Aller au contenu

Informations de lot sur chaque ficheTHC < 0,3 %Expédié depuis la France10 % offerts à l'inscription

JWH-250

Cannabinoïde de synthèse de type phénylacétylindole, puissance proche du THC, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₂H₂₅NO₂

CAS 864445-43-2

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
335,40 g/mol

Mis à jour le

En clair

Le JWH-250 est une molécule entièrement fabriquée en laboratoire, absente du chanvre et de tout organisme vivant. Mise au point en 2005 pour la recherche universitaire, elle a été retrouvée dès 2009 pulvérisée sur des herbes vendues à fumer, où elle imite les effets du cannabis avec une puissance comparable. Sa vente, sa détention et son usage sont interdits en France, et elle n'entre dans aucun produit CBD légal.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteKi = 11 nM · ratdéplacement du [3H]CP-55,940 sur membranes de cerveau de rat
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de JWH-250 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de JWH-250.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 11 nM · rat66 sur 100

    Huffman et al. 2005, Bioorg Med Chem Lett (valeurs reprises par l'OMS 2014) (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55,940 sur membranes de cerveau de rat

  2. CB2AgonisteKi = 33 nM · humain58 sur 100

    Huffman et al. 2005, Bioorg Med Chem Lett (valeurs reprises par l'OMS 2014) (nouvel onglet) · récepteur CB2 humain cloné

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

Le JWH-250 est un agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la classe des phénylacétylindoles : un noyau indole porteur d'une chaîne N-pentyle reçoit en position 3 un groupement 2-méthoxyphénylacétyle, à la place du naphtoyle des composés antérieurs de la même série. Les valeurs de liaison retenues par l'OMS proviennent de l'article princeps de 2005 : une constante d'inhibition de 11 nanomolaires sur CB1 et de 33 nanomolaires sur CB2, soit une sélectivité d'un facteur trois en faveur du récepteur central. L'Organisation mondiale de la santé situe sa puissance au niveau de celle du Δ9-THC, et l'expérimentation animale le confirme : chez le singe rhésus, la substance augmente la réponse au levier du Δ9-THC dans un test de discrimination, l'effet s'estompant une à deux heures après l'administration et étant antagonisé par le rimonabant. Chez la souris, la molécule reproduit la tétrade cannabinoïde, hypothermie, analgésie, catalepsie et réduction de la locomotion, avec en outre des convulsions et une libération de dopamine dans le noyau accumbens. Les sources consultées ne rapportent pas d'action sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A. Les données humaines manquent sur l'essentiel : le comité d'experts de l'OMS concluait en 2014 qu'aucune conclusion ne pouvait être tirée sur la toxicité du JWH-250 chez l'être humain, faute du moindre cas documenté d'exposition à cette seule molécule, et le potentiel de dépendance comme le potentiel d'abus n'ont pas été étudiés.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, sans aucune occurrence naturelle : elle n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun autre organisme vivant. Conçue comme outil de pharmacologie universitaire, elle a été repérée dans des mélanges à fumer vendus sur internet et en boutiques spécialisées à partir de 2009. La quantité de JWH-250 varie considérablement d'un emballage à l'autre (rapport OMS 2014). Les analyses polonaises portant sur plus de deux mille échantillons saisis entre 2008 et 2011 la retrouvent soixante-quinze fois, le plus souvent associée au JWH-073 ou au JWH-081.
Première description
Décrite en 2005 par John W. Huffman et ses collaborateurs de l'université Clemson, associés à Dana E. Selley, Jenny L. Wiley et Billy R. Martin, dans un article de Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters qui introduit les 1-pentyl-3-phénylacétylindoles comme nouvelle classe d'indoles cannabimimétiques. La désignation JWH reprend les initiales du chimiste. Le passage du laboratoire au marché intervient quatre ans plus tard : en mai 2009, la police criminelle fédérale allemande identifie le JWH-250 comme ingrédient inédit de mélanges à fumer (Grigoryev 2011 ; rapport OMS 2014). Jusqu'en 2012, il figure parmi les trois cannabinoïdes de synthèse les plus signalés à l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime par les États membres, avec 37 signalements, derrière le JWH-018 (70) et le JWH-073 (57).

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie de biosynthèse n'existe : le JWH-250 ne dérive d'aucun métabolisme végétal ou animal et ne possède aucun précurseur naturel. Il relève exclusivement de la chimie de synthèse. Aucun détail opératoire n'est fourni ici.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

phenylacetylindole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

JWH-250 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Phénylacétylindole, sous-classe des agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes bâtis sur un noyau indole. L'azote N1 porte une chaîne pentyle et la position 3 un groupement 2-méthoxyphénylacétyle : par rapport aux naphtoylindoles de la même série, comme le JWH-018, le noyau naphtalène est remplacé par un cycle benzénique méthoxylé en position ortho, relié au carbonyle par un pont méthylène supplémentaire. Cette position ortho est déterminante, les analogues substitués en para décrits dans la même publication perdant presque toute affinité. La molécule ne possède aucun stéréoisomère et aucun squelette terpénophénolique : sa parenté avec le Δ9-THC est purement fonctionnelle, elle tient à la cible et non à la structure.

Pharmacocinétique

Aucune étude d'administration contrôlée n'établit chez l'être humain la biodisponibilité, la demi-vie ou le volume de distribution, et la dose recherchée par les usagers reste inconnue. La voie d'exposition dominante est l'inhalation d'un végétal imprégné, plus rarement l'ingestion. Dans une étude expérimentale reprise par l'examen critique de l'OMS, deux volontaires ayant fumé des encens contenant environ dix milligrammes de cannabinoïdes de synthèse par gramme présentaient, vingt minutes après la prise, des concentrations sanguines de JWH-250 de 10 et 7 nanogrammes par millilitre, accompagnées d'agitation, de paranoïa, d'instabilité de la marche et de troubles de la perception. Les concentrations relevées lors d'intoxications réelles sont bien plus basses, de 0,10 à 1,1 nanogramme par millilitre, et une série suédoise de conducteurs contrôlés donne une moyenne de 0,42 nanogramme par millilitre. Chez le macaque rhésus, l'effet discriminatif s'estompe une à deux heures après l'administration.

Métabolisme

Le devenir métabolique a été cartographié par Grigoryev et ses coauteurs en 2011, par chromatographies gazeuse et liquide couplées à la spectrométrie de masse, sur des urines et un sérum humains ainsi que sur des urines de rat. La molécule mère est absente ou peu présente dans l'urine : elle y est remplacée par une série de métabolites issus de la monohydroxylation et de la dihydroxylation des résidus aromatiques et aliphatiques, d'une trihydroxylation accompagnée d'une déshydratation de la chaîne N-alkyle, ainsi que d'une N-désalkylation, isolée ou associée à une monohydroxylation. La répartition diffère selon l'espèce : les formes monohydroxylées dominent chez l'être humain, les formes N-désalkylées chez le rat, ce qui interdit de transposer directement le modèle animal.

Toxicologie et risques

L'examen critique conduit par l'Organisation mondiale de la santé en 2014 constate l'absence de données précliniques de sécurité : ni la toxicité générale, ni les effets sur la reproduction, ni le potentiel mutagène ou cancérogène n'ont été évalués. Chez l'être humain, aucune intoxication attribuable au seul JWH-250 n'est documentée. Les quatre cas analytiquement confirmés de la série de Hermanns-Clausen (29 intoxications, 2008-2011) associaient toujours la molécule à d'autres cannabinoïdes de synthèse, à des concentrations sériques de 0,10 à 1,1 nanogramme par millilitre, pour un score de gravité de 1 à 2 et des symptômes durant de six à vingt-quatre heures ; l'OMS en déduit que le tableau clinique tenait vraisemblablement aux autres substances présentes. Les séries d'intoxications aux cannabinoïdes de synthèse où le JWH-250 a été retrouvé décrivent tachycardie, hypertension artérielle, agitation, hallucinations, vomissements, hypokaliémie, plus rarement douleurs thoraciques, myoclonies, convulsions et psychose aiguë. Un homme de dix-neuf ans a présenté deux crises convulsives généralisées après avoir fumé un produit contenant quatre cannabinoïdes de synthèse dont le JWH-250, sans quantification possible. Chez la souris, la molécule provoque hypothermie, analgésie, catalepsie, réduction de la locomotion, altération des réponses visuelles, acoustiques et tactiles, convulsions et agressivité, effets prévenus par un antagoniste de CB1 ; l'association de doses individuellement inefficaces de JWH-250 et de JWH-073 produit une altération des réponses visuelles et une stimulation dopaminergique, ce qui suggère que la co-administration de plusieurs cannabinoïdes de synthèse peut potentialiser leurs effets (Ossato 2016). Le potentiel de dépendance et le potentiel d'abus n'ont fait l'objet d'aucune donnée selon l'OMS. Aucun seuil sans risque n'est établi.

Détection et analyse

Les tests immunochimiques actuels ne détectent pas les cannabinoïdes de synthèse de ce type, dont le JWH-250 (Hutter 2012) : un résultat négatif ne vaut donc pas absence. La détection des métabolites mono- et dihydroxylés par chromatographie gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, dans l'urine et le sérum, permet d'établir la consommation (Grigoryev 2011). Sur les produits saisis, l'identification associe résonance magnétique nucléaire, spectroscopie infrarouge et chromatographie couplée à la spectrométrie de masse (rapport OMS 2014).

Références

  1. OMS, Comité d'experts de la pharmacodépendance, 36e réunion (Genève, 16-20 juin 2014) : JWH-250, Critical Review Report, point 4.11 (nouvel onglet)
  2. ECDD Information Repository, fiche JWH-250 : recommandée pour surveillance à la 36e réunion (2014), pas de contrôle international (nouvel onglet)
  3. Huffman et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry Letters, 2005 : 1-pentyl-3-phénylacétylindoles, nouvelle classe d'indoles cannabimimétiques (article princeps, affinités CB1 et CB2) (nouvel onglet)PMID 16005223
  4. Hruba et McMahon, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2017 : discrimination du THC, durée d'action et pKB du rimonabant chez le singe rhésus (nouvel onglet)PMID 28533288
  5. Ossato et coll., Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 2016 : tétrade, convulsions, dopamine et synergie avec le JWH-073 chez la souris, effets prévenus par AM-251 (nouvel onglet)PMID 26780169
  6. Grigoryev et coll., Journal of Chromatography B, 2011 : métabolisme du JWH-250 (métabolites urinaires humains et de rat, biomarqueurs) (nouvel onglet)PMID 21803006
  7. Hermanns-Clausen et coll., Addiction, 2013 : toxicité aiguë après consommation confirmée de cannabinoïdes de synthèse, constatations cliniques et biologiques (nouvel onglet)PMID 22971158
  8. Hutter et coll., Journal of Mass Spectrometry, 2012 : métabolites urinaires majeurs de sept cannabinoïdes de synthèse dont le JWH-250, non détectés par les tests immunochimiques (nouvel onglet)PMID 22282090
  9. ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 : inscription nominative du JWH-250 à l'annexe IV (nouvel onglet)
  10. OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau II : JWH-250 absent) (nouvel onglet)
  11. PubChem, JWH-250, CID 44397540 (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
2-(2-methoxyphenyl)-1-(1-pentylindol-3-yl)ethanone
Autres noms
JWH 250 · JWH250 · 1-pentyl-3-(2-methoxyphenylacetyl)indole

Identifiants

Formule
C₂₂H₂₅NO₂
CAS
864445-43-2
InChIKey
FFLSJIQJQKDDCM-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCN1C=C(C2=CC=CC=C21)C(=O)CC3=CC=CC=C3OC

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

Compléter cette fiche

Cette fiche n'a pas encore d'image. Chaque proposition est relue avant publication.