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BAY 38-7271

Agoniste complet CB1 et CB2 de synthèse, candidat neuroprotecteur abandonné après un essai de phase II.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₀H₂₁F₃O₅S

CAS 212188-60-8

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBLigand de recherche ou médicament
Masse molaire
430,40 g/mol

Mis à jour le

En clair

BAY 38-7271 est une molécule de laboratoire, mise au point par le laboratoire pharmaceutique Bayer (décrite en 2002) et totalement absente du chanvre. Elle se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC et, chez le rat, elle produit les mêmes effets de type cannabinoïde à des doses nettement plus faibles (environ vingt fois plus faibles dans un test de discrimination). Elle a été essayée à l'hôpital chez des patients dans le coma après un traumatisme crânien, puis aucun développement ultérieur n'a été retrouvé : en dehors de ce cadre médical, personne ne sait ce qu'elle produit chez une personne éveillée.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteKi = 0,5 nM · rat/humainliaison sur membranes de cerveau de rat, cortex humain ou CB1 humain recombinant (Ki de 0,46 à 1,85 nM selon la préparation) ; agoniste en liaison du [35S]GTPγS
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de BAY 38-7271 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de BAY 38-7271.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 0,5 nM · rat/humain89 sur 100

    Mauler et al. 2002, J Pharmacol Exp Ther (nouvel onglet) · liaison sur membranes de cerveau de rat, cortex humain ou CB1 humain recombinant (Ki de 0,46 à 1,85 nM selon la préparation) ; agoniste en liaison du [35S]GTPγS

  2. CB2AgonisteKi = 4,3 nM · humain73 sur 100

    Brogi et al. 2011, Eur J Med Chem (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB2 humain (valeur de la littérature relevée dans ChEMBL)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

BAY 38-7271 est un agoniste des récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, décrit comme agoniste complet, sans aucune parenté structurale avec le THC : c'est un ester sulfonique de diaryléther, issu d'un programme de neuroprotection de Bayer AG. Son affinité pour CB1 est nanomolaire (Ki de 0,46 à 1,85 nM) et elle a été caractérisée comme agoniste de CB1 en liaison du [35S]GTPγS. Chez le rat, l'hypothermie (dose minimale efficace de 6 µg/kg par voie intraveineuse) et la substitution au CP 55,940 en discrimination médicamenteuse apparaissent à des quantités très inférieures à celles du THC (DE50 de 0,018 mg/kg par voie intrapéritonéale contre 0,34 mg/kg pour le THC dans le test de discrimination), et le rimonabant les abolit. Dans des modèles animaux d'hématome sous-dural et d'ischémie cérébrale, la molécule a réduit le volume d'infarctus, la pression intracrânienne et l'œdème, avec une fenêtre thérapeutique de plusieurs heures. Un essai de phase II conduit chez 97 patients comateux après traumatisme crânien grave a rapporté une survie à un mois meilleure que sous placebo dans les deux groupes traités, avantage qui ne se retrouvait plus à six mois ; aucun développement ultérieur n'a été retrouvé. En dehors de ce cadre hospitalier, les données humaines manquent totalement : aucune étude ne décrit les effets subjectifs, la tolérance, la dépendance ou la toxicité d'une exposition non médicale.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique : elle n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant, et n'a jamais été isolée d'une plante. Elle est née d'un programme pharmaceutique consacré à la neuroprotection après traumatisme crânien. Aucune source consultée ne la signale sur le marché récréatif.
Première description
La molécule provient des laboratoires Bayer AG. Sa pharmacologie a été décrite pour la première fois en 2002 par Frank Mauler et ses collègues dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, puis passée en revue en 2003 dans CNS Drug Reviews. Elle a été testée sous le code KN38-7271 dans un essai clinique de phase II publié en 2012 par Firsching et ses collègues ; aucun développement ultérieur n'a été retrouvé dans les sources consultées.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie de biosynthèse ne conduit à cette molécule. Elle est obtenue exclusivement par synthèse chimique. Aucun organisme vivant n'en produit.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Ligand de recherche ou médicament

Classe

non-classique (ester sulfonique de diaryléther, indane)

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

BAY 38-7271 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Cannabinoïde de synthèse dit non classique : ester sulfonique de diaryléther. Un indane portant un groupe hydroxyméthyle est relié par un pont éther à un phényle, lui-même estérifié par un acide 4,4,4-trifluorobutane-1-sulfonique ; la configuration active est le énantiomère R. Aucun rapport structural avec le noyau dibenzopyrane du THC, ni avec les indoles et indazoles des séries JWH, AM ou FUBINACA.

Pharmacocinétique

Chez l'humain, la molécule n'a été administrée que par perfusion intraveineuse, sur une heure ou sur vingt-quatre heures lors des essais de phase I, puis par voie intraveineuse dans les premières heures suivant le traumatisme lors de l'essai de phase II. Chez le rat, une activité a été observée après administration intraveineuse, intrapéritonéale et orale, le signal comportemental étant détectable pendant quelques heures après une administration unique. Le composé est lipophile et pénètre le système nerveux central, propriété recherchée pour l'indication neurologique visée. Les études de pharmacocinétique menées chez l'animal et chez le volontaire sain ont été résumées par le promoteur en 2003, mais leurs valeurs chiffrées ne figurent pas dans les résumés accessibles au public.

Métabolisme

Le métabolisme et l'élimination ont été étudiés chez l'animal et chez le volontaire sain pendant le développement clinique, mais les métabolites ne sont décrits dans aucune publication accessible : aucune voie métabolique humaine ne peut donc être détaillée ici, et aucun marqueur d'exposition n'est identifié.

Toxicologie et risques

Des études de toxicité aiguë et subaiguë ont été conduites pendant le développement, et la molécule a été jugée sûre et bien tolérée en perfusion intraveineuse de une ou de vingt-quatre heures chez le volontaire sain. Dans l'essai de phase II mené chez 97 patients comateux, aucun effet indésirable grave n'a été rattaché au produit, et les épisodes de pression intracrânienne ou de pression de perfusion cérébrale critiques ont été moins fréquents que sous placebo. Ce profil de sécurité ne vaut cependant que pour un usage hospitalier surveillé, chez des patients sédatés et ventilés : il ne dit rien du risque d'une exposition hors cadre médical. La molécule provoque chez le rat une hypothermie et des effets de type cannabinoïde à des quantités très faibles, et aucune donnée ne documente sa marge de sécurité, sa toxicité répétée ou son potentiel de dépendance chez une personne éveillée. Aucune source consultée ne la signale sur le marché récréatif, et il n'existe donc aucune série de cas d'intoxication permettant d'anticiper ce que produirait un tel usage.

Détection et analyse

Aucune méthode de dépistage de routine n'est décrite pour cette molécule, qui n'apparaît pas parmi les cannabinoïdes de synthèse recensés sur le marché récréatif européen. Les tests urinaires du cannabis, qui ciblent le métabolite carboxylé du THC, ne la détectent pas, et son identification exigerait une méthode dédiée de chromatographie couplée à la spectrométrie de masse.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
[3-[[(2R)-2-(hydroxymethyl)-2,3-dihydro-1H-inden-4-yl]oxy]phenyl] 4,4,4-trifluorobutane-1-sulfonate
Autres noms
KN38-7271 · KN 38-7271 · BAY-38-7271 · KN-387271 · 3-(2-hydroxymethylindanyl-4-oxy)phenyl-4,4,4-trifluoro-1-sulfonate

Identifiants

Formule
C₂₀H₂₁F₃O₅S
CAS
212188-60-8
InChIKey
XJURALZPEJKKOV-CQSZACIVSA-N
SMILES
C1[C@H](CC2=C1C=CC=C2OC3=CC(=CC=C3)OS(=O)(=O)CCCC(F)(F)F)CO

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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