Aller au contenu
Canna·wikiBAY 38-7271

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Non listé

BAY 38-7271

BAY 38-7271

[3-[[(2R)-2-(hydroxymethyl)-2,3-dihydro-1H-inden-4-yl]oxy]phenyl] 4,4,4-trifluorobutane-1-sulfonate

Alias.KN38-7271 · KN 38-7271 · BAY-38-7271 · KN-387271 · 3-(2-hydroxymethylindanyl-4-oxy)phenyl-4,4,4-trifluoro-1-sulfonate

Agoniste complet CB1 et CB2 de synthèse, candidat neuroprotecteur abandonné après un essai de phase II.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₀H₂₁F₃O₅S
Masse molaire
430.11 g·mol⁻¹
CAS
212188-60-8
PubChem CID
9845561
Première description
La molécule provient des laboratoires Bayer AG. Sa pharmacologie a été décrite pour la première fois en 2002 par Frank Mauler et ses collègues dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, puis passée en revue en 2003 dans CNS Drug Reviews. Reprise ensuite sous le code KN38-7271 par la société allemande KeyNeurotek, elle a fait l'objet d'un essai clinique de phase II publié en 2012, après quoi son développement s'est arrêté.
Origine
Molécule entièrement synthétique : elle n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant, et n'a jamais été isolée d'une plante. Elle est née d'un programme pharmaceutique consacré à la neuroprotection après traumatisme crânien, et ne circule aujourd'hui que comme réactif de laboratoire vendu aux équipes de recherche.
InChIKey
XJURALZPEJKKOV-CQSZACIVSA-N

En clair

BAY 38-7271 est une molécule de laboratoire, mise au point par un laboratoire pharmaceutique dans les années 1990 et totalement absente du chanvre. Elle se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC, mais elle les active à fond alors que le THC ne les active qu'en partie, ce qui la rend bien plus puissante. Elle a été essayée à l'hôpital chez des patients dans le coma après un traumatisme crânien, puis son développement a été abandonné : en dehors de ce cadre médical, personne ne sait ce qu'elle produit chez une personne éveillée.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki 0,46 à 1,85 nM (cerveau de rat, cortex humain, CB1 humain recombinant), agonisme complet en liaison du [35S]GTPγSAgoniste
  • CB2
    Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)

Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    5
  • Clarté
    2
  • Sommeil
    6
  • Appétit
    4
  • High
    3

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

BAY 38-7271 est un agoniste complet des récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, sans aucune parenté structurale avec le THC : c'est un ester sulfonique de diaryléther, issu d'un programme de neuroprotection de Bayer AG. Son affinité pour CB1 est nanomolaire (Ki de 0,46 à 1,85 nM) et l'activation mesurée en liaison du [35S]GTPγS est complète, alors que le THC n'est qu'un agoniste partiel. Cette différence d'efficacité intrinsèque est précisément ce qui rend un agoniste complet beaucoup moins prévisible que le cannabinoïde de la plante, puisque la réponse du récepteur n'est plus plafonnée. Chez le rat, l'hypothermie et la substitution au CP 55,940 en discrimination médicamenteuse apparaissent à des quantités très inférieures à celles du THC, et le rimonabant les abolit. Dans des modèles animaux d'hématome sous-dural et d'ischémie cérébrale, la molécule a réduit le volume d'infarctus, la pression intracrânienne et l'œdème, avec une fenêtre thérapeutique de plusieurs heures. Un essai de phase II conduit chez 97 patients comateux après traumatisme crânien grave a rapporté une survie à un mois meilleure que sous placebo dans les deux groupes traités, avantage qui ne se retrouvait plus à six mois ; le développement a ensuite été interrompu. En dehors de ce cadre hospitalier, les données humaines manquent totalement : aucune étude ne décrit les effets subjectifs, la tolérance, la dépendance ou la toxicité d'une exposition non médicale.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie de biosynthèse ne conduit à cette molécule. Elle est obtenue exclusivement par synthèse chimique : un phénol de type diaryléther, portant un indane hydroxyméthylé, est estérifié par un acide trifluorobutanesulfonique. Aucun organisme vivant n'en produit.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique : elle n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant, et n'a jamais été isolée d'une plante. Elle est née d'un programme pharmaceutique consacré à la neuroprotection après traumatisme crânien, et ne circule aujourd'hui que comme réactif de laboratoire vendu aux équipes de recherche.
Statut
Non listé

Cannabinoïde de synthèse dit non classique : ester sulfonique de diaryléther. Un indane portant un groupe hydroxyméthyle est relié par un pont éther à un phényle, lui-même estérifié par un acide 4,4,4-trifluorobutane-1-sulfonique ; la configuration active est le énantiomère R. Aucun rapport structural avec le noyau dibenzopyrane du THC, ni avec les indoles et indazoles des séries JWH, AM ou FUBINACA.

Pharmacocinétique

Chez l'humain, la molécule n'a été administrée que par perfusion intraveineuse, sur une heure ou sur vingt-quatre heures lors des essais de phase I, puis par voie intraveineuse dans les premières heures suivant le traumatisme lors de l'essai de phase II. Chez le rat, une activité a été observée après administration intraveineuse, intrapéritonéale et orale, le signal comportemental étant détectable pendant quelques heures après une administration unique. Le composé est lipophile et pénètre le système nerveux central, propriété recherchée pour l'indication neurologique visée. Les études de pharmacocinétique menées chez l'animal et chez le volontaire sain ont été résumées par le promoteur en 2003, mais leurs valeurs chiffrées ne figurent pas dans les résumés accessibles au public.

Métabolisme

Le métabolisme et l'élimination ont été étudiés chez l'animal et chez le volontaire sain pendant le développement clinique, mais les métabolites ne sont décrits dans aucune publication accessible : aucune voie métabolique humaine ne peut donc être détaillée ici, et aucun marqueur d'exposition n'est identifié.

Toxicologie et risques

Des études de toxicité aiguë et subaiguë ont été conduites pendant le développement, et la molécule a été jugée sûre et bien tolérée en perfusion intraveineuse de une ou de vingt-quatre heures chez le volontaire sain. Dans l'essai de phase II mené chez 97 patients comateux, aucun effet indésirable grave n'a été rattaché au produit, et les épisodes de pression intracrânienne ou de pression de perfusion cérébrale critiques ont été moins fréquents que sous placebo. Ce profil de sécurité ne vaut cependant que pour un usage hospitalier surveillé, chez des patients sédatés et ventilés : il ne dit rien du risque d'une exposition hors cadre médical. Comme tout agoniste complet de CB1, la molécule provoque chez l'animal une hypothermie et des effets de type cannabinoïde à des quantités très faibles, et aucune donnée ne documente sa marge de sécurité, sa toxicité répétée ou son potentiel de dépendance chez une personne éveillée. À la différence des agonistes de synthèse des séries JWH, AM ou FUBINACA, elle n'a pas été rapportée sur le marché récréatif, et il n'existe donc aucune série de cas d'intoxication permettant d'anticiper ce que produirait un tel usage.

Détection et analyse

Aucune méthode de dépistage de routine n'est décrite pour cette molécule, qui n'apparaît pas parmi les cannabinoïdes de synthèse recensés sur le marché récréatif européen. Les tests urinaires du cannabis, qui ciblent le métabolite carboxylé du THC, ne la détectent pas, et son identification exigerait une méthode dédiée de chromatographie couplée à la spectrométrie de masse.

Références

  1. 1.Mauler F et al., caractérisation de BAY 38-7271 comme agoniste cannabinoïde puissant à propriétés neuroprotectrices, J Pharmacol Exp Ther 2002;302:359-368PMID 12065738
  2. 2.De Vry J, Jentzsch KR, effets discriminatifs de BAY 38-7271, Eur J Pharmacol 2002PMID 12464360
  3. 3.Mauler F et al., efficacité neuroprotectrice et réduction de l'œdème cérébral par BAY 38-7271, Brain Research 2003PMID 14519516
  4. 4.Mauler F et al., revue de BAY 38-7271, pharmacologie, toxicologie et phase I, CNS Drug Reviews 2003;9:343-358PMID 14647528
  5. 5.Firsching R et al., survie précoce des patients comateux traités par KN38-7271, essai de phase II randomisé contre placebo, J Neurol Surg A Cent Eur Neurosurg 2012PMID 22696266
  6. 6.Analogues périphériques de BAY 59-3074, confirmant l'agonisme complet de BAY 38-7271 sur CB1 et CB2 (PMC9457575)
  7. 7.PubChem, fiche du composé CID 9845561 (BAY 38-7271)
  8. 8.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants

Données structurées

InChIKey
XJURALZPEJKKOV-CQSZACIVSA-N
Formule
C20H21F3O5S
Masse molaire
430.11 g·mol⁻¹
CAS
212188-60-8
PubChem CID
9845561
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

Produits suggérés