Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : nommément listéFUB-PB-22
FUB-PB-22
quinolin-8-yl 1-[(4-fluorophenyl)methyl]indole-3-carboxylate
Alias.FUB-PB22 · 1-[(4-fluorophényl)méthyl]-1H-indole-3-carboxylate de 8-quinoléinyle
Ester quinoléinyle fluorobenzylé d'indole-3-carboxylate, détecté en 2014, classé stupéfiant en France.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₁₇FN₂O₂
- Masse molaire
- 396.40 g·mol⁻¹
- CAS
- 1800098-36-5
- PubChem CID
- 91936864
- Première description
- La molécule a été détectée en 2014 dans des mélanges d'herbes à fumer au Japon, en Russie et en Allemagne, en même temps que le FDU-PB-22, et ces pays l'ont rapidement ajoutée à leurs listes de substances contrôlées. Comme pour beaucoup de composés de cette génération, le classement a précédé la connaissance : aucune donnée de métabolisme humain n'était disponible, ce qui rendait impossible de confirmer une consommation. Cette lacune a été comblée en 2016 par Xingxing Diao, Marilyn Huestis et leurs collaborateurs, dans une étude conduite sur hépatocytes humains et confirmée sur des échantillons d'urine authentiques.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans des mélanges à fumer vendus comme encens ou herbes aromatiques. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- InChIKey
- ROHVURVXAOMRJY-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le FUB-PB-22 est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, détecté en 2014 dans des mélanges à fumer au Japon, en Russie et en Allemagne. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol. Il agit sur les mêmes récepteurs que le THC mais beaucoup plus fortement, et il est classé comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
- CB1Agoniste
- CB2Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement8
- Clarté4
- Sommeil12
- Appétit14
- High10
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le FUB-PB-22 est l'un des composés qui montrent le mieux comment le contrôle et la connaissance se sont désynchronisés pendant cette génération de cannabinoïdes de synthèse. Détecté en 2014 dans des mélanges à fumer au Japon, en Russie et en Allemagne, il a été classé dans ces pays peu après, alors qu'aucune donnée de métabolisme humain n'existait : les laboratoires pouvaient donc identifier la poudre dans une saisie, mais pas prouver qu'une personne en avait consommé. L'étude publiée en 2016 par Xingxing Diao, Marilyn Huestis et leurs collaborateurs a comblé cette lacune pour lui et pour son jumeau naphtalénique le FDU-PB-22. Les deux molécules se dégradent très vite, avec des demi-vies sur microsomes hépatiques humains de 11,5 et 12,4 minutes, et donnent chacune sept métabolites issus de l'hydrolyse de l'ester puis d'hydroxylations et de glucuroconjugaisons. Un résultat de ce travail a une conséquence médico-légale directe : après hydrolyse de l'ester, les deux composés convergent vers le même métabolite, l'acide fluorobenzylindole-3-carboxylique, si bien qu'un marqueur urinaire ne permet pas à lui seul de dire lequel des deux a été consommé. Les auteurs recommandent ce métabolite et sa forme hydroxylée comme cibles analytiques, en assumant cette ambiguïté. Aucune valeur d'affinité chiffrée n'est reportée ici, aucune source primaire consultée pour cette fiche ne la donnant, et aucune étude contrôlée chez l'être humain n'existe : ni dose, ni tolérance, ni dépendance ne sont caractérisées.
Sources clés.
- Diao X, Scheidweiler KB, Wohlfarth A, Pang S, Kronstrand R, Huestis MA. In Vitro and In Vivo Human Metabolism of Synthetic Cannabinoids FDU-PB-22 and FUB-PB-22. AAPS J. 2016;18(2):455-464PMID 26810398
- The biological effects and thermal degradation of NPB-22, a synthetic cannabinoid. Forensic Toxicol. 2024;42(2):142-151 (coupure thermique des esters quinoléinyles, inactivité des fragments sur CB1 et CB2)PMID 38294576
- Uchiyama N, Matsuda S, Kawamura M, Kikura-Hanajiri R, Goda Y. Two new-type cannabimimetic quinolinyl carboxylates, QUPIC and QUCHIC, identified in illegal products. Forensic Toxicol. 2013;31(2):223-240 (description du chimiotype)DOI 10.1007/s11419-013-0182-9
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « FUB-PB-22 », famille des dérivés du 3-carboxylate indole)
- PubChem, Compound Summary CID 91936864, FUB-PB-22
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par estérification d'un acide 1-(4-fluorobenzyl)indole-3-carboxylique avec la 8-hydroxyquinoléine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
Le FUB-PB-22 est classé comme stupéfiant en France, et il l'est sous son nom propre. L'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 le mentionne explicitement, sous la forme « FUB-PB-22 ou quinolin-8-yl 1-[(4-fluorophenyl) methyl]-1H-indole-3-carboxylate », au sein de la famille générique des dérivés du 3-carboxylate indole, qui vise les molécules portant sur l'azote indolique un substituant halobenzyle et sur l'oxygène du pont carboxylate un groupement 8-quinoléinyle ou 1-naphtalényle. La même énumération cite à sa suite le FDU-PB-22, analogue naphtalénique. La molécule serait donc couverte même sans mention nominative. Production, détention, cession, transport et usage relèvent du droit pénal des stupéfiants.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle harmonisée à l'échelle de l'Union ne vise le FUB-PB-22 : la substance ne figure pas à l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI. Le contrôle reste national, et il a été rapide dans les pays où la molécule a d'abord été détectée : le Japon, la Russie et l'Allemagne l'ont ajoutée à leurs listes de substances contrôlées peu après sa détection en 2014. La France l'a inscrite nominativement à son annexe IV.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, dans des mélanges à fumer vendus comme encens ou herbes aromatiques. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- Statut
- Stupéfiant : nommément listé
Indole-3-carboxylate à ester quinoléinyle, dans sa variante halobenzylée : le noyau indole porte un groupement 4-fluorobenzyle sur son azote et se relie en position 3 à un quinoléin-8-yle par une fonction ester. Le préfixe FUB désigne précisément ce 4-fluorobenzyle, motif que l'on retrouve dans plusieurs séries de cannabinoïdes de synthèse. La molécule est l'analogue 4-fluorobenzylé du PB-22, et la jumelle du FDU-PB-22, qui partage le même substituant sur l'azote mais remplace la quinoléine par un naphtalène.
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'est publiée : biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent inconnus. La stabilité métabolique a en revanche été mesurée in vitro : sur microsomes hépatiques humains, la demi-vie du FUB-PB-22 est de 11,5 minutes, celle du FDU-PB-22 de 12,4 minutes, ce qui range les deux composés parmi les substances très rapidement dégradées. La molécule mère est donc fugace dans les prélèvements, et la chaleur de combustion provoque une rupture de l'ester avant même l'absorption, si bien que la fraction réellement inhalée sous forme active reste indéterminée.
Métabolisme
Le métabolisme humain a été caractérisé en 2016 sur hépatocytes humains par spectrométrie de masse haute résolution, avec confirmation sur des échantillons d'urine authentiques provenant de cas positifs, après hydrolyse à la bêta-glucuronidase. Sept métabolites ont été identifiés, engendrés par hydrolyse de l'ester puis hydroxylation et glucuroconjugaison. Le point saillant est une convergence : après coupure de l'ester, le FUB-PB-22 et le FDU-PB-22 produisent le même métabolite, l'acide fluorobenzylindole-3-carboxylique, qui est aussi le plus abondant, devant sa forme hydroxylée. Ces deux composés sont recommandés comme marqueurs urinaires, mais ils ne distinguent pas les deux substances mères, dont la consommation ne peut être départagée sur ce seul critère.
Toxicologie et risques
Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est d'abord celui de sa classe pharmacologique : agonistes de synthèse puissants des récepteurs cannabinoïdes, sans le plafond d'effet du tétrahydrocannabinol, catégorie associée chez les consommateurs à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. Deux facteurs propres au chimiotype quinoléinyle ajoutent de l'incertitude : la coupure de l'ester libère de la 8-hydroxyquinoléine, dont la contribution toxicologique propre a été soulevée sans être tranchée, et la rupture thermique pendant la combustion rend la dose active réellement inhalée imprévisible. Les produits vendus étaient des poudres pulvérisées sur un support végétal, à répartition très inégale d'une prise à l'autre.
Détection et analyse
L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié ; en spectrométrie de masse en tandem, la fragmentation la plus caractéristique correspond à la perte du groupement quinoléinyle, c'est-à-dire à la coupure de l'ester. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure. Dans l'urine, la recherche porte sur l'acide fluorobenzylindole-3-carboxylique et sa forme hydroxylée, après hydrolyse à la bêta-glucuronidase, avec la réserve que ces marqueurs sont communs au FDU-PB-22. Distinguer les deux substances mères impose donc de rechercher un métabolite antérieur à l'hydrolyse de l'ester, ou de disposer du produit saisi.
Références
- 1.Diao X, Scheidweiler KB, Wohlfarth A, Pang S, Kronstrand R, Huestis MA. In Vitro and In Vivo Human Metabolism of Synthetic Cannabinoids FDU-PB-22 and FUB-PB-22. AAPS J. 2016;18(2):455-464PMID 26810398
- 2.The biological effects and thermal degradation of NPB-22, a synthetic cannabinoid. Forensic Toxicol. 2024;42(2):142-151 (coupure thermique des esters quinoléinyles, inactivité des fragments sur CB1 et CB2)PMID 38294576
- 3.Uchiyama N, Matsuda S, Kawamura M, Kikura-Hanajiri R, Goda Y. Two new-type cannabimimetic quinolinyl carboxylates, QUPIC and QUCHIC, identified in illegal products. Forensic Toxicol. 2013;31(2):223-240 (description du chimiotype)DOI 10.1007/s11419-013-0182-9
- 4.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « FUB-PB-22 », famille des dérivés du 3-carboxylate indole)
- 5.PubChem, Compound Summary CID 91936864, FUB-PB-22
Données structurées
- InChIKey
- ROHVURVXAOMRJY-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- C1=CC=C2C(=C1)C(=CN2CC3=CC=C(C=C3)F)C(=O)OC4=CC=CC5=C4N=CC=C5
- ChEBI
- CHEBI:183979
- Formule
- C25H17FN2O2
- Masse molaire
- 396.40 g·mol⁻¹
- CAS
- 1800098-36-5
- PubChem CID
- 91936864
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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