Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : nommément listéCUMYL-PINACA
CUMYL-PINACA
1-pentyl-N-(2-phenylpropan-2-yl)indazole-3-carboxamide
Alias.SGT-24 · Cumyl-PINACA · 1-pentyl-N-(2-phénylpropan-2-yl)-1H-indazole-3-carboxamide
Carboxamide d'indazole à tête cumyle, parmi les agonistes CB1 les plus puissants mesurés, classé stupéfiant en France.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₂H₂₇N₃O
- Masse molaire
- 349.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 1400742-15-5
- PubChem CID
- 86273676
- Première description
- La molécule vient de la société néo-zélandaise Stargate International, dont les codes SGT numérotent une série de carboxamides d'indole et d'indazole ; elle y porte le code SGT-24. Comme pour les autres composés de cette série, aucune protection de propriété intellectuelle n'a été déposée, et la molécule est passée sur le marché gris. Sa puissance a été établie par comparaison directe avec les cannabinoïdes de synthèse alors dominants, dans le travail que Verena Angerer, Volker Auwärter et leurs collaborateurs de l'institut de médecine légale de Fribourg ont consacré aux liquides de cigarette électronique.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, et son analogue fluoré a été retrouvé dans des liquides de cigarette électronique achetés en ligne, ce qui a marqué un changement de vecteur pour cette classe de substances. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- InChIKey
- LCBASRYREGWIJT-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le CUMYL-PINACA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol. Il compte parmi les plus puissants jamais mesurés sur le récepteur CB1, une quantité infime suffisant à produire un effet, ce qui rend toute prise imprévisible. Il est classé comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
- CB1CE50 = 0,06 nM sur récepteur CB1, essai au biocapteur de l'AMP cyclique ; composé le plus puissant de la série testée (Angerer et al., 2018)Agoniste
- CB2Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement6
- Clarté3
- Sommeil10
- Appétit12
- High8
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le CUMYL-PINACA marque un seuil de puissance dans l'histoire des cannabinoïdes de synthèse. Dans l'essai au biocapteur de l'AMP cyclique employé par l'équipe de médecine légale de Fribourg, il atteint une CE50 de 0,06 nM sur le récepteur CB1 et se révèle le plus puissant des composés comparés, devant l'AM-2201 à 0,45 nM, le JWH-018 à 1,13 nM et le THJ-2201 à 1,68 nM. Un ordre de grandeur sépare donc cette molécule des agonistes qui dominaient le marché quelques années plus tôt, alors que le tétrahydrocannabinol n'est lui qu'un agoniste partiel de puissance bien inférieure. Sa structure explique en partie cette progression : le carboxamide qui relie l'indazole à la tête cumyle est beaucoup plus stable que l'ester des carboxylates quinoléinyles, qui se rompait à la chaleur comme aux estérases. La molécule est issue de la série SGT de la société néo-zélandaise Stargate International, où elle porte le code SGT-24, et elle est passée sur le marché gris faute de protection déposée. Son métabolisme humain est connu par une expérimentation contrôlée rare dans ce domaine : après une prise orale unique de 0,6 milligramme, dix métabolites ont été identifiés dans l'urine, la voie principale étant l'hydroxylation de la chaîne pentyle, et le marqueur recommandé restait détectable plus de huit jours. Un criblage hors cible publié en 2022 la place enfin, avec l'AMB-FUBINACA, parmi les cannabinoïdes de synthèse qui inhibent le plus grand nombre de récepteurs non cannabinoïdes à concentration élevée, sans que des valeurs chiffrées aient été établies pour elle. Aucune étude clinique n'existe : la dose active humaine, la tolérance et la dépendance ne sont pas caractérisées.
Sources clés.
- Angerer V, Franz F, Moosmann B, Bisel P, Auwärter V. 5F-Cumyl-PINACA in 'e-liquids' for electronic cigarettes: comprehensive characterization of a new type of synthetic cannabinoid in a trendy product including investigations on the in vitro and in vivo phase I metabolism of 5F-Cumyl-PINACA and its non-fluorinated analog Cumyl-PINACA. Forensic Toxicol. 2019;37(1):186-196PMID 30636986
- Kevin RC et al. Off-target pharmacological profiling of synthetic cannabinoid receptor agonists including AMB-FUBINACA, CUMYL-PINACA, PB-22, and XLR-11. Front Psychiatry. 2022;13:1048836PMID 36590635
- Norman C, McKirdy B, Walker G, Dugard P, NicDaéid N, McKenzie C. Large-scale evaluation of ion mobility spectrometry for the rapid detection of synthetic cannabinoid receptor agonists in infused papers in prisons. Drug Test Anal. 2021;13(3):644-663PMID 33058556
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « CUMYL-PINACA ou SGT-24 », famille des dérivés du 3-carboxamide indazole)
- PubChem, Compound Summary CID 86273676, CUMYL-PINACA
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par couplage d'un acide 1-pentylindazole-3-carboxylique avec la cumylamine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
Le CUMYL-PINACA est classé comme stupéfiant en France, et il l'est sous son nom propre. L'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 le mentionne explicitement, sous la forme « CUMYL-PINACA ou SGT-24 ou 1-pentyl-N-(2-phenylpropan-2-yl)-1H-indazole-3-carboxamide », au sein de la famille générique des dérivés du 3-carboxamide indazole. Cette clause générique vise les molécules portant sur l'azote en position 1 de l'indazole un substituant de type alkyle, haloalkyle, halobenzyle ou apparenté, et sur l'azote du pont carboxamide un substituant de type cumyle, naphtyle, adamantanyle, benzyle ou bicycloheptanyle : le cumyle y est nommément prévu, si bien que la molécule serait couverte même sans mention nominative. Production, détention, cession, transport et usage relèvent du droit pénal des stupéfiants.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle harmonisée à l'échelle de l'Union ne vise le CUMYL-PINACA : la substance ne figure pas à l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI, où d'autres carboxamides plus récents ont en revanche été ajoutés par actes délégués. Le contrôle reste donc national, et il est effectif dans de nombreux États membres au moyen de définitions génériques couvrant les carboxamides d'indazole à tête cumyle ; la France en fait partie, avec une inscription nominative. La molécule est suivie par le système d'alerte précoce de l'Union en tant que nouvelle substance psychoactive.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre pulvérisée sur un support végétal, et son analogue fluoré a été retrouvé dans des liquides de cigarette électronique achetés en ligne, ce qui a marqué un changement de vecteur pour cette classe de substances. Rien de cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
- Statut
- Stupéfiant : nommément listé
Indazole-3-carboxamide à tête cumyle : noyau indazole portant une chaîne n-pentyle sur son azote en position 1, relié en position 3 à un groupement 2-phénylpropan-2-yle, dit cumyle, par une fonction carboxamide. La tête cumyle distingue cette sous-famille des carboxamides à chaîne valinamide ou tert-leucinamide, plus fréquents dans les séries MDMB et ADB, et lui vaut son préfixe. Le carboxamide, à la place de l'ester des carboxylates quinoléinyles, rend la molécule bien plus stable, ce qui est le trait de conception majeur de cette génération.
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique humaine complète n'est publiée, mais une donnée d'exposition contrôlée existe, ce qui est rare dans cette classe : une prise orale unique de 0,6 milligramme a permis de suivre l'excrétion urinaire des métabolites, et le marqueur principal restait détectable plus de huit jours après la prise. Cette fenêtre longue tient à la stabilité du carboxamide, qui distingue cette génération des esters quinoléinyles rapidement hydrolysés. Biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent en revanche inconnus, et la voie d'exposition habituelle sur le marché est l'inhalation, non la voie orale employée dans cette expérimentation.
Métabolisme
Le métabolisme de phase I a été caractérisé in vitro et in vivo par l'équipe de médecine légale de Fribourg. Après administration orale contrôlée, dix métabolites ont été identifiés dans l'urine. La voie principale est l'hydroxylation de la chaîne N-pentyle. Le métabolite monohydroxylé désigné par les auteurs comme marqueur de référence reste détectable plus de huit jours après une prise unique, ce qui en fait une cible robuste pour documenter une consommation. Cette persistance contraste avec celle des cannabinoïdes de synthèse à lien ester, dont les marqueurs disparaissent bien plus vite, et elle s'explique par l'absence de point de coupure hydrolytique dans la molécule.
Toxicologie et risques
Aucune étude contrôlée chez l'être humain destinée à évaluer la sécurité n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est dominé par sa puissance : à une CE50 de 0,06 nM sur CB1, la quantité nécessaire pour saturer les récepteurs est infime, et la marge entre une prise sans conséquence et une intoxication devient difficile à maîtriser lorsque la substance est pulvérisée sur un support végétal ou diluée dans un liquide de cigarette électronique. La classe est associée chez les consommateurs à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. Le criblage hors cible de 2022 ajoute une préoccupation propre : cette molécule figure parmi celles qui touchent le plus grand nombre de récepteurs non cannabinoïdes à concentration élevée, ce qui suggère que ses effets ne se réduisent pas au seul récepteur CB1.
Détection et analyse
L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure, et un dépistage négatif ne vaut pas absence. Dans l'urine, la recherche porte sur le métabolite monohydroxylé de la chaîne pentyle, détectable plus de huit jours après une prise unique. La détection en spectrométrie de mobilité ionique, employée pour cribler les papiers imprégnés en milieu carcéral, a été évaluée pour les cannabinoïdes de synthèse à tête cumyle, avec des valeurs de mobilité réduite qui diffèrent parfois de celles rapportées antérieurement, ce qui impose de tenir les bibliothèques d'instruments à jour.
Références
- 1.Angerer V, Franz F, Moosmann B, Bisel P, Auwärter V. 5F-Cumyl-PINACA in 'e-liquids' for electronic cigarettes: comprehensive characterization of a new type of synthetic cannabinoid in a trendy product including investigations on the in vitro and in vivo phase I metabolism of 5F-Cumyl-PINACA and its non-fluorinated analog Cumyl-PINACA. Forensic Toxicol. 2019;37(1):186-196PMID 30636986
- 2.Kevin RC et al. Off-target pharmacological profiling of synthetic cannabinoid receptor agonists including AMB-FUBINACA, CUMYL-PINACA, PB-22, and XLR-11. Front Psychiatry. 2022;13:1048836PMID 36590635
- 3.Norman C, McKirdy B, Walker G, Dugard P, NicDaéid N, McKenzie C. Large-scale evaluation of ion mobility spectrometry for the rapid detection of synthetic cannabinoid receptor agonists in infused papers in prisons. Drug Test Anal. 2021;13(3):644-663PMID 33058556
- 4.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « CUMYL-PINACA ou SGT-24 », famille des dérivés du 3-carboxamide indazole)
- 5.PubChem, Compound Summary CID 86273676, CUMYL-PINACA
Données structurées
- InChIKey
- LCBASRYREGWIJT-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCn1nc(C(=O)NC(C)(C)c2ccccc2)c2ccccc21
- Formule
- C22H27N3O
- Masse molaire
- 349.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 1400742-15-5
- PubChem CID
- 86273676
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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