Modulateur ECS (recherche)
Stupéfiant : clause génériqueJWH-193
(4-méthylnaphtalén-1-yl)-[1-(2-morpholin-4-yléthyl)indol-3-yl]méthanone
Alias.JWH-193 · 4-méthylnaphtoyl-JWH-200
Naphtoylindole de synthèse, agoniste CB1 très affin ; classé stupéfiant en France par clause générique.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₆H₂₆N₂O₂
- Masse molaire
- 398.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 133438-58-1
- PubChem CID
- 10250276
- Première description
- Le composé appartient à la série des naphtoylindoles développée à partir des années 1990 dans le cadre de la recherche sur les indoles cannabimimétiques, dont John W. Huffman a systématisé la relation structure-activité à l'université Clemson. Il dérive du JWH-200, lui-même issu des travaux industriels sur les aminoalkylindoles, par introduction d'un méthyle sur le cycle naphtalène. Huffman et Padgett en rapportent la puissance dans leur revue de 2005 sur la chimie médicinale de cette famille.
- Origine
- Composé entièrement synthétique. Il n'a aucune occurrence naturelle, ne se rencontre dans aucun végétal et n'est pas un produit du métabolisme. Sa production relève du laboratoire, à des fins de recherche pharmacologique, et de la fabrication clandestine destinée au marché des cannabinoïdes de synthèse.
- InChIKey
- ICKWPPYMDARCKJ-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le JWH-193 est un cannabinoïde de synthèse, sans aucun rapport botanique avec le chanvre. Il se fixe très fortement sur le récepteur CB1, bien plus que le THC. Aucune étude humaine n'existe, aucune dose n'est connue, et il est classé comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
- CB1Affinité rapportée de l'ordre de 6 nM (Huffman et Padgett 2005)Agoniste
- CB2Affinité non déterminée pour ce composé précisAgoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement20
- Clarté5
- Sommeil30
- Appétit40
- High60
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le JWH-193 appartient à la famille des naphtoylindoles, ces cannabinoïdes de synthèse construits sur un noyau indole relié par une cétone à un naphtalène, dont le chef de file JWH-018 a inauguré le marché des produits vendus sous l'appellation trompeuse d'encens ou de mélanges à fumer. Il se distingue par sa chaîne morpholinoéthyle portée par l'azote indolique, héritée du JWH-200, et par un méthyle en position 4 du naphtalène. Cette dernière modification est la raison d'être du composé dans la série : elle multiplie par environ sept l'affinité pour le récepteur CB1, qui se situe autour de 6 nanomolaires, très au-dessus de celle du Δ9-THC. Les travaux de relation structure-activité de Huffman et de son équipe, portant sur des dizaines d'analogues, ont précisément servi à cartographier l'effet des substituants du naphtalène et de la longueur de la chaîne N-alkyle sur l'affinité CB1 et sur la sélectivité CB2, et à identifier au passage plusieurs agonistes CB2 hautement sélectifs. Il faut souligner ce que cette fiche ne peut pas dire. Aucune étude d'efficacité fonctionnelle spécifique, aucune donnée de pharmacocinétique, de métabolisme ou de toxicologie humaine n'est publiée pour ce composé. Les risques documentés pour la classe entière des agonistes CB1 de synthèse, qui sont pour la plupart des agonistes complets là où le THC n'est qu'un agoniste partiel, ne peuvent pas être quantifiés pour lui en particulier, mais ils s'appliquent par construction : agitation, tachycardie, convulsions et troubles psychiatriques aigus ont été rapportés pour l'ensemble de cette famille.
Origine (outil de recherche)
Voie d'obtention entièrement chimique, décrite ici par classe uniquement. La molécule associe trois éléments assemblés par synthèse : un noyau indole, une fonction cétone reliant la position 3 de cet indole à un naphtalène méthylé, et une chaîne morpholinoéthyle portée par l'azote indolique. Elle n'existe pas dans la nature et ne procède d'aucune voie enzymatique.
Cadre légal
International
Non inscrit nommément aux conventions ; suivi par le système d'alerte précoce
Union européenne
Capturé par les clauses génériques nationales sur les naphtoylindoles
France
Stupéfiant par clause générique, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Modulateur ECS (recherche)
- Origine
- Composé entièrement synthétique. Il n'a aucune occurrence naturelle, ne se rencontre dans aucun végétal et n'est pas un produit du métabolisme. Sa production relève du laboratoire, à des fins de recherche pharmacologique, et de la fabrication clandestine destinée au marché des cannabinoïdes de synthèse.
- Statut
- Stupéfiant : clause générique
Naphtoylindole, sous-classe des aminoalkylindoles cannabimimétiques. La molécule se décompose selon la grille habituelle des cannabinoïdes de synthèse : le noyau est un indole, le groupe lié est un naphtalène porteur d'un méthyle en position 4, le lien entre les deux est une cétone, et la queue portée par l'azote indolique est une chaîne éthyle terminée par un cycle morpholine. C'est cette queue morpholinoéthyle, plus polaire que les chaînes pentyle habituelles de la série, qui rapproche le composé du JWH-200 et le distingue du JWH-018.
Pharmacocinétique
Aucune donnée de pharmacocinétique n'est publiée, ni chez l'animal ni chez l'humain. Le composé n'a fait l'objet d'aucune étude d'absorption, de distribution ou d'élimination. Aucune dose humaine n'est caractérisée, et rien dans la littérature n'autorise à en extrapoler une à partir de son affinité de liaison.
Métabolisme
Aucune étude de métabolisme n'est publiée pour ce composé. Par analogie de classe, les naphtoylindoles subissent une hydroxylation étendue par les cytochromes P450, portant sur la chaîne N-alkyle, le noyau indole et le naphtalène, suivie de glucuronoconjugaison ; la fraction inchangée retrouvée dans les urines est généralement négligeable, ce qui impose de cibler les métabolites en analyse. Cette description reste une extrapolation de classe et non un résultat mesuré pour cette molécule.
Toxicologie et risques
Aucun événement documenté n'est attribuable spécifiquement à ce composé, et aucune dose humaine n'est caractérisée. Le profil de risque doit être lu au niveau de la classe : les agonistes CB1 de synthèse sont majoritairement des agonistes complets, alors que le Δ9-THC n'est qu'un agoniste partiel, ce qui supprime le plafond d'effet qui limite la toxicité aiguë du cannabis. Les intoxications rapportées pour cette famille comprennent agitation, tachycardie, hypertension, vomissements, convulsions, épisodes psychotiques aigus et, dans les séries les plus sévères, des décès. La quantité présente dans un produit clandestin est par ailleurs imprévisible.
Détection et analyse
Le composé n'est pas reconnu par les immunoessais cannabis, qui ciblent l'acide 11-nor-9-carboxy-THC et ne présentent pas de réactivité croisée avec les naphtoylindoles. Sa recherche impose une chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem ou à haute résolution, avec un étalon dédié, et porte en pratique sur les métabolites hydroxylés plutôt que sur la molécule inchangée. L'identification dans un produit saisi relève de la spectrométrie de masse couplée à la chromatographie en phase gazeuse et de la résonance magnétique nucléaire.
Références
Données structurées
- InChIKey
- ICKWPPYMDARCKJ-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CC1=CC=C(C2=CC=CC=C12)C(=O)C3=CN(C4=CC=CC=C43)CCN5CCOCC5
- Formule
- C26H26N2O2
- Masse molaire
- 398.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 133438-58-1
- PubChem CID
- 10250276
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.