AB-CHMINACA
Indazole-3-carboxamide agoniste complet de CB1 et CB2 ; tableau II de la Convention de 1971 depuis 2018, stupéfiant en France.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₀H₂₈N₄O₂
CAS 1185887-21-1
- Famille
- Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
- Masse molaire
- 356,47 g/mol
Mis à jour le
En clair
L'AB-CHMINACA est une molécule fabriquée en laboratoire, sans aucun rapport avec le chanvre. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le cannabis. Dans une série de 98 décès autour de Munich (2014-2020), elle figure parmi les cannabinoïdes de synthèse les plus fréquemment retrouvés. Elle est classée comme stupéfiant en France et figure au tableau II de la Convention de 1971.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AB-CHMINACA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AB-CHMINACA.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1AgonisteKi = 0,8 nM · humain85 sur 100
Wiley et al. 2015, J Pharmacol Exp Ther (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB1 humain
- CB2AgonisteKi = 0,5 nM · humain89 sur 100
Wiley et al. 2015, J Pharmacol Exp Ther (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, CB2 humain
Pharmacologie
L'AB-CHMINACA appartient aux agonistes de synthèse des récepteurs cannabinoïdes, dans la famille des indazole-3-carboxamides à résidu valinamide. Wiley et al. (2015) la décrivent comme un agoniste complet de CB1 et CB2, d'affinité nanomolaire (Ki = 0,78 nM au CB1 et 0,45 nM au CB2), dont l'efficacité dépasse celle de la plupart des agonistes complets connus du CB1 ; chez la souris, elle se substitue au Δ9-THC dans un test de discrimination, avec une ED50 de 0,34 µmol/kg contre 5,7 µmol/kg pour le Δ9-THC. Cette efficacité maximale explique l'écart avec le cannabis : le Δ9-THC n'active le récepteur que partiellement. Aucune étude d'administration contrôlée chez l'être humain n'a été retrouvée dans les sources consultées ; les données humaines viennent de séries d'expertises post mortem, comme celle de Groth et al. (2023) : sur 98 décès autour de Munich entre 2014 et 2020 impliquant 41 agonistes de synthèse, ces substances avaient un rôle causal dans 51 % des cas, et l'AB-CHMINACA était la troisième la plus fréquente, après le 5F-ADB et le 5F-MDMB-PICA. Chez la souris, une administration quotidienne pendant quatre semaines a produit des altérations histologiques du foie et du rein, y compris aux faibles doses (Mohammad et al. 2024).
Sources clés.
- Wiley et al. · J Pharmacol Exp Ther 2015 (nouvel onglet)PMID 26105953
- Longworth et al. · Forensic Toxicol 2016 (nouvel onglet)PMID 27547266
- Sommer et al. · Addiction 2026 (nouvel onglet)PMID 41423817
- Eccarius et al. · J Anal Toxicol 2026 (nouvel onglet)PMID 42226022
- Abdelgadir et al. · Med Sci Law 2026 (nouvel onglet)PMID 41642956
- Mohammad et al. · Forensic Toxicol 2024 (nouvel onglet)PMID 37573525
- Groth et al. · Int J Legal Med 2023 (nouvel onglet)PMID 37072496
- Santos et al. · Pharmaceuticals 2025 (nouvel onglet)PMID 40284016
Histoire
- Provenance
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre et de tout organisme vivant. Elle a été signalée en 2013 dans plusieurs pays comme substance d'abus (Mohammad et al. 2024).
- Première description
- Décrite parmi les indazole-3-carboxamides du brevet Pfizer WO 2009/106980 (priorité du 29 février 2008, publié le 3 septembre 2009) ; signalée en 2013 comme substance d'abus dans plusieurs pays (Mohammad et al. 2024) ; le régio-isomère 2-alkyl-2H-indazole a été identifié dans des produits au Japon (Longworth et al. 2016).
Origine
Synthèse en laboratoire
Aucune voie de biosynthèse connue : la molécule n'existe dans aucun organisme vivant et ne dérive d'aucun précurseur végétal. C'est une molécule de synthèse de la classe des indazole-3-carboxamides, décrite ici par sa classe chimique uniquement, sans aucun rapport avec la voie du cannabigérol qui engendre les cannabinoïdes du chanvre.
Cadre légal
- International
Convention de 1971 : tableau II
- Union européenne
Aucune mesure de contrôle de l'Union ne le nomme
- France
Annexe III : stupéfiant
Arrêté du 14 octobre 2019 (cité par l'ANSM) ; liste consolidée ANSM du 26/06/2026
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive
- Classe
indazole-3-carboxamide
- Vérification
Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.
- Wikipédia (anglais)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Cannabinoïde de synthèse de la famille des indazole-3-carboxamides, sous-groupe des valinamides. La molécule associe un noyau indazole, une chaîne cyclohexylméthyle portée par l'azote 1 et un résidu amide dérivé de la L-valine. Elle ne partage aucun squelette avec les cannabinoïdes du chanvre, qui reposent sur un motif dibenzopyrane ou résorcinol.
Pharmacocinétique
Aucune étude d'administration contrôlée chez l'humain n'a été retrouvée dans les sources consultées. Chez le rat, après administration orale par gavage, Abdelgadir et al. (2026) rapportent une élimination biphasique avec une demi-vie de 13,8 h, un volume de distribution de 228,75 L et une clairance de 11,4 L/h. In vitro, l'AB-CHMINACA se lie fortement à l'albumine sérique humaine (de 98,7 à 99,9 % pour cinq cannabinoïdes de synthèse testés), avec une compétition sur le site I (warfarine) et sur le site II (L-tryptophane) (Santos et al. 2025).
Métabolisme
Les incubations sur microsomes hépatiques humains identifient neuf métabolites de l'AB-CHMINACA, issus notamment de l'hydrolyse de l'ester ou de l'amide, d'oxydations, de carboxylations et de désalkylations ; deux ont été retrouvés dans des échantillons authentiques (Eccarius et al. 2026). Chez le rat, quatre métabolites majeurs de phase I ont été identifiés, le dérivé dihydroxylé étant le plus abondant dans les urines entre 8 et 24 h (Abdelgadir et al. 2026).
Toxicologie et risques
Groth et al. (2023) classent l'AB-CHMINACA parmi les agonistes de synthèse les plus fréquents dans 98 décès autour de Munich (2014-2020) ; les agonistes de synthèse y avaient un rôle causal dans 51 % des cas, contributif dans 26 % et non significatif dans 23 %, et leur rôle a fortement diminué depuis la loi allemande sur les nouvelles substances psychoactives. Chez la souris, une administration quotidienne par voie intrapéritonéale de 0,3, 3 ou 10 mg/kg pendant quatre semaines provoque congestion, hémorragie, dégénérescence et infiltration cellulaire du foie et du rein (Mohammad et al. 2024) ; une toxicité aiguë dose-dépendante (léthargie, convulsions, mortalité à 50 mg/kg) a aussi été décrite (Abdelgadir et al. 2026).
Détection et analyse
Les métabolites peuvent allonger la fenêtre de détection, la molécule mère étant rapidement métabolisée et présente à des concentrations faibles ou indétectables, notamment dans l'urine (Eccarius et al. 2026). Longworth et al. (2016) ont caractérisé les régio-isomères 2-alkyl-2H-indazole, de faible puissance (micromolaire), qui peuvent être distingués par leur fragmentation en chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse.
Références
- Wiley et al. · J Pharmacol Exp Ther 2015 (nouvel onglet)PMID 26105953
- Longworth et al. · Forensic Toxicol 2016 (nouvel onglet)PMID 27547266
- Sommer et al. · Addiction 2026 (nouvel onglet)PMID 41423817
- Eccarius et al. · J Anal Toxicol 2026 (nouvel onglet)PMID 42226022
- Abdelgadir et al. · Med Sci Law 2026 (nouvel onglet)PMID 41642956
- Mohammad et al. · Forensic Toxicol 2024 (nouvel onglet)PMID 37573525
- Groth et al. · Int J Legal Med 2023 (nouvel onglet)PMID 37072496
- Santos et al. · Pharmaceuticals 2025 (nouvel onglet)PMID 40284016
Identifiants
Nomenclature
- Nom IUPAC
- N-[(2S)-1-amino-3-methyl-1-oxobutan-2-yl]-1-(cyclohexylmethyl)indazole-3-carboxamide
Identifiants
- Formule
- C₂₀H₂₈N₄O₂
- CAS
- 1185887-21-1
- PubChem CID
- 44206133(nouvel onglet)
- InChIKey
- KJNZIEGLNLCWTQ-KRWDZBQOSA-N
- SMILES
- CC(C)
[C@@H] (C(= O) N) NC(= O) C1= NN(C2= CC= CC= C21) CC3CCCCC3
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