Aller au contenu

Informations de lot sur chaque ficheTHC < 0,3 %Expédié depuis la France10 % offerts à l'inscription

AM-2232

Cannabinoïde de synthèse, agoniste de CB1 et CB2, retrouvé dans des mélanges végétaux à fumer.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₄H₂₀N₂O

CAS 335161-19-8

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
352,40 g/mol

Mis à jour le

En clair

L'AM-2232 est un cannabinoïde de synthèse, fabriqué en laboratoire, sans aucun lien avec la plante de chanvre. Il a été décrit à la fin des années 1990 comme outil de recherche, puis retrouvé dans des mélanges de plantes à fumer vendus comme substituts du cannabis. Il agit sur les mêmes récepteurs que le THC et s'est montré plus puissant que lui chez la souris ; les données humaines manquent pour décrire ses effets comme ses risques.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteKi = 14,5 nM · humaindéplacement du [3H]CP55,940, CB1 humain recombinant ; CE50 833,2 nM en [35S]GTPγS (Emax 203,5 %) ; brevet d'origine : Ki 0,28 nM, cerveau antérieur de rat
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AM-2232 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AM-2232.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 14,5 nM · humain64 sur 100

    Marusich et al. 2018, Neuropharmacology (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB1 humain recombinant ; CE50 833,2 nM en [35S]GTPγS (Emax 203,5 %) ; brevet d'origine : Ki 0,28 nM, cerveau antérieur de rat

  2. CB2AgonisteKi = 11,2 nM · humain66 sur 100

    Marusich et al. 2018, Neuropharmacology (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB2 humain recombinant ; CE50 406,4 nM en [35S]GTPγS (Emax 31,3 %) ; brevet d'origine : Ki 1,48 nM, rate de souris

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

L'AM-2232 appartient aux naphtoylindoles : un noyau indole acylé par un groupe 1-naphtoyle, l'azote indolique portant une chaîne butyle terminée par un nitrile, là où le JWH-018 porte un méthyle et l'AM-2201 un fluor. Il se fixe sur les deux récepteurs cannabinoïdes sans sélectivité nette, et les affinités publiées s'étalent sur plusieurs ordres de grandeur selon le système d'essai (de 0,28 nM sur CB1 de rat dans le brevet d'origine à 14,5 nM sur CB1 humain chez Marusich et coll., 2018) ; cette dispersion doit être signalée plutôt que masquée. Sur CB1 humain, l'effet maximal en stimulation du [35S]GTPγS dépasse celui du CP55,940 de référence, et l'inhibition de l'AMP cyclique atteint 100 % de la réponse du CP55,940 là où le Δ9-THC plafonne à 72 % (Zagzoog et coll., 2021) : c'est un agoniste entier de ce critère, alors que le THC n'est qu'un agoniste partiel. Les agonistes cannabinoïdes de synthèse caractérisés à ce jour se comportent le plus souvent en agonistes complets, et la puissance élevée et l'agonisme complet sont considérés comme à l'origine de la toxicité de la classe (Mercier et coll., 2025). Le recrutement de la βarrestine2 est négligeable sur CB1 (CE50 supérieure à 10 000 nM), d'où un biais décrit en faveur de la protéine G. Chez la souris, la molécule se substitue entièrement au THC dans un test de discrimination, avec une puissance environ neuf fois supérieure, et la substitution complète à la dose de 1,0 mg/kg s'accompagne d'une chute du taux de réponse, marqueur d'une dépression comportementale. Sur CB2, la stimulation du [35S]GTPγS reste faible (31,3 %). Aucune activité n'est documentée sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A, aucune étude de métabolisme dédiée n'a été retrouvée, et les données humaines manquent.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle provient des travaux de chimie médicinale d'Alexandros Makriyannis et de Hongfeng Deng, à l'université du Connecticut, qui exploraient des indoles cannabimimétiques comme sondes du récepteur CB1. Elle a ensuite été retrouvée dans des produits de consommation : mélanges de plantes à fumer analysés en Allemagne à l'automne 2012, où un même mélange pouvait contenir jusqu'à cinq cannabinoïdes de synthèse différents (Langer et coll., 2014), et produits illégaux au Japon (Uchiyama et coll., 2013).
Première description
Décrite à la fin des années 1990 par Alexandros Makriyannis et Hongfeng Deng, à l'université du Connecticut, au sein d'une série d'indoles cannabimimétiques : la revendication de priorité du brevet américain US 7241799, « Cannabimimetic indole derivatives », remonte au 18 octobre 1999, la délivrance au 10 juillet 2007 ; l'AM2232 y figure au tableau 2. La molécule a ensuite quitté le laboratoire : elle a été identifiée dans des mélanges de plantes à fumer analysés en Allemagne à l'automne 2012 (Langer et coll., 2014) et rapportée parmi douze composés cannabimimétiques nouvellement distribués au Japon (Uchiyama et coll., Forensic Sci Int 2013).

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biologique : la molécule n'est produite par aucun organisme vivant et ne résulte d'aucune réaction enzymatique. Elle relève uniquement de la chimie de synthèse. Le nitrile n'est pas un motif que la biosynthèse végétale des cannabinoïdes sait former : sa présence signe à elle seule une origine de laboratoire.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

naphthoylindole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

AM-2232 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Aminoalkylindole de la sous-famille des naphtoylindoles : un noyau indole acylé en position 3 par un groupe 1-naphtoyle, l'azote indolique portant une chaîne butyle dont le carbone terminal porte un nitrile, soit un motif 4-cyanobutyle. C'est la charpente du JWH-018, dont le méthyle terminal de la chaîne pentyle est ici remplacé par un groupe nitrile ; l'AM-2201, autre voisin immédiat, porte au même endroit un atome de fluor. La molécule est achirale et ne présente donc pas d'énantiomères. Aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes terpénophénoliques du chanvre : seul le point d'action pharmacologique est partagé.

Pharmacocinétique

Les données humaines manquent : ni biodisponibilité, ni demi-vie, ni exposition systémique n'ont été caractérisées chez l'être humain, et aucune étude pharmacocinétique animale dédiée n'a été retrouvée. Les seules mesures disponibles proviennent d'un cas d'autopsie, où la molécule inchangée a été quantifiée dans le plasma post mortem et l'urine par chromatographie liquide couplée à un spectromètre de masse à temps de vol avec mesure de masse exacte. Les auteurs relèvent des écarts de concentration entre plasma cardiaque et plasma fémoral, ce qui suggère une redistribution post mortem et interdit de lire ces concentrations comme le reflet de l'exposition au moment du décès (Zaitsu et coll., Int J Legal Med 2015).

Métabolisme

Aucune étude de métabolisme dédiée à l'AM-2232 n'a été retrouvée, ni sur microsomes hépatiques humains, ni sur hépatocytes. Les seules observations viennent du cas d'autopsie décrit en 2015, où des métabolites N-désalkylés (pour le MAM-2201) et hydroxylés ont été mis en évidence ; les auteurs concluent que la N-désalkylation est une voie commune mais mineure pour les naphtoylindoles chez l'être humain (Zaitsu et coll., 2015). Les enzymes impliquées, les métabolites majoritaires et les éventuelles conjugaisons de l'AM-2232 restent inconnus, et toute extrapolation depuis un analogue proche serait spéculative : une donnée obtenue sur l'AM-2201 ou le MAM-2201 appartient à ces molécules, pas à celle-ci.

Toxicologie et risques

Un décès est documenté : dans un cas d'autopsie publié en 2015 (Zaitsu et coll.), l'AM-2232 a été retrouvé dans le plasma post mortem et l'urine, en présence simultanée de deux autres cannabinoïdes de synthèse, le MAM-2201 et l'AM-1220. Cette exposition combinée interdit d'attribuer l'issue à l'AM-2232 seul. Aucune série clinique ne lui est propre, et il n'existe aucune étude de toxicité chez l'être humain. La littérature récente rattache à la classe des agonistes cannabinoïdes de synthèse des toxicités telles que psychoses, vomissements et tachycardie, que l'on pense liées à leur puissance élevée et à leur agonisme complet (Mercier et coll., 2025) ; cela n'a pas été documenté spécifiquement pour l'AM-2232. Chez la souris, la substitution complète au THC s'accompagne d'une réduction significative du taux de réponse (Marusich et coll., 2018). Un aléa propre au marché illicite s'ajoute : dans les mélanges à fumer analysés en Allemagne à l'automne 2012, jusqu'à cinq cannabinoïdes différents coexistaient dans un même produit, avec des teneurs individuelles allant de 0,4 à 303 mg/g (Langer et coll., 2014), si bien que le contenu réel n'a le plus souvent aucun rapport avec ce qui est annoncé.

Détection et analyse

L'AM-2232 se recherche par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, en haute résolution ou en tandem. Dans le cas d'autopsie publié en 2015, il a été identifié et quantifié sous forme inchangée dans le plasma post mortem et l'urine par spectrométrie de masse à temps de vol avec mesure de masse exacte. Il est également détecté par un immunoessai validé sur salive, étalonné avec le JWH-200, dont le seuil de décision est de 0,25 ng/mL pour une gamme de travail de 0,1 à 5 ng/mL ; dans ce milieu, c'est la molécule inchangée qui est visée plutôt qu'un métabolite (Rodrigues et coll., J Anal Toxicol 2013). En analyse de produits saisis, son identification repose sur des méthodes chromatographiques et spectrométriques (Langer et coll., 2014 ; Uchiyama et coll., 2013).

Références

  1. Makriyannis A, Deng H. Cannabimimetic indole derivatives. Brevet américain US 7241799 B2, université du Connecticut, priorité du 18 octobre 1999, délivré le 10 juillet 2007 (AM-2232 : Ki CB1 0,28 nM, Ki CB2 1,48 nM). (nouvel onglet)
  2. Marusich JA, Wiley JL, Lefever TW, Patel PR, Thomas BF. Finding order in chemical chaos: continuing characterization of synthetic cannabinoid receptor agonists. Neuropharmacology. 2018;134(Pt A):73-81. (nouvel onglet)PMID 29113898
  3. Zagzoog A, Brandt AL, Black T, et al. Assessment of select synthetic cannabinoid receptor agonist bias and selectivity between the type 1 and type 2 cannabinoid receptor. Sci Rep. 2021;11:10611 (AM 2232, tableau 1 : liaison, AMPc, βarrestine2, cellules CHO). (nouvel onglet)PMID 34012003
  4. Mercier G, Mohamed KA, Zagzoog A, et al. In vitro pharmacological activity of twenty-eight synthetic cannabinoid receptor agonists at the type 1 and 2 cannabinoid receptors. Neurochem Int. 2025;106039 (résumé : agonisme complet et forte puissance des agonistes de synthèse, THC agoniste partiel). (nouvel onglet)PMID 40876783
  5. Zaitsu K, Nakayama H, Yamanaka M, et al. High-resolution mass spectrometric determination of the synthetic cannabinoids MAM-2201, AM-1220, AM-2232, and their metabolites in postmortem plasma and urine by LC/Q-TOFMS. Int J Legal Med. 2015;129(6):1233-45. (nouvel onglet)PMID 26349566
  6. Erratum au titre de Zaitsu et al. 2015 : le troisième composé du cas d'autopsie est l'AM-1220, et non l'AM-2201. Int J Legal Med. 2016;130(2):563. (nouvel onglet)PMID 26718839
  7. Uchiyama N, Kawamura M, Kikura-Hanajiri R, Goda Y. URB-754: a new class of designer drug and 12 synthetic cannabinoids detected in illegal products. Forensic Sci Int. 2013;227(1-3):21-32 (AM-2232 parmi les composés nouvellement distribués au Japon). (nouvel onglet)PMID 23063179
  8. Langer N, Lindigkeit R, Schiebel HM, Ernst L, Beuerle T. Identification and quantification of synthetic cannabinoids in 'spice-like' herbal mixtures: a snapshot of the German situation in the autumn of 2012. Drug Test Anal. 2014;6(1-2):59-71 (AM-2232 identifié dans des mélanges allemands). (nouvel onglet)PMID 23723183
  9. Rodrigues WC, Catbagan P, Rana S, Wang G, Moore C. Detection of synthetic cannabinoids in oral fluid using ELISA and LC-MS-MS. J Anal Toxicol. 2013;37(8):526-33 (immunoessai salivaire détectant l'AM-2232, seuil 0,25 ng/mL). (nouvel onglet)PMID 23946452
  10. Zangani C et coll. The e-Psychonauts' 'Spiced' World: assessment of the synthetic cannabinoids' information available online. Curr Neuropharmacol. 2020 (AM-2232 dans les listes ONUDC, EUDA et NPSFinder). (nouvel onglet)PMID 32116194
  11. ANSM. Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (AM-2232 non nommé ; définition générique de la famille des indol-3-yl méthanones). (nouvel onglet)
  12. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, JORF du 6 avril 2017 (famille « indol-3-yl méthanone »). (nouvel onglet)
  13. Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS/INCB). Green List, 35e édition, 2024 : liste des substances psychotropes sous contrôle international (AM-2232 absent ; JWH-018 et AM-2201 inscrits au tableau II). (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
5-[3-(naphthalene-1-carbonyl)indol-1-yl]pentanenitrile
Autres noms
AM2232 · AM 2232 · 1-(4-cyanobutyl)-3-(1-naphtoyl)indole · 5-(3-(1-naphthoyl)-1H-indol-1-yl)pentanenitrile · 3-(1-naphthalénylcarbonyl)-1H-indole-1-pentanenitrile

Identifiants

Formule
C₂₄H₂₀N₂O
CAS
335161-19-8
InChIKey
VWVAIBKHFCUSMD-UHFFFAOYSA-N
SMILES
C1=CC=C2C(=C1)C=CC=C2C(=O)C3=CN(C4=CC=CC=C43)CCCCC#N

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

Compléter cette fiche

Cette fiche n'a pas encore d'image. Chaque proposition est relue avant publication.