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BIA 10-2474

Inhibiteur expérimental de la FAAH, impliqué dans l'accident mortel d'un essai de phase 1 à Rennes en 2016.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₁₆H₂₀N₄O₂

CAS 1233855-46-3

Famille
Outil pharmacologique du SECInhibiteur d'enzyme
Masse molaire
300,40 g/mol

Mis à jour le

En clair

BIA 10-2474 est une molécule de laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre ni avec le CBD. Elle a été conçue pour bloquer une enzyme du corps humain qui dégrade l'anandamide, une substance naturelle proche des cannabinoïdes. Lors d'un essai de phase 1 mené à Rennes en 2016, un volontaire est mort (mort cérébrale) et quatre autres ont présenté des troubles neurologiques, de légers à sévères ; la cause exacte reste inconnue.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

FAAHInhibiteuraucune valeur chiffrée
  • Bloque ou inhibe

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de BIA 10-2474 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de BIA 10-2474.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

FAAHFAAH trouvé dans 7 régions du corps

  1. CortexprésentNeurones pyramidaux du cortex1
  2. Ganglions de la baseprésentNeurones du striatum1
  3. HypothalamusprésentPrésent dans des noyaux hypothalamiques1
  4. CerveletprésentCellules de Purkinje et couches du cervelet1
  5. Tronc cérébralprésentNoyaux olivaires inférieurs1
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans les adipocytes matures2
  7. OsprésentPrésent sur les ostéoclastes3

Valeurs citées

  1. FAAHInhibiteuraucune valeur mesurée citée
  2. ABHD6Inhibiteuraucune valeur mesurée citée
  3. Sérine hydrolases lipidiques hors cible (ABHD11, PNPLA6, PLA2G15, PLA2G6, AIG1)Inhibiteuraucune valeur mesurée citée
La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

BIA 10-2474 est un inhibiteur de la FAAH (fatty acid amide hydrolase), l'enzyme qui hydrolyse l'anandamide, administré par voie orale. En bloquant cette enzyme, la molécule augmente indirectement les concentrations d'anandamide ; aucune liaison directe aux récepteurs CB1 ou CB2 n'est documentée. Chez la souris, elle inhibe la FAAH du cerveau et du foie à des doses de l'ordre du microgramme par kilogramme (ED50 de 13,5 et 6,2 µg/kg) et est environ 10 fois moins puissante que le PF-04457845 sur la FAAH humaine in situ ; ses cibles principales sont la FAAH et l'ABHD6, puis, à plus forte exposition, ABHD11, PNPLA6, PLA2G15, PLA2G6 et AIG1 (Bonifácio et coll. 2020). Le profilage protéomique publié dans Science en 2017 a montré qu'elle inhibe plusieurs lipases non touchées par le PF-04457845, inhibiteur sélectif testé en clinique, et qu'elle modifie les réseaux lipidiques de neurones corticaux humains (van Esbroeck et coll. 2017). Lors de l'essai de phase 1 mené à Rennes en 2016, dans la cohorte recevant 50 mg par jour (six participants traités, deux sous placebo), un syndrome neurologique aigu est apparu dès le cinquième jour chez trois des quatre participants dont les données ont été publiées, avec des lésions cérébrales du pont et des hippocampes ; un participant a présenté une mort cérébrale (Kerbrat et coll., N Engl J Med 2016, PMID 27806235). Le mécanisme exact de cette neurotoxicité reste inconnu, et la molécule n'a jamais eu d'indication thérapeutique établie.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, issue du programme de recherche sur les inhibiteurs de la FAAH du laboratoire pharmaceutique portugais Bial. Elle n'est présente ni dans le cannabis ni dans aucun organisme vivant et n'a jamais reçu d'autorisation de mise sur le marché.
Première description
Inhibiteur de FAAH développé par le laboratoire portugais Bial ; son essai de phase 1 chez des volontaires sains, conduit à Rennes (France) en 2016, a été interrompu par l'accident décrit par Kerbrat et coll. (N Engl J Med 2016).

Origine

Outil de recherche

Aucune voie biologique connue : la molécule ne se forme dans aucun organisme vivant. Elle est obtenue par chimie médicinale, dans la classe des carboxamides d'imidazole, sans aucun rapport avec la voie de biosynthèse des cannabinoïdes végétaux.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Outil pharmacologique du SEC › Inhibiteur d'enzyme

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

BIA 10-2474 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Carboxamide d'imidazole N-substitué, portant un groupement pyridine N-oxyde sur le cycle imidazole et une amine cyclohexyl(méthyl) sur la fonction carbamoyle. La molécule n'appartient pas à la famille des cannabinoïdes : elle ne possède ni squelette terpénophénolique ni chaîne alkyle latérale, et se range parmi les outils pharmacologiques du système endocannabinoïde.

Pharmacocinétique

Administration par voie orale. Chez les rongeurs, ni BIA 10-2474 ni ses métabolites ne se sont accumulés après administrations répétées (Bonifácio et coll. 2020). Les paramètres pharmacocinétiques humains détaillés n'ont pas été retrouvés dans les sources ouvertes.

Métabolisme

Le devenir métabolique humain de BIA 10-2474 n'a pas été retrouvé dans les sources ouvertes consultées ; chez le rongeur, ni la molécule ni ses métabolites ne s'accumulent après administrations répétées (Bonifácio et coll. 2020).

Toxicologie et risques

Le profil toxicologique de cette molécule est le point central de son histoire. Lors de l'essai de phase 1 de 2016, 84 volontaires sains avaient reçu en cohortes successives des doses uniques de 0,25 à 100 mg ou des doses répétées de 2,5 à 20 mg pendant 10 jours sans événement indésirable grave. Dans la cohorte suivante, six participants ont reçu 50 mg par jour et deux un placebo. Chez trois des quatre participants traités dont les données figurent dans le rapport, un syndrome neurologique aigu et rapidement progressif est apparu dès le cinquième jour d'administration : céphalées, syndrome cérébelleux, troubles de la mémoire, altération de la conscience ; l'imagerie a montré des lésions cérébrales bilatérales et symétriques, avec microhémorragies, touchant surtout le pont et les hippocampes. Un participant a présenté une mort cérébrale, deux se sont améliorés en gardant l'un des troubles de la mémoire, l'autre un syndrome cérébelleux, et un est resté asymptomatique (Kerbrat et coll. 2016). Au total, un volontaire est mort et quatre autres ont eu des symptômes neurologiques légers à sévères (van Esbroeck et coll. 2017). Les études toxicologiques réglementaires chez le rongeur et le primate non humain n'avaient pas laissé prévoir cette atteinte (Hayes et coll. 2021). Le mécanisme de cette neurotoxicité demeure inconnu (Kerbrat et coll. 2016) ; une implication des cibles hors FAAH est restée une hypothèse sans confirmation (Bonifácio et coll. 2020).

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
N-cyclohexyl-N-methyl-4-(1-oxidopyridin-1-ium-3-yl)imidazole-1-carboxamide
Autres noms
BIA-10-2474 · BIA-102474

Identifiants

Formule
C₁₆H₂₀N₄O₂
CAS
1233855-46-3
InChIKey
DOWVMJFBDGWVML-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CN(C1CCCCC1)C(=O)N2C=C(N=C2)C3=C[N+](=CC=C3)[O-]

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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