannabinoïde : ce n'est pas un cannabinoïde, c'est un médicament banal dont l'organisme fabrique un cannabinoïde.
Sources clés.
- Högestätt et coll. 2005 : conversion de l'acétaminophène en N-acylphénolamine bioactive AM404 par conjugaison à l'acide arachidonique dépendante de la FAAH dans le système nerveuxPMID 15987694
- Barrière et coll. 2013 : génération dépendante de la FAAH de métabolites antinociceptifs agissant sur le TRPV1 dans le cerveauPMID 23940628
Origine (outil de recherche)
Voie d'obtention entièrement chimique, décrite ici par classe uniquement. La molécule est un amide aromatique très simple : un noyau phénol porte en position para une fonction acétamide. Le point remarquable n'est pas sa fabrication industrielle mais sa transformation dans l'organisme : la désacétylation libère le 4-aminophénol, que l'amidohydrolase des acides gras conjugue ensuite à l'acide arachidonique pour former l'AM404, molécule dont la structure est celle d'un endocannabinoïde de la famille des N-acyléthanolamines.
Cadre légal
International
Non inscrit aux conventions de contrôle
Union européenne
Médicament autorisé ; non contrôlé
France
Médicament sans prescription obligatoire ; hors libre accès depuis 2020
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Modulateur ECS (recherche)
- Origine
- Molécule de synthèse, produite industriellement comme principe actif médicamenteux. Elle n'est pas d'origine cannabique et n'appartient pas aux phytocannabinoïdes : son inscription ici tient au fait qu'une part de son action antalgique passe par un métabolite qui agit sur le système endocannabinoïde et sur le récepteur TRPV1.
- Statut
- Non listé
Amide aromatique para-substitué, de structure très simple : un cycle benzénique portant un hydroxyle et, en position para, une fonction acétamide. Cette simplicité contraste avec la complexité de son mécanisme. La transformation biologique qui l'intéresse ici procède en deux temps : hydrolyse de l'acétamide libérant le 4-aminophénol, puis conjugaison de cette amine à l'acide arachidonique, ce qui produit une N-acyléthanolamine aromatique de la même famille structurale que l'anandamide.
Pharmacocinétique
L'absorption orale est rapide et pratiquement complète, avec un pic plasmatique atteint en moins d'une heure pour les formes classiques et une demi-vie d'élimination de l'ordre de deux à trois heures chez l'adulte sain. La molécule franchit la barrière hématoencéphalique, condition nécessaire à la formation centrale du métabolite actif. La demi-vie s'allonge en cas d'insuffisance hépatique, ce qui constitue l'une des situations à risque de surdosage.
Métabolisme
Le métabolisme est dominé par deux voies de conjugaison, la glucuronoconjugaison et la sulfoconjugaison, qui prennent en charge la majeure partie de la dose et produisent des métabolites inactifs éliminés par le rein. Une fraction minoritaire est oxydée par les cytochromes P450, en particulier le CYP2E1, en N-acétyl-para-benzoquinone imine, métabolite réactif normalement neutralisé par conjugaison au glutathion. La voie qui intéresse la pharmacologie cannabinoïde est distincte et quantitativement mineure : désacétylation en 4-aminophénol, puis conjugaison à l'acide arachidonique par l'amidohydrolase des acides gras dans le système nerveux, produisant l'AM404.
Toxicologie et risques
La toxicité hépatique du paracétamol en surdosage est bien établie et constitue l'une des premières causes d'insuffisance hépatique aiguë dans les pays occidentaux. Le mécanisme est connu : lorsque les voies de conjugaison sont saturées, la production du métabolite réactif N-acétyl-para-benzoquinone imine dépasse les réserves de glutathion, et ce métabolite se lie alors aux protéines hépatocytaires. La consommation chronique d'alcool et la dénutrition abaissent le seuil toxique. L'antidote, la N-acétylcystéine, restaure les réserves de glutathion et son efficacité dépend étroitement de la précocité de son administration. C'est ce risque, et non un risque d'abus, qui a motivé le retrait du libre accès en officine en France en 2020.
Détection et analyse
Le paracétamol est dosé en routine dans les laboratoires hospitaliers, non pas comme drogue mais comme paramètre d'urgence toxicologique : la concentration plasmatique rapportée au délai depuis l'ingestion, lue sur le nomogramme de Rumack et Matthew, détermine l'indication de l'antidote. Les méthodes usuelles sont l'immunodosage et la chromatographie. La molécule ne figure pas dans les panels de dépistage des stupéfiants.
Références
- 1.Högestätt et coll. 2005 : conversion de l'acétaminophène en N-acylphénolamine bioactive AM404 par conjugaison à l'acide arachidonique dépendante de la FAAH dans le système nerveuxPMID 15987694
- 2.Barrière et coll. 2013 : génération dépendante de la FAAH de métabolites antinociceptifs agissant sur le TRPV1 dans le cerveauPMID 23940628
Données structurées
- InChIKey
- RZVAJINKPMORJF-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CC(=O)NC1=CC=C(C=C1)O
- ChEBI
- CHEBI:46195
- Formule
- C8H9NO2
- Masse molaire
- 151.06 g·mol⁻¹
- CAS
- 103-90-2
- PubChem CID
- 1983
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.