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Canna·wikiMDMB-CHMINACA

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : clause générique

MDMB-CHMINACA

MDMB-CHMINACA

methyl (2S)-2-[[1-(cyclohexylmethyl)indazole-3-carbonyl]amino]-3,3-dimethylbutanoate

Alias.MDMB(N)-CHM

Cannabinoïde de synthèse indazolique, agoniste très puissant de CB1, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₂H₃₁N₃O₃
Masse molaire
385.50 g·mol⁻¹
CAS
1185888-32-7
PubChem CID
121491808
Première description
La molécule provient d'un programme pharmaceutique et non du marché des substances récréatives. Elle appartient à la série d'indazole-3-carboxamides revendiquée par le brevet Pfizer WO 2009/106982, intitulé « Indazole derivatives », de priorité au 29 février 2008, déposé le 26 février 2009 et publié le 3 septembre 2009, signé par Buchler, Hayes, Hegde, Hockerman, Jones, Kortum, Rico, TenBrink et Wu. Ces composés étaient recherchés comme agonistes du récepteur CB1 et aucun n'a été mené jusqu'au médicament. Le MDMB-CHMINACA est ensuite réapparu comme substance psychoactive détournée. Sa première trace publiée en toxicologie légale date de 2018 : une équipe coréenne a identifié dans une poudre interceptée dans un envoi postal l'acide correspondant, le DMBA-CHMINACA, métabolite actif commun au MDMB-CHMINACA et à l'ADB-CHMINACA. Les premières études de métabolisme qui lui sont spécifiquement consacrées ont été publiées par Presley, Logan et Jansen-Varnum en 2019, puis par Xu et collaborateurs en 2020, et la première caractérisation comportementale chez le rongeur par Pineda Garcia et collaborateurs en 2024.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol : elle est fabriquée sous forme de poudre par des fournisseurs de produits chimiques, puis déposée sur un support végétal, incorporée à des liquides à vapoter ou appliquée sur des papiers imprégnés. Sur le marché européen, cette forme indazolique est restée nettement plus rare que son analogue indolique le MDMB-CHMICA, qui a dominé les saisies de cannabinoïdes de synthèse entre 2014 et 2016. La circulation du MDMB-CHMINACA reste documentée de façon fragmentaire, essentiellement par des interceptions postales et par des travaux de laboratoire.
InChIKey
DGQMLBSSRFFINY-LJQANCHMSA-N

En clair

Le MDMB-CHMINACA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre : il n'existe ni dans le cannabis ni dans les produits au cannabidiol. Il se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC, mais avec une force sans commune mesure, et la quantité réellement présente dans une poudre ou sur des herbes à fumer reste imprévisible. En France, il est classé comme stupéfiant par une règle de famille chimique, et les connaissances sur ses effets chez l'être humain sont quasi inexistantes.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki = 0,0944 nM et EC50 = 0,330 nM au récepteur CB1 humain, valeurs rapportées à partir de la série de brevets Pfizer d'origineAgoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)

Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    5
  • Clarté
    3
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    10
  • High
    6

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le MDMB-CHMINACA appartient à la classe des indazole-3-carboxamides : noyau indazole, queue cyclohexylméthyle, lien carboxamide et tête ester méthylique de tert-leucine. Les données issues de la série de brevets d'origine en font un agoniste du récepteur CB1 d'une puissance extrême, avec une affinité Ki de 0,0944 nM et une EC50 de 0,330 nM, plusieurs ordres de grandeur devant le THC, qui n'agit lui qu'en agoniste partiel. Chez la souris, une administration unique provoque une catalepsie marquée, une baisse de l'activité locomotrice et une altération de la mémoire de reconnaissance une heure puis trois heures après la prise, effets estompés à cinq heures, avec une élévation nette de l'anandamide et du 2-arachidonoylglycérol dans l'hippocampe. Au-delà de CB1, aucune cible n'a été explorée pour cette molécule : CB2, TRPV1, GPR55, PPARγ et 5-HT1A restent non documentés. Surtout, aucune étude contrôlée ni aucun cas clinique publié ne la concernent en propre : les données humaines manquent, sur les effets comme sur la toxicité, la tolérance et la dépendance. La documentation disponible se limite pour l'essentiel à deux études de métabolisme in vitro, à un travail comportemental chez le rongeur et à quelques publications de chimie analytique.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient d'une synthèse organique, par acylation d'un indazole N-substitué puis couplage à un ester méthylique de tert-leucine. La fabrication n'est décrite ici que par classe chimique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol : elle est fabriquée sous forme de poudre par des fournisseurs de produits chimiques, puis déposée sur un support végétal, incorporée à des liquides à vapoter ou appliquée sur des papiers imprégnés. Sur le marché européen, cette forme indazolique est restée nettement plus rare que son analogue indolique le MDMB-CHMICA, qui a dominé les saisies de cannabinoïdes de synthèse entre 2014 et 2016. La circulation du MDMB-CHMINACA reste documentée de façon fragmentaire, essentiellement par des interceptions postales et par des travaux de laboratoire.
Statut
Stupéfiant : clause générique

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la classe des indazole-3-carboxamides : noyau indazole, queue cyclohexylméthyle portée par l'azote en position 1, lien carboxamide et tête ester méthylique de L-tert-leucine. C'est l'analogue à noyau indazole du MDMB-CHMICA, dont le noyau est un indole, et le proche parent de l'ADB-CHMINACA, qui porte un amide primaire là où le MDMB-CHMINACA porte un ester méthylique. La nomenclature de cette série prête à confusion : plusieurs textes officiels français désignent le MDMB-CHMICA sous le synonyme MMB-CHMINACA, si bien que seuls le nom IUPAC, le numéro CAS ou la clé InChI permettent d'identifier la molécule sans ambiguïté.

Pharmacocinétique

Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'a été publiée : ni biodisponibilité, ni demi-vie, ni volume de distribution ne sont connus pour cette molécule. Les seuls éléments disponibles proviennent de systèmes in vitro, microsomes hépatiques humains et modèle poisson-zèbre, et d'une étude comportementale chez la souris où les effets sont installés dès la première heure après administration intrapéritonéale, persistent à trois heures et s'estompent à cinq heures. La fonction ester méthylique est hydrolysée rapidement selon les profils métaboliques publiés, ce qui laisse attendre une disparition rapide de la molécule mère dans le sang et impose de rechercher les métabolites plutôt que le composé parent.

Métabolisme

Le métabolisme de phase I a été caractérisé sur microsomes hépatiques humains par Presley, Logan et Jansen-Varnum en 2019, qui décrivent vingt-sept métabolites répartis en douze types. Les deux transformations dominantes sont l'hydroxylation, très majoritairement portée par la queue cyclohexylméthyle, et l'hydrolyse de l'ester méthylique, suivie de déshydrogénation, de mono et dihydroxylations et de formation de cétone. Le noyau indazole n'est pas modifié. Une seconde étude, conduite en 2020 par Xu et collaborateurs sur microsomes humains et sur poisson-zèbre, retrouve vingt-neuf métabolites et un schéma identique, la chaîne tert-butyle n'étant touchée qu'à la marge. Un point compte pour l'interprétation analytique : le produit d'hydrolyse de l'ester, le DMBA-CHMINACA, est commun au MDMB-CHMINACA et à l'ADB-CHMINACA et ne permet donc pas de distinguer les deux expositions. Les auteurs recommandent pour cette raison de cibler les métabolites mono-hydroxylés sur la queue cyclohexylméthyle, propres au MDMB-CHMINACA, éventuellement associés au métabolite hydrolysé puis hydroxylé.

Toxicologie et risques

Aucun décès ni aucune intoxication publiés ne sont attribués en propre au MDMB-CHMINACA : la littérature indexée ne contient à son sujet que des travaux de chimie analytique, de métabolisme et de pharmacologie animale. Les données humaines manquent donc entièrement, et cette absence de cas publiés ne vaut pas absence de risque. Le profil pharmacologique suffit à justifier la prudence : agoniste très puissant de CB1, la molécule ne présente pas le plafond d'effet du THC, si bien qu'un écart minime de quantité peut faire basculer vers le surdosage. Chez la souris, une dose unique produit une catalepsie forte, une hypoactivité locomotrice et une altération de la mémoire de reconnaissance. Les analogues les plus proches de la même famille, MDMB-CHMICA et MDMB-FUBINACA, ont été associés en Europe et en Russie à des séries de décès et d'hospitalisations, ce qui situe le niveau de danger de la classe. Le risque tient enfin au mode de fabrication : la répartition de la poudre sur un support végétal est irrégulière et la composition réelle des produits n'est jamais indiquée. L'association avec l'alcool, les opioïdes ou les sédatifs majore le risque vital.

Détection et analyse

La substance échappe aux tests immunologiques destinés au cannabis, qui recherchent les métabolites du THC. Son identification repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, en tandem ou en haute résolution, technique employée dans les deux études de métabolisme publiées. En urine, les métabolites mono-hydroxylés portés par la queue cyclohexylméthyle sont recommandés comme marqueurs d'exposition, l'acide issu de l'hydrolyse de l'ester étant partagé avec l'ADB-CHMINACA et donc non spécifique. Une publication de 2024 signale que les cannabinoïdes de synthèse à fonction amide de cette série, dont le MDMB-CHMINACA, se dégradent et s'estérifient au cours de l'analyse par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, ce qui fausse les résultats en l'absence de précautions analytiques dédiées. La caractérisation des poudres saisies fait appel en complément à la résonance magnétique nucléaire et à la spectroscopie infrarouge.

Références

  1. 1.PubChem, Compound Summary CID 121491808, MDMB-CHMINACA
  2. 2.UNODC Early Warning Advisory, fiche substance MDMB-CHMINACA (groupe cannabinoïdes de synthèse)
  3. 3.Brevet Pfizer WO 2009/106982, Indazole derivatives, priorité au 29 février 2008, publié le 3 septembre 2009
  4. 4.Wikipédia anglophone, MDMB-CHMINACA : source des valeurs d'affinité Ki et de puissance EC50 au récepteur CB1
  5. 5.Presley BC, Logan BK, Jansen-Varnum SA, Drug Testing and Analysis, 2019 : métabolisme de phase I du MDMB-CHMINACA sur microsomes hépatiques humainsPMID 31108568
  6. 6.Xu DQ et coll., Journal of Analytical Toxicology, 2020 : identification rapide des métabolites du MDMB-CHMINACA sur poisson-zèbre et microsomes hépatiques humainsPMID 32020177
  7. 7.Pineda Garcia JC et coll., International Journal of Molecular Sciences, 2024 : réponse comportementale et perturbation des endocannabinoïdes après MDMB-CHMINACA chez la sourisPMID 38542057
  8. 8.Lee JH et coll., Forensic Science International, 2018 : identification du DMBA-CHMINACA, métabolite actif commun à l'ADB-CHMINACA et au MDMB-CHMINACAPMID 30216842
  9. 9.Mohamed Masoud KM et coll., Journal of Chromatography A, 2024 : dégradation et estérification des cannabinoïdes de synthèse à fonction amide en analyse GC-MSPMID 38861824
  10. 10.ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (annexe IV, famille des dérivés du 3-carboxamide indazole)
  11. 11.Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, Légifrance
  12. 12.Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV, Légifrance
  13. 13.Directive déléguée (UE) 2021/802 modifiant l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI, liste des substances entrant dans la définition de « drogue »

Données structurées

InChIKey
DGQMLBSSRFFINY-LJQANCHMSA-N
Formule
C22H31N3O3
Masse molaire
385.50 g·mol⁻¹
CAS
1185888-32-7
PubChem CID
121491808
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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MDMB-CHMINACAest classé en France : Phytogrammes ne le distribue pas, voici l'alternative légale.

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