Phytocannabinoïde mineur
Non listéCBCON
Cannabicoumaronone
4-(6,6-dimethyl-10-pentyl-2,7-dioxatricyclo[6.3.1.04,12]dodeca-1(12),3,8,10-tetraen-5-yl)butan-2-one
Alias.cannabicoumaronone · CBCON · CBCON-C5 · cannabicumaronon
Cannabinoïde de trace à noyau benzofurane, isolé du haschisch en 1978, pharmacologie non étudiée.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₂₁H₂₈O₃
- Masse molaire
- 328.40 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 625303
- Première description
- Décrite en 1978 par Heinz Grote et Gerhard Spiteller, dans le troisième volet de leur série « Neue Cannabinoide » publiée dans la revue Tetrahedron. Les auteurs ont isolé la molécule à partir d'extraits de haschisch et ont établi son squelette benzofuranique en le rattachant à celui de la cannabichromanone. En 2009, l'équipe de Mohamed Radwan et Mahmoud ElSohly, au National Center for Natural Products Research de l'université du Mississippi, a décrit la forme acide apparentée, l'acide (7R)-cannabicoumarononique A, dans une variété de Cannabis sativa à forte teneur en THC.
- Origine
- Constituant très minoritaire de la résine de Cannabis sativa, isolé à l'origine d'extraits de haschisch. La molécule figure dans la classe dite « divers » des inventaires phytochimiques du cannabis, aux côtés de la cannabichromanone et de l'acide cannabicoumarononique A. Les quantités obtenues lors des travaux d'isolement sont extrêmement faibles et il n'existe aujourd'hui aucune source commerciale standardisée, ni étalon analytique de référence largement diffusé.
- InChIKey
- CSSYBWPIBDITMG-UHFFFAOYSA-N
En clair
La cannabicoumaronone est une molécule rare du cannabis, présente à l'état de traces dans la résine. Elle a été identifiée en 1978 par deux chimistes allemands qui analysaient des extraits de haschisch. On ne sait pratiquement rien de son action sur l'organisme : aucune étude n'a mesuré ses effets, et les données humaines manquent.
Récepteurs et activité
- CB1Modulateur
- CB2Modulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement5
- Clarté5
- Sommeil5
- Appétit5
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Sur le plan pharmacologique, la cannabicoumaronone reste une inconnue. Aucune expérience de liaison aux récepteurs CB1 ou CB2 n'a été publiée, aucune mesure sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou les récepteurs sérotoninergiques, aucun modèle animal, et les données humaines manquent entièrement. La littérature disponible est exclusivement chimique : isolement à partir d'extraits de haschisch, élucidation structurale par spectrométrie de masse et résonance magnétique nucléaire, puis réinscription de la molécule dans les inventaires modernes des cannabinoïdes mineurs, où elle est classée parmi les composés dits divers. Structurellement, le cycle central est aromatique et les deux oxygènes issus du résorcinol sont engagés, l'un dans un cycle pyranique, l'autre dans un cycle furanique ; la molécule ne possède donc plus le phénol libre qui gouverne l'affinité des cannabinoïdes classiques pour CB1, ce qui suggère une interaction faible, sans qu'aucune expérience ne l'ait établi. Il n'est pas non plus démontré que la molécule soit un produit strictement biosynthétique plutôt qu'un produit d'oxydation de la résine. Aucun bénéfice thérapeutique ne peut lui être attribué en l'état des connaissances.
Sources clés.
- PubChem, Cannabicoumaronone, CID 625303 (identifiants, synonymes, sources LOTUS et DSSTox)
- Grote H., Spiteller G., « Neue Cannabinoide III : Die Struktur des Cannabicumaronons und analoger Verbindungen », Tetrahedron, 1978, 34(21), 3207-3213 (isolement à partir d'extraits de haschisch)
- Radwan M.M. et al., « Biologically Active Cannabinoids from High-Potency Cannabis sativa », Journal of Natural Products, 2009 (isolement de l'acide (7R)-cannabicoumarononique A)PMID 19344127
- « Cannabinoids, Phenolics, Terpenes and Alkaloids of Cannabis », Molecules, 2021 (classe des cannabinoïdes divers, absence de données pharmacologiques)
- Légifrance, arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV
Voie biosynthétique
Aucune enzyme dédiée n'est connue. Le squelette provient de la voie commune des cannabinoïdes, à partir de l'acide cannabigérolique, puis d'une transformation oxydative du noyau pyranique de type tétrahydrocannabinol ou cannabichromène qui referme un cycle furanique sur le second oxygène phénolique. Les auteurs de 1978 ont rattaché la structure obtenue à celle de la cannabichromanone. L'hypothèse d'une formation au moins partielle par oxydation de la résine pendant le séchage, le stockage ou l'extraction n'a jamais été écartée, et la part réellement biosynthétique reste indéterminée.
Cadre légal
France
En France, la cannabicoumaronone n'est nommée dans aucune annexe de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants. Elle n'est pas davantage un ester, un éther ou un sel de tétrahydrocannabinol : son noyau benzofuranique aromatique n'est pas un tétrahydrocannabinol, de sorte que la clause générique de l'annexe IV, « Tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers, sels ainsi que les sels des dérivés précités », ne la vise pas. La molécule est donc non classée, sans texte spécifique la concernant. Le cadre applicable demeure celui de la plante et des produits finis : un produit issu du chanvre doit respecter le seuil réglementaire de THC, et un dépassement de ce seuil rend le produit illicite indépendamment de la présence de cannabinoïdes mineurs.
Union européenne
Au niveau européen, la cannabicoumaronone n'apparaît ni dans les tableaux des conventions internationales de 1961 et 1971, ni dans les listes de substances placées sous contrôle par décision du Conseil de l'Union européenne. Aucune notification la concernant n'a été publiée par le système d'alerte précoce de l'EUDA, ancienne EMCDDA, et aucune évaluation de l'OMS ne lui a été consacrée. Les États membres conservent des listes nationales distinctes, dont certaines reposent sur des clauses génériques susceptibles de capter des dérivés cannabinoïdes non nommés, ce qui impose une vérification pays par pays. Sur le plan alimentaire, aucun extrait contenant cette molécule ne bénéficie d'une autorisation au titre du règlement Novel Food.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Phytocannabinoïde mineur
- Origine
- Constituant très minoritaire de la résine de Cannabis sativa, isolé à l'origine d'extraits de haschisch. La molécule figure dans la classe dite « divers » des inventaires phytochimiques du cannabis, aux côtés de la cannabichromanone et de l'acide cannabicoumarononique A. Les quantités obtenues lors des travaux d'isolement sont extrêmement faibles et il n'existe aujourd'hui aucune source commerciale standardisée, ni étalon analytique de référence largement diffusé.
- Statut
- Non listé
Cannabinoïde à noyau benzofurane, appelé coumarone dans la nomenclature ancienne : squelette 3,4-dihydrofuro[4,3,2-de]chromène portant un groupement gem-diméthyle, une chaîne pentyle en C5 et une chaîne latérale butan-2-one. Les deux oxygènes issus du résorcinol sont tous deux engagés dans un cycle, l'un dans le pyrane, l'autre dans le furane, si bien que la molécule ne possède plus de phénol libre. Les inventaires phytochimiques la rangent dans la classe dite « divers ».
Pharmacocinétique
Aucune étude d'absorption, de distribution ou d'élimination n'a été publiée pour cette molécule. Par analogie avec les autres cannabinoïdes, une forte lipophilie et une très faible solubilité aqueuse sont attendues, mais aucun paramètre mesuré, demi-vie, biodisponibilité ou volume de distribution, n'est disponible.
Métabolisme
Le métabolisme de la cannabicoumaronone n'a fait l'objet d'aucun travail, ni sur microsomes hépatiques ni chez l'animal. Les cytochromes éventuellement impliqués, les voies de conjugaison et les métabolites formés restent tous inconnus.
Toxicologie et risques
Aucune évaluation toxicologique n'existe : pas d'essai de cytotoxicité, pas de test de génotoxicité, aucune dose sans effet observé, aucun signalement clinique ou toxicologique répertorié. L'absence de données ne constitue pas une preuve d'innocuité, et la molécule ne peut être considérée comme évaluée pour un usage humain.
Détection et analyse
La cannabicoumaronone n'est ciblée par aucun test de dépistage courant, ceux-ci portant sur le THC et son métabolite carboxylé. Elle n'apparaît que dans les profils chromatographiques détaillés de la résine et de l'extrait, en chromatographie gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, souvent par déconvolution de signaux de faible abondance. Aucune méthode validée ni étalon certifié ne lui est consacré en pratique forensique.
Références
- 1.PubChem, Cannabicoumaronone, CID 625303 (identifiants, synonymes, sources LOTUS et DSSTox)
- 2.Grote H., Spiteller G., « Neue Cannabinoide III : Die Struktur des Cannabicumaronons und analoger Verbindungen », Tetrahedron, 1978, 34(21), 3207-3213 (isolement à partir d'extraits de haschisch)
- 3.Radwan M.M. et al., « Biologically Active Cannabinoids from High-Potency Cannabis sativa », Journal of Natural Products, 2009 (isolement de l'acide (7R)-cannabicoumarononique A)PMID 19344127
- 4.« Cannabinoids, Phenolics, Terpenes and Alkaloids of Cannabis », Molecules, 2021 (classe des cannabinoïdes divers, absence de données pharmacologiques)
- 5.Légifrance, arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV
Données structurées
- InChIKey
- CSSYBWPIBDITMG-UHFFFAOYSA-N
- Formule
- C21H28O3
- Masse molaire
- 328.40 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 625303
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.


