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AM-1220

Agoniste CB1 de synthèse, Ki de 2,4 nM sur CB1 humain. Réduction des risques, pas un produit.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₆H₂₆N₂O

CAS 137642-54-7

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
382,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

L'AM-1220 n'est pas un cannabinoïde du chanvre : c'est une molécule de laboratoire, décrite en 1996 par des chimistes pharmaceutiques, qui se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC, avec une affinité plus forte dans les essais publiés. Elle a été identifiée en 2012 dans des produits vendus en ligne et au Japon, puis dans des plantes séchées sur lesquelles elle avait été pulvérisée, vendues comme « herbe légale », souvent sous une autre étiquette. Ce n'est pas un produit de consommation : aucune étude clinique n'a évalué ses effets ni sa sécurité chez l'être humain.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteKi = 2,4 nM · humaindéplacement du [3H]CP55,940, CB1 humain recombinant ; CE50 44,4 nM en [35S]GTPγS (Emax 131,5 %)
  • Active
  • Se lie ou module

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AM-1220 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AM-1220.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteKi = 2,4 nM · humain77 sur 100

    Marusich et al. 2018, Neuropharmacology (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB1 humain recombinant ; CE50 44,4 nM en [35S]GTPγS (Emax 131,5 %)

  2. CB2Liaison (fonction non établie)Ki = 0,3 nM · humain93 sur 100

    Marusich et al. 2018, Neuropharmacology (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB2 humain recombinant ; stimulation du [35S]GTPγS non déterminable

  3. TRPV1Agonisteaucune valeur mesurée citée

    Activation significative du canal TRPV1 à une concentration produisant l'effet maximal sur CB1 ; l'un des trois seuls agonistes de synthèse testés dans ce cas (Andersen et coll., Eur J Pharmacol 2021) ; aucune valeur de CE50 publiée

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

L'AM-1220 appartient aux aminoalkylindoles, sous-famille des naphtoylindoles : un noyau indole portant un groupe naphtalène-1-carbonyle en position 3 et un groupe (1-méthylpipéridin-2-yl)méthyle sur l'azote. Marusich et coll. (Neuropharmacology 2018) mesurent une affinité Ki = 2,40 nM sur le récepteur CB1 humain, avec une CE50 de 44,4 nM en stimulation du [35S]GTPγS ; le Δ9-THC y figure avec un Ki de 40,7 nM, valeur de Showalter et coll. (1996) reprise dans le tableau, soit un rapport d'environ dix-sept. Chez la souris, l'AM-1220 se substitue complètement au THC en discrimination de stimulus, avec une dose efficace médiane de 0,26 µmol/kg contre 4,96 µmol/kg pour le THC, soit une puissance environ dix-neuf fois supérieure. Dans le même essai de [35S]GTPγS, sa réponse maximale sur CB1 (131,5 %) est inférieure à celle du CP55,940 de référence (163,3 %) : l'étude ne permet donc pas de classer la molécule comme agoniste partiel ou complet. Le profil CB2 est atypique : affinité sous-nanomolaire (Ki = 0,26 nM) sans stimulation mesurable du [35S]GTPγS via CB2. Andersen et coll. (Eur J Pharmacol 2021) ajoutent une cible hors système cannabinoïde : à concentration maximale pour CB1, l'AM-1220 est l'un des trois seuls agonistes de synthèse testés à activer significativement le canal TRPV1. Au-delà de ces mesures in vitro et du modèle animal, les données humaines manquent : aucune étude contrôlée, aucune pharmacocinétique chez le volontaire, et le seul dossier médico-légal publié que nous ayons retrouvé associe l'AM-1220 à deux autres agonistes de synthèse (MAM-2201 et AM-2232), ce qui interdit de lui attribuer une causalité propre.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Laboratoire. Aucune occurrence naturelle : molécule issue de la recherche pharmaceutique, détournée vers le marché des mélanges végétaux à fumer, où elle est pulvérisée sur des plantes séchées vendues sous des noms fantaisistes. Elle a été identifiée en 2012 dans un « réactif de recherche » acheté en ligne et dans des produits illégaux au Japon (Kneisel et coll., 2012 ; Uchiyama et coll., 2012), puis dans des mélanges végétaux allemands analysés à l'automne 2012 (Langer et coll., 2014).
Première description
Décrit par l'équipe de Thomas D'Ambra chez Sterling Winthrop, dans une série d'aminoalkylindoles à liaison carbonée (D'Ambra et coll., Bioorg Med Chem Lett 1996, 6:17-22), où le racémique inhibe la liaison du [3H]WIN 55,212-2 sur cervelet de rat avec une CI50 de 1,22 nM. Il a ensuite été étudié par le laboratoire d'Alexandros Makriyannis (série « AM »). Sa première identification documentée hors laboratoire date de 2012 : dans un produit acheté en ligne comme « réactif de recherche » (Kneisel et coll., Forensic Toxicol 2012, 30:126-134) et, la même année, dans des produits illégaux au Japon (Uchiyama et coll., Forensic Toxicol 2012, 30:114-125).

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biosynthétique : l'AM-1220 n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant. Elle est obtenue par voie entièrement synthétique, dans la classe chimique des aminoalkylindoles. Décrit ici par classe chimique uniquement.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

naphthoylindole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

AM-1220 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Aminoalkylindole, sous-famille des naphtoylindoles : noyau indole substitué en position 3 par un groupe naphtalène-1-carbonyle et sur l'azote par un groupe (1-méthylpipéridin-2-yl)méthyle. Le carbone 2 du cycle pipéridine est un centre stéréogène : les mélanges végétaux analysés en 2012 contenaient le racémique (Langer et coll., 2014), alors que l'étude de Marusich et coll. (2018) décrit le composé testé comme l'énantiomère (R).

Pharmacocinétique

Aucune pharmacocinétique humaine publiée. In vitro, la demi-vie de l'AM-1220 sur microsomes hépatiques humains est estimée à 3,7 minutes, ce qui la classe parmi les composés à clairance élevée (Watanabe et coll., Forensic Toxicol 2018) : la molécule mère disparaît vite, ce qui complique sa mise en évidence directe. Dans un cas d'autopsie où le MAM-2201, l'AM-1220 et l'AM-2232 ont été détectés, les concentrations plasmatiques des composés quantifiés diffèrent entre sang cardiaque et sang fémoral, ce qui suggère une redistribution post mortem (Zaitsu et coll., Int J Legal Med 2015, corrigé en 2016).

Métabolisme

Onze métabolites décrits in vitro : neuf sur microsomes hépatiques humains, sept sur le champignon Cunninghamella elegans, cinq communs aux deux systèmes. Les transformations observées sont la déméthylation, la formation de dihydrodiol, la combinaison des deux, l'hydroxylation et la dihydroxylation. Les trois métabolites les plus abondants dans les deux modèles sont le dérivé desméthylé, le dihydrodiol et un dérivé hydroxylé, proposés comme marqueurs urinaires de consommation (Watanabe et al., Forensic Toxicol 2018). En contexte médico-légal, la N-désalkylation apparaît comme une voie commune mais mineure des naphtoylindoles chez l'humain (Zaitsu et al., 2015).

Toxicologie et risques

Aucune étude clinique, aucun essai contrôlé, aucune donnée de sécurité chez l'humain : les données humaines manquent. L'AM-1220 a été retrouvé dans le plasma et l'urine post mortem d'un cas d'autopsie, mais en présence de MAM-2201 et d'AM-2232, ce qui interdit de lui imputer le décès (Zaitsu et coll., Int J Legal Med 2015). Le risque documenté est celui de la classe des agonistes cannabinoïdes de synthèse : leur usage récréatif est associé à des effets indésirables dont l'anxiété, l'agitation et la psychose (Andersen et coll., 2021), et des décès ont été rapportés pour des associations de plusieurs composés (Marusich et coll., 2018). Deux données sont propres à l'AM-1220 : sa puissance chez la souris, environ dix-neuf fois celle du THC en discrimination de stimulus, et l'activation du canal TRPV1, qui ajoute une cible hors système cannabinoïde. Un troisième point tient au mode de distribution : dans huit mélanges végétaux analysés en Allemagne à l'automne 2012, la teneur de chaque cannabinoïde de synthèse allait de 0,4 à 303 mg/g (Langer et coll., 2014), ce qui rend la dose absorbée imprévisible.

Détection et analyse

Première identification formelle en 2012, dans un produit acheté en ligne comme réactif de recherche et dans plusieurs mélanges végétaux (Kneisel et coll., Forensic Toxicol 2012) ; la même année, l'AM-1220 figure parmi cinq agonistes de synthèse retrouvés dans des produits illégaux au Japon (Uchiyama et coll., Forensic Toxicol 2012). Piège analytique : un isomère à cycle azépane, le (N-méthylazépan-3-yl)-3-(1-naphtoyl)indole, de même formule C26H26N2O, a circulé sous la même étiquette, et les deux composés ne se distinguent pas par la seule masse ; une analyse combinant plusieurs techniques est nécessaire (Kneisel et coll., 2012). La molécule et son isomère azépane ont été identifiés puis quantifiés par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse dans des mélanges allemands à l'automne 2012 (Langer et coll., Drug Test Anal 2014) ; elle a aussi été dosée dans le plasma et l'urine post mortem par LC/Q-TOFMS (Zaitsu et coll., 2015). Les métabolites desméthylé, dihydrodiol et hydroxylé, les plus abondants in vitro, sont proposés comme marqueurs urinaires potentiels (Watanabe et coll., 2018).

Références

  1. Marusich JA et coll., Finding order in chemical chaos: continuing characterization of synthetic cannabinoid receptor agonists, Neuropharmacology 2018 : affinité CB1/CB2, [35S]GTPγS et substitution au THC pour l'AM-1220 (nouvel onglet)PMID 29113898
  2. Andersen HK et coll., Molecular signaling of synthetic cannabinoids: comparison of CB1 receptor and TRPV1 channel activation, Eur J Pharmacol 2021 : activation du canal TRPV1 par l'AM-1220 (nouvel onglet)PMID 34224700
  3. Watanabe S, Kuzhiumparambil U, Fu S, Forensic Toxicol 2018 : métabolisme in vitro de l'AM1220 (microsomes hépatiques humains, Cunninghamella elegans) (nouvel onglet)PMID 29963209
  4. Zaitsu K et coll., Int J Legal Med 2015 (erratum 2016, PMID 26718839) : détermination par LC/Q-TOFMS du MAM-2201, de l'AM-1220 et de l'AM-2232 dans le plasma et l'urine post mortem (nouvel onglet)PMID 26349566
  5. Deng H et coll., J Med Chem 2005 : analogues indoliques cannabinergiques (série AM-2233) ; valeurs de l'AM-1220 sur CB1 de rat et CB2 de souris lues dans ChEMBL (nouvel onglet)PMID 16190764
  6. Langer N et coll., Drug Test Anal 2014 : identification et quantification d'agonistes de synthèse dans des mélanges de type « spice » en Allemagne (automne 2012) (nouvel onglet)PMID 23723183
  7. D'Ambra TE et coll., C-Attached aminoalkylindoles: potent cannabinoid mimetics, Bioorg Med Chem Lett 1996;6:17-22 (nouvel onglet)DOI 10.1016/0960-894X(95)00560-G
  8. Kneisel S et coll., Identification of the cannabimimetic AM-1220 and its azepane isomer in a research chemical and several herbal mixtures, Forensic Toxicol 2012;30:126-134 (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-012-0137-6
  9. Uchiyama N et coll., Identification of two new-type synthetic cannabinoids (APICA, APINACA) and detection of five synthetic cannabinoids, dont AM-1220 et AM-1248, in illegal products, Forensic Toxicol 2012;30:114-125 (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-012-0136-7
  10. ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 (annexe IV, famille « indol-3-yl méthanone », AM-1220 cité en exemple) (nouvel onglet)
  11. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 : famille « indol-3-yl méthanone » de l'annexe IV (Légifrance, JORF du 6 avril 2017) (nouvel onglet)
  12. OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 36e édition, 2025 : l'AM-1220 n'y figure pas (AM-2201 et JWH-018 y figurent) (nouvel onglet)
  13. ChEMBL CHEMBL68641 (AM-1220) : activités mesurées et publications sources (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
[1-[(1-methylpiperidin-2-yl)methyl]indol-3-yl]-naphthalen-1-ylmethanone
Autres noms
AM1220 · AM 1220 · (±)-AM-1220 · 1-[(1-Méthylpipéridin-2-yl)méthyl]-3-(1-naphtoyl)indole · CHEMBL68641

Identifiants

Formule
C₂₆H₂₆N₂O
CAS
137642-54-7
InChIKey
URKVBEKZCMUTQC-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CN1CCCCC1CN2C=C(C3=CC=CC=C32)C(=O)C4=CC=CC5=CC=CC=C54

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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