Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Non listéAMG-41
AMG-41
(6aR,10aR)-3-(1-hexylcyclopropyl)-6,6,9-trimethyl-6a,7,10,10a-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol
Alias.1',1'-cyclopropyl-Δ8-THC · CHEMBL19847 · BDBM50063884
Analogue de laboratoire du Δ8-THC : affinité CB1/CB2 sous-nanomolaire, aucune donnée humaine.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₃₆O₂
- Masse molaire
- 368.27 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 10361702
- Première description
- Décrit pour la première fois en 2002 par Demetris Papahatjis, Spyros Nikas, Thanos Andreou et Alexandros Makriyannis (Fondation nationale hellénique de la recherche, Athènes), au sein d'une série de Δ8-tétrahydrocannabinols substitués en position 1' de la chaîne latérale publiée dans Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters. Le code AMG-41 n'apparaît ensuite que dans les bases de données chimiques et dans une revue de 2016 consacrée aux cannabinoïdes classiques, qui le recense sous le numéro 54 de ses tableaux.
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, née d'un laboratoire de chimie médicinale. Elle n'existe dans aucune plante, le chanvre compris, et n'est pas produite par l'organisme. Aucun signalement sur le marché des drogues n'est documenté : son existence se limite à la recherche pharmacologique sur les récepteurs cannabinoïdes.
- InChIKey
- UVQIBKXDOZWHFU-WOJBJXKFSA-N
En clair
AMG-41 est une molécule de laboratoire, cousine du THC modifiée sur sa chaîne latérale. Elle a été fabriquée en 2002 pour étudier le fonctionnement des récepteurs visés par le cannabis, jamais pour être consommée : elle n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun produit du commerce. Ce que l'on sait se limite à un point : elle se fixe très fortement sur ces récepteurs, environ cent fois mieux que le THC. Les données humaines manquent entièrement.
Récepteurs et activité
- CB1Ki = 0,44 ± 0,07 nM (déplacement du [3H]CP-55,940, synaptosomes de cerveau antérieur de rat ; Papahatjis et al., 2002). Affinité seule : l'efficacité fonctionnelle n'a pas été déterminée.Agoniste
- CB2Ki = 0,86 ± 0,16 nM (déplacement du [3H]CP-55,940, rate de souris ; Papahatjis et al., 2002). Affinité seule : l'efficacité fonctionnelle n'a pas été déterminée.Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement10
- Clarté5
- Sommeil10
- Appétit10
- High10
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
AMG-41 est un cannabinoïde classique de synthèse : le squelette benzo[c]chromène du Δ8-tétrahydrocannabinol, dont le carbone benzylique de la chaîne latérale est intégré à un cycle cyclopropane prolongé par une chaîne hexyle. Décrit en 2002 par l'équipe de Papahatjis, Nikas et Makriyannis, il servait à cartographier un sous-site du domaine de liaison des récepteurs CB1 et CB2 situé au niveau de ce carbone. Le résultat est une affinité très élevée : Ki de 0,44 nM sur CB1 et de 0,86 nM sur CB2 par déplacement du [3H]CP-55,940, contre un Ki voisin de 44 nM pour le Δ8-THC, soit un facteur d'environ cent. La littérature s'arrête là. Aucun essai fonctionnel ne dit si AMG-41 se comporte en agoniste complet ou en agoniste partiel, et une forte affinité ne renseigne pas sur l'efficacité ; aucune étude animale, aucune pharmacocinétique, aucune toxicologie et aucune donnée humaine n'ont été publiées. Les travaux ultérieurs qui mentionnent ce composé sont des modélisations 3D-QSAR réutilisant les mêmes valeurs de liaison, sans nouvelle mesure. AMG-41 se lit donc comme un outil de recherche non caractérisé, et non comme une substance dont les effets seraient connus.
Sources clés.
- Papahatjis et al., Bioorg Med Chem Lett 2002 : synthèse et affinités CB1/CB2PMID 12443781
- The Structure-Function Relationships of Classical Cannabinoids, Perspect Medicin Chem 2016 : AMG-41 recensé sous le numéro 54PMID 27398024
- Papahatjis et al., J Med Chem 1998 : série de Δ8-THC substitués en C1'PMID 9544219
- Durdagi et al., J Med Chem 2007 : modélisation 3D-QSAR réutilisant ces affinitésPMID 17521177
- BindingDB, monomère BDBM50063884 : agrégation des affinités CB1/CB2 publiées
- Légifrance, arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV
- ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (clause générique benzo[c]chromène)
- Décision ANSM du 22 mai 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune biosynthèse : AMG-41 n'est produit par aucun organisme vivant. Il est obtenu par synthèse chimique à partir du squelette benzo[c]chromène du Δ8-tétrahydrocannabinol : la chaîne latérale en position 3 est remaniée de sorte que son carbone benzylique (position 1') soit intégré à un cycle cyclopropane prolongé par une chaîne hexyle, le noyau tricyclique restant inchangé. La voie décrite en 2002 relève de la cyclopropanation d'une chaîne latérale, sans autre modification du squelette.
Cadre légal
France
AMG-41 n'est cité nommément dans aucun texte français. Il relève d'une clause générique : depuis la décision du directeur général de l'ANSM du 22 mai 2024, l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants vise « toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène » portant un hydroxyle en position 1, en position 3 une chaîne alkyle éventuellement substituée par un cycle, en position 6 un ou deux groupes alkyle, et en position 9 un méthyle. AMG-41 réunit ces quatre critères : il est donc stupéfiant en France sans figurer sur aucune liste nominative. Le même arrêté classe par ailleurs les « tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers, sels ainsi que les sels des dérivés précités ».
Union européenne
Aucune mesure de contrôle propre à AMG-41 n'existe à l'échelle de l'Union européenne : la molécule n'a jamais été signalée sur le marché des drogues et ne figure pas parmi les substances ayant fait l'objet d'une évaluation des risques puis d'une décision de contrôle européenne. Elle n'est pas inscrite nommément aux tableaux de la Convention unique de 1961 ni de la Convention de 1971 sur les substances psychotropes. Selon l'État membre, une définition générique visant les dérivés du noyau dibenzopyrane peut néanmoins la capturer, comme c'est le cas en France.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule entièrement synthétique, née d'un laboratoire de chimie médicinale. Elle n'existe dans aucune plante, le chanvre compris, et n'est pas produite par l'organisme. Aucun signalement sur le marché des drogues n'est documenté : son existence se limite à la recherche pharmacologique sur les récepteurs cannabinoïdes.
- Statut
- Non listé
Cannabinoïde classique de type dibenzopyrane (squelette benzo[c]chromène), configuration (6aR,10aR) trans comme le Δ9-THC, double liaison en position Δ8. Sa particularité tient à la chaîne latérale en position 3 : le carbone benzylique (position 1') est inclus dans un cycle cyclopropane portant une chaîne hexyle, là où le THC porte une simple chaîne pentyle. Contrairement aux agonistes de synthèse des séries JWH, AM ou FUBINACA, bâtis sur un noyau indole ou indazole, AMG-41 reste structurellement un tétrahydrocannabinol.
Pharmacocinétique
Aucune donnée pharmacocinétique n'est publiée : ni biodisponibilité, ni délai d'action, ni demi-vie, ni distribution, chez l'animal comme chez l'humain. Aucune étude d'administration in vivo n'a été retrouvée dans la littérature évaluée par les pairs : les travaux disponibles se limitent à des essais de liaison sur préparations membranaires et à de la modélisation moléculaire.
Métabolisme
Aucune voie métabolique n'a été caractérisée pour AMG-41 : ni enzymes de phase I ou II, ni métabolites, ni profil d'élimination. Le cycle cyclopropane a précisément été introduit pour contraindre la conformation de cette région de la chaîne latérale, mais son devenir métabolique n'a pas été étudié.
Toxicologie et risques
Profil toxicologique inconnu : aucune étude de toxicité, aucun cas clinique, aucun décès rapporté, aucune exposition humaine documentée. Cette absence n'est pas un signal de sécurité. AMG-41 se fixe sur CB1 avec une affinité environ cent fois supérieure à celle du Δ8-THC, et les agonistes synthétiques de CB1 qui ont circulé comme drogues sont associés à des convulsions, des troubles du rythme cardiaque, des vomissements incoercibles, des états délirants, des atteintes rénales aiguës et des décès. Ces observations concernent ces autres composés, pas AMG-41, dont l'efficacité fonctionnelle n'a même pas été mesurée. Aucune dose humaine n'est caractérisée et aucune ne peut l'être.
Détection et analyse
Aucune méthode analytique dédiée à AMG-41 n'est publiée et le composé n'apparaît pas dans les bibliothèques de criblage des nouveaux produits de synthèse. Aucun numéro CAS ni matériau de référence certifié n'est référencé dans les bases consultées, ce qui interdit en pratique une identification de routine : il faudrait une chromatographie couplée à la spectrométrie de masse haute résolution et un étalon synthétisé pour l'occasion. Les immunoessais urinaires du cannabis ciblent le métabolite carboxylique du THC et ne sont pas conçus pour un analogue à chaîne latérale modifiée.
Références
- 1.Papahatjis et al., Bioorg Med Chem Lett 2002 : synthèse et affinités CB1/CB2PMID 12443781
- 2.The Structure-Function Relationships of Classical Cannabinoids, Perspect Medicin Chem 2016 : AMG-41 recensé sous le numéro 54PMID 27398024
- 3.Papahatjis et al., J Med Chem 1998 : série de Δ8-THC substitués en C1'PMID 9544219
- 4.Durdagi et al., J Med Chem 2007 : modélisation 3D-QSAR réutilisant ces affinitésPMID 17521177
- 5.BindingDB, monomère BDBM50063884 : agrégation des affinités CB1/CB2 publiées
- 6.Légifrance, arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV
- 7.ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (clause générique benzo[c]chromène)
- 8.Décision ANSM du 22 mai 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants
Données structurées
- InChIKey
- UVQIBKXDOZWHFU-WOJBJXKFSA-N
- Formule
- C25H36O2
- Masse molaire
- 368.27 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 10361702
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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