Ibipinabant
Antagoniste / agoniste inverse CB1 de synthèse, très sélectif ; toxicité musculaire chez le chien, essai de phase IIb retiré.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₃H₂₀Cl₂N₄O₂S
CAS 464213-10-3
- Famille
- Outil pharmacologique du SECAntagoniste ou agoniste inverse
- Masse molaire
- 487,40 g/mol
Mis à jour le
En clair
L'ibipinabant est une molécule de laboratoire, sans aucun rapport avec le chanvre : elle a été fabriquée pour bloquer le récepteur CB1, celui-là même que le THC active. Elle a été étudiée dans les années 2000 comme traitement possible de l'obésité et du diabète de type 2. Une toxicité musculaire a été observée chez le chien, un essai de phase IIb enregistré a été retiré, et la molécule n'est plus qu'un outil de recherche.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Bloque ou inhibe
- Se lie ou module
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de Ibipinabant : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de Ibipinabant.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1Agoniste inverseKi = 7,8 nM · humain68 sur 100
Lange et coll., J Med Chem 2004 (valeurs ChEMBL du document) (nouvel onglet) · déplacement de [3H]CP-55940, cellules CHO exprimant le CB1 humain
- CB2Liaison (fonction non établie)Ki = 7,9 µM · humain18 sur 100
Lange et coll., J Med Chem 2004 (valeurs ChEMBL du document) (nouvel onglet) · déplacement de [3H]CP-55940, cellules CHO exprimant le CB2 humain (sélectivité d'environ 1 000 fois pour le CB1)
- Canal KATP SUR1Modulateuraucune valeur mesurée citée
- Translocase des nucléotides adényliques (ANT)Inhibiteuraucune valeur mesurée citée
Pharmacologie
Sur le récepteur CB1 humain, l'ibipinabant se lie avec une affinité de 7,8 nM et environ mille fois plus faiblement au récepteur CB2 (7 943 nM) ; la littérature le qualifie d'antagoniste (Lange et coll. 2004) ou d'agoniste inverse (Lynch et coll. 2012). Il a un rapport de concentration cerveau sur plasma élevé (Lange 2004). Chez le rat Zucker diabétique, il a réduit la glycémie à jeun de 61 % et préservé la masse des îlots pancréatiques indépendamment de la perte de poids (Rohrbach et coll. 2012) ; d'autres travaux montrent qu'une partie de ces effets métaboliques passe par une ouverture partielle des canaux potassiques SUR1, donc par une voie étrangère au CB1 (Lynch et coll. 2012). Une toxicité musculaire est apparue dans une étude préclinique de six semaines chez le chien, avec une élévation de 19 acylcarnitines plasmatiques candidates comme marqueurs (Zhang et coll. 2010), puis a été rattachée à l'inhibition de la translocase des nucléotides adényliques, donc de l'échange ADP/ATP mitochondrial (Schirris et coll. 2015). L'essai de phase IIb enregistré par Solvay chez des patients obèses diabétiques de type 2 (NCT00541567) a été retiré ; aucune donnée d'efficacité clinique n'a été retrouvée. La molécule ne subsiste que comme outil pharmacologique, avec une piste récente de repositionnement antibactérien, au stade préclinique chez la souris (Dove et coll. 2026).
Sources clés.
- Lange JHM et al., J Med Chem 2004 : 3,4-diarylpyrazolines, antagonistes CB1 (publication princeps de SLV319) (nouvel onglet)PMID 14736243
- Schirris TJJ et al., Sci Rep 2015 : inhibition de l'échange ADP/ATP mitochondrial et myotoxicité de l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 26416158
- Zhang H et al., Anal Chem 2010 : acylcarnitines chez le chien traité par l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 20387806
- Rohrbach K et al., Diabetes Obes Metab 2012 : perte de cellules bêta chez le rat Zucker diabétique (nouvel onglet)PMID 22268426
- Lynch CJ et al., Am J Physiol Endocrinol Metab 2012 : ouvreurs des canaux KATP SUR1 (nouvel onglet)PMID 22167524
- Chorvat RJ et al., Bioorg Med Chem Lett 2012 : bloqueurs CB1 à action périphérique apparentés à l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 22959249
- Janero DR & Makriyannis A, Expert Opin Emerg Drugs 2009 : antagonistes des récepteurs cannabinoïdes (nouvel onglet)PMID 19249987
- Dove AS et al., Antimicrob Agents Chemother 2026 : ibipinabant et Neisseria gonorrhoeae (nouvel onglet)PMID 41636526
- ClinicalTrials.gov NCT00541567 : essai de phase IIb de BMS-646256, promoteur Solvay, statut retiré (nouvel onglet)
- PubChem, fiche composé CID 9826744 (ibipinabant) (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule entièrement synthétique. Elle n'est produite ni par le chanvre ni par l'organisme humain, et n'a jamais été isolée d'un produit naturel. Elle a été construite en laboratoire comme candidat médicament contre l'obésité et le diabète de type 2, puis abandonnée avant toute mise sur le marché.
- Première description
- Conçu vers 2000 chez Solvay Pharmaceuticals par l'équipe de Jos H. M. Lange. La publication princeps, parue dans le Journal of Medicinal Chemistry en 2004 (PMID 14736243), décrit le candidat sous le numéro de composé 80, devenu SLV319, un 3,4-diarylpyrazoline dont l'énantiomère actif est de configuration 4S ; remplacer le NH2 de l'amidine par un NHCH3 a été le changement décisif pour obtenir une biodisponibilité orale dans cette série. Le code BMS-646256 apparaît dans un essai de phase IIb enregistré par Solvay (NCT00541567).
Origine
Outil de recherche
Aucune voie biologique n'existe pour cette molécule : l'ibipinabant est un produit de synthèse organique appartenant à la classe des diarylpyrazolines, sans précurseur végétal ni intermédiaire enzymatique. Le chanvre ne le fabrique pas, et il n'apparaît dans aucun profil cannabinoïde naturel.
Cadre légal
- Union européenne
Aucune autorisation de mise sur le marché n'a été retrouvée ; l'essai de phase IIb enregistré par Solvay (NCT00541567) porte le statut « retiré ». Produit de recherche.
- France
Non classé : absent de la liste des stupéfiants de l'ANSM (version consolidée mise à jour le 16/02/2026), et sa structure (3,4-diarylpyrazoline) n'entre dans aucune famille générique de l'annexe IV. Aucune autorisation de mise sur le marché ; produit de recherche.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Outil pharmacologique du SEC › Antagoniste ou agoniste inverse
- Vérification
Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.
- Wikipédia (anglais)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
3,4-diarylpyrazoline, c'est-à-dire un noyau 4,5-dihydro-1H-pyrazole portant deux groupements aryle et une fonction sulfonylcarboxamidine. L'énantiomère actif possède la configuration 4S, établie par diffraction des rayons X. La molécule ne dérive pas du squelette terpénophénolique du cannabis ; elle se rapproche du pyrazole rimonabant par son mode de liaison au récepteur, non par sa filiation naturelle.
Pharmacocinétique
Actif par voie orale chez l'animal : remplacer le NH2 de l'amidine par un NHCH3 a été le changement clé pour gagner une biodisponibilité orale dans la série, et les analyses de Lange et coll. (2004) signalent un rapport de concentration cerveau sur plasma élevé, donc une pénétration marquée dans le système nerveux central. Les paramètres pharmacocinétiques humains n'ont pas été retrouvés dans les sources ouvertes.
Métabolisme
Le métabolisme humain de l'ibipinabant n'a pas été retrouvé dans les sources ouvertes consultées : isoformes du cytochrome P450, métabolites majeurs et voies d'élimination ne sont pas documentés. Chez le chien, des métabolites du médicament ont été écartés de l'analyse métabolomique par filtrage de défaut de masse (Zhang et coll. 2010).
Toxicologie et risques
Le signal de sécurité déterminant est une toxicité musculaire apparue lors d'une étude préclinique de six semaines chez le chien, avec une dysfonction mitochondriale (Schirris et coll. 2015). Une analyse métabolomique par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution y a identifié 19 acylcarnitines plasmatiques candidates comme marqueurs de cette toxicité, trois d'entre elles confirmées sur les échantillons individuels (Zhang et coll. 2010). Le mécanisme a ensuite été rattaché à une cible hors CB1, la translocase des nucléotides adényliques : inhibition de l'échange ADP/ATP mitochondrial, production accrue d'espèces réactives de l'oxygène et baisse de la capacité de production d'ATP dans des myoblastes C2C12 ; une modification structurale mineure suffit à supprimer cette inhibition (Schirris et coll. 2015). Le premier antagoniste CB1, le rimonabant, a été retiré du marché pour des effets indésirables psychiatriques (Schirris et coll. 2015) ; pour l'ibipinabant, les données humaines de sécurité manquent.
Références
- Lange JHM et al., J Med Chem 2004 : 3,4-diarylpyrazolines, antagonistes CB1 (publication princeps de SLV319) (nouvel onglet)PMID 14736243
- Schirris TJJ et al., Sci Rep 2015 : inhibition de l'échange ADP/ATP mitochondrial et myotoxicité de l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 26416158
- Zhang H et al., Anal Chem 2010 : acylcarnitines chez le chien traité par l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 20387806
- Rohrbach K et al., Diabetes Obes Metab 2012 : perte de cellules bêta chez le rat Zucker diabétique (nouvel onglet)PMID 22268426
- Lynch CJ et al., Am J Physiol Endocrinol Metab 2012 : ouvreurs des canaux KATP SUR1 (nouvel onglet)PMID 22167524
- Chorvat RJ et al., Bioorg Med Chem Lett 2012 : bloqueurs CB1 à action périphérique apparentés à l'ibipinabant (nouvel onglet)PMID 22959249
- Janero DR & Makriyannis A, Expert Opin Emerg Drugs 2009 : antagonistes des récepteurs cannabinoïdes (nouvel onglet)PMID 19249987
- Dove AS et al., Antimicrob Agents Chemother 2026 : ibipinabant et Neisseria gonorrhoeae (nouvel onglet)PMID 41636526
- ClinicalTrials.gov NCT00541567 : essai de phase IIb de BMS-646256, promoteur Solvay, statut retiré (nouvel onglet)
- PubChem, fiche composé CID 9826744 (ibipinabant) (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom IUPAC
- (4S)-5-(4-chlorophenyl)-N-(4-chlorophenyl)sulfonyl-N-methyl-4-phenyl-3,4-dihydropyrazole-2-carboximidamide
- Autres noms
- BMS-646256 · SLV319 · SLV-319
Identifiants
- Formule
- C₂₃H₂₀Cl₂N₄O₂S
- CAS
- 464213-10-3
- PubChem CID
- 9826744(nouvel onglet)
- InChIKey
- AXJQVVLKUYCICH-OAQYLSRUSA-N
- SMILES
- CN=
C(NS(= O) (= O) C1= CC= C(C= C1) Cl) N2C[C@@H] (C(= N2) C3= CC= C(C= C3) Cl) C4= CC= CC= C4
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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