Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : nommément listéMN-18
MN-18
N-naphthalen-1-yl-1-pentylindazole-3-carboxamide
Alias.NNEI indazole analogue · N-(naphthalén-1-yl)-1-pentyl-1H-indazole-3-carboxamide
Carboxamide d'indazole à tête naphtalénique, analogue du NNEI, haute affinité CB1 et CB2, classé stupéfiant en France.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₃H₂₃N₃O
- Masse molaire
- 357.40 g·mol⁻¹
- CAS
- 1391484-80-2
- PubChem CID
- 119058030
- Première description
- La molécule a été identifiée en 2014, avec son analogue fluoré, dans le cadre d'une surveillance continue des nouvelles substances psychoactives conduite au Japon. Les essais pharmacologiques in vitro réalisés alors ont montré une haute affinité pour les récepteurs cannabinoïdes humains CB1 et CB2. Le Japon et plusieurs autres pays l'ont classée dès 2014. Comme pour beaucoup de composés de cette génération, le contrôle a précédé la connaissance : aucune donnée de métabolisme humain n'existait, ce qui empêchait les laboratoires de confirmer une consommation, lacune comblée en 2017 par Xingxing Diao, Marilyn Huestis et leurs collaborateurs.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans des mélanges à fumer vendus comme encens ou herbes aromatiques. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- InChIKey
- UJKHLVOEXULDRU-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le MN-18 est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, repéré au Japon en 2014. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol : il a été vendu en poudre, puis pulvérisé sur des herbes destinées à être fumées. Il se fixe très fortement sur les mêmes récepteurs que le THC, et il est classé comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
- CB1Ki de 1,65 à 3,86 nM sur récepteurs humains CB1 et CB2, valeurs rapportées conjointement pour MN-18 et 5F-MN-18 (Diao et al., 2017)Agoniste
- CB2Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement7
- Clarté3
- Sommeil10
- Appétit12
- High8
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le MN-18 est un carboxamide d'indazole à tête naphtalénique, identifié au Japon en 2014 avec son analogue fluoré. Un point de nomenclature mérite d'être posé d'emblée, car l'erreur est répandue jusque dans des jeux de données de référence : ce composé n'est pas un carboxamide de carbazole. Le nom systématique retenu par PubChem comme la dénomination inscrite au texte réglementaire français désignent un indazole, et la distinction change à la fois la formule brute et le comportement analytique. La molécule est l'analogue indazolique du NNEI, aussi appelé MN-24, qui porte un indole à la même place. Les essais in vitro conduits lors de son identification donnent, pour elle et son analogue fluoré, des constantes d'inhibition comprises entre 1,65 et 3,86 nM sur les récepteurs humains CB1 et CB2, très au-dessus du tétrahydrocannabinol qui n'est lui qu'un agoniste partiel. Ce que la comparaison avec le NNEI apporte de plus intéressant est cinétique : l'étude de Kevin et de ses collaborateurs chez le rat mesure une demi-vie plasmatique de 5,40 heures pour le MN-18 contre 11,55 heures pour le NNEI, et observe que le MN-18 est éliminé plus vite bien qu'il subisse moins de biotransformations sur hépatocytes, dix métabolites contre vingt. L'échange d'un carbone de cycle contre un azote suffit donc à changer nettement le devenir du composé dans l'organisme. Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'existe : ni dose, ni tolérance, ni dépendance ne sont caractérisées.
Sources clés.
- Diao X, Carlier J, Zhu M, Huestis MA. Human Hepatocyte Metabolism of Novel Synthetic Cannabinoids MN-18 and Its 5-Fluoro Analog 5F-MN-18. Clin Chem. 2017;63(11):1753-1763PMID 28821542
- Kevin RC, Lefever TW, Snyder RW et al. Kinetic and metabolic profiles of synthetic cannabinoids NNEI and MN-18. Drug Test Anal. 2018;10(1):137-147PMID 28834241
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « MN-18 », famille des dérivés du 3-carboxamide indazole)
- PubChem, Compound Summary CID 119058030, MN-18
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par couplage d'un acide 1-pentylindazole-3-carboxylique avec la 1-naphtylamine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
Le MN-18 est classé comme stupéfiant en France, et il l'est sous son nom propre. L'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 le mentionne explicitement, sous la forme « MN-18 ou N-(naphthalen-1-yl)-1-pentyl-1H-indazole-3-carboxamide », au sein de la famille générique des dérivés du 3-carboxamide indazole. Cette dénomination officielle confirme au passage la nature indazolique du squelette, contre la description erronée en carboxamide de carbazole qui circule dans certains jeux de données. La clause générique correspondante vise les molécules portant sur l'azote en position 1 de l'indazole un substituant alkyle ou haloalkyle, et sur l'azote du pont carboxamide un substituant de type cumyle, naphtyle, adamantanyle, benzyle ou bicycloheptanyle : la molécule serait donc couverte même sans mention nominative. Production, détention, cession, transport et usage relèvent du droit pénal des stupéfiants.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle harmonisée à l'échelle de l'Union ne vise le MN-18 : la substance ne figure pas à l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI. Le contrôle reste national et il est effectif dans de nombreux États membres au moyen de définitions génériques couvrant les carboxamides d'indazole ; la France en fait partie, avec une inscription nominative. Hors Union, le Japon, où la molécule a été identifiée pour la première fois, l'a classée dès 2014, et plusieurs autres pays ont suivi la même année.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans des mélanges à fumer vendus comme encens ou herbes aromatiques. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- Statut
- Stupéfiant : nommément listé
Indazole-3-carboxamide à tête naphtalénique : noyau indazole portant une chaîne n-pentyle sur son azote en position 1, relié en position 3 à un naphtalén-1-yle par une fonction carboxamide. Une confusion circule sur ce composé, y compris dans des jeux de données de référence, qui le décrivent comme un carboxamide de carbazole : c'est inexact. Le nom systématique retenu par PubChem et la dénomination reprise par le texte réglementaire français désignent tous deux un indazole. Le carbazole correspond à d'autres composés de la même famille de codes, et la distinction n'est pas cosmétique puisqu'elle change la formule brute comme le comportement analytique. La molécule est l'analogue indazolique du NNEI, également appelé MN-24, qui porte un indole à la même place.
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'est publiée : biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent inconnus chez l'être humain. Les données disponibles proviennent du rat, où l'étude de Kevin et de ses collaborateurs mesure une demi-vie plasmatique de 5,40 heures, à comparer aux 11,55 heures du NNEI, son analogue indolique. Ces auteurs relèvent un résultat contre-intuitif : le MN-18 est éliminé plus rapidement in vivo alors qu'il subit moins de biotransformations que le NNEI lors des incubations sur hépatocytes. La stabilité du carboxamide, sans point de coupure hydrolytique comparable à l'ester des carboxylates quinoléinyles, distingue par ailleurs cette génération de la précédente.
Métabolisme
Le métabolisme humain a été caractérisé en 2017 sur hépatocytes humains par spectrométrie de masse haute résolution. Treize métabolites ont été détectés pour le MN-18, les trois plus abondants étant l'acide 1-pentylindazole-3-carboxylique, le dérivé carbonylé de la chaîne pentyle et le dérivé hydroxylé sur le naphtalène. Une étude antérieure conduite sur hépatocytes en parallèle avec le NNEI avait identifié dix métabolites pour cette molécule, en notant l'absence d'hydroxylation du noyau indazolique et l'absence de désalkylation de la chaîne pentyle, deux voies pourtant observées sur l'analogue indolique ; deux conjugués glucuronidés ont été détectés. Cette différence de comportement métabolique entre l'indazole et l'indole illustre ce que l'échange d'un seul atome de cycle produit.
Toxicologie et risques
Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est celui de sa classe pharmacologique : agoniste de haute affinité des récepteurs cannabinoïdes, sans le plafond d'effet du tétrahydrocannabinol, catégorie associée chez les consommateurs à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. Les auteurs de l'étude de métabolisme rappellent d'ailleurs que leur travail visait à permettre de relier des effets indésirables observés à ces substances précises, ce qui suppose qu'une telle attribution restait impossible jusque-là. La poudre est pulvérisée sur un support végétal, à répartition très inégale d'une prise à l'autre, ce qui expose à des surdoses accidentelles.
Détection et analyse
L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure, et un dépistage négatif ne vaut pas absence. Dans l'urine, la recherche porte sur les métabolites, principalement l'acide 1-pentylindazole-3-carboxylique, le dérivé carbonylé de la chaîne pentyle et le dérivé hydroxylé sur le naphtalène. Une précaution s'impose face à l'analogue fluoré : le 5F-MN-18 produit du 5'-hydroxy-MN-18 parmi ses métabolites les plus abondants, si bien qu'un marqueur commun aux deux molécules ne suffit pas à les départager. Une réserve identique vaut pour le NNEI, dont le squelette indolique donne des masses voisines.
Références
- 1.Diao X, Carlier J, Zhu M, Huestis MA. Human Hepatocyte Metabolism of Novel Synthetic Cannabinoids MN-18 and Its 5-Fluoro Analog 5F-MN-18. Clin Chem. 2017;63(11):1753-1763PMID 28821542
- 2.Kevin RC, Lefever TW, Snyder RW et al. Kinetic and metabolic profiles of synthetic cannabinoids NNEI and MN-18. Drug Test Anal. 2018;10(1):137-147PMID 28834241
- 3.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « MN-18 », famille des dérivés du 3-carboxamide indazole)
- 4.PubChem, Compound Summary CID 119058030, MN-18
Données structurées
- InChIKey
- UJKHLVOEXULDRU-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCN1C2=CC=CC=C2C(=N1)C(=O)NC3=CC=CC4=CC=CC=C43
- Formule
- C23H23N3O
- Masse molaire
- 357.40 g·mol⁻¹
- CAS
- 1391484-80-2
- PubChem CID
- 119058030
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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