Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : clause génériqueAM-1220
AM-1220
[1-[(1-methylpiperidin-2-yl)methyl]indol-3-yl]-naphthalen-1-ylmethanone
Alias.AM1220 · AM 1220 · (±)-AM-1220 · 1-[(1-Méthylpipéridin-2-yl)méthyl]-3-(1-naphtoyl)indole · CHEMBL68641
Agoniste CB1 de synthèse, environ dix-sept fois l'affinité du THC. Réduction des risques, pas un produit.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₆H₂₆N₂O
- Masse molaire
- 382.20 g·mol⁻¹
- CAS
- 137642-54-7
- PubChem CID
- 9929889
- Première description
- 1990 : brevet déposé par une équipe dirigée par Thomas D'Ambra chez Sterling Winthrop (US 5068234, priorité du 26 février 1990). Pharmacologie publiée en 1996 par D'Ambra et al. dans Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters, puis reprise par l'équipe d'Alexandros Makriyannis à l'université du Connecticut. Première apparition dans des mélanges végétaux à fumer en 2010, identification formelle publiée en 2012.
- Origine
- Laboratoire. Aucune occurrence naturelle : molécule issue de la recherche pharmaceutique, détournée à partir de 2010 vers le marché des mélanges végétaux à fumer, où elle est pulvérisée sur des plantes séchées vendues sous des noms fantaisistes.
- InChIKey
- URKVBEKZCMUTQC-UHFFFAOYSA-N
En clair
L'AM-1220 n'est pas un cannabinoïde du chanvre : c'est une molécule de laboratoire, créée au début des années 1990 par des chimistes pharmaceutiques, qui se fixe sur les mêmes récepteurs que le THC mais bien plus fortement. Depuis 2010, elle est retrouvée pulvérisée sur des plantes séchées vendues comme « herbe légale », souvent sous une autre étiquette. Ce n'est pas un produit de consommation : aucune étude clinique n'a jamais évalué ses effets ni sa sécurité chez l'être humain.
Récepteurs et activité
- CB1Ki = 2,40 nM (CB1 humain, déplacement du [3H]CP55,940) ; CE50 = 44,4 nM en [35S]GTPγS (Marusich et al., Neuropharmacology 2018). Dosages plus anciens sur tissus de rongeur : CI50 = 1,22 nM (cervelet de rat) et CI50 = 0,47 nM en canal déférent de souris (D'Ambra et al., 1996)Agoniste
- CB2Ki = 0,26 nM (CB2 humain) mais aucune stimulation mesurable du [35S]GTPγS via CB2, efficacité non déterminable (Marusich et al., Neuropharmacology 2018) : forte liaison sans activation détectableModulateur
- TRPV1Activation significative du canal TRPV1 à une concentration produisant l'effet maximal sur CB1 ; l'un des trois seuls agonistes de synthèse testés dans ce cas (Andersen et al., Eur J Pharmacol 2021)Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement8
- Clarté5
- Sommeil8
- Appétit8
- High8
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
L'AM-1220 appartient aux aminoalkylindoles, sous-famille des naphtoylindoles : un noyau indole portant un groupe naphtalène-1-carbonyle en position 3 et un groupe (1-méthylpipéridin-2-yl)méthyle sur l'azote. Marusich et al. (Neuropharmacology 2018) mesurent une affinité Ki = 2,40 nM sur le récepteur CB1 humain, soit environ dix-sept fois celle du Δ9-THC (40,7 nM) dans le même travail, avec une CE50 de 44,4 nM en stimulation du [35S]GTPγS ; chez la souris, l'AM-1220 se substitue complètement au THC en discrimination de stimulus, avec une puissance environ dix-neuf fois supérieure à celle du THC. Le point décisif est que les agonistes de cette classe agissent en agonistes complets sur CB1, là où le THC n'est qu'un agoniste partiel : l'effet perd son plafond, ce qui explique la gravité des intoxications décrites pour la famille. Le profil CB2 est atypique : affinité sous-nanomolaire (Ki = 0,26 nM) sans stimulation mesurable du [35S]GTPγS via CB2, donc une sélectivité fonctionnelle pour CB1. Andersen et al. (Eur J Pharmacol 2021) ajoutent une cible hors système cannabinoïde : à concentration maximale pour CB1, l'AM-1220 est l'un des trois seuls agonistes de synthèse testés à activer significativement le canal TRPV1. Au-delà de ces mesures in vitro et du modèle animal, les données humaines manquent : aucune étude contrôlée, aucune pharmacocinétique chez le volontaire, et le seul dossier médico-légal publié associe l'AM-1220 à deux autres agonistes de synthèse, ce qui interdit de lui attribuer une causalité propre.
Sources clés.
- Marusich et al., Neuropharmacology 2018 : affinité CB1/CB2, activation du [35S]GTPγS et substitution au THC pour l'AM-1220PMID 29113898
- Watanabe, Kuzhiumparambil & Fu, Forensic Toxicology 2018 : métabolisme in vitro de l'AM1220 (microsomes hépatiques humains, Cunninghamella elegans)PMID 29963209
- Andersen et al., European Journal of Pharmacology 2021 : signalisation CB1 et activation du canal TRPV1 par les agonistes de synthèse, dont l'AM1220PMID 34224700
- Zaitsu et al., International Journal of Legal Medicine 2015 (erratum 2016, PMID 26718839) : détermination par LC/Q-TOFMS de MAM-2201, AM-1220 et AM-2232 dans le plasma et l'urine post mortemPMID 26349566
- D'Ambra et al., Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters 1996 : aminoalkylindoles C-attachés, description pharmacologique d'origineDOI 10.1016/0960-894X(95)00560-G
- Kneisel et al., Forensic Toxicology 2012 : identification de l'AM-1220 et de son isomère azépane dans un réactif et plusieurs mélanges végétauxDOI 10.1007/s11419-012-0137-6
- Uchiyama et al., Forensic Toxicology 2012 : détection de l'AM-1220 et de quatre autres agonistes de synthèse dans des produits illégauxDOI 10.1007/s11419-012-0136-7
- Deng et al., Journal of Medicinal Chemistry 2005 : analogues indoliques cannabinergiques, affinités CB1/CB2 sur tissus de rongeurPMID 16190764
- Langer et al., Drug Testing and Analysis 2014 : identification et quantification d'agonistes de synthèse dans des mélanges de type « spice » en Allemagne (automne 2012)PMID 23723183
- Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 : clause générique « indol-3-yl méthanone » de l'annexe IV (Légifrance, version initiale)
- OICS, Liste verte 2026 des substances psychotropes sous contrôle international : l'AM-1220 n'y figure pas (AM-2201 et AM-678 y figurent)
- ChEMBL CHEMBL68641 (AM-1220) : recensement des activités mesurées et de leurs publications sources
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biosynthétique : l'AM-1220 n'existe ni dans le chanvre ni dans aucun organisme vivant. Elle est obtenue par voie entièrement synthétique, dans la classe chimique des aminoalkylindoles. Décrit ici par classe chimique uniquement.
Cadre légal
France
Stupéfiant en France, mais par clause générique et non nommément. L'AM-1220 n'apparaît dans aucun texte publié au Journal officiel (recherche Légifrance : aucun résultat pour « AM-1220 »). Il est capturé par l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 31 mars 2017, qui classe comme stupéfiant toute molécule de la famille des « indol-3-yl méthanone » portant sur l'azote du noyau indole un substituant de type « 1-(N-méthylpiperidin-2-yl) méthyl » et, sur le carbone du pont méthanone, un groupement de type naphtyle, le noyau étant par ailleurs substitué ou non. L'AM-1220 répond point par point à cette définition, et des analogues porteurs du même substituant azoté y sont d'ailleurs cités nommément (AM-2233, AB-005, AM-1248). Une clause de famille équivalente, visant les naphtoylindoles, figurait déjà dans la rédaction antérieure de la même annexe. Détention, cession et usage relèvent donc des articles 222-34 à 222-43 du code pénal.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle à l'échelle de l'Union européenne : aucun acte normatif de l'Union ne mentionne cette substance (recherche EUR-Lex), et elle ne fait pas partie des nouvelles substances psychoactives ajoutées à la définition de « drogue » de la décision-cadre 2004/757/JAI. Elle est également absente de la liste verte de l'Organe international de contrôle des stupéfiants, donc hors des tableaux de la convention de 1971, alors que l'AM-2201 et le JWH-018 (AM-678) y sont inscrits. Le contrôle repose donc entièrement sur les droits nationaux, souvent au moyen de clauses génériques de famille chimique comme en France ; plusieurs États hors Union européenne la contrôlent également par voie nationale.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Laboratoire. Aucune occurrence naturelle : molécule issue de la recherche pharmaceutique, détournée à partir de 2010 vers le marché des mélanges végétaux à fumer, où elle est pulvérisée sur des plantes séchées vendues sous des noms fantaisistes.
- Statut
- Stupéfiant : clause générique
Aminoalkylindole, sous-famille des naphtoylindoles : noyau indole substitué en position 3 par un groupe naphtalène-1-carbonyle et sur l'azote par un groupe (1-méthylpipéridin-2-yl)méthyle. Le carbone 2 du cycle pipéridine est un centre stéréogène ; la molécule circule sous forme racémique et la littérature d'origine décrit une forte énantiosélectivité en faveur de l'énantiomère (R).
Pharmacocinétique
Aucune pharmacocinétique humaine publiée. In vitro, la demi-vie de l'AM-1220 sur microsomes hépatiques humains est estimée à 3,7 minutes, ce qui la classe parmi les composés à clairance hépatique élevée (Watanabe et al., Forensic Toxicol 2018) : la molécule mère disparaît vite de la circulation, ce qui complique sa mise en évidence directe. Dans le seul cas d'autopsie publié, les concentrations plasmatiques diffèrent entre sang cardiaque et sang fémoral, ce qui suggère une redistribution post mortem (Zaitsu et al., Int J Legal Med 2015, corrigé en 2016).
Métabolisme
Onze métabolites décrits in vitro : neuf sur microsomes hépatiques humains, sept sur le champignon Cunninghamella elegans, cinq communs aux deux systèmes. Les transformations observées sont la déméthylation, la formation de dihydrodiol, la combinaison des deux, l'hydroxylation et la dihydroxylation. Les trois métabolites les plus abondants dans les deux modèles sont le dérivé desméthylé, le dihydrodiol et un dérivé hydroxylé, proposés comme marqueurs urinaires de consommation (Watanabe et al., Forensic Toxicol 2018). En contexte médico-légal, la N-désalkylation apparaît comme une voie commune mais mineure des naphtoylindoles chez l'humain (Zaitsu et al., 2015).
Toxicologie et risques
Aucune étude clinique, aucun essai contrôlé, aucune donnée de sécurité chez l'humain : les données humaines manquent. L'AM-1220 a été retrouvé dans le plasma et l'urine post mortem d'un cas d'autopsie, mais en présence de MAM-2201 et d'AM-2232, ce qui interdit de lui imputer le décès (Zaitsu et al., Int J Legal Med 2015). Le risque documenté est celui de la classe des agonistes cannabinoïdes de synthèse, agonistes complets de CB1 alors que le THC n'en est qu'un agoniste partiel : agitation, confusion et délire, convulsions, tachycardie et troubles du rythme, vomissements incoercibles, atteinte rénale aiguë et décès sont rapportés pour cette famille. Deux facteurs aggravants sont propres à l'AM-1220 : sa puissance in vivo, environ dix-neuf fois celle du THC en discrimination de stimulus chez la souris, et l'activation du canal TRPV1, qui ajoute une cible hors système cannabinoïde. Un troisième tient au mode de distribution : la pulvérisation sur matière végétale répartit la molécule de façon très inégale, si bien que deux prélèvements d'un même sachet n'en contiennent pas la même quantité.
Détection et analyse
Première identification formelle en 2012, dans un produit vendu comme réactif de laboratoire et dans plusieurs mélanges végétaux, par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse et résonance magnétique nucléaire (Kneisel et al., Forensic Toxicol 2012) ; la même année, l'AM-1220 figure parmi cinq agonistes de synthèse retrouvés dans des produits illégaux au Japon (Uchiyama et al., Forensic Toxicol 2012). Piège analytique majeur : un isomère à cycle azépane de sept sommets, le (N-méthylazépan-3-yl)-3-(1-naphtoyl)indole, a circulé sous la même étiquette et ne se distingue pas de l'AM-1220 par la seule masse (Kneisel et al. 2012 ; Nakajima et al., Forensic Toxicol 2013). La molécule a ensuite été quantifiée dans des mélanges de type « spice » en Allemagne à l'automne 2012 (Langer et al., Drug Test Anal 2014), recherchée dans les cheveux (Salomone et al., Drug Test Anal 2014) et dosée dans le plasma et l'urine post mortem par LC/Q-TOFMS (Zaitsu et al., 2015). Les immunoessais cannabis de routine ne la détectent pas : le dépistage repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en ciblant les métabolites desméthylé, dihydrodiol et hydroxylé.
Références
- 1.Marusich et al., Neuropharmacology 2018 : affinité CB1/CB2, activation du [35S]GTPγS et substitution au THC pour l'AM-1220PMID 29113898
- 2.Watanabe, Kuzhiumparambil & Fu, Forensic Toxicology 2018 : métabolisme in vitro de l'AM1220 (microsomes hépatiques humains, Cunninghamella elegans)PMID 29963209
- 3.Andersen et al., European Journal of Pharmacology 2021 : signalisation CB1 et activation du canal TRPV1 par les agonistes de synthèse, dont l'AM1220PMID 34224700
- 4.Zaitsu et al., International Journal of Legal Medicine 2015 (erratum 2016, PMID 26718839) : détermination par LC/Q-TOFMS de MAM-2201, AM-1220 et AM-2232 dans le plasma et l'urine post mortemPMID 26349566
- 5.D'Ambra et al., Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters 1996 : aminoalkylindoles C-attachés, description pharmacologique d'origineDOI 10.1016/0960-894X(95)00560-G
- 6.Kneisel et al., Forensic Toxicology 2012 : identification de l'AM-1220 et de son isomère azépane dans un réactif et plusieurs mélanges végétauxDOI 10.1007/s11419-012-0137-6
- 7.Uchiyama et al., Forensic Toxicology 2012 : détection de l'AM-1220 et de quatre autres agonistes de synthèse dans des produits illégauxDOI 10.1007/s11419-012-0136-7
- 8.Deng et al., Journal of Medicinal Chemistry 2005 : analogues indoliques cannabinergiques, affinités CB1/CB2 sur tissus de rongeurPMID 16190764
- 9.Langer et al., Drug Testing and Analysis 2014 : identification et quantification d'agonistes de synthèse dans des mélanges de type « spice » en Allemagne (automne 2012)PMID 23723183
- 10.Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 : clause générique « indol-3-yl méthanone » de l'annexe IV (Légifrance, version initiale)
- 11.OICS, Liste verte 2026 des substances psychotropes sous contrôle international : l'AM-1220 n'y figure pas (AM-2201 et AM-678 y figurent)
- 12.ChEMBL CHEMBL68641 (AM-1220) : recensement des activités mesurées et de leurs publications sources
Données structurées
- InChIKey
- URKVBEKZCMUTQC-UHFFFAOYSA-N
- Formule
- C26H26N2O
- Masse molaire
- 382.20 g·mol⁻¹
- CAS
- 137642-54-7
- PubChem CID
- 9929889
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
Produits suggérés
AM-1220est classé en France : Phytogrammes ne le distribue pas, voici l'alternative légale.
La gamme ci-dessous reste dans le cadre légal (THC < 0,3 %, variétés au Catalogue européen) et travaille les mêmes voies que le composé recherché : fleurs, résines, huiles full-spectrum, chaque lot signé HPLC.


