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JWH-200

Naphtoylindole de synthèse, agoniste du CB1 classé stupéfiant : les données humaines manquent.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₅H₂₄N₂O₂

CAS 103610-04-4

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
384,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

Le JWH-200 n'a rien à voir avec le CBD ni avec le chanvre : c'est une molécule de laboratoire, issue d'un programme de recherche pharmaceutique sur des antidouleurs, qui agit sur les mêmes récepteurs du cerveau que le cannabis. Elle est apparue sur le marché vers 2009, et on l'a retrouvée dans le sérum de patients admis aux urgences ; on ne sait pas ce que contient un sachet ni en quelle quantité. Elle est classée comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteIC50 = 7,8 nM · ratinhibition de la liaison du [3H]WIN 55,212-2, membranes de cervelet de rat ; CI50 6,3 nM sur les contractions induites du canal déférent de souris (valeurs lues dans ChEMBL, d'après D'Ambra et al. 1996)
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de JWH-200 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de JWH-200.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteIC50 = 7,8 nM · rat68 sur 100

    D'Ambra et al. 1996, Bioorg Med Chem Lett 6:17-22 (via ChEMBL CHEMBL1128901) (nouvel onglet) · inhibition de la liaison du [3H]WIN 55,212-2, membranes de cervelet de rat ; CI50 6,3 nM sur les contractions induites du canal déférent de souris (valeurs lues dans ChEMBL, d'après D'Ambra et al. 1996)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

Le JWH-200, également codé WIN 55,225, est un naphtoylindole de la sous-classe des aminoalkylindoles, série issue du pravadoline et développée au début des années 1990 avant que son mécanisme cannabinoïde ne soit identifié. Il se lie au récepteur CB1 avec une affinité nanomolaire (CI50 de 7,8 nM face au [3H]WIN 55,212-2 sur cervelet de rat, d'après ChEMBL) et il l'active : les contractions du canal déférent de souris sont bloquées avec une CI50 de 6,3 nM. Chez le rat, la substitution au signal discriminatif du Δ9-THC est complète, à des doses qui suppriment peu la réponse comportementale (Gatch et Forster, 2014). Les agonistes cannabinoïdes de synthèse caractérisés à ce jour se comportent le plus souvent en agonistes complets, alors que le Δ9-THC n'est qu'un agoniste partiel, mais aucune mesure d'efficacité maximale propre au JWH-200 n'a été retrouvée, et ni CB2, ni TRPV1, ni GPR55, ni PPARγ, ni 5-HT1A n'ont été étudiés pour ce composé. Les données humaines manquent : il n'existe ni essai clinique, ni pharmacocinétique humaine, ni relation dose-effet documentée. Ce qui est connu vient de la toxicologie analytique et du laboratoire : cytotoxicité marquée sur hépatocytes HepG2, métabolisme hépatique étendu, et détection dans le sérum de patients admis aux urgences pour agitation sévère.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol. Elle est apparue sur le marché des cannabinoïdes de synthèse vers 2009 (De Brabanter et coll., 2013), et elle a été retrouvée dans le sérum de patients admis aux urgences pour une agitation sévère (Lung et coll., 2016) ; les laboratoires de toxicologie la recherchent aussi dans la salive et les cheveux.
Première description
Le composé est issu du programme d'(aminoalkyl)indoles du Sterling Research Group, à Rensselaer dans l'État de New York, né de travaux sur des inhibiteurs de la synthèse des prostaglandines dérivés du pravadoline (Bell et coll., J Med Chem 1991, pour la série). Le mécanisme cannabinoïde de la série n'a été reconnu qu'ensuite : la relation structure-activité publiée par Eissenstat et son équipe en 1995 établit que la chaîne morpholinoéthyle portée par l'azote et le groupe naphtyle en position 3 sont des éléments déterminants de l'affinité pour le récepteur cannabinoïde. La molécule porte de ce fait deux codes, WIN 55,225 du côté industriel et JWH-200 dans la nomenclature des indoles cannabimimétiques associée aux travaux de John W. Huffman. Elle est apparue sur le marché des cannabinoïdes de synthèse vers 2009 (De Brabanter et coll., 2013).

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biosynthétique : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient uniquement de la synthèse organique. La fabrication n'est décrite ici que par sa classe chimique.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

naphthoylindole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

JWH-200 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la famille des naphtoylindoles, sous-groupe des aminoalkylindoles : un noyau indole porte en position 3 un pont cétone relié à un naphtalène, et l'azote indolique porte une chaîne 2-(morpholin-4-yl)éthyle. Ce motif morpholinoéthyle, hérité du pravadoline, distingue la molécule des JWH à queue alkyle simple comme le JWH-018 ou le JWH-073. Le composé porte aussi le code industriel WIN 55,225 et constitue l'analogue à cycle ouvert du WIN 55,212-2.

Pharmacocinétique

Aucune étude clinique et aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'ont été retrouvées, et aucune posologie n'est documentée. Le composé a été mesuré dans le sérum, la salive et les cheveux, ce qui atteste d'une distribution suffisante pour les matrices usuelles de la toxicologie. Chez la souris à foie humanisé, les métabolites sont excrétés dans l'urine sous forme de conjugués, majoritairement en glucuronides (De Brabanter et coll., 2013).

Métabolisme

Le métabolisme a été étudié spécifiquement pour cette molécule. Sur microsomes hépatiques humains et chez la souris à foie humanisé, De Brabanter et ses collaborateurs décrivent vingt-deux métabolites répartis en onze classes ; la voie principale associe l'ouverture puis le clivage du cycle morpholine et l'oxydation de la chaîne restante en fonction acide carboxylique. Tous les métabolites sont excrétés dans l'urine sous forme conjuguée, majoritairement en glucuronides, à des taux de conjugaison variables. Le dérivé issu du clivage de la morpholine suivi de l'oxydation est le plus abondant et le plus durablement détectable : c'est le marqueur retenu pour attester une consommation. Un travail ultérieur retrouve les mêmes voies, N-désalkylation, clivage oxydatif et ouverture oxydative de la morpholine, et montre que la phase I est prise en charge par plusieurs isoenzymes du cytochrome P450, ce qui rend peu probable une interaction par inhibition d'une voie unique.

Toxicologie et risques

Le signal expérimental le plus net est hépatique : sur hépatocytes HepG2, le JWH-200 montre un potentiel cytotoxique marqué (Gampfer et coll., 2021). Chez l'humain, la molécule a été identifiée dans le sérum de patients admis aux urgences pour une agitation psychomotrice assez sévère pour justifier l'administration conjointe d'une benzodiazépine et d'un neuroleptique, avec d'autres substances dans plusieurs cas, ce qui interdit de lui attribuer seule le tableau observé (Lung et coll., 2016). Aucun cas d'intoxication ni aucun décès imputé à cette seule molécule n'a été retrouvé, et ce vide traduit un défaut d'étude, pas une innocuité. Pour la classe des agonistes cannabinoïdes de synthèse, la littérature rattache à la puissance élevée et à l'agonisme complet des toxicités telles que psychoses, vomissements et tachycardie (Mercier et coll., 2025). Le composé inhibe par ailleurs fortement l'activité ATPase du transporteur BCRP, ce qui ouvre la possibilité d'interactions avec les médicaments qui en dépendent (Wagmann et coll., 2018).

Détection et analyse

La recherche repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, appliquée au sang, au sérum, à l'urine, à la salive et aux cheveux ; une méthode validée dans les cheveux inclut ce composé parmi 22 cannabinoïdes de synthèse (Hutter et coll., 2012). Dans l'urine, la cible est le métabolite issu du clivage de la morpholine et de l'oxydation de la chaîne, la molécule mère y étant peu abondante (De Brabanter et coll., 2013). Un immunoessai dédié, sur bandelette et en format ELISA, a été mis au point pour la salive à partir d'un haptène préparé pour cette molécule, avec des limites de détection de 0,08 et 0,04 ng/mL (Fojtíková et coll., 2018), et un immunoessai salivaire validé détecte aussi le JWH-200, utilisé comme étalon (Rodrigues et coll., 2013). Après six mois de conservation, la teneur de deux cannabinoïdes de synthèse dont le JWH-200 retombe entre 30 et 53 % de la valeur initiale dans le sang, et entre 52 et 77 % dans l'urine, selon les conditions (Adamowicz et Malczyk, 2018) : un résultat bas ou négatif sur un prélèvement ancien ne permet donc pas de conclure.

Références

  1. D'Ambra TE et coll., C-Attached aminoalkylindoles: potent cannabinoid mimetics, Bioorg Med Chem Lett 1996;6:17-22 (JWH-200 : CI50 7,8 nM et 6,3 nM, lues dans ChEMBL) (nouvel onglet)DOI 10.1016/0960-894X(95)00560-G
  2. Eissenstat MA et al., Aminoalkylindoles: structure-activity relationships of novel cannabinoid mimetics, Journal of Medicinal Chemistry, 1995 (rôle de la chaîne morpholinoéthyle et du groupe naphtyle) (nouvel onglet)PMID 7636873
  3. Bell MR et al., Antinociceptive (aminoalkyl)indoles, Journal of Medicinal Chemistry, 1991 (série des aminoalkylindoles du Sterling Research Group) (nouvel onglet)PMID 1900533
  4. De Brabanter N et al., In vivo and in vitro metabolism of the synthetic cannabinoid JWH-200, Rapid Communications in Mass Spectrometry, 2013 (vingt-deux métabolites, marqueur urinaire) (nouvel onglet)PMID 23943333
  5. Gampfer TM et al., Cytotoxicity, metabolism, and isozyme mapping of the synthetic cannabinoids JWH-200, A-796260, and 5F-EMB-PINACA, Archives of Toxicology, 2021 (cytotoxicité HepG2, cartographie des isoenzymes) (nouvel onglet)PMID 34453555
  6. Gatch MB, Forster MJ, Delta-9-tetrahydrocannabinol-like discriminative stimulus effects of compounds commonly found in K2/Spice, Behavioural Pharmacology, 2014 (substitution complète au THC et dépression locomotrice) (nouvel onglet)PMID 25325289
  7. Lung D et al., Non-targeted screening for novel psychoactive substances among agitated emergency department patients, Clinical Toxicology, 2016 (JWH-200 identifié dans le sérum) (nouvel onglet)PMID 26846684
  8. Wagmann L et al., Inhibition and stimulation of the human breast cancer resistance protein as in vitro predictor of drug-drug interactions, Archives of Toxicology, 2018 (JWH-200 parmi les plus puissants inhibiteurs de l'ATPase de BCRP) (nouvel onglet)PMID 30083819
  9. Fojtíková L et al., Lateral flow immunoassay and enzyme linked immunosorbent assay as effective immunomethods for the detection of synthetic cannabinoid JWH-200, Toxicology Reports, 2018 (nouvel onglet)PMID 29276691
  10. Rodrigues WC, Catbagan P, Rana S, Wang G, Moore C. Detection of synthetic cannabinoids in oral fluid using ELISA and LC-MS-MS. J Anal Toxicol. 2013;37(8):526-33 (JWH-200 comme étalon d'un immunoessai salivaire) (nouvel onglet)PMID 23946452
  11. Hutter M, Kneisel S, Auwärter V, Neukamm MA. Determination of 22 synthetic cannabinoids in human hair by liquid chromatography-tandem mass spectrometry. J Chromatogr B. 2012;903:95-101 (nouvel onglet)PMID 22835826
  12. Adamowicz P, Malczyk A, Stability of JWH-200 and 5F-AB-PINACA synthetic cannabinoids in blood and urine, Problems of Forensic Sciences, 2018, vol. 116, p. 375 à 384 (nouvel onglet)
  13. Mercier G, Mohamed KA, Zagzoog A, et al. In vitro pharmacological activity of twenty-eight synthetic cannabinoid receptor agonists at the type 1 and 2 cannabinoid receptors. Neurochem Int. 2025 (résumé : toxicités de classe) (nouvel onglet)PMID 40876783
  14. Howlett AC, et al. The Spicy Story of Cannabimimetic Indoles. Molecules 2021 (JWH-200 cité dans la mise sous contrôle américaine) (nouvel onglet)PMID 34684770
  15. ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (mise à jour du 16 février 2026), annexe IV, entrée JWH-200 (famille indol-3-yl méthanone) (nouvel onglet)
  16. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (annexe IV, famille « indol-3-yl méthanone »), JORF du 6 avril 2017 (nouvel onglet)
  17. PubChem, fiche du composé CID 10045570 (JWH-200) : identifiants et synonymes (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
[1-(2-morpholin-4-ylethyl)indol-3-yl]-naphthalen-1-ylmethanone
Autres noms
WIN 55,225 · WIN-55255 · JWH 200 · 1-(2-(4-morpholinyl)ethyl)-3-(1-naphthoyl) indole · 1-[2-(4-morpholinyl)éthyl]-3-(1-naphthoyl)indole · [1-[2-(4-morpholinyl)éthyl]-1H-indol-3-yl]-1-naphthalènyl-méthanone

Identifiants

Formule
C₂₅H₂₄N₂O₂
CAS
103610-04-4
InChIKey
SZWYXJHTNGJPKU-UHFFFAOYSA-N
SMILES
C1COCCN1CCN2C=C(C3=CC=CC=C32)C(=O)C4=CC=CC5=CC=CC=C54

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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