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CUMYL-4CN-BINACA

Cannabinoïde de synthèse très puissant et pro-convulsivant, dont le métabolisme libère du cyanure.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₂H₂₄N₄O

CAS 1631074-54-8

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
360,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

CUMYL-4CN-BINACA est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre ni avec le CBD. On l'a saisi sous forme de poudre ou de matière végétale, dans des mélanges à fumer vendus sans mention de leur composition. Il agit à très faible dose sur les récepteurs cannabinoïdes et, chez la souris, il déclenche des convulsions. Onze décès ont été signalés par deux États membres de l'Union européenne, d'après la décision européenne de 2018.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteEC50 = 0,6 nM · humainactivation GIRK (potentiel de membrane), cellules AtT20 CB1 humain
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de CUMYL-4CN-BINACA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de CUMYL-4CN-BINACA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 2,6 nM · humain76 sur 100

    Kevin et al. 2019, Front Pharmacol (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP 55,940, CB1 humain

  2. CB1AgonisteEC50 = 0,6 nM · humain87 sur 100

    Kevin et al. 2019, Front Pharmacol (nouvel onglet) · activation GIRK (potentiel de membrane), cellules AtT20 CB1 humain

  3. CB2AgonisteKi = 14,7 nM · humain64 sur 100

    Kevin et al. 2019, Front Pharmacol (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP 55,940, CB2 humain

  4. CB2AgonisteEC50 = 6,1 nM · humain70 sur 100

    Kevin et al. 2019, Front Pharmacol (nouvel onglet) · activation GIRK (potentiel de membrane), cellules AtT20 CB2 humain

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

CUMYL-4CN-BINACA est un indazole-3-carboxamide à tête cumyle, reconnaissable à sa chaîne latérale terminée par un groupe nitrile, un motif rare aussi bien parmi les cannabinoïdes de synthèse que parmi les médicaments. Kevin et al. (2019) le décrivent comme un agoniste puissant et efficace du récepteur CB1 (Ki de 2,6 nM, EC50 de 0,58 nM), actif aussi au CB2 (Ki de 14,7 nM, EC50 de 6,12 nM), et rapportent chez la souris une hypothermie dès 0,1 mg/kg et des signes pro-convulsivants dès 0,3 mg/kg, la dose la plus faible publiée alors pour un cannabinoïde de synthèse. Son métabolisme est inhabituel : Åstrand et al. (2018) montrent que l'hydroxylation de la chaîne cyanobutyle forme une cyanhydrine qui libère du cyanure libre, ce qu'ils jugent préoccupant pour la toxicité hépatique. La décision d'exécution (UE) 2018/748 du Conseil recense onze décès signalés par deux États membres, la substance étant la cause du décès ou y ayant vraisemblablement contribué dans au moins cinq d'entre eux, ainsi que cinq intoxications aiguës non mortelles, et relève que les cas sont probablement sous-déclarés faute de recherche en routine. Un cas clinique publié associe la substance à une hyperthermie, une rhabdomyolyse et une insuffisance rénale chez un patient de 29 ans (El Zahran et al. 2019). La décision européenne ne reconnaît aucun usage médical humain ou vétérinaire, et aucune étude d'exposition contrôlée chez l'humain n'a été retrouvée dans les sources consultées.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Elle appartient à la série des cannabinoïdes de synthèse dérivés de la cumylamine ; Kevin et al. (2019) la situent, sous le code SGT-78, parmi les exemples d'une demande de brevet de 2014 (WO 2014/167530, Bowden et Williamson). Selon la décision d'exécution (UE) 2018/748 du Conseil, elle est disponible dans l'Union depuis octobre 2015 au moins, et les données disponibles suggèrent une production par des sociétés chimiques en Chine. Elle a été saisie le plus souvent sous forme de poudre ou de matière végétale, plus rarement sous forme de buvards ; elle est vendue en mélanges à fumer ou en poudre, et l'emballage de ces produits indique rarement leur composition.
Première description
Signalée sur le marché européen à partir d'octobre 2015 au moins (décision d'exécution (UE) 2018/748 du Conseil). Le code SGT-78 provient d'un exemple de la demande de brevet WO 2014/167530 (Bowden et Williamson, déposée le 11 avril 2014), selon Kevin et al. (2019). Yeter (2017) rapporte sa détection en mai 2016 dans une matière végétale saisie à Istanbul. La caractérisation structurale complète a été publiée en 2017 dans Forensic Science International (Bovens et al.), avec quatre autres cannabinoïdes à tête cumyle.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biosynthétique : la molécule ne dérive pas du chanvre. C'est un indazole-3-carboxamide obtenu en laboratoire, décrit ici par classe chimique uniquement : un noyau indazole portant sur son azote une chaîne 4-cyanobutyle, relié par un pont carboxamide à une tête cumyle. Cette chimie est sans rapport avec les terpénophénols de la plante.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

indazole-3-carboxamide

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

CUMYL-4CN-BINACA (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Cannabinoïde de synthèse de la classe des indazole-3-carboxamides : noyau indazole N-alkylé par une chaîne 4-cyanobutyle, pont carboxamide, tête cumyle. C'est l'analogue à nitrile terminal des cannabinoïdes dérivés de la cumylamine tels que le 5F-CUMYL-PINACA. Le groupe nitrile aliphatique terminal est inhabituel dans cette famille et c'est lui qui porte la particularité toxicologique de la molécule.

Pharmacocinétique

Aucune étude d'exposition contrôlée chez l'humain n'a été retrouvée dans les sources consultées : ni biodisponibilité, ni Tmax, ni demi-vie ne sont mesurés. Les données humaines proviennent de saisies, d'échantillons d'urine authentiques et de cas post mortem. La molécule mère n'a pas été détectée dans les 80 urines authentiques analysées par Öztürk et al. (2018), et Åstrand et al. (2018) recommandent de rechercher le composé parent dans le sang.

Métabolisme

Åstrand et al. (2018) ont étudié la biotransformation sur hépatocytes humains et sur 9 échantillons d'urine authentiques : une hydroxylation médiée par les cytochromes P450 en position 4 de la chaîne butyle forme une cyanhydrine, qui libère du cyanure libre pour donner un intermédiaire aldéhydique, lequel aboutit au 4-hydroxybutyl-CUMYL-BINACA et à l'acide butanoïque de CUMYL-BINACA ; les voies mineures comprennent hydroxylation, dihydroxylation, N-désalkylation et formation de dihydrodiol, avec glucuronoconjugaison. Öztürk et al. (2018) ont identifié 18 métabolites sur microsomes hépatiques humains (monohydroxylation, désalkylation, décyanation oxydative en aldéhyde, alcool et acide carboxylique, glucuronoconjugaison), l'acide N-butanoïque étant le métabolite majeur, retrouvé aussi comme principal métabolite urinaire après hydrolyse par la β-glucuronidase. Staeheli et al. (2018) décrivent de même l'hydrolyse du nitrile suivie d'une carboxylation comme voie majeure sur microsomes.

Toxicologie et risques

Onze décès associés à la substance ont été signalés par deux États membres de l'Union, avec cinq intoxications aiguës non mortelles ; dans au moins cinq de ces décès, la substance était la cause du décès ou y a vraisemblablement contribué (décision d'exécution (UE) 2018/748). L'évaluation européenne retient des effets proches de ceux du THC assortis d'une toxicité pouvant mettre la vie en danger, aggravée par une proportion de principe actif dans les mélanges à fumer variable ou inconnue. Åstrand et al. (2018) documentent 7 autopsies, dont 5 conclues à une intoxication par la substance ; les concentrations sanguines mesurées allaient de 0,1 à 8,3 ng/g et se recouvraient entre cas mortels et non mortels, et un échantillon sanguin contenait 0,36 µg/g de cyanure. Un cas clinique d'hyperthermie, de rhabdomyolyse et d'insuffisance rénale chez un patient de 29 ans a été publié (El Zahran et al. 2019). Chez la souris, l'activité pro-convulsivante apparaît à 0,3 mg/kg (Kevin et al. 2019). Chez le rat, 14 jours d'administration intrapéritonéale de 0,25, 0,5 ou 1 mg/kg/jour augmentent de façon dose-dépendante les marqueurs d'atteinte hépatique et d'atteinte rénale (urée, créatinine), avec stress oxydant (Dogan et al. 2026 ; Aktas Senocak et al. 2026). Chez l'embryon de poisson-zèbre, la CL50 et la CE50 à 120 h après fécondation sont de 16,624 et 9,083 mg/L (Yılmaztürk et al. 2025). Aucune quantité sûre n'est définie.

Détection et analyse

Öztürk et al. (2018) recommandent comme marqueurs urinaires l'acide N-butanoïque de CUMYL-4CN-BINACA et deux métabolites hydroxylés sur le cumyle ; la molécule mère n'a pas été détectée dans leurs 80 urines authentiques, et Åstrand et al. (2018) recommandent de surveiller d'autres métabolites ou, mieux, de doser le composé parent dans le sang. Yeter (2017) a validé une méthode UPLC-MS/MS pour le sang post mortem (linéarité de 0,1 à 50 ng/mL, limite de quantification de 0,1 ng/mL). Les isomères constitutionnels à noyau azaindole doivent être distingués par le temps de rétention plutôt que par le seul spectre de masse (Staeheli et al. 2018), et l'identification analytique complète (GC-MS, LC-HRMS, IR, RMN) est publiée (Bovens et al. 2017). La substance n'étant pas recherchée en routine, la décision européenne souligne que les détections sont vraisemblablement sous-déclarées.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
1-(4-cyanobutyl)-N-(2-phénylpropan-2-yl)-1H-indazole-3-carboxamide
Autres noms
SGT-78 · 4-CN-CUMYL-BINACA · 4CN-CUMYL-BUTINACA · CUMYL-CYBINACA

Identifiants

Formule
C₂₂H₂₄N₄O
CAS
1631074-54-8
InChIKey
JGTSOWOPISVAHG-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CC(C)(C1=CC=CC=C1)NC(=O)C2=NN(C3=CC=CC=C32)CCCCC#N

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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