Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : clause génériqueBIM-018
BIM-018
naphthalen-1-yl-(1-pentylbenzimidazol-2-yl)methanone
Alias.BIM 018 · analogue benzimidazole du JWH-018 · JWH-018 benzimidazole analog · naphthalen-1-yl(1-pentyl-1H-benzo[d]imidazol-2-yl)methanone
Analogue benzimidazole du JWH-018 : cannabinoïde de synthèse sans aucune donnée humaine.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₃H₂₂N₂O
- Masse molaire
- 342.17 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 124519300
- Première description
- Aucune publication ne documente la première description de BIM-018. La molécule est entrée dans la littérature comme le squelette non fluoré de FUBIMINA (BIM-2201), agoniste identifié en 2013 par Uchiyama et collaborateurs dans des mélanges végétaux achetés sur Internet, et dont les marqueurs urinaires sont nommés sur ce squelette (Diao et coll., 2016). Elle est recensée dans la liste des cannabinoïdes de synthèse de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime et a été repérée sur des sites de vente et des forums de consommateurs (Zangani et coll., 2020). Le premier travail qui l'étudie pour elle-même est une caractérisation métabolique publiée en 2025 par une équipe de médecine légale de l'université médicale du Shanxi, menée à partir d'un étalon de pureté supérieure à 99 % (Ning et coll., 2025).
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol. Comme les autres agonistes de cette classe, elle circule sous forme de poudre mise en solution puis appliquée sur un support végétal inerte, ou incorporée à des liquides pour cigarette électronique, dans des produits dont l'étiquette n'annonce pas la substance réellement présente. Elle a été repérée sur des sites de vente et des forums de consommateurs par un robot d'indexation du web, et figure dans la liste des cannabinoïdes de synthèse tenue par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Zangani et coll., 2020). Aucune saisie publiée n'en documente précisément la présentation.
- InChIKey
- ZJWSSWFQIOEVCU-UHFFFAOYSA-N
En clair
BIM-018 est une molécule fabriquée en laboratoire, sans aucun rapport avec le chanvre : elle n'existe ni dans le cannabis ni dans les produits au cannabidiol. Elle appartient aux cannabinoïdes de synthèse, ces poudres que l'on pulvérise sur des herbes à fumer ou que l'on mélange à des liquides à vapoter, souvent vendues sous une autre étiquette. Ce que l'on sait d'elle est très mince : son effet sur les récepteurs n'a jamais été mesuré et aucune donnée humaine n'existe.
Récepteurs et activité
- CB1Agoniste
- CB2Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement6
- Clarté4
- Sommeil8
- Appétit6
- High6
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
BIM-018 est l'analogue benzimidazole du JWH-018 : même chaîne pentyle et même groupe naphtoyle, mais le noyau indole cède la place à un benzimidazole et le pont cétone occupe la position 2. La molécule relève des agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes, une classe dont la dangerosité tient à l'efficacité pleine de plusieurs de ses membres sur le récepteur CB1, là où le Δ9-THC n'est qu'un agoniste partiel : la réponse ne plafonne pas de la même façon. Pour cette molécule précise, cette efficacité n'a jamais été mesurée, aucune constante d'affinité ni aucun essai fonctionnel n'a été publié, et l'activité agoniste qui lui est attribuée reste une présomption tirée de son squelette. Les seules mesures disponibles concernent son congénère fluoré FUBIMINA, avec des affinités de 502 nM sur CB1 et de 99,0 nM sur CB2 et une activation seulement partielle des deux récepteurs, loin de l'affinité nanomolaire du JWH-018 ; ce sont les données de l'analogue, pas les siennes. Ce qui est établi sur BIM-018 lui-même est plus étroit : son métabolisme, cartographié sur microsomes hépatiques humains et chez le rat, où la molécule mère disparaît rapidement en laissant vingt-sept métabolites, et sa détection par spectrométrie de masse, compliquée par le fait qu'il partage sa masse exacte avec THJ-018. Les données humaines manquent entièrement : aucun cas clinique, aucun profil pharmacocinétique, aucune étude de toxicologie.
Sources clés.
- Ning Y et coll., Molecules, 2025 : caractérisation des voies métaboliques in vitro et in vivo de 26 cannabinoïdes de synthèse, dont BIM-018 (27 métabolites, conversion microsomale de 93,7 %)PMID 40649201
- Yang Z et coll., Se Pu, 2024 : dosage simultané de 102 cannabinoïdes de synthèse, dont BIM-018, dans les liquides de cigarette électronique par LC-MS/MSPMID 39327658
- Diao X et coll., Forensic Toxicology, 2016 : métabolisme de FUBIMINA en hépatocytes humains ; BIM-018 y est décrit comme squelette parent et comme isomère de THJ-018PMID 27547265
- Schoeder CT et coll., Forensic Toxicology, 2018 : évaluation pharmacologique de cannabinoïdes de synthèse à noyaux indole, indazole, benzimidazole et carbazole ; valeurs mesurées sur FUBIMINA, l'analogue fluoréPMID 29963207
- Zangani C et coll., Current Neuropharmacology, 2020 : recensement des cannabinoïdes de synthèse cités en ligne ; BIM-018 y est rattaché à la liste de l'ONUDCPMID 32116194
- Annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (version en vigueur), Légifrance
- Annexe de la loi allemande sur les nouvelles substances psychoactives (NpSG), groupe des cannabimimétiques, structures de base incluant le benzimidazol-1,2-diyl
- PubChem CID 124519300 : BIM-018 (identifiants)
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et provient d'une synthèse organique, par acylation d'un benzimidazole portant une chaîne pentyle sur l'azote au moyen d'une unité naphtalène-1-carbonyle. La fabrication n'est décrite ici que par sa classe chimique.
Cadre légal
France
BIM-018 n'est pas classé comme stupéfiant en France. Il ne figure pas nommément à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 et il n'entre dans aucune des définitions génériques de familles qui y sont inscrites : celles-ci visent les indol-3-yl méthanones, les indazol-3-yl méthanones, les naphtoylpyrroles, les naphtylméthylindoles, les naphtylidèneindènes et naphtylméthylindènes, les cyclohexylphénols, les carboxamides d'indole, d'indazole et de pyrrolo[3,2-c]pyridine, ainsi que, depuis la décision ANSM du 22 mai 2024, les dérivés du noyau benzo[c]chromène. Le noyau benzimidazole n'apparaît à l'annexe IV que par une inscription nominative, celle de FUBIMINA (BIM-2201), congénère fluoré de BIM-018. La clause générique visant les tétrahydrocannabinols, leurs esters, leurs éthers et leurs sels ne s'applique pas non plus, la molécule n'appartenant pas à cette classe chimique. Il s'agit donc d'une substance non classée, et non d'un classement par clause générique. Cette absence d'inscription décrit un état du droit et non une absence de risque : la liste française est régulièrement complétée par décision de l'ANSM, qui a déjà nommé le congénère fluoré.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle à l'échelle de l'Union européenne ne vise BIM-018 : la molécule n'apparaissait pas dans la liste de l'EMCDDA, devenue l'EUDA, lors du recensement publié en 2020, elle n'a fait l'objet d'aucune évaluation des risques européenne au titre du règlement (UE) 2017/2101, et elle ne figure à aucun tableau des conventions des Nations unies de 1961 et 1971. Elle est en revanche recensée dans la liste des cannabinoïdes de synthèse de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Zangani et coll., 2020). Le contrôle relève donc des législations nationales, dont la portée varie fortement : l'Allemagne l'atteint par une clause générique, l'annexe de sa loi sur les nouvelles substances psychoactives (NpSG) retenant explicitement le noyau benzimidazol-1,2-diyl parmi les structures de base des cannabimimétiques, avec un pont carbonyle et une chaîne latérale de trois à dix carbones. Hors Union européenne, la Chine a placé la classe entière des cannabinoïdes de synthèse sous contrôle le 1er juillet 2021 (Ning et coll., 2025).
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle n'a aucun rapport avec le chanvre ni avec les produits au cannabidiol. Comme les autres agonistes de cette classe, elle circule sous forme de poudre mise en solution puis appliquée sur un support végétal inerte, ou incorporée à des liquides pour cigarette électronique, dans des produits dont l'étiquette n'annonce pas la substance réellement présente. Elle a été repérée sur des sites de vente et des forums de consommateurs par un robot d'indexation du web, et figure dans la liste des cannabinoïdes de synthèse tenue par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Zangani et coll., 2020). Aucune saisie publiée n'en documente précisément la présentation.
- Statut
- Stupéfiant : clause générique
Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes du sous-groupe des naphtoyl-benzimidazoles : un noyau benzimidazole porte en position 2 un pont cétone relié à un naphtalène, et l'azote en position 1 porte une chaîne pentyle. La molécule est l'analogue benzimidazole du JWH-018, dont elle reprend la queue pentyle et le motif naphtoyle en remplaçant le noyau indole par un benzimidazole. Elle constitue le congénère non fluoré de FUBIMINA (BIM-2201) et partage sa formule brute avec THJ-018, l'analogue indazole du JWH-018, dont elle est un isomère.
Pharmacocinétique
Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'existe pour BIM-018 : les données humaines manquent, sur l'absorption comme sur la distribution et l'élimination. Le seul élément quantitatif disponible vient d'un modèle in vitro : incubée avec des microsomes hépatiques humains, la molécule mère est transformée à hauteur de 93,7 %, l'un des taux de conversion les plus élevés du panel de vingt-six agonistes étudiés, ce qui indique un métabolisme de phase I rapide et extensif (Ning et coll., 2025). Le même travail a suivi les métabolites chez le rat après injection intraveineuse, dans le sang prélevé à quinze minutes et à une heure, puis dans le cerveau, le foie et les fèces. Conséquence pratique pour l'analyse toxicologique : la molécule mère a peu de chances d'être retrouvée telle quelle dans les prélèvements biologiques.
Métabolisme
Le métabolisme de BIM-018 a été cartographié dans un modèle associant microsomes hépatiques humains et rat, par chromatographie liquide à ultra-haute performance couplée à un spectromètre de masse Q-Exactive Orbitrap : vingt-sept métabolites ont été identifiés, treize de phase I et quatorze de phase II, les métabolites caractéristiques retenus par les auteurs étant des dérivés cétoniques, hydroxylés et déshydrogénés (Ning et coll., 2025). Cette répartition, où les conjugués de phase II sont plus nombreux que les produits de phase I, distingue la molécule de son congénère fluoré FUBIMINA, dont la voie majeure est la défluoration oxydative suivie d'une carboxylation (Diao et coll., 2016). Un point compte pour l'interprétation des résultats : les marqueurs urinaires proposés pour documenter une prise de FUBIMINA portent le squelette BIM-018, notamment le 5'-hydroxy-BIM-018 et l'acide pentanoïque correspondant, si bien que leur détection ne suffit pas à séparer une exposition à FUBIMINA d'une exposition à BIM-018.
Toxicologie et risques
Aucune étude de toxicologie dédiée, aucun cas clinique et aucun décès rattachés à BIM-018 ne sont publiés : sur ce point, les données manquent entièrement. Le risque se lit donc au niveau de la classe. Les agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes sont associés dans la littérature à l'anxiété, aux crises convulsives, aux hallucinations, à l'agitation et à l'agressivité, à l'altération du niveau de conscience, aux vomissements, aux vertiges et à l'élévation de la pression artérielle (Ning et coll., 2025). Ce qui rend cette classe dangereuse est l'efficacité pleine de plusieurs de ses membres sur le récepteur CB1, alors que le Δ9-THC n'y est qu'un agoniste partiel ; pour BIM-018 en particulier, cette efficacité n'a jamais été mesurée, ce qui interdit aussi bien de la présumer que de l'écarter. Dans le protocole animal publié, le groupe recevant BIM-018 relevait des groupes restés en dépression comportementale avant de reprendre une alimentation autonome, sans les signes plus marqués d'irritabilité, de démarche instable, de polypnée ou d'hématurie observés dans certains autres groupes du panel. Le danger pratique tient au mode de distribution : appliquée sur un support végétal ou dans un liquide à vapoter, la substance est répartie de façon irrégulière et n'est pas annoncée, si bien que la quantité reçue reste inconnue de la personne qui consomme et qu'un produit présenté comme du CBD peut en contenir.
Détection et analyse
L'identification repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Une méthode validée pour cent deux cannabinoïdes de synthèse dans les liquides de cigarette électronique retient pour BIM-018 le passage de l'ion précurseur m/z 343,2 à l'ion de quantification m/z 127,1, complété par les ions m/z 215,1 et 273,1 (Yang et coll., 2024) ; la substance n'a pas été retrouvée dans les sept saisies analysées dans ce travail. En haute résolution, les naphtoyl-benzimidazoles donnent un ion caractéristique du noyau à m/z 145,0396 et un ion à m/z 273,1022 issu de la perte de la chaîne latérale, accompagnés des ions du naphtalène à m/z 127,0542 et 155,0491 (Ning et coll., 2025). La difficulté principale est isomérique : BIM-018 partage sa masse exacte et une partie de ses ions produits avec THJ-018, l'analogue indazole, ce qui impose une séparation chromatographique et interdit de conclure sur la seule masse (Diao et coll., 2016). En matrice biologique, la recherche doit viser les métabolites plutôt que la molécule mère, et les tests immunologiques destinés au cannabis ne sont pas conçus pour ces composés.
Références
- 1.Ning Y et coll., Molecules, 2025 : caractérisation des voies métaboliques in vitro et in vivo de 26 cannabinoïdes de synthèse, dont BIM-018 (27 métabolites, conversion microsomale de 93,7 %)PMID 40649201
- 2.Yang Z et coll., Se Pu, 2024 : dosage simultané de 102 cannabinoïdes de synthèse, dont BIM-018, dans les liquides de cigarette électronique par LC-MS/MSPMID 39327658
- 3.Diao X et coll., Forensic Toxicology, 2016 : métabolisme de FUBIMINA en hépatocytes humains ; BIM-018 y est décrit comme squelette parent et comme isomère de THJ-018PMID 27547265
- 4.Schoeder CT et coll., Forensic Toxicology, 2018 : évaluation pharmacologique de cannabinoïdes de synthèse à noyaux indole, indazole, benzimidazole et carbazole ; valeurs mesurées sur FUBIMINA, l'analogue fluoréPMID 29963207
- 5.Zangani C et coll., Current Neuropharmacology, 2020 : recensement des cannabinoïdes de synthèse cités en ligne ; BIM-018 y est rattaché à la liste de l'ONUDCPMID 32116194
- 6.Annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (version en vigueur), Légifrance
- 7.Annexe de la loi allemande sur les nouvelles substances psychoactives (NpSG), groupe des cannabimimétiques, structures de base incluant le benzimidazol-1,2-diyl
- 8.PubChem CID 124519300 : BIM-018 (identifiants)
Données structurées
- InChIKey
- ZJWSSWFQIOEVCU-UHFFFAOYSA-N
- Formule
- C23H22N2O
- Masse molaire
- 342.17 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 124519300
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.


