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CB-13

Agoniste CB1 et CB2 de laboratoire, peu pénétrant dans le cerveau. Données humaines limitées à un essai de phase I.

Niveau de détail

C₂₆H₂₄O₂

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Fiche signalétique

Nomenclature

Nom IUPAC
naphthalen-1-yl-(4-pentoxynaphthalen-1-yl)methanone
Autres noms
CB 13 · CB13 compound · CRA-13 · CRA13 · SAB-378 · NVP-SAB378 · naphthalen-1-yl-(4-pentyloxynaphthalen-1-yl)methanone

Identifiants

Formule
C₂₆H₂₄O₂
Masse molaire
368,50 g/mol
CAS
432047-72-8
InChIKey
RSUMDJRTAFBISX-UHFFFAOYSA-N

Statut légal

France
Stupéfiant : nommément listé
International
Non listé
Voir le cadre légal

Mis à jour le

Récepteurs et activité

  1. CB1Agoniste82 sur 100

    CI50 = 15,0 nM (déplacement de [3H]CP-55940, CB1 humain) ; CE50 = 6,1 nM (inversion de l'AMPc, Dziadulewicz et coll., 2007)

  2. CB2Agoniste65 sur 100

    CI50 = 98 nM (déplacement de [3H]CP-55940, CB2 humain) ; CE50 = 27,9 nM (Dziadulewicz et coll., 2007)

La longueur d'une barre donne la force relative de l'interaction, à titre indicatif.

Signature subjective

Apaisement
8 sur 100
Détente du corps et de l'esprit ; baisse du bruit mental sans somnolence marquée.
Clarté
3 sur 100
Attention soutenue et pensée claire ; lucidité fonctionnelle, pas d'euphorie.
High
3 sur 100
Euphorie et intensité sensorielle ; perception du temps et de l'espace modifiée.
Appétit
3 sur 100
Stimulation de la faim et de l'appréciation gustative (effet « munchies »).
Repos
5 sur 100
Effet sédatif rapporté dans la littérature : endormissement facilité, phases de repos profond plus continues.
Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

CB-13 est une molécule de synthèse de la classe des diarylcétones naphtaléniques, décrite en 2007 par les Novartis Institutes for BioMedical Research (Dziadulewicz et coll., 2007). Elle se fixe sur les récepteurs CB1 et CB2 humains, avec une CI50 de 15,0 nM sur CB1 et de 98 nM sur CB2, et se comporte comme un agoniste dans les tests fonctionnels. Chez la souris, des effets centraux n'apparaissent qu'à une dose environ dix fois supérieure à la dose efficace médiane sur l'allodynie (Slivicki et coll., 2022). Un essai de phase I en dose orale unique, mené chez 63 volontaires sains masculins répartis en sept cohortes, la décrit comme globalement bien tolérée, avec des effets indésirables légers à modérés et dépendants de la dose (Gardin et coll., 2009). Des doses répétées chez la souris entraînent en revanche une tolérance analgésique et des signes d'activité centrale (Slivicki et coll., 2022). Dans les sources consultées, aucun usage récréatif n'est documenté.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Laboratoire. Aucune présence naturelle n'est rapportée dans les sources consultées : la molécule est issue de la recherche pharmaceutique, et son usage documenté est celui d'un composé de recherche.
Première description
2007 : publication dans le Journal of Medicinal Chemistry par les Novartis Institutes for BioMedical Research (Londres), qui présentent CB-13 comme un agoniste double CB1/CB2 oral, issu d'une nouvelle classe de ligands conçue à partir d'agonistes aminoalkylindoles connus (Dziadulewicz et coll., 2007). Le composé est désigné CRA13 dans les essais de 2009 et SAB378 dans les travaux pharmacologiques de 2010 et 2014. Un premier essai de phase I chez des volontaires sains est publié en 2009 (Gardin et coll., 2009).

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie de biosynthèse : CB-13 n'est signalée ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant dans les sources consultées. Elle est obtenue par voie entièrement synthétique, dans la classe chimique des diarylcétones naphtaléniques. Décrit ici par classe chimique uniquement.

Classification structurelle

Diarylcétone : un groupe carbonyle relie deux noyaux naphtalène, dont l'un porte en position 4 une chaîne pentyloxy (cinq atomes de carbone reliés à un atome d'oxygène). La molécule ne comporte ni noyau indole ni atome d'azote, contrairement aux aminoalkylindoles dont elle est dérivée sur le plan conceptuel (Dziadulewicz et coll., 2007). Formule brute C26H24O2.

Pharmacocinétique

Chez l'humain, un essai de phase I en dose orale unique a inclus 63 volontaires sains masculins répartis en sept cohortes, recevant de 1 à 80 mg ou un placebo à jeun (Gardin et coll., 2009). La Cmax va de 7,8 à 467,6 ng/mL, le Tmax se situe entre 1,5 et 2 heures, et la demi-vie apparente est de 21 à 36 heures à jeun, contre 30 à 41 heures après un repas. La pharmacocinétique est linéaire sur cette plage de doses. Selon ces auteurs, la prise alimentaire double environ la Cmax et l'AUC(0-tz). Trevaskis et coll. (2009) rapportent un effet plus marqué, avec une AUC(0-∞) multipliée par 4,3 à 4,9 chez les volontaires nourris : les deux études ne donnent pas le même ordre de grandeur de l'effet alimentaire. Chez le chien, la biodisponibilité orale absolue du produit mère est de 8 à 20 % à jeun ; chez des chiens porteurs d'une canule lymphatique, elle atteint 47,5 % après un repas, le transport lymphatique intestinal expliquant une part importante de cette hausse (Trevaskis et coll., 2009). Chez le rat, la biodisponibilité orale est de 43 %, la demi-vie d'élimination intraveineuse de 64,6 heures, et le niveau cérébral mesuré à quatre heures est de 0,24 µmol/kg (données ChEMBL issues de Dziadulewicz et coll., 2007). La liaison aux protéines plasmatiques dépasse 99 %, sans que l'espèce soit précisée dans les données ChEMBL. La pénétration cérébrale est décrite comme limitée, mais elle n'est pas nulle : Slivicki et coll. (2022) suggèrent qu'une dose répétée augmente l'exposition centrale. Pryce et coll. (2014) attribuent l'exclusion du système nerveux central à des pompes d'efflux et identifient ABCC1 comme pompe à cannabinoïdes, dont l'activité varie selon les souches de souris. Aucune biodisponibilité absolue chez l'humain n'est publiée dans les sources consultées.

Métabolisme

Les données sur le métabolisme humain sont rares dans les sources consultées. Hassan et coll. (2018) décrivent un métabolisme oxydatif de CRA13 qui produit des dérivés moins lipophiles, potentiellement actifs, et synthétisent ces métabolites oxydés et leurs analogues ; un jeu de données RMN publié la même année en décrit une partie (Hassan et coll., 2018, Data Brief). Dans les microsomes hépatiques humains et de rat, la clairance intrinsèque est inférieure à 5 µL/min (données ChEMBL). Le composé inhibe faiblement les principaux cytochromes P450 testés : la CI50 dépasse 200 µM pour la plupart d'entre eux et atteint 80,8 µM pour CYP2C9 (données ChEMBL). Aucun métabolite identifié chez l'humain n'est publié dans les sources consultées.

Toxicologie et risques

Chez l'humain, l'essai de phase I décrit une tolérance globalement bonne sur des doses uniques : vertiges, céphalées et nausées sont les effets indésirables les plus fréquents, surtout aux doses de 40 et 80 mg, d'intensité légère à modérée, sans décès ni effet indésirable grave signalé (Gardin et coll., 2009). Ces données ne portent ni sur l'usage répété ni sur des consommateurs. Chez l'animal, CB-13 provoque une hypothermie et une sédation chez la souris, réversibles par l'antagoniste AM251 (Pryce et Baker, 2017), ce qui signe une action centrale du récepteur CB1. Des doses répétées chez la souris entraînent une tolérance analgésique et une dépendance au CB1, y compris à une dose qui ne produisait pas d'effets centraux à dose unique (Slivicki et coll., 2022). Chez le rat, CB-13 entretient l'auto-administration intraveineuse et renforce l'activité sur levier actif, surtout lors des premières séances (Hur et coll., 2021). Aucun cas clinique ni rapport d'autopsie impliquant ce composé n'a été retrouvé dans les sources consultées.

Détection et analyse

Aucune méthode de dépistage toxicologique, ni de dosage urinaire ou sanguin publié, n'a été retrouvée dans les sources consultées. Un dosage RP-HPLC avec détection par barrette de diodes a été validé pour CB-13 dans des nanoparticules de PLGA, avec une limite de détection de 0,5 µg/mL et une limite de quantification de 1,25 µg/mL (Alvarez-Fuentes et coll., 2012) : il s'agit d'un contrôle de formulation, non d'un test sur échantillons biologiques. Des données RMN de métabolites oxydés sont publiées comme jeu de comparaison (Hassan et coll., 2018, Data Brief).

Références

  1. Dziadulewicz et coll., naphtyl-(4-pentyloxynaphtyl)méthanone, agoniste double CB1/CB2, J Med Chem 2007 (nouvel onglet)PMID 17630726
  2. Gardin et coll., pharmacocinétique et tolérance en dose unique chez l'humain, Drug Metab Dispos 2009 (nouvel onglet)PMID 19144772
  3. Trevaskis et coll., effet alimentaire et transport lymphatique, Pharm Res 2009 (nouvel onglet)PMID 19280324
  4. Cluny et coll., SAB378, agoniste CB1/CB2 périphérique et motilité intestinale, J Pharmacol Exp Ther 2010 (nouvel onglet)PMID 20571060
  5. Pryce et coll., agonistes CB1 exclus du système nerveux central et spasticité, FASEB J 2014 (nouvel onglet)PMID 24121462
  6. Pryce et Baker, antidote à l'intoxication cannabinoïde et hypothermie induite par CB-13, Br J Pharmacol 2017 (nouvel onglet)PMID 28800377
  7. Slivicki et coll., analgésie périphérique de CB-13 et tolérance à doses répétées, Pain 2022 (nouvel onglet)PMID 34961756
  8. Ford NC et coll., neurones sensitifs CB1 et analgésie de CB-13, Br J Anaesth 2022 (nouvel onglet)PMID 34844727
  9. Ford ZK et coll., CB1 dans les ganglions rachidiens humains et effets de CB13, Front Pain Res 2021 (nouvel onglet)PMID 35295508
  10. Hur et coll., potentiel d'abus de AM-1248, CB-13 et PB-22, Biomol Ther 2021 (nouvel onglet)PMID 33935046
  11. Ummadisetty et coll., CB13 et douleur après brûlure chez le rat, Br J Pharmacol 2026 (nouvel onglet)PMID 41787689
  12. Hassan et coll., métabolites oxydés de CRA13 et analogues, Bioorg Med Chem 2018 (nouvel onglet)PMID 30217464
  13. Hassan et coll., jeu de données RMN de métabolites oxydés de CRA13, Data Brief 2018 (nouvel onglet)PMID 30364648
  14. Alvarez-Fuentes et coll., dosage RP-HPLC de CB13 en nanoparticules PLGA, ScientificWorldJournal 2012 (nouvel onglet)PMID 22792051
  15. ChEMBL, CHEMBL244403 (données d'activité du document CHEMBL1148711) (nouvel onglet)
  16. ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (nouvel onglet)
  17. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 (Légifrance) (nouvel onglet)
  18. INCB, Liste verte 2026 (tableaux de la convention de 1971) (nouvel onglet)
  19. PubChem, CID 9799417 (nouvel onglet)

Données structurées

SMILES
CCCCCOC1=CC=C(C2=CC=CC=C21)C(=O)C3=CC=CC4=CC=CC=C43
InChIKey
RSUMDJRTAFBISX-UHFFFAOYSA-N

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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