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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Non listé

AKB-48

AKB-48 (APINACA)

N-(1-adamantyl)-1-pentylindazole-3-carboxamide

Alias.APINACA · AKB48

Cannabinoïde de synthèse adamantylé, agoniste complet de CB1, stupéfiant nommément classé en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₃H₃₁N₃O
Masse molaire
365.50 g·mol⁻¹
CAS
1345973-53-6
PubChem CID
57404063
Première description
Identifiée en mars 2012 par des laboratoires japonais dans des mélanges à fumer vendus comme produits légaux, en même temps que son homologue à noyau indole APICA. Le composé n'avait été décrit auparavant ni dans la littérature scientifique ni dans la littérature de brevets. La désignation commerciale AKB-48 reprend le nom d'un groupe de musique japonais et n'a aucune signification chimique. Le comité OMS d'experts de la pharmacodépendance l'a examinée une première fois lors de sa 36e réunion en juin 2014, puis à nouveau lors de sa 42e réunion en octobre 2019.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle appartient au marché des cannabinoïdes de synthèse : la production est attribuée à des sociétés chimiques implantées en Chine, le conditionnement se faisant ensuite dans le pays de destination, le plus souvent par pulvérisation d'une solution sur un support végétal inerte ou par mise en solution pour vaporisateur. Aucun usage médical, alimentaire ou industriel n'existe pour ce composé.
InChIKey
UCTCCIPCJZKWEZ-UHFFFAOYSA-N

En clair

L'AKB-48 est une molécule fabriquée en laboratoire, absente du chanvre. Elle a circulé à partir de 2012 dans des mélanges à fumer vendus comme produits légaux, pulvérisée sur des feuilles inertes. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC, mais de façon beaucoup plus intense ; elle est classée comme stupéfiant en France et son usage expose à des accidents graves.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki 3,24 nM (CHO, récepteur humain) ; CI50 5,39 nM sur l'AMP cyclique stimulé par la forskoline ; agoniste completAgoniste
  • CB2
    Ki 1,68 nM (CHO, récepteur humain) ; CI50 2,13 nM ; agoniste completAgoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    12
  • Clarté
    8
  • Sommeil
    14
  • Appétit
    16
  • High
    20

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

L'APINACA est un carboxamide d'indazole substitué par un groupement adamantyle, agoniste complet des récepteurs CB1 et CB2. Sur cellules CHO exprimant les récepteurs humains, les affinités rapportées sont de 3,24 nM sur CB1 et de 1,68 nM sur CB2, environ dix fois celles du Δ9-THC, l'activation fonctionnelle étant confirmée par l'inhibition de l'AMP cyclique stimulé par la forskoline. La différence avec le cannabis tient moins à l'affinité qu'à l'efficacité : le THC n'est qu'un agoniste partiel de CB1, alors que cette molécule active pleinement le récepteur, sans plafond d'effet. Chez la souris, elle reproduit la tétrade cannabinoïde, hypomotricité, analgésie, hypothermie et catalepsie, provoque des signes neurologiques abolis par un antagoniste de CB1, et augmente la libération de dopamine dans la coque du noyau accumbens sans l'accroître dans le striatum ; chez le rat entraîné à discriminer le THC, elle s'y substitue entièrement. La pharmacologie humaine, en revanche, n'a jamais été étudiée : les données humaines manquent sur la dose active, la cinétique, le potentiel de dépendance et les effets d'un usage répété, et les seules mesures publiées proviennent de prélèvements sanguins de conducteurs contrôlés. Le métabolisme, assuré principalement par le CYP3A4, procède par hydroxylations multiples de la cage adamantane suivies de conjugaisons.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biologique : ce composé ne provient d'aucun métabolisme végétal ni animal. Il résulte exclusivement de la synthèse organique, par formation d'un pont carboxamide entre un acide indazole-3-carboxylique alkylé sur l'azote 1 et une amine adamantylée. Sa structure s'apparente à celle de composés cannabinoïdes décrits dans un brevet universitaire américain de 2003, dont elle se distingue par la simple chaîne pentyle portée par l'azote 1 du noyau indazole.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle appartient au marché des cannabinoïdes de synthèse : la production est attribuée à des sociétés chimiques implantées en Chine, le conditionnement se faisant ensuite dans le pays de destination, le plus souvent par pulvérisation d'une solution sur un support végétal inerte ou par mise en solution pour vaporisateur. Aucun usage médical, alimentaire ou industriel n'existe pour ce composé.
Statut
Non listé

Carboxamide d'indazole de la famille dite PINACA : noyau indazole portant une chaîne pentyle sur l'azote 1 et un pont carboxamide en position 3, dont l'azote est substitué par un groupement adamantan-1-yle. Le squelette n'a aucun rapport avec celui des cannabinoïdes végétaux, bâtis sur un dibenzopyrane ou un résorcinol. La molécule ne possède aucun centre stéréogène et n'a donc pas de stéréoisomères.

Pharmacocinétique

La voie d'administration présumée est l'inhalation, par combustion du produit pulvérisé sur un support végétal ou par vaporisation d'une solution. La dose produisant un effet chez l'humain n'est pas connue, et l'absorption, la distribution et la cinétique d'élimination n'ont jamais été étudiées. Les seules mesures humaines publiées proviennent d'une petite série de conducteurs contrôlés, avec des concentrations sanguines comprises entre 0,24 et 24,5 µg/L, chiffres que les auteurs eux-mêmes appellent à interpréter avec prudence puisque ni la quantité consommée ni le moment de la prise n'étaient connus. Chez la souris, la suppression de l'activité locomotrice apparaît dix à vingt minutes après injection intrapéritonéale et se maintient environ soixante-dix à cent minutes.

Métabolisme

Le métabolisme est hépatique et extensif, porté principalement par le cytochrome P450 3A4. Les travaux menés sur hépatocytes humains ont d'abord décrit dix-sept métabolites de phase I et II, puis les analyses sur microsomes hépatiques et sur urines authentiques en ont dénombré une quarantaine, dont plusieurs sont propres à cette molécule et permettent de la distinguer de son analogue fluoré. Les transformations dominantes sont des mono-, di- et trihydroxylations de la cage adamantane et, plus accessoirement, de la chaîne pentyle, suivies de conjugaisons au glucuronide ; une formation de cétone est également rapportée. Le composé inchangé se retrouve difficilement dans l'urine, ce qui impose de rechercher les métabolites. Des travaux in vitro ont par ailleurs évalué son potentiel d'inhibition des cytochromes P450, des UDP-glucuronosyltransférases et des transporteurs médicamenteux humains.

Toxicologie et risques

Aucune évaluation toxicologique systématique n'a été conduite et les données humaines manquent : il n'existe aucune enquête formelle sur les effets indésirables attribuables spécifiquement à cette molécule, ni aucune donnée sur l'usage chronique. Chez la souris mâle, l'administration aiguë provoque convulsions spontanées ou déclenchées par la manipulation, hyperréflexie, myoclonies, redressement de la queue et agressivité spontanée ; ces signes, observés chez une partie seulement des animaux, sont abolis par un antagoniste de CB1, ce qui les rattache à l'activation de ce récepteur. Sur une lignée cellulaire neuronale humaine, la viabilité décroît avec la concentration, l'apoptose dominant aux faibles concentrations et coexistant avec la nécrose aux plus fortes ; inflammation et stress oxydant sont proposés comme mécanismes. Par analogie de classe, les agonistes complets de CB1 exposent à des tableaux plus sévères que le cannabis : tachycardie, vomissements, convulsions, agitation, confusion, crises d'angoisse et épisodes psychotiques. La répartition inégale du produit sur le support végétal crée des zones fortement dosées, et l'usager ignore le plus souvent quelle molécule se trouve réellement dans le mélange.

Détection et analyse

La molécule échappe aux immunoessais cannabinoïdes courants, calibrés sur les métabolites du THC. Son identification repose sur la chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, y compris en haute résolution, avec un étalon de référence certifié ; des méthodes par spectrométrie de masse à temps de vol, par résonance cyclotronique ionique et par spectroscopie proche infrarouge ont également été décrites pour l'analyse des saisies. En toxicologie urinaire, la recherche porte sur les métabolites hydroxylés de la cage adamantane, plusieurs d'entre eux étant spécifiques de ce composé face à son analogue fluoré. Les isomères 1-adamantyle et 2-adamantyle se différencient par ionisation électronique. Un étalon de référence médico-légal est disponible.

Références

  1. 1.OMS, Comité d'experts de la pharmacodépendance, 42e réunion : rapport d'examen critique APINACA (AKB-48), Genève, octobre 2019
  2. 2.Gandhi AS et coll., First characterization of AKB-48 metabolism, a novel synthetic cannabinoid, using human hepatocytes and high-resolution mass spectrometry, AAPS Journal, 2013PMID 23913126
  3. 3.Canazza I et coll., Effect of the novel synthetic cannabinoids AKB48 and 5F-AKB48 on tetrad, sensorimotor, neurological and neurochemical responses in mice, Psychopharmacology, 2016PMID 27527584
  4. 4.Oztas E et coll., Inflammation and oxidative stress are key mediators in AKB48-induced neurotoxicity in vitro, Toxicology in Vitro, 2019PMID 30550854
  5. 5.Kim S et coll., In vitro inhibitory effects of APINACA on human major cytochrome P450, UDP-glucuronosyltransferase enzymes and drug transporters, Molecules, 2019PMID 31430908
  6. 6.Corli G et coll., Sex-specific behavioural, metabolic and immunohistochemical changes after repeated administration of the synthetic cannabinoid AKB48 in mice, British Journal of Pharmacology, 2024PMID 38148741
  7. 7.Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
  8. 8.ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026
  9. 9.PubChem, APINACA, CID 57404063

Données structurées

InChIKey
UCTCCIPCJZKWEZ-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCN1C2=CC=CC=C2C(=N1)C(=O)NC34CC5CC(C3)CC(C5)C4
Formule
C23H31N3O
Masse molaire
365.50 g·mol⁻¹
CAS
1345973-53-6
PubChem CID
57404063
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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