Phytocannabinoïde mineur
Stupéfiant : clause génériqueΔ8-THCAAcide Δ8-tétrahydrocannabinolique
(6aR,10aR)-1-hydroxy-6,6,9-trimethyl-3-pentyl-6a,7,10,10a-tetrahydrobenzo[c]chromene-2-carboxylic acid
Alias.delta-8-THCA · Δ8-THCA-A · acide delta-8-tétrahydrocannabinolique · delta-8-tetrahydrocannabinolic acid
Forme acide non psychotrope du delta-8-THC, décarboxylée par la chaleur ; occurrence naturelle mal établie.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₂₂H₃₀O₄
- Masse molaire
- 358.50 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 59444391
- Première description
- Le composé correspond à la forme acide du Δ8-tétrahydrocannabinol, sur le modèle de la relation qui unit l'acide Δ9-tétrahydrocannabinolique A au Δ9-THC. Son histoire est indissociable de celle du Δ8-THC lui-même, isolé du cannabis en 1966 mais à un rendement très faible : les cannabinoïdes de la série Δ8 ne sont présents dans la plante qu'à l'état de traces, et leur forme acide est d'autant plus rare. Sa présence naturelle robuste dans le chanvre n'est pas établie par la littérature consultée pour cette fiche, et il se rencontre surtout dans le contexte des préparations obtenues par isomérisation du cannabidiol.
- Origine
- Occurrence naturelle marginale et mal documentée. Le Δ8-THC dont il dérive n'existe qu'à l'état de traces dans le cannabis, la quasi-totalité du Δ8-THC commercialisé provenant d'une isomérisation acide du cannabidiol extrait du chanvre. La forme acide se rencontre en conséquence surtout comme constituant mineur d'échantillons végétaux ou de préparations issues de cette filière.
- InChIKey
- YKKHSYLGQXKVMO-HZPDHXFCSA-N
En clair
L'acide Δ8-THCA est la forme acide du delta-8, celle qui n'a pas encore été chauffée. Sous cette forme, la molécule ne produit pas d'effet psychotrope : c'est la chaleur qui, en lui retirant sa fonction acide, la transforme en delta-8 actif.
Récepteurs et activité
- CB1Agoniste partiel
- CB2Agoniste partiel
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement10
- Clarté10
- Sommeil5
- Appétit10
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
L'acide Δ8-tétrahydrocannabinolique est la forme carboxylée du Δ8-THC, homologue dans la série Δ8 de ce qu'est l'acide Δ9-tétrahydrocannabinolique A pour le Δ9-THC. Comme tous les cannabinoïdes acides, il n'est pas psychotrope : la fonction acide portée par le noyau aromatique empêche l'activation efficace du récepteur CB1, et l'activité n'apparaît qu'après décarboxylation sous l'effet de la chaleur, du temps de stockage ou de la lumière. Son statut naturel appelle davantage de prudence que celui de son homologue Δ9. Le Δ8-THC n'a été isolé du cannabis qu'à très faible rendement depuis 1966, et la quasi-totalité du Δ8-THC en circulation provient aujourd'hui d'une isomérisation acide du cannabidiol de chanvre plutôt que de la plante ; la présence naturelle robuste de sa forme acide n'est pas établie par la littérature consultée pour cette fiche. Le composé intéresse donc surtout l'analyse : il intervient dans le calcul des teneurs totales après conversion, et sa présence aux côtés d'autres sous-produits aide à caractériser l'origine d'un échantillon. Aucune donnée pharmacologique propre n'est publiée à son sujet.
Voie biosynthétique
Dans la plante, les cannabinoïdes acides se forment par action des synthases sur l'acide cannabigérolique, l'acide Δ9-tétrahydrocannabinolique étant le produit de la THCA synthase. Aucune synthase dédiée à la série Δ8 n'est décrite : le Δ8-THC est considéré comme un produit d'isomérisation du Δ9-THC, la double liaison migrant vers la position 8, thermodynamiquement plus stable. La forme acide correspondante suit la même logique et n'a pas de voie enzymatique propre établie.
Cadre légal
France
L'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 classe comme stupéfiants les tétrahydrocannabinols, leurs esters, leurs éthers et leurs sels : l'acide Δ8-tétrahydrocannabinolique, qui est un tétrahydrocannabinol porteur d'une fonction acide, relève de cette rubrique, comme l'acide Δ9-tétrahydrocannabinolique. La question pratique se pose surtout pour les analyses de produits, où la teneur totale se calcule en tenant compte de la décarboxylation des formes acides.
Union européenne
Le tétrahydrocannabinol et ses variantes stéréochimiques figurent aux tableaux de la convention de 1971. Le traitement réservé aux formes acides varie selon les États membres, certains les intégrant au calcul du taux réglementaire de THC total après conversion, d'autres non ; les produits issus de l'isomérisation du cannabidiol font par ailleurs l'objet de mesures nationales spécifiques dans plusieurs pays.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Phytocannabinoïde mineur
- Origine
- Occurrence naturelle marginale et mal documentée. Le Δ8-THC dont il dérive n'existe qu'à l'état de traces dans le cannabis, la quasi-totalité du Δ8-THC commercialisé provenant d'une isomérisation acide du cannabidiol extrait du chanvre. La forme acide se rencontre en conséquence surtout comme constituant mineur d'échantillons végétaux ou de préparations issues de cette filière.
- Statut
- Stupéfiant : clause générique
Cannabinoïde acide de la série Δ8 : squelette benzo[c]chromène portant une fonction acide carboxylique en position 2, un phénol en position 1 et une chaîne pentyle en position 3, la double liaison occupant la position 8 du cycle carboné. Il se distingue de l'acide Δ9-tétrahydrocannabinolique A par la seule position de cette double liaison, interne au cycle et thermodynamiquement plus stable, ce qui vaut à toute la série Δ8 sa robustesse chimique et sa moindre puissance.
Pharmacocinétique
Aucune donnée propre. Les cannabinoïdes acides sont plus polaires que leurs formes neutres et franchissent mal la barrière hématoencéphalique, ce qui contribue à leur absence d'effet psychotrope indépendamment de leur faible affinité pour le CB1. Toute exposition significative passe en pratique par la forme décarboxylée.
Métabolisme
Aucune étude publiée pour ce composé. La décarboxylation, qui n'est pas une réaction métabolique mais une transformation chimique induite par la chaleur ou le temps, précède l'essentiel du devenir biologique : c'est le Δ8-THC formé qui est ensuite hydroxylé en position 11, puis oxydé en acide 11-nor-9-carboxy-Δ8-THC et glucuronidé.
Toxicologie et risques
Aucune donnée de toxicologie propre. Les préoccupations documentées portent sur les produits au Δ8-THC pris dans leur ensemble, dont les analyses révèlent des impuretés en concentrations très supérieures aux valeurs déclarées, et sur la hausse des signalements aux centres antipoison qui a accompagné leur diffusion. La forme acide n'est pas en elle-même identifiée comme un facteur de risque distinct.
Détection et analyse
Dosé en analyse de produits par chromatographie liquide, méthode qui préserve les formes acides, là où la chromatographie en phase gazeuse les décarboxyle dans l'injecteur et conduit à sous-estimer la teneur totale en l'absence de dérivation. Cette distinction méthodologique est essentielle pour l'interprétation des certificats d'analyse. En toxicologie humaine, le composé n'est pas un marqueur usuel.
Références
Données structurées
- InChIKey
- YKKHSYLGQXKVMO-HZPDHXFCSA-N
- SMILES
- CCCCCC1=CC2=C([C@@H]3CC(=CC[C@H]3C(O2)(C)C)C)C(=C1C(=O)O)O
- Formule
- C22H30O4
- Masse molaire
- 358.50 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 59444391
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.