Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : nommément listéJWH-398
JWH-398
(4-chloronaphthalen-1-yl)-(1-pentylindol-3-yl)methanone
Alias.1-pentyl-3-(4-chloro-1-naphthoyl)indole · JWH398
Analogue 4-chloré du JWH-018, agoniste de haute affinité de CB1 et CB2, classé stupéfiant en France.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₄H₂₂ClNO
- Masse molaire
- 375.90 g·mol⁻¹
- CAS
- 1292765-18-4
- PubChem CID
- 57458928
- Première description
- La molécule appartient à la série des indoles cannabimimétiques du laboratoire de John W. Huffman, à l'université Clemson. Sa caractérisation pharmacologique publiée revient à Jenny L. Wiley, Huffman et leurs collaborateurs, dans un travail paru en 2012 dans Bioorganic and Medicinal Chemistry qui compare systématiquement les effets stériques et électroniques de substituants halogénés en positions 4 et 8 du naphtalène. L'objet de cette étude était de déterminer quelle électronégativité et quel encombrement le récepteur CB1 tolère à cet endroit précis de la molécule.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans les mélanges à fumer de deuxième génération apparus après le classement du JWH-018. Le document thématique de l'observatoire européen consacré au phénomène Spice, publié en 2009, la compte parmi les cannabinoïdes alors nouvellement identifiés dans ces produits, au Royaume-Uni pour ce qui la concerne. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol.
- InChIKey
- IUWBHGFOHXVVKV-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le JWH-398 est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol : il a été vendu en poudre, puis pulvérisé sur des herbes destinées à être fumées. Il se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC en s'y accrochant beaucoup plus fort, la quantité réellement présente dans un produit reste imprévisible, et il est classé comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
- CB1Ki = 2,3 ± 0,1 nM sur récepteur CB1 (Wiley et al., 2012)Agoniste
- CB2Ki = 2,8 ± 0,2 nM sur récepteur CB2 (Wiley et al., 2012)Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement10
- Clarté5
- Sommeil12
- Appétit16
- High12
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le JWH-398 est l'analogue 4-chloré du JWH-018, et il illustre ce qu'un seul atome peut changer à la reconnaissance par un récepteur. L'étude publiée en 2012 par Jenny L. Wiley, John W. Huffman et leurs collaborateurs a comparé, dans la même expérience, les quatre halogènes en position 4 du naphtalène : le chlore donne 2,3 ± 0,1 nM sur CB1 et 2,8 ± 0,2 nM sur CB2, le brome 1,2 nM, l'iode 2,5 nM et le fluor 7,2 nM sur CB1, quand le composé non substitué se situe à 9 ± 5 nM. La conclusion des auteurs est qu'une électronégativité modérée est favorable à l'affinité CB1, et le chlore se trouve près de cet optimum. La molécule est donc un agoniste de haute affinité des deux récepteurs, sans sélectivité marquée, très au-dessus du tétrahydrocannabinol qui n'est lui qu'un agoniste partiel. Cette chimie de laboratoire est passée sur le marché gris après le classement du JWH-018 : substituer un halogène suffisait à produire une molécule que les textes ne nommaient pas encore. Rien n'est publié sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A, et il n'existe aucune étude contrôlée chez l'être humain : ni dose, ni tolérance, ni dépendance ne sont caractérisées. La molécule est classée stupéfiant en France sous son nom et inscrite en liste I aux États-Unis depuis 2012.
Sources clés.
- Wiley JL, Smith VJ, Chen J, Martin BR, Huffman JW. Synthesis and pharmacology of 1-alkyl-3-(1-naphthoyl)indoles: steric and electronic effects of 4- and 8-halogenated naphthoyl substituents. Bioorg Med Chem. 2012;20(6):2067-2081PMID 22341572
- Hutter M, Kneisel S, Auwärter V, Neukamm MA. Determination of 22 synthetic cannabinoids in human hair by liquid chromatography-tandem mass spectrometry. J Chromatogr B. 2012;903:95-101PMID 22835826
- Synthetic Drug Abuse Prevention Act of 2012, S. 3190 / Public Law 112-144 subtitle D (inscription nominative de JWH-398 en liste I)
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « JWH-398 », famille des indol-3-yl méthanones)
- PubChem, Compound Summary CID 57458928, JWH-398
- EMCDDA. Understanding the 'Spice' phenomenon. Thematic paper. Lisbonne, 2009
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par acylation d'un 1-pentylindole au moyen d'un dérivé de l'acide 4-chloronaphtalène-1-carboxylique. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
Le JWH-398 est classé comme stupéfiant en France, et il l'est sous son nom propre. L'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 le mentionne explicitement, sous la forme « JWH-398 ou 1-pentyl-3-(4-chloro-1-naphthoyl) indole », au sein de la famille générique des indol-3-yl méthanones, laquelle couvrirait la molécule même sans mention nominative puisqu'elle vise le groupement naphtyle qu'il soit substitué ou non. La même annexe cite d'ailleurs, à la suite, les analogues bromé et fluoré de la même position, JWH-387 et JWH-412. Production, détention, cession, transport et usage relèvent du droit pénal des stupéfiants.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle harmonisée à l'échelle de l'Union ne vise le JWH-398 : la substance ne figure pas à l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI. Le contrôle reste national et il est effectif dans de nombreux États membres, souvent au moyen de définitions génériques couvrant les naphtoylindoles halogénés. Hors Union, la molécule est inscrite à la liste I du Controlled Substances Act aux États-Unis : elle est nommément citée, sous la dénomination 1-pentyl-3-(4-chloro-1-naphtoyl)indole, par la loi fédérale de 2012 sur la prévention de l'abus des drogues de synthèse.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans les mélanges à fumer de deuxième génération apparus après le classement du JWH-018. Le document thématique de l'observatoire européen consacré au phénomène Spice, publié en 2009, la compte parmi les cannabinoïdes alors nouvellement identifiés dans ces produits, au Royaume-Uni pour ce qui la concerne. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol.
- Statut
- Stupéfiant : nommément listé
Naphtoylindole halogéné : noyau indole N-pentylé relié en position 3 à un naphtalén-1-yle par un pont cétone, avec un chlore en position 4 du naphtalène. La molécule est l'analogue 4-chloré du JWH-018 et appartient à la sous-série des 4-halogéno-naphtoylindoles, qui comprend aussi les analogues fluoré, bromé et iodé.
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'est publiée : biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent inconnus. La voie d'exposition documentée est l'inhalation de la fumée d'un support végétal imprégné, avec un délai d'action de quelques minutes, cohérent avec la lipophilie élevée de la classe. La molécule mère est peu présente dans l'urine, ce qui impose de rechercher ses métabolites. La répartition inégale de la poudre sur le support végétal rend la dose réellement inhalée imprévisible d'une prise à l'autre.
Métabolisme
Le métabolisme propre du JWH-398 n'a pas fait l'objet d'une étude dédiée sur hépatocytes humains parmi les sources consultées ici. Les voies attendues pour un naphtoylindole sont les oxydations de la chaîne pentyle et du système naphtalénique, suivies de glucuroconjugaison, avec une part de désalkylation de l'azote indolique. Le chlore en position 4 devrait subsister sur la plupart des métabolites et fournir le motif isotopique caractéristique du chlore, ce qui aide à les distinguer de ceux du JWH-018. Aucun marqueur urinaire validé n'a été proposé pour cette molécule.
Toxicologie et risques
Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est celui de sa classe pharmacologique, aggravé par une affinité mesurée quatre fois supérieure à celle du JWH-018 sur CB1 : ces agonistes n'ont pas le plafond d'effet du tétrahydrocannabinol, et la catégorie est associée chez les consommateurs à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. La molécule circule dans des mélanges où plusieurs cannabinoïdes de synthèse coexistent, ce que confirme l'analyse capillaire de consommateurs chroniques. Le classement en liste I aux États-Unis dès 2012 est intervenu au vu des signalements d'effets indésirables recueillis sur cette génération de produits.
Détection et analyse
L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié ; le motif isotopique du chlore constitue un indice de première lecture et permet d'écarter le JWH-018 et ses homologues non halogénés. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure, et un dépistage négatif ne vaut pas absence. Une méthode validée de chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem dose le JWH-398 dans les cheveux avec une limite de quantification de 0,5 pg/mg, aux côtés de vingt et un autres cannabinoïdes de synthèse, ce qui ouvre une fenêtre rétrospective de plusieurs mois.
Références
- 1.Wiley JL, Smith VJ, Chen J, Martin BR, Huffman JW. Synthesis and pharmacology of 1-alkyl-3-(1-naphthoyl)indoles: steric and electronic effects of 4- and 8-halogenated naphthoyl substituents. Bioorg Med Chem. 2012;20(6):2067-2081PMID 22341572
- 2.Hutter M, Kneisel S, Auwärter V, Neukamm MA. Determination of 22 synthetic cannabinoids in human hair by liquid chromatography-tandem mass spectrometry. J Chromatogr B. 2012;903:95-101PMID 22835826
- 3.Synthetic Drug Abuse Prevention Act of 2012, S. 3190 / Public Law 112-144 subtitle D (inscription nominative de JWH-398 en liste I)
- 4.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « JWH-398 », famille des indol-3-yl méthanones)
- 5.PubChem, Compound Summary CID 57458928, JWH-398
- 6.EMCDDA. Understanding the 'Spice' phenomenon. Thematic paper. Lisbonne, 2009
Données structurées
- InChIKey
- IUWBHGFOHXVVKV-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCN1C=C(C2=CC=CC=C21)C(=O)C3=CC=C(C4=CC=CC=C43)Cl
- ChEBI
- CHEBI:188081
- Formule
- C24H22ClNO
- Masse molaire
- 375.90 g·mol⁻¹
- CAS
- 1292765-18-4
- PubChem CID
- 57458928
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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