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Canna·wikiMDMB-4en-PINACA

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

MDMB-4en-PINACA

MDMB-4en-PINACA

methyl (2S)-3,3-dimethyl-2-[(1-pent-4-enylindazole-3-carbonyl)amino]butanoate

Alias.MDMB-4en-PINACA · MDMB-PENINACA · MDMB-PINACA N1-pentyl-4-en isomer · 5CL-ADB-A · ADB-PINACA-A

Agoniste complet de CB1 très puissant, classé stupéfiant, associé à des décès et à des intoxications graves.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₀H₂₇N₃O₃
Masse molaire
357.40 g·mol⁻¹
CAS
-
PubChem CID
155804661
Première description
La molécule n'a aucune antériorité dans la littérature pharmaceutique : elle appartient à la vague d'analogues à queue alcène apparus après le classement des cannabinoïdes de synthèse à chaîne fluoroalkyle. La première caractérisation publique est un rapport analytique du laboratoire national de police scientifique slovène, publié en 2018 dans le cadre du projet européen RESPONSE 2, sous le nom d'isomère N1-pentyl-4-ène du MDMB-PINACA. La substance a été formellement notifiée au système d'alerte précoce de l'Union européenne le 23 août 2018 par l'observatoire européen des drogues pour le compte de la Slovénie, à partir d'un achat test portant sur une poudre jaune ; des informations transmises ensuite par l'Allemagne établissent une présence sur le marché européen dès 2017. La première caractérisation pharmacologique publiée revient à Krotulski, Cannaert, Stove et Logan en 2020.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol. La poudre, importée en vrac, est ensuite déposée sur un support végétal pour former des mélanges à fumer, dissoute dans des e-liquides pour cigarette électronique, ou imprégnée sur des feuilles de papier et des buvards, forme très employée pour l'introduction en milieu pénitentiaire. L'observatoire européen a comptabilisé 770 saisies signalées au système d'alerte précoce, dont environ 15 % réalisées par la police en prison ou dans d'autres lieux de détention, dans au moins six États membres. Des détections ont également été rapportées en Asie, en Nouvelle-Zélande, en Fédération de Russie et aux États-Unis, où la substance a aussi été retrouvée comme adultérant dans des produits vendus comme héroïne ou comme cannabis.
InChIKey
LWOCBHBFWNGPGM-QGZVFWFLSA-N

En clair

Le MDMB-4en-PINACA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre : il n'existe ni dans le cannabis ni dans les produits au cannabidiol. Vendu en poudre, en liquide à vapoter, sur des herbes à fumer ou sur des papiers imprégnés, il agit sur les mêmes récepteurs que le THC mais de façon beaucoup plus forte, et la quantité réellement présente dans un produit reste imprévisible. Douze décès et onze intoxications graves lui ont été associés en Europe entre 2019 et 2020, et il est classé comme stupéfiant en France comme au niveau international.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki = 3,26 nM en liaison compétitive ; EC50 = 0,33 nM en essai AMP cyclique avec Emax de 112,7 %, et 2,47 nM en recrutement de la β-arrestine 2 avec Emax de 239 % rapportée au JWH-018 ; valeurs compilées de 0,680 à 3,30 nM selon l'essaiAgoniste
  • CB2
    Ki = 0,213 nM et EC50 = 1,34 nM, soit une affinité environ sept fois supérieure à celle mesurée sur CB1 dans le même travailAgoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    6
  • Clarté
    4
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    8
  • High
    10

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le MDMB-4en-PINACA appartient à la classe des indazole-3-carboxamides : noyau indazole, queue pent-4-én-1-yle, lien carboxamide et tête ester méthylique de tert-leucine. Il se comporte in vitro en agoniste complet et très puissant du récepteur CB1, avec une affinité de l'ordre de 3 nM et des puissances comprises entre 0,7 et 3,3 nM selon le système d'essai, pour une efficacité pouvant atteindre près de trois fois celle du JWH-018 de référence ; l'activation du récepteur CB2 est du même ordre, avec une affinité environ sept fois supérieure à celle mesurée sur CB1. Chez le rongeur, la molécule reproduit intégralement le signal discriminatif du Δ9-THC, produit la tétrade cannabinoïde caractéristique à des doses nettement plus basses que celui-ci, induit une préférence de place aux faibles doses puis une aversion aux doses élevées, et provoque un syndrome de sevrage précipité par le rimonabant, ce qui signale un potentiel de dépendance physique. Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'existe : les données humaines manquent sur les effets, la pharmacocinétique, la tolérance et la dépendance, et l'essentiel de ce que l'on sait provient de la toxicologie médico-légale. Le produit d'hydrolyse de l'ester, métabolite majeur, perd l'essentiel de son activité sur CB1.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient exclusivement d'une synthèse organique clandestine, par acylation d'un indazole N-alkylé puis couplage à un ester méthylique de tert-leucine. La fabrication n'est décrite ici que par classe chimique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol. La poudre, importée en vrac, est ensuite déposée sur un support végétal pour former des mélanges à fumer, dissoute dans des e-liquides pour cigarette électronique, ou imprégnée sur des feuilles de papier et des buvards, forme très employée pour l'introduction en milieu pénitentiaire. L'observatoire européen a comptabilisé 770 saisies signalées au système d'alerte précoce, dont environ 15 % réalisées par la police en prison ou dans d'autres lieux de détention, dans au moins six États membres. Des détections ont également été rapportées en Asie, en Nouvelle-Zélande, en Fédération de Russie et aux États-Unis, où la substance a aussi été retrouvée comme adultérant dans des produits vendus comme héroïne ou comme cannabis.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la classe des indazole-3-carboxamides : noyau indazole, queue pent-4-én-1-yle portée par l'azote N1, lien carboxamide et tête ester méthylique de L-tert-leucine (motif MDMB). C'est l'analogue insaturé du 5F-MDMB-PINACA (5F-ADB), dont l'atome de fluor terminal est remplacé par une double liaison en bout de chaîne. La molécule possède un centre chiral ; les évaluateurs européens relèvent que la stéréochimie du produit saisi n'est pas analysée en routine, mais que les précurseurs attendus et le matériel de référence commercialisé correspondent à l'énantiomère S.

Pharmacocinétique

Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'a été publiée : ni absorption, ni distribution, ni demi-vie, ni élimination ne sont documentées, et la dose nécessaire pour produire un effet chez l'être humain reste inconnue. Les voies d'administration observées sont l'inhalation, par combustion d'un mélange végétal ou par vaporisation d'un liquide ou d'un papier imprégné placé dans une cigarette électronique. Comme la plupart des agonistes de synthèse, la molécule est fortement métabolisée, mais contrairement à beaucoup d'entre eux la molécule mère elle-même reste détectable dans l'urine authentique, ainsi que dans le sérum et dans les cheveux. Chez la souris, les travaux non publiés transmis à l'OMS décrivent une hypothermie dose-dépendante accompagnée de léthargie, avec un délai jusqu'au pic d'effet plus court que celui du Δ9-THC.

Métabolisme

Le métabolisme de phase I est dominé par l'hydrolyse de l'ester méthylique et par l'hydroxylation. La chaîne pent-4-ényle est principalement transformée en dihydrodiol, vraisemblablement par un intermédiaire époxyde, et peut aussi être oxydée jusqu'à l'acide pentanoïque correspondant ; s'y ajoutent la N-désalkylation, la déshydrogénation et leurs combinaisons. Les études sur microsomes hépatiques humains ont caractérisé de quatorze à trente et un métabolites de phase I ; un travail plus large sur hépatocytes, urine et sérum en a décrit soixante-quinze, dont quarante-quatre inédits, et a mis en évidence une acétylation jusque-là non rapportée pour cette famille. Les marqueurs urinaires retenus sont le produit d'hydrolyse de l'ester, seul ou associé au dihydrodiol de la chaîne latérale. Ce produit d'hydrolyse conserve une activité résiduelle très diminuée sur CB1.

Toxicologie et risques

Aucune étude de toxicologie réglementaire n'existe. Douze décès avec exposition confirmée ont été signalés à l'observatoire européen par la Hongrie (huit cas), le Royaume-Uni (trois cas) et la Suède (un cas), survenus entre janvier 2019 et août 2020 ; d'autres substances étaient présentes dans tous les cas. Les causes rapportées comprennent l'arrêt cardiaque par surdose, l'insuffisance cardiaque aiguë, l'inhalation de vomissements et un traumatisme de chute. Le Royaume-Uni a également rapporté onze intoxications non mortelles survenues en 2020, dont dix jugées menaçantes pour le pronostic vital et ayant nécessité une hospitalisation, avec confusion, tachycardie, insuffisance respiratoire, altération de la conscience, convulsions, sudation anormale, agitation et agressivité. Aux États-Unis, la molécule ou son métabolite d'hydrolyse ont été identifiés dans vingt-cinq dossiers de toxicologie médico-légale, dont des décès et des conduites sous influence, ainsi que dans huit dossiers cliniques. Un cas mortel détaillé a été publié en 2023 chez un homme de vingt-six ans, en association avec le 4F-ABUTINACA. Le risque tient largement à l'impossibilité de connaître la quantité reçue : la répartition de la poudre sur un support végétal ou sur un papier est irrégulière et les produits n'indiquent pas leur composition réelle. L'association avec l'alcool, les opioïdes ou les sédatifs majore le risque vital.

Détection et analyse

La substance échappe aux tests immunologiques usuels destinés au cannabis, calibrés sur les métabolites du THC : un résultat négatif ne vaut pas absence. L'identification des saisies repose sur la chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, y compris à haute résolution de type temps de vol, complétée par la résonance magnétique nucléaire et la spectroscopie infrarouge ou Raman. La spectrométrie de mobilité ionique est employée pour le criblage rapide des papiers imprégnés en milieu pénitentiaire, où ce composé a été l'un des plus fréquemment identifiés. En biologie, la recherche cible le produit d'hydrolyse de l'ester et le métabolite dihydrodiol correspondant, mais la molécule mère elle-même reste détectable dans l'urine, le sérum et les cheveux, ce qui la distingue de nombreux agonistes de synthèse.

Références

  1. 1.OMS, comité d'experts de la pharmacodépendance, 43e réunion (octobre 2020) : rapport d'examen critique du MDMB-4en-PINACA (identité, pharmacologie CB1, effets indésirables, contrôles nationaux)
  2. 2.OEDT (aujourd'hui EUDA), rapport d'évaluation des risques du MDMB-4en-PINACA (2020) : notification, formes du marché, saisies, intoxications aiguës et décès
  3. 3.Krotulski AJ, Cannaert A, Stove C, Logan BK. Drug Testing and Analysis, 2021 : activité CB1 des analogues à queue alcène et identification du MDMB-4en-PINACA dans vingt-cinq dossiers médico-légauxPMID 32997377
  4. 4.Cannaert A. et coll., ACS Chemical Neuroscience, 2020 : synthèse et activité CB1 in vitro du MDMB-4en-PINACA et de onze autres agonistes récentsPMID 33253529
  5. 5.Watanabe S, Vikingsson S, Astrand A, Green H, Kronstrand R. The AAPS Journal, 2019 : biotransformation du MDMB-4en-PINACA sur hépatocytes, microsomes hépatiques, urine et sang humainsPMID 31848852
  6. 6.Erol Ozturk Y, Yeter O. Journal of Analytical Toxicology, 2021 : métabolisme de phase I in vitro et détection dans des urines humainesPMID 32091101
  7. 7.Gu K. et coll., Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis, 2022 : profils métaboliques et stratégies de criblage dans l'urine et le sérum humainsPMID 35985137
  8. 8.Qiao Y. et coll., International Journal of Molecular Sciences, 2025 : potentiel d'abus de trois indazole-carboxamides, tétrade, préférence de place et sevrage précipité chez la sourisPMID 40650186
  9. 9.Simon G, Kuzma M, Mayer M, Petrus K, Toth D. Toxics, 2023 : cas mortel documenté associant MDMB-4en-PINACA et 4F-ABUTINACAPMID 37624178
  10. 10.Directive déléguée (UE) 2021/802 du 12 mars 2021 modifiant l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI (inclusion du MDMB-4en-PINACA dans la définition de « drogue »)
  11. 11.ANSM, décision du 9 décembre 2021 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants (ajout à l'annexe III, retrait de l'annexe IV)
  12. 12.ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants : inscription nominative du MDMB-4en-PINACA à l'annexe III de l'arrêté du 22 février 1990
  13. 13.ONUDC, fiche substance MDMB-4en-PINACA : inscription au tableau II de la convention de 1971 en 2021

Données structurées

InChIKey
LWOCBHBFWNGPGM-QGZVFWFLSA-N
Formule
C20H27N3O3
Masse molaire
357.40 g·mol⁻¹
PubChem CID
155804661
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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