Modulateur ECS (recherche)
Non listéGénistéine
5,7-dihydroxy-3-(4-hydroxyphényl)chromén-4-one
Alias.genistein · 4',5,7-trihydroxyisoflavone · génistéol · prunétol
Isoflavone du soja, inhibitrice compétitive de la FAAH ; son effet sur la captation de l'anandamide a été réinterprété en 2007.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₁₅H₁₀O₅
- Masse molaire
- 270.24 g·mol⁻¹
- CAS
- 446-72-0
- PubChem CID
- 5280961
- Première description
- Isoflavone isolée du genêt des teinturiers au début du vingtième siècle, longtemps étudiée pour son activité œstrogénique et pour son inhibition des tyrosine kinases, propriété qui en a fait un réactif de laboratoire courant. Son intervention dans le système endocannabinoïde a été mise en évidence par Thors, Eriksson et Fowler en 2007, dans un travail qui cherchait précisément à départager deux explications concurrentes de ses effets.
- Origine
- Isoflavone d'origine végétale, présente principalement dans le soja et les autres légumineuses, où elle circule sous forme de glycoside. Elle est apportée par l'alimentation, en quantités très variables selon les habitudes culinaires, et elle est produite industriellement comme réactif de recherche et comme ingrédient de compléments alimentaires.
- InChIKey
- TZBJGXHYKVUXJN-UHFFFAOYSA-N
En clair
La génistéine est une isoflavone du soja. On l'utilisait au laboratoire comme outil de blocage d'un mécanisme cellulaire, jusqu'à ce qu'une étude montre que son effet sur l'anandamide passe en réalité par l'inhibition de l'enzyme qui la détruit. Un cas d'école de correction d'interprétation.
Récepteurs et activité
- FAAHInhibition compétitive dans le domaine du micromolaire faibleAntagoniste
- CB1Effet indirect via l'anandamide ; pas de liaison directeModulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement20
- Clarté10
- Sommeil10
- Appétit5
- High10
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
La génistéine est l'isoflavone majeure du soja, connue pour son activité œstrogénique et employée depuis longtemps au laboratoire comme inhibiteur de tyrosine kinases, à ce titre utilisée pour bloquer l'endocytose dépendante des cavéoles. C'est cet usage instrumental qui l'a fait entrer dans la littérature endocannabinoïde : on avait observé qu'elle réduisait la captation de l'anandamide par les cellules de leucémie basophile, et l'on en concluait que cette captation passait par l'endocytose. Thors, Eriksson et Fowler ont démonté cette lecture en 2007. Ils ont d'abord rappelé que la molécule est aussi un inhibiteur compétitif de l'amidohydrolase des acides gras, l'enzyme qui hydrolyse l'anandamide. Ils ont ensuite montré que la daidzéine, isoflavone voisine dépourvue d'action sur les tyrosine kinases, produit exactement le même effet sur la captation, et que cet effet ne s'observe que dans les lignées où l'inhibiteur de référence URB597 agit lui aussi, c'est-à-dire celles dont la captation est effectivement portée par l'enzyme. La conclusion est que le blocage de l'amidohydrolase, et non celui de l'endocytose, est le déterminant principal de l'effet de la génistéine sur la captation de l'anandamide. Ce résultat a une portée qui dépasse la molécule : il illustre à quel point l'interprétation d'un outil pharmacologique dépend de la totalité de son profil de cibles, et il a contribué à réorienter le débat sur l'existence d'un transporteur membranaire de l'anandamide.
Origine (outil de recherche)
Isoflavone issue de la voie des phénylpropanoïdes, avec une étape supplémentaire propre aux légumineuses. La flavanone naringénine, formée comme chez les autres plantes par la chalcone synthase, subit une migration du cycle phényle de la position 2 à la position 3 sous l'action d'une isoflavone synthase, réaction de réarrangement qui définit la classe des isoflavones. Cette voie est sans rapport avec la biosynthèse des cannabinoïdes.
Cadre légal
International
Non inscrite aux conventions de contrôle
Union européenne
Constituant alimentaire ; usage en complément encadré
France
Non inscrite ; présente dans l'alimentation courante
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Modulateur ECS (recherche)
- Origine
- Isoflavone d'origine végétale, présente principalement dans le soja et les autres légumineuses, où elle circule sous forme de glycoside. Elle est apportée par l'alimentation, en quantités très variables selon les habitudes culinaires, et elle est produite industriellement comme réactif de recherche et comme ingrédient de compléments alimentaires.
- Statut
- Non listé
Isoflavone, classe définie par un squelette 3-phénylchromén-4-one, où le cycle phényle est porté par le carbone 3 et non par le carbone 2 comme dans les flavones ordinaires. Cette translocation d'un seul substituant confère à la molécule une géométrie qui mime celle des œstrogènes stéroïdiens, d'où son activité sur les récepteurs correspondants. Elle se distingue du kaempférol, flavonol classé dans la même fiche fonctionnelle, par cette position du phényle et par l'absence d'hydroxyle en position 3.
Pharmacocinétique
La molécule est apportée sous forme de glycoside, la génistine, qui doit être hydrolysée par les bêta-glucosidases intestinales et microbiennes avant absorption. L'aglycone absorbé subit un métabolisme de premier passage intense, et les concentrations plasmatiques atteintes après un régime riche en soja restent inférieures d'un ou deux ordres de grandeur aux concentrations micromolaires actives sur l'amidohydrolase in vitro. Une variabilité interindividuelle marquée est attribuée aux différences de composition du microbiote.
Métabolisme
Le composé est massivement glucuronoconjugué et sulfoconjugué dans l'entérocyte et l'hépatocyte, si bien que la forme libre ne représente qu'une fraction faible du total circulant. Le microbiote colique le transforme en dérivés réduits, dont le dihydrogénistéine et des métabolites de coupure du cycle. Un cycle entérohépatique prolonge le séjour de la molécule dans l'organisme.
Toxicologie et risques
Aux niveaux d'exposition alimentaire, la molécule ne présente pas de signal de sécurité particulier. Le point de vigilance concerne son activité œstrogénique, qui a conduit les autorités sanitaires à encadrer l'usage des compléments concentrés en isoflavones, en particulier chez les femmes ayant un antécédent de cancer hormonodépendant et chez l'enfant. Aucune dose humaine à visée endocannabinoïde n'est caractérisée, et rien ne justifierait d'en prendre pour cet effet.
Détection et analyse
Le dosage se fait par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, après hydrolyse des conjugués. Cette mesure appartient au champ de la nutrition et de la toxicologie réglementaire des phytoœstrogènes ; le composé ne figure dans aucun panel de dépistage et n'a pas d'intérêt médicolégal.
Références
Données structurées
- InChIKey
- TZBJGXHYKVUXJN-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- C1=CC(=CC=C1C2=COC3=CC(=CC(=C3C2=O)O)O)O
- Formule
- C15H10O5
- Masse molaire
- 270.24 g·mol⁻¹
- CAS
- 446-72-0
- PubChem CID
- 5280961
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.