Modulateur ECS (recherche)
Non listéJNJ-42165279
JNJ-42165279
N-(4-chloro-3-pyridinyl)-4-[(2,2-difluoro-1,3-benzodioxol-5-yl)methyl]piperazine-1-carboxamide
Alias.JNJ42165279 · JNJ 42165279
Inhibiteur covalent de la FAAH (Janssen) : quatre essais de phase 2 négatifs, aucun bénéfice établi.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₁₈H₁₇ClF₂N₄O₃
- Masse molaire
- 410.80 g·mol⁻¹
- CAS
- 1346528-50-4
- PubChem CID
- 54576693
- Première description
- Décrite publiquement en 2015 par J. M. Keith et ses collègues de Janssen Research & Development, dans un article de caractérisation préclinique publié par ACS Medicinal Chemistry Letters. Le développement clinique a atteint la phase 2, avec des essais de preuve de concept dans l'anxiété sociale, la dépression majeure avec détresse anxieuse, le trouble du spectre de l'autisme puis le trouble de stress post-traumatique, dont les résultats ont été publiés entre 2020 et 2026.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, sans occurrence naturelle connue. Elle a été conçue par Janssen Research & Development (groupe Johnson & Johnson) au sein d'une série d'urées arylpipéraziniques destinée à l'inhibition de la FAAH. Elle n'a jamais été commercialisée et n'existe qu'en recherche préclinique et en essais cliniques.
- InChIKey
- YWGYNGCRVZLMCS-UHFFFAOYSA-N
En clair
JNJ-42165279 est une molécule de laboratoire mise au point par un groupe pharmaceutique, sans aucun lien avec le chanvre. Elle bloque une enzyme du corps qui détruit les cannabinoïdes que l'organisme fabrique lui-même, ce qui fait monter leur niveau. Testée contre l'anxiété, la dépression, l'autisme et le stress post-traumatique, elle n'a montré aucun bénéfice clair et n'est vendue nulle part.
Récepteurs et activité
- FAAHCI50 de 75 nM sur FAAH cellulaire (cellules T84) et de 320 nM sur cellules SK-N-MC transfectées ; occupation cérébrale de 96 à 98 % chez l'être humainModulateur
- CB1Modulateur
- CB2Modulateur
- CYP2D6CI50 de 11 à 24 µM sur microsomes hépatiques humainsModulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement12
- Clarté3
- Sommeil6
- Appétit4
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
JNJ-42165279 n'est pas un cannabinoïde : c'est une urée arylpipérazinique qui inhibe la FAAH (fatty acid amide hydrolase), l'enzyme chargée d'hydrolyser l'anandamide, l'oléoyléthanolamide et la palmitoyléthanolamide. Le carbonyle de l'urée carbamyle la sérine catalytique de l'enzyme et forme un adduit covalent lentement réversible ; l'inhibition est puissante en cellules, de l'ordre de 75 nM, et sélective, sans affinité directe rapportée pour les récepteurs CB1 ou CB2. L'effet passe donc entièrement par l'accumulation des lipides substrats, qui stimulent ensuite leurs propres cibles : CB1, CB2 et TRPV1 pour l'anandamide, PPARα pour les deux autres. Chez le volontaire sain, la tomographie par émission de positons montre une occupation cérébrale de la FAAH de 96 à 98 %, avec une anandamide plasmatique multipliée par 5 à 10 et une anandamide du liquide céphalorachidien multipliée par 45 à 77. La cible est donc atteinte sans ambiguïté, mais le bénéfice clinique ne suit pas : les essais de phase 2 dans l'anxiété sociale, la dépression majeure avec détresse anxieuse, le trouble du spectre de l'autisme et le trouble de stress post-traumatique ont tous manqué leur critère principal. Aucun effet thérapeutique n'est établi chez l'être humain.
Sources clés.
- Keith JM et al., Preclinical Characterization of the FAAH Inhibitor JNJ-42165279, ACS Med Chem Lett, 2015PMID 26713105
- Postnov A et al., Fatty Acid Amide Hydrolase Inhibition by JNJ-42165279: A Multiple-Ascending Dose and a Positron Emission Tomography Study in Healthy Volunteers, Clin Transl Sci, 2018PMID 29575526
- Schmidt ME et al., The effects of inhibition of FAAH by JNJ-42165279 in social anxiety disorder, Neuropsychopharmacology, 2021PMID 33070154
- Schmidt ME et al., Efficacy and safety of adjunctive JNJ-42165279 in major depressive disorder with anxious distress, Eur Neuropsychopharmacol, 2026PMID 41616640
- Klein ME et al., Efficacy and safety of JNJ-42165279 in adolescents and adults with autism spectrum disorder, Neuropsychopharmacology, 2024PMID 39414987
- Mayo LM et al., Elevating anandamide via FAAH inhibition combined with internet-delivered CBT in post-traumatic stress disorder, Neuropsychopharmacology, 2025PMID 40382500
- van Heerden M et al., Exacerbation of Background Nuclear Cataracts in Sprague-Dawley Rats in Embryo-Fetal Development Studies With JNJ-42165279, Toxicol Pathol, 2021PMID 34128434
- ChEMBL, fiche du composé CHEMBL4297294 (JNJ-42165279), données de bioactivité FAAH et CYP2D6
- PubChem, fiche du composé CID 54576693 (JNJ-42165279)
- Wikipedia (anglais), JNJ-42165279, suspension de précaution des essais en janvier 2016
Origine (outil de recherche)
Aucune voie biologique : la molécule ne provient d'aucun organisme vivant et n'a rien à voir avec la biosynthèse des cannabinoïdes du chanvre. Elle est obtenue par synthèse organique, dans la classe des urées arylpipéraziniques, en associant un motif 2,2-difluoro-1,3-benzodioxole et une 4-chloropyridin-3-ylamine.
Cadre légal
France
En France, JNJ-42165279 n'est nommé dans aucune des annexes de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants. La molécule ne relève pas non plus de la clause générique de l'annexe IV visant les tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers, sels ainsi que les sels de ces dérivés : il ne s'agit ni d'un tétrahydrocannabinol ni d'un dérivé de tétrahydrocannabinol, mais d'une urée arylpipérazinique sans parenté chimique avec les cannabinoïdes. Elle échappe de même aux dispositions visant les agonistes des récepteurs cannabinoïdes, puisqu'elle n'agit pas sur ces récepteurs. Le statut est donc celui d'une substance non classée. Cela ne signifie pas qu'elle soit accessible : faute d'autorisation de mise sur le marché, il s'agit d'un médicament expérimental, dont l'administration à l'être humain n'est licite que dans le cadre d'une recherche autorisée par l'ANSM. Sa vente comme produit de consommation serait illégale, non pas au titre des stupéfiants, mais au titre de la réglementation du médicament.
Union européenne
Au niveau européen, la molécule ne figure ni aux tableaux des conventions des Nations unies sur les stupéfiants et les substances psychotropes, ni parmi les nouvelles substances psychoactives placées sous contrôle au titre de la décision-cadre 2004/757/JAI telle que modifiée. Elle n'est pas suivie comme substance de rue par l'EUDA (ex-OEDT), ce qui s'explique simplement : elle n'a jamais quitté le circuit pharmaceutique. Aucune autorisation de mise sur le marché n'a été délivrée par l'EMA ou par une agence nationale, le développement s'étant arrêté au stade de la phase 2. Son statut est donc celui d'un médicament expérimental, encadré par la réglementation européenne relative aux essais cliniques, et non celui d'un produit de consommation.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Modulateur ECS (recherche)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, sans occurrence naturelle connue. Elle a été conçue par Janssen Research & Development (groupe Johnson & Johnson) au sein d'une série d'urées arylpipéraziniques destinée à l'inhibition de la FAAH. Elle n'a jamais été commercialisée et n'existe qu'en recherche préclinique et en essais cliniques.
- Statut
- Non listé
Urée arylpipérazinique. Le squelette associe une pipérazine N-carboxamide, un groupe 4-chloropyridin-3-yle porté par l'azote de l'urée et un méthylène relié à un noyau 2,2-difluoro-1,3-benzodioxole. Cette architecture est étrangère aux terpénophénols du chanvre : il n'y a ni cycle résorcinol, ni chaîne alkyle latérale, ni motif cannabinoïde.
Pharmacocinétique
Administration par voie orale. Chez le volontaire sain, dans une étude de doses répétées croissantes conduite sur dix jours, la demi-vie plasmatique moyenne s'est située entre 8,1 et 14,1 heures, avec une accumulation modérée à l'état d'équilibre. La liaison aux protéines plasmatiques est élevée, la fraction libre étant estimée entre 6,4 et 7,5 %. Le passage vers le système nerveux central est réel mais quantitativement faible : les concentrations mesurées dans le liquide céphalorachidien représentaient un peu plus de 3 % du pic plasmatique. Cela suffit néanmoins à saturer la cible, puisque l'occupation cérébrale de la FAAH mesurée par tomographie par émission de positons avec le traceur [11C]MK-3168 atteint 96 à 98 % dès les paliers intermédiaires et reste supérieure à 80 % au creux résiduel. L'activité FAAH des leucocytes s'effondre sous les 11 % de sa valeur initiale et le reste tout au long du traitement.
Métabolisme
Le devenir métabolique détaillé n'est pas publié dans la littérature accessible. Le mécanisme d'action repose lui-même sur une réaction chimique avec la cible : la molécule se comporte en substrat de la FAAH et carbamyle la sérine catalytique, formant un adduit covalent lentement réversible qui inactive l'enzyme. Les essais d'interaction menés sur microsomes hépatiques humains ne montrent qu'une inhibition faible du CYP2D6, à des concentrations très supérieures aux expositions cliniques. Chez le volontaire sain, les concentrations d'acide arachidonique du liquide céphalorachidien restent inchangées sous traitement, ce qui confirme que le blocage porte bien sur l'hydrolyse des amides d'acides gras et non sur une étape ultérieure.
Toxicologie et risques
Le profil observé chez l'être humain est resté modéré. Dans les études de phase 1 chez le volontaire sain, aucun décès, aucun événement indésirable grave ou sévère et aucun arrêt de traitement pour effet indésirable n'ont été rapportés ; les manifestations les plus fréquentes étaient des céphalées, des douleurs dorsales et de la fatigue, avec quelques élévations discrètes et réversibles des transaminases. Les essais de phase 2 menés ensuite ont conclu à une tolérance acceptable, sans signal nouveau. Un point mérite d'être signalé : chez le rat Sprague-Dawley, une exposition in utero à des niveaux très supérieurs aux expositions pharmacologiques a augmenté l'incidence de cataractes nucléaires chez les jeunes, sur un fond de lésions du cristallin déjà spontanément présentes dans cette souche. Enfin, en janvier 2016, après l'accident clinique survenu à Rennes avec un autre inhibiteur de la FAAH, le BIA 10-2474, l'administration a été suspendue par précaution dans les essais de JNJ-42165279, alors qu'aucun événement indésirable grave n'y avait été observé ; les essais ont ensuite repris. Les données de sécurité au long cours restent limitées.
Détection et analyse
Aucune méthode de dépistage de routine n'existe : la molécule n'est ni un stupéfiant classé, ni une substance recherchée dans les panels toxicologiques ou antidopage courants. Dans le cadre des essais cliniques, le dosage a été réalisé par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, dans le plasma, le liquide céphalorachidien et les urines. Un marqueur pharmacodynamique complémentaire existe : l'effondrement de l'activité FAAH des leucocytes et l'élévation marquée des amides d'acides gras circulants, en particulier l'anandamide, signent une inhibition de l'enzyme.
Références
- 1.Keith JM et al., Preclinical Characterization of the FAAH Inhibitor JNJ-42165279, ACS Med Chem Lett, 2015PMID 26713105
- 2.Postnov A et al., Fatty Acid Amide Hydrolase Inhibition by JNJ-42165279: A Multiple-Ascending Dose and a Positron Emission Tomography Study in Healthy Volunteers, Clin Transl Sci, 2018PMID 29575526
- 3.Schmidt ME et al., The effects of inhibition of FAAH by JNJ-42165279 in social anxiety disorder, Neuropsychopharmacology, 2021PMID 33070154
- 4.Schmidt ME et al., Efficacy and safety of adjunctive JNJ-42165279 in major depressive disorder with anxious distress, Eur Neuropsychopharmacol, 2026PMID 41616640
- 5.Klein ME et al., Efficacy and safety of JNJ-42165279 in adolescents and adults with autism spectrum disorder, Neuropsychopharmacology, 2024PMID 39414987
- 6.Mayo LM et al., Elevating anandamide via FAAH inhibition combined with internet-delivered CBT in post-traumatic stress disorder, Neuropsychopharmacology, 2025PMID 40382500
- 7.van Heerden M et al., Exacerbation of Background Nuclear Cataracts in Sprague-Dawley Rats in Embryo-Fetal Development Studies With JNJ-42165279, Toxicol Pathol, 2021PMID 34128434
- 8.ChEMBL, fiche du composé CHEMBL4297294 (JNJ-42165279), données de bioactivité FAAH et CYP2D6
- 9.PubChem, fiche du composé CID 54576693 (JNJ-42165279)
- 10.Wikipedia (anglais), JNJ-42165279, suspension de précaution des essais en janvier 2016
Données structurées
- InChIKey
- YWGYNGCRVZLMCS-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- C1CN(CCN1CC2=CC3=C(C=C2)OC(O3)(F)F)C(=O)NC4=C(C=CN=C4)Cl
- Formule
- C18H17ClF2N4O3
- Masse molaire
- 410.80 g·mol⁻¹
- CAS
- 1346528-50-4
- PubChem CID
- 54576693
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.


