Aller au contenu

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

HU-243HU-243 (7-hydroxy-hexahydrocannabinol-DMH)

(6aR,9R,10aR)-9-(hydroxymethyl)-6,6-dimethyl-3-(2-methyloctan-2-yl)-6a,7,8,9,10,10a-hexahydrobenzo[c]chromen-1-ol

Alias.HU-243 · [3H]HU-243 · 7-hydroxy-hexahydrocannabinol-DMH · 11-hydroxy-hexahydrocannabinol-diméthylheptyle

Radioligand cannabinoïde d'affinité extrême (KD 45 pM), nommément classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₅H₄₀O₃
Masse molaire
388.60 g·mol⁻¹
CAS
140835-14-9
PubChem CID
5311171
Première description
Décrit en 1992 par Devane, Breuer, Sheskin, Järbe, Eisen et Mechoulam, à l'université hébraïque de Jérusalem. La molécule est obtenue par hydrogénation du HU-210, alors le cannabimimétique le plus puissant connu : l'hydrogénation donne un mélange d'épimères dont les auteurs ont isolé la forme équatoriale, le HU-243. Le but n'était pas de produire une substance active de plus, mais un outil : sa version tritiée a servi de sonde de très haute affinité pour caractériser le récepteur cannabinoïde, à une époque où celui-ci venait tout juste d'être cloné.
Origine
Composé entièrement synthétique, absent du cannabis et de tout organisme vivant. Il est produit en quantités de laboratoire, comme réactif de recherche et comme radioligand, et n'a jamais été observé sur le marché des produits de consommation.
InChIKey
MVEVPDCVOXJVBD-MISYRCLQSA-N

En clair

Le HU-243 est un cannabinoïde de laboratoire d'une puissance extrême, créé non pour être consommé mais pour servir de sonde : sa version radioactive a permis de mesurer précisément le récepteur au cannabis dans les tissus. Il est classé comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

  • CB1
    KD de 45 pM au récepteur cannabinoïde, contre 180 pM pour le HU-210 et 2,0 nM pour le CP-55,940 (Devane et coll. 1992)Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)

Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    25
  • Clarté
    10
  • Sommeil
    60
  • Appétit
    60
  • High
    95

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le HU-243 est un agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes d'affinité extrême, conçu à l'université hébraïque de Jérusalem comme outil de mesure plutôt que comme substance active. Devane et collaborateurs (1992) l'obtiennent par hydrogénation du HU-210, dont il conserve la chaîne 1,1-diméthylheptyle et la fonction hydroxyméthyle, et en isolent l'épimère équatorial. Sa constante de dissociation au récepteur cannabinoïde est de 45 pM, contre 180 pM pour le HU-210 et 2,0 nM pour le CP-55,940 alors employé partout : c'est cette affinité qui a fait du HU-243 tritié une sonde de choix pour cartographier le récepteur dans les tissus, au moment où la biologie du système endocannabinoïde se construisait. Chez le pigeon, il substitue au Δ9-THC dans le test de discrimination avec une DE50 de 0,002 mg/kg. Sa puissance a valu à ce réactif de laboratoire une inscription nominative sur la liste française des stupéfiants par l'arrêté du 31 mars 2017. Aucune donnée humaine n'existe.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biologique. Le HU-243 s'obtient par hydrogénation du HU-210 : la saturation du cycle cyclohexène transforme le squelette tétrahydrocannabinol en squelette hexahydrocannabinol, tandis que sont conservées la chaîne latérale 1,1-diméthylheptyle et la fonction hydroxyméthyle en position 9. Il est décrit ici par classe chimique uniquement.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Composé entièrement synthétique, absent du cannabis et de tout organisme vivant. Il est produit en quantités de laboratoire, comme réactif de recherche et comme radioligand, et n'a jamais été observé sur le marché des produits de consommation.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Cannabinoïde classique de la série hexahydro : le squelette benzo[c]chromène est saturé sur le cycle carboné, ce qui supprime la double liaison caractéristique du tétrahydrocannabinol et crée un centre stéréogène supplémentaire en position 9, d'où l'existence d'épimères équatorial et axial. Deux modifications portent la puissance : la chaîne latérale 1,1-diméthylheptyle, qui remplace le pentyle du THC, et l'hydroxylation du méthyle en position 9. Le HU-243 est l'analogue hydrogéné du HU-210.

Pharmacocinétique

Aucune donnée humaine. Chez l'animal, l'activité s'observe à des doses très faibles, la DE50 de discrimination chez le pigeon étant de 0,002 mg/kg avec une lecture à quatre heures et demie, ce qui traduit une action durable. Cette durée, jointe à la forte lipophilie de la série diméthylheptyle, est la signature pharmacocinétique de ces cannabinoïdes classiques ultra-puissants.

Métabolisme

Le métabolisme humain n'est pas caractérisé. La fonction alcool primaire en position 9 offre un site direct de glucuronidation, et la chaîne diméthylheptyle ramifiée résiste à l'oxydation terminale, deux traits qui contribuent à la persistance observée dans la série. Ces éléments relèvent de l'attente de classe et non d'une étude publiée sur ce composé.

Toxicologie et risques

Aucune donnée de toxicologie humaine et aucun cas d'exposition rapporté : la molécule ne circule pas hors du laboratoire. Le risque théorique est celui d'un agoniste complet d'affinité picomolaire, catégorie dans laquelle une quantité infime suffit à produire un effet maximal, ce qui laisse une marge nulle entre dose active et dose excessive.

Détection et analyse

Aucun dépistage de routine ne le cible et aucun immunoessai courant ne le détecte. Sa recherche exigerait une méthode ciblée par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse avec étalon dédié. En pratique, il est utilisé comme réactif marqué au tritium, et c'est sa radioactivité, non une méthode analytique de toxicologie, qui le rend mesurable dans son usage habituel.

Références

  1. 1.Devane et coll. 1992 : une nouvelle sonde du récepteur cannabinoïde (HU-243)PMID 1317925
  2. 2.Yan et coll. 1994 : synthèse et propriétés du 11-hydroxy-diméthylheptyl-hexahydrocannabinolPMID 8057304

Données structurées

InChIKey
MVEVPDCVOXJVBD-MISYRCLQSA-N
SMILES
CCCCCCC(C)(C)C1=CC(=C2[C@@H]3C[C@@H](CC[C@H]3C(OC2=C1)(C)C)CO)O
Formule
C25H40O3
Masse molaire
388.60 g·mol⁻¹
CAS
140835-14-9
PubChem CID
5311171
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.