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AEF0117

Dérivé de la prégnénolone étudié comme frein sélectif du récepteur CB1, sans effet propre connu.

Niveau de détail

C₂₉H₄₀O₃

CID 139433957

Famille
Outil pharmacologique du SECModulateur allostérique
Masse molaire
436,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

AEF0117 est une molécule de laboratoire dérivée d'une hormone naturelle, la prégnénolone. Elle n'a rien à voir avec le CBD, ne se trouve dans aucune plante et n'est vendue nulle part. Elle a été conçue pour atténuer une partie seulement des effets du THC sur le récepteur CB1 sans bloquer entièrement ce récepteur, et testée dans des essais cliniques chez des consommateurs de cannabis ; un essai de phase 2b n'a pas atteint son critère principal.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1ModulateurIC50 = 3 nM · humaininhibition de la baisse de respiration cellulaire induite par le THC (1 µM), cellules HEK293 exprimant le CB1 humain ; sans effet sur l'AMPc ; p-ERK1/2 : CI50 d'environ 300 nM ; sans effet sur la liaison du [3H]CP 55,940
  • Se lie ou module

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AEF0117 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AEF0117.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1ModulateurIC50 = 3 nM · humain75 sur 100

    Haney et coll., Nat Med 2023 (nouvel onglet) · inhibition de la baisse de respiration cellulaire induite par le THC (1 µM), cellules HEK293 exprimant le CB1 humain ; sans effet sur l'AMPc ; p-ERK1/2 : CI50 d'environ 300 nM ; sans effet sur la liaison du [3H]CP 55,940

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Effets mesurés

Non caractérisé. Aucun essai humain contrôlé contre placebo n'a mesuré les effets de AEF0117 : aucun niveau n'est donc affiché.

Niveaux calculés à partir d'essais humains contrôlés contre placebo : écart au placebo sur 100, à la dose et par la voie indiquées. Lire la méthode

Pharmacologie

AEF0117 n'est pas un cannabinoïde mais un stéroïde dérivé de la prégnénolone, conçu comme inhibiteur signal-spécifique du récepteur CB1 (CB1-SSi). Il inhibe une partie des effets intracellulaires de la liaison du THC (baisse de la respiration cellulaire, phosphorylation de ERK1/2), avec une CI50 de 3 nM sur la respiration cellulaire dans un modèle cellulaire, sans modifier la voie de l'AMPc ni la liaison de l'agoniste [3H]CP 55,940 ; cette sélectivité s'accompagne d'une absence d'effet comportemental propre. Chez la souris et le singe écureuil, il a diminué l'auto-administration de cannabinoïdes et les perturbations comportementales liées au THC sans effets indésirables notables ; chez la souris, aucun des effets associés aux antagonistes du CB1 (baisse de la prise alimentaire, comportements de type anxieux ou dépressif, sevrage précipité, sécrétion de glucocorticoïdes) n'a été observé (Haney et coll. 2023). Dans les essais de phase 1 (doses de 0,2 à 6 mg), la molécule a été bien tolérée ; dans un essai croisé de phase 2a chez des consommateurs de cannabis (0,06 mg et 1 mg), elle a réduit les effets subjectifs positifs du cannabis de 19 % (0,06 mg) et de 38 % (1 mg) par rapport au placebo, et l'auto-administration de cannabis à 1 mg, sans précipiter de sevrage. Un essai de phase 2b chez 333 participants en demande de soins (0,1, 0,3 et 1 mg par jour pendant 12 semaines) n'a pas atteint son critère principal ni ses critères secondaires, selon le communiqué du promoteur du 4 septembre 2024. Aucune autorisation de mise sur le marché n'a été retrouvée.

Histoire

Provenance
Molécule issue du laboratoire, dérivée de la prégnénolone, une hormone stéroïde présente chez l'humain : elle a été conçue par modification des carbones C3 et C17 du noyau stéroïde afin d'obtenir des dérivés non métabolisables (Haney et coll. 2023). Elle n'est connue ni dans le chanvre ni dans une autre plante.
Première description
Le travail part de l'équipe bordelaise de Piazza (université de Bordeaux, Inserm), qui a montré en 2014 dans Science (Vallée et coll.) que la prégnénolone, libérée en réponse à de fortes concentrations de THC, protège le cerveau de l'intoxication cannabique ; elle se fixe sur un site du CB1 et inhibe une partie seulement des réponses intracellulaires déclenchées par son activation (Haney et coll. 2023). La prégnénolone ayant une demi-vie courte, une faible biodisponibilité orale et étant convertie en d'autres stéroïdes actifs, des dérivés non métabolisables ont été conçus par la société Aelis Farma (Bordeaux) ; AEF0117, premier inhibiteur signal-spécifique du CB1 (CB1-SSi), est décrit dans une publication de 2023 par Haney, Vallée, Fabre et leurs collègues dans Nature Medicine.

Origine

Outil de recherche

Aucune voie biosynthétique connue, végétale ou humaine : AEF0117 est un composé de synthèse, un dérivé 3-O-(4-méthoxybenzyl) de la prégnénolone, qui n'est pas converti chez l'animal ni chez l'humain en stéroïdes situés en aval de la prégnénolone (Haney et coll. 2023).

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Outil pharmacologique du SEC › Modulateur allostérique

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

Pas d'article dédié.

Classification structurelle

Stéroïde de la série prégnane, plus précisément un dérivé 3-O-benzylé de la prégnénolone : la fonction hydroxyle en position 3β porte un groupe 4-méthoxybenzyle, la cétone en position 20 et la double liaison 5,6 étant conservées. Aucun cycle terpénophénolique n'est présent, donc aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes du chanvre.

Pharmacocinétique

Composé très hydrophobe (logP prédit de 5,79). Chez les rongeurs, l'huile de maïs a donné la meilleure absorption orale : Tmax de 3 heures chez la souris et le rat, et rapport des aires sous la courbe cerveau sur plasma supérieur à 4. Chez le volontaire sain, le Tmax est d'environ 3 heures, Cmax et aire sous la courbe sont proportionnelles à la dose, et la demi-vie terminale est considérablement plus longue que chez l'animal : 152 à 258 heures dans l'étude à doses répétées ; les auteurs l'attribuent à la distribution dans le tissu adipeux et à la stabilité métabolique (Haney et coll. 2023).

Métabolisme

Le composé n'est pas notablement métabolisé par les grandes voies du métabolisme des médicaments (cytochromes P450 et enzymes de phase II) et ne modifie pas leur activité ; aucun métabolite représentant plus de 1 % du composé parent n'a été identifié. Il n'est converti ni chez l'animal ni chez le volontaire sain en testostérone, déhydroépiandrostérone, allopregnanolone, cortisol, œstradiol ou progestérone (Haney et coll. 2023). Une étude de bilan de masse avec [4-14C]AEF0117 chez 8 volontaires sains (NCT05554926) est enregistrée comme terminée en 2023, sans résultat déposé.

Toxicologie et risques

Dans les tests de pharmacologie de sécurité (hERG, test d'Irwin, respiration, paramètres cardiovasculaires chez le chien), aucun effet indésirable n'a été relevé. Dans les essais de phase 1 (doses unique et répétées) et de phase 2a, aucun événement indésirable grave lié au traitement n'a été rapporté ; un épisode modéré de prurit avec éruption cutanée après 0,6 mg a conduit à l'arrêt du traitement chez un volontaire, et une élévation asymptomatique de la créatine phosphokinase et de la myoglobine a été observée 6 jours après 2 mg chez un volontaire, non reproduite dans la cohorte répétée (Haney et coll. 2023). La demi-vie terminale très longue est un point de vigilance ; le recul clinique reste limité.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
1-[(3S,8S,9S,10R,13S,14S,17S)-3-[(4-methoxyphenyl)methoxy]-10,13-dimethyl-2,3,4,7,8,9,11,12,14,15,16,17-dodecahydro-1H-cyclopenta[a]phenanthren-17-yl]ethanone
Autres noms
lixosicone · AEF-0117 · 3beta-[(4-methoxyphenyl)methoxy]pregn-5-en-20-one · 3β-(4-méthoxybenzyloxy)prégn-5-én-20-one

Identifiants

Formule
C₂₉H₄₀O₃
InChIKey
AAZPIQPULVRHOW-SFKJMYEFSA-N
SMILES
CC(=O)[C@H]1CC[C@@H]2[C@@]1(CC[C@H]3[C@H]2CC=C4[C@@]3(CC[C@@H](C4)OCC5=CC=C(C=C5)OC)C)C

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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