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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

BB-22

BB-22

quinolin-8-yl 1-(cyclohexylmethyl)indole-3-carboxylate

Alias.QUCHIC · QUCHMIC · 1-(cyclohexylméthyl)-1H-indole-3-carboxylate de 8-quinoléinyle

Ester quinoléinyle d'indole-3-carboxylate identifié au Japon en 2013, agoniste puissant de CB1, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₅H₂₄N₂O₂
Masse molaire
384.50 g·mol⁻¹
CAS
1400742-42-8
PubChem CID
71711120
Première description
La molécule a été identifiée en 2013 par Nahoko Uchiyama, Ruri Kikura-Hanajiri et leurs collaborateurs de l'Institut national japonais des sciences de la santé, dans des produits illégaux saisis au Japon, au sein d'un travail qui décrivait simultanément deux carboxylates quinoléinyles d'un type alors nouveau : le QUPIC, aujourd'hui plus connu sous le code PB-22, et le QUCHIC, qui est cette molécule. Le sigle BB-22 lui est venu ensuite. Aucune protection de propriété intellectuelle n'ayant été déposée sur ce chimiotype, il est passé très vite sur le marché gris, où il a suivi le PB-22 dans les mêmes réseaux.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre produite en vrac, puis pulvérisée sur un support végétal pour donner des mélanges à fumer présentés comme encens ou herbes aromatiques, d'abord au Japon puis en Europe à partir de 2013. Rien de tout cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
InChIKey
RHYGTJXOHOGQGI-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le BB-22 est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, identifié en 2013 dans des produits saisis au Japon. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol : il a été vendu en poudre, puis pulvérisé sur des herbes destinées à être fumées. Il agit sur les mêmes récepteurs que le THC mais beaucoup plus fortement, et il est classé comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Agoniste
  • CB2
    Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    8
  • Clarté
    4
  • Sommeil
    12
  • Appétit
    14
  • High
    10

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le BB-22, aussi appelé QUCHIC, a été décrit en 2013 dans le même travail que le PB-22 : une équipe de l'Institut national japonais des sciences de la santé examinait des produits illégaux saisis et y a trouvé deux carboxylates quinoléinyles d'un type alors inédit. Le chimiotype tient à sa fonction ester, entre le carbone 3 d'un indole et un groupement quinoléin-8-yle, là où les naphtoylindoles portaient une cétone et où les séries suivantes porteraient un carboxamide. La molécule ne diffère du PB-22 que par un cyclohexylméthyle en place de la chaîne pentyle sur l'azote indolique. Ce lien ester fait toute la particularité de la classe, car il est aussi sa faiblesse : l'hydrolyse enzymatique le coupe rapidement, et l'étude de métabolisme conduite sur hépatocytes humains par Carlier, Diao et Huestis a montré que la perte de la chaîne quinoléinyle par hydrolyse de l'ester est la biotransformation principale, les dix métabolites identifiés se répartissant ensuite entre hydroxylations de l'indole ou du cyclohexylméthyle et glucuroconjugaisons. Ces auteurs recommandent de rechercher le BB-22 3-carboxyindole et deux isomères hydroxylés sur le cyclohexylméthyle, en prévenant que le premier n'est pas spécifique : il a déjà été observé comme métabolite mineur du MDMB-CHMICA et de l'ADB-CHMICA, dont la consommation doit donc être écartée avant de conclure. Aucune valeur d'affinité chiffrée n'est reportée ici, aucune source primaire consultée pour cette fiche ne la donnant, et aucune étude contrôlée chez l'être humain n'existe : ni dose, ni tolérance, ni dépendance ne sont caractérisées.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par estérification d'un acide 1-(cyclohexylméthyl)indole-3-carboxylique avec la 8-hydroxyquinoléine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre produite en vrac, puis pulvérisée sur un support végétal pour donner des mélanges à fumer présentés comme encens ou herbes aromatiques, d'abord au Japon puis en Europe à partir de 2013. Rien de tout cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Indole-3-carboxylate à ester quinoléinyle : noyau indole portant un groupement cyclohexylméthyle sur son azote, relié en position 3 à un groupement quinoléin-8-yle par une fonction ester. Le lien ester, à la place de la cétone des naphtoylindoles de type JWH ou du carboxamide des séries plus tardives, définit le chimiotype ; la molécule est l'analogue cyclohexylméthylé du PB-22, dont elle ne diffère que par ce substituant à la place d'une chaîne pentyle linéaire. Ce lien ester est en même temps son point de rupture métabolique et thermique.

Pharmacocinétique

Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'est publiée : biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent inconnus. Le fait dominant est l'instabilité du lien ester. Les estérases coupent rapidement la molécule mère, dont la persistance sanguine est donc brève et qui se retrouve souvent absente ou très minoritaire dans les prélèvements alors que ses produits d'hydrolyse sont abondants ; les auteurs de l'étude de métabolisme recommandent d'ailleurs une hydrolyse des échantillons avant analyse pour améliorer la détection des métabolites de phase I. La chaleur de combustion provoque la même rupture avant même l'absorption, si bien que la fraction réellement inhalée sous forme active reste indéterminée.

Métabolisme

Le métabolisme humain a été caractérisé en 2018 sur hépatocytes humains cryoconservés par chromatographie liquide et spectrométrie de masse haute résolution, sur colonne biphényle. Dix métabolites ont été identifiés. La biotransformation principale est la perte de la chaîne quinoléinyle par hydrolyse de l'ester ; tous les autres métabolites résultent d'hydroxylations supplémentaires de l'indole ou du cyclohexylméthyle, ou de glucuroconjugaisons. Les auteurs recommandent comme cibles analytiques le BB-22 3-carboxyindole et deux isomères hydroxylés sur le cyclohexylméthyle. Une réserve importante accompagne le premier de ces marqueurs : le BB-22 3-carboxyindole n'est pas spécifique de cette molécule, ayant déjà été détecté comme métabolite mineur du MDMB-CHMICA et de l'ADB-CHMICA, si bien que la consommation de ces deux substances doit être écartée avant de conclure à une prise de BB-22. Un travail antérieur sur microsomes hépatiques n'avait identifié que ce seul métabolite non spécifique, ce qui rendait la documentation d'une consommation impraticable.

Toxicologie et risques

Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est d'abord celui de sa classe pharmacologique : agonistes de synthèse puissants des récepteurs cannabinoïdes, sans le plafond d'effet du tétrahydrocannabinol, catégorie associée chez les consommateurs à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. Deux facteurs propres au chimiotype quinoléinyle ajoutent de l'incertitude : la coupure de l'ester libère de la 8-hydroxyquinoléine, dont la contribution toxicologique propre a été soulevée sans être tranchée, et la rupture thermique pendant la combustion rend la dose active réellement inhalée imprévisible. Les produits vendus étaient des poudres pulvérisées sur un support végétal, à répartition très inégale d'une prise à l'autre, ce qui expose à des surdoses accidentelles.

Détection et analyse

L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié ; en spectrométrie de masse en tandem, la fragmentation la plus caractéristique correspond à la perte du groupement quinoléinyle, c'est-à-dire à la coupure de l'ester. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure, et un dépistage négatif ne vaut pas absence. Dans les liquides biologiques, la molécule mère est fugace du fait de l'hydrolyse rapide : la recherche porte donc sur les métabolites urinaires, le BB-22 3-carboxyindole et ses isomères hydroxylés sur le cyclohexylméthyle, avec hydrolyse préalable des échantillons. Le marqueur principal étant partagé avec le MDMB-CHMICA et l'ADB-CHMICA, une attribution ne peut se passer des isomères hydroxylés, qui sont eux spécifiques du squelette cyclohexylméthylé.

Références

  1. 1.Carlier J, Diao X, Huestis MA. Synthetic cannabinoid BB-22 (QUCHIC): Human hepatocytes metabolism with liquid chromatography-high resolution mass spectrometry detection. J Pharm Biomed Anal. 2018;157:27-35PMID 29754040
  2. 2.Uchiyama N, Matsuda S, Kawamura M, Kikura-Hanajiri R, Goda Y. Two new-type cannabimimetic quinolinyl carboxylates, QUPIC and QUCHIC, identified in illegal products. Forensic Toxicol. 2013;31(2):223-240DOI 10.1007/s11419-013-0182-9
  3. 3.The biological effects and thermal degradation of NPB-22, a synthetic cannabinoid. Forensic Toxicol. 2024;42(2):142-151 (coupure thermique des esters quinoléinyles, inactivité des fragments sur CB1 et CB2)PMID 38294576
  4. 4.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « BB-22 ou QUCHIC », famille des dérivés du 3-carboxylate indole)
  5. 5.PubChem, Compound Summary CID 71711120, BB-22

Données structurées

InChIKey
RHYGTJXOHOGQGI-UHFFFAOYSA-N
SMILES
C1CCC(CC1)CN2C=C(C3=CC=CC=C32)C(=O)OC4=CC=CC5=C4N=CC=C5
Formule
C25H24N2O2
Masse molaire
384.50 g·mol⁻¹
CAS
1400742-42-8
PubChem CID
71711120
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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