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AM-2389

Agoniste complet et très puissant du récepteur CB1, outil de laboratoire sans aucune donnée humaine.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₅H₃₈O₃

CAS 1256842-49-5

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBLigand de recherche ou médicament
Masse molaire
386,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

AM-2389 est une molécule de laboratoire, entièrement fabriquée par synthèse : elle n'existe pas dans le chanvre. Elle se fixe sur le même récepteur cérébral que le THC, mais bien plus fortement, et chez l'animal ses effets s'installent lentement puis durent très longtemps. Aucune étude chez l'être humain n'a été retrouvée, et elle n'a rien à faire dans un produit de consommation.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteKi = 0,2 nM · ratdéplacement du [3H]CP-55,940, membranes de cerveau de rat ; CE50 1,5 nM en inhibition de l'AMPc stimulé par la forskoline (agoniste complet)
  • Active
  • Se lie ou module

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AM-2389 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AM-2389.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 0,2 nM · rat97 sur 100

    Nikas et al. 2010, J Med Chem (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55,940, membranes de cerveau de rat ; CE50 1,5 nM en inhibition de l'AMPc stimulé par la forskoline (agoniste complet)

  2. CB2Liaison (fonction non établie)Ki = 4,2 nM · souris73 sur 100

    Nikas et al. 2010, J Med Chem (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55,940, membranes de rate de souris ; 5,13 nM sur CB2 humain (HEK293) ; efficacité non rapportée

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

AM-2389 est un cannabinoïde classique de synthèse : un hexahydrocannabinol hydroxylé en position 9 dont la chaîne latérale porte un groupe 1-hexylcyclobutyle. Cette modification lui confère une très forte affinité pour le récepteur CB1 (0,16 nM sur membranes de cerveau de rat), avec une préférence d'environ 26 fois pour CB1 par rapport au CB2 de souris (Nikas et coll., 2010). En test fonctionnel, la molécule se comporte comme un agoniste complet du récepteur CB1, là où le THC n'est qu'un agoniste partiel. Chez le rat, dans un test de discrimination où les animaux distinguent le cannabinergique AM5983 d'un véhicule, l'AM-2389 est environ cent fois plus puissante que le Δ9-THC (dose efficace médiane de 0,0025 contre 0,2635 mg/kg), et la demi-vie fonctionnelle estimée de ses effets est d'environ dix-sept heures ; chez la souris, son effet hypothermique s'installe lentement et se prolonge bien au-delà de celui du THC (Järbe et coll., 2012). Les travaux publiés l'emploient précisément pour cela : maintenir une activation soutenue du système endocannabinoïde chez le rongeur et le singe, puis étudier tolérance, dépendance et sevrage. Son action sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A n'a pas été évaluée dans les sources consultées, et les données humaines manquent totalement.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant : elle a été conçue en chimie médicinale à partir du squelette des cannabinoïdes classiques. D'après la littérature consultée, elle est employée comme outil de recherche en laboratoire. Elle ne figure ni dans les listes de l'EUDA et de l'ONUDC recensant les cannabinoïdes de synthèse signalés, ni, à notre connaissance des sources consultées, dans des produits saisis (Zangani et coll., 2020).
Première description
Décrite en 2010 par Spyros P. Nikas et ses collègues du Center for Drug Discovery de la Northeastern University, dans l'équipe d'Alexandros Makriyannis, au sein d'une série d'hexahydrocannabinols substitués sur le premier carbone de la chaîne latérale (Nikas et coll., J Med Chem 2010). Sa caractérisation comportementale a suivi en 2012 avec les travaux de Järbe et collègues, qui rapportent qu'elle sert à explorer les conséquences comportementales d'une activation soutenue du système endocannabinoïde.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biologique : la molécule ne provient d'aucune enzyme, végétale ou animale. Elle relève uniquement de la chimie de synthèse, dans la série des cannabinoïdes classiques (hexahydrocannabinols), avec un cycle carboné saturé et un hydroxyle en position 9 de configuration bêta.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Ligand de recherche ou médicament

Classe

classique

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

AM-2389 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Cannabinoïde classique de synthèse, série des hexahydrocannabinols : noyau dibenzo[b,d]pyrane à cycle carboné saturé, hydroxyle en position 9 de configuration bêta, chaîne latérale 1-hexylcyclobutyle en position 3.

Pharmacocinétique

Les seules données disponibles viennent de l'animal. L'installation des effets est lente : chez la souris, la baisse de température corporelle atteint son maximum plusieurs heures après l'administration, et la demi-vie fonctionnelle estimée chez le rat à partir des essais de discrimination approche dix-sept heures, un profil beaucoup plus étalé que celui du THC (Järbe et coll., 2012). Aucune mesure de concentration plasmatique, de distribution cérébrale ou de biodisponibilité n'a été retrouvée, et il n'existe aucune donnée humaine.

Métabolisme

Aucune étude de métabolisation n'a été retrouvée : ni les enzymes impliquées ni les métabolites de l'AM-2389 ne sont identifiés. La très longue durée d'action observée chez le rongeur n'a reçu, dans les sources consultées, aucune explication pharmacocinétique documentée.

Toxicologie et risques

Chez l'animal, l'administration répétée installe une tolérance : chez la souris, l'effet hypothermique s'atténue à la répétition (Tai et coll., 2015), et des antagonistes du CB1 précipitent des signes de sevrage. Chez la souris, l'arrêt d'un traitement de cinq jours provoque des tremblements des pattes et une hyperactivité motrice, signes d'un sevrage spontané (Paronis et coll., 2022), ainsi qu'un sommeil fragmenté après une phase initiale de sommeil lent augmenté (Missig et coll., 2022). Chez le singe écureuil traité quotidiennement, l'arrêt du traitement reproduit les effets discriminatifs du rimonabant, sans que des troubles physiologiques de sevrage aient été documentés (Kangas et coll., 2020). En administration aiguë, les publications rapportent une chute marquée de la température corporelle chez la souris, une augmentation de la diurèse chez le rat (Paronis et coll., 2013) et, chez le macaque rhésus adolescent (femelles), une altération dose-dépendante de la mémoire de travail avec une baisse du rapport N-acétylaspartate/créatine dans le cortex orbitofrontal médian, revenue à la normale à l'arrêt (Kohut et coll., 2022). Aucune donnée humaine n'existe pour cette molécule.

Détection et analyse

Aucune méthode analytique dédiée à l'AM-2389 dans les matrices biologiques n'a été retrouvée, et la molécule n'est pas décrite dans des produits saisis dans les sources consultées. Les études animales raisonnent sur la substance administrée, sans dosage sanguin ou urinaire rapporté.

Références

  1. Nikas SP et al. Novel 1',1'-chain substituted hexahydrocannabinols: 9β-hydroxy-3-(1-hexyl-cyclobut-1-yl)-hexahydrocannabinol (AM2389) a highly potent cannabinoid receptor 1 (CB1) agonist. J Med Chem 2010;53(19):6996-7010 (nouvel onglet)PMID 20925434
  2. Järbe TU et al. AM2389, a high-affinity, in vivo potent CB1-receptor-selective cannabinergic ligand as evidenced by drug discrimination in rats and hypothermia testing in mice. Psychopharmacology 2012;220(2):417-26 (nouvel onglet)PMID 21989802
  3. Paronis CA et al. Δ9-tetrahydrocannabinol acts as a partial agonist/antagonist in mice. Behav Pharmacol 2012 (nouvel onglet)PMID 23075707
  4. Paronis CA et al. Diuretic effects of cannabinoids. J Pharmacol Exp Ther 2013 (nouvel onglet)PMID 23019138
  5. Tai S et al. Cannabinoid withdrawal in mice: inverse agonist vs neutral antagonist. Psychopharmacology 2015 (nouvel onglet)PMID 25772338
  6. Kangas BD et al. Cannabinoid antagonist drug discrimination in nonhuman primates. J Pharmacol Exp Ther 2020 (nouvel onglet)PMID 31641018
  7. Paronis C et al. Evidence for spontaneous cannabinoid withdrawal in mice. Behav Pharmacol 2022 (nouvel onglet)PMID 35288509
  8. Missig G et al. Altered sleep during spontaneous cannabinoid withdrawal in male mice. Behav Pharmacol 2022 (nouvel onglet)PMID 35288510
  9. Kohut SJ et al. Effects of cannabinoid exposure on short-term memory and medial orbitofrontal cortex function and chemistry in adolescent female rhesus macaques. Front Neurosci 2022 (nouvel onglet)PMID 36248648
  10. Zangani C et coll. The e-Psychonauts' 'Spiced' World: assessment of the synthetic cannabinoids' information available online. Curr Neuropharmacol 2020 (AM-2389 absente des listes ONUDC et EUDA, présente dans NPSFinder) (nouvel onglet)PMID 32116194
  11. ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (AM-2389 non nommée ; HHC, HHC-acétate et HHCP nommés ; famille des dérivés du benzo[c]chromène à l'annexe IV) (nouvel onglet)
  12. PubChem CID 49783410, AM-2389 (noms, identifiants) (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
(6aR,9R,10aR)-3-(1-hexylcyclobutyl)-6,6-dimethyl-6a,7,8,9,10,10a-hexahydrobenzo[c]chromene-1,9-diol
Autres noms
AM2389 · 9β-hydroxy-3-(1-hexylcyclobut-1-yl)-hexahydrocannabinol · (6aR,9R,10aR)-3-(1-hexylcyclobutyl)-6a,7,8,9,10,10a-hexahydro-6,6-dimethyl-6H-dibenzo[b,d]pyran-1,9-diol

Identifiants

Formule
C₂₅H₃₈O₃
CAS
1256842-49-5
InChIKey
CSXKNESDVLECTJ-VAMGGRTRSA-N
SMILES
CCCCCCC1(CCC1)C2=CC3=C([C@@H]4C[C@@H](CC[C@H]4C(O3)(C)C)O)C(=C2)O

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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