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AB-CHFUPYCA

Cannabinoïde de synthèse à noyau pyrazole, très faiblement actif sur CB1 in vitro ; aucune donnée humaine.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₂H₂₉FN₄O₂

CAS 1870799-79-3

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
400,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

AB-CHFUPYCA est une molécule fabriquée en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre : elle a été retrouvée pulvérisée sur des végétaux séchés vendus comme encens ou comme herbe à fumer, et aussi sous forme de poudre. À la différence de la plupart des produits de ce genre, les essais de laboratoire montrent qu'elle active très peu les récepteurs du cannabis et qu'elle aurait plutôt tendance à les bloquer. Aucune donnée humaine n'existe : ni ses effets ni ses risques réels ne sont connus.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1Agoniste partielActivation seulement aux plus fortes concentrations testées, sans plateau : EC50 non déterminable, Emax de l'ordre de 57 % de celui du CP55,940 à 25 µM (recrutement de la β-arrestine 2, Deventer et al., 2023) ; inactif sur CB1 humain en essai calcique (Bäckberg et al., 2023)
  • Active
  • Bloque ou inhibe

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AB-CHFUPYCA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AB-CHFUPYCA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1Agoniste partielaucune valeur mesurée citée

    Activation seulement aux plus fortes concentrations testées, sans plateau : EC50 non déterminable, Emax de l'ordre de 57 % de celui du CP55,940 à 25 µM (recrutement de la β-arrestine 2, Deventer et al., 2023) ; inactif sur CB1 humain en essai calcique (Bäckberg et al., 2023)

  2. CB2Agoniste partielaucune valeur mesurée citée

    Aucune activation utile : Emax de l'ordre de 6 % de celui du CP55,940 à 25 µM, EC50 non déterminable (Deventer et al., 2023)

  3. CB1 (antagonisme)Antagonisteaucune valeur mesurée citée

    Pré-incubation à 10 µM : diminution du signal induit par le JWH-018 sur CB1 ; antagonisme le plus marqué pour les régio-isomères 5,3 (Deventer et al., 2023)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

AB-CHFUPYCA appartient aux agonistes de synthèse des récepteurs cannabinoïdes, dans la famille des pyrazole-carboxamides à résidu valinamide, où le noyau pyrazole remplace l'indazole des séries PINACA et CHMINACA. Les études pharmacologiques retrouvées donnent un résultat inhabituel pour cette classe : dans un essai de recrutement de la β-arrestine 2 (Deventer et ses collègues, 2023), la molécule n'active CB1 que faiblement et seulement aux concentrations les plus élevées, sans plateau exploitable, n'active pas CB2, et se comporte plutôt comme un bloqueur des deux récepteurs ; dans un essai de signal calcique sur le CB1 humain, Bäckberg et ses collègues (2023) l'ont trouvée inactive. Elle ne présente donc pas l'agonisme complet de CB1 qui caractérise les cannabinoïdes de synthèse dangereux et qui les sépare du THC, simple agoniste partiel. Deventer et ses collègues en concluent que la menace sanitaire immédiate est probablement limitée, vu la faible activité de ces composés sur les récepteurs cannabinoïdes. Ce qui reste établi est mince : des mesures in vitro, un métabolisme décrit sur microsomes humains, et rien d'autre. Les données humaines manquent entièrement, aucune étude chez l'humain ni chez l'animal n'ayant été retrouvée, et la faible activité observée in vitro ne dit rien de la sécurité d'un produit clandestin dont la composition réelle est inconnue.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre et de tout organisme vivant. Elle circule sous deux formes : une poudre vendue comme produit chimique de laboratoire, et un dépôt pulvérisé sur un support végétal inerte destiné à être fumé, ce qui est la forme sous laquelle elle a été identifiée au Japon. Un cas documenté d'étiquetage erroné, la molécule étant vendue sous le nom d'un autre composé de la série, illustre le fait que l'identité annoncée d'un tel produit n'est jamais une information fiable.
Première description
Des chercheurs japonais conduits par Uchiyama décrivent la molécule en 2015 dans Forensic Toxicology, après l'avoir identifiée par chromatographie en phase gazeuse, chromatographie liquide et résonance magnétique nucléaire dans des produits illégaux à base de végétaux séchés. Le code AB-CHFUPYCA figure dans le titre de leur publication ; c'est un acronyme construit sur le nom systématique. En 2016, McLaughlin et ses collègues obtiennent le composé auprès d'un vendeur britannique en ligne qui l'annonçait à tort comme AZ-037, une autre molécule de la même série, et publient sa préparation, sa structure cristalline et les critères analytiques permettant de le séparer de son régio-isomère. Sa pharmacologie a été explorée in vitro en 2023 par Deventer et ses collègues, puis par Bäckberg et ses collègues.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie de biosynthèse connue : la molécule n'existe dans aucun organisme vivant et ne dérive d'aucun précurseur végétal. Elle est obtenue par voie chimique, sans aucun rapport avec la voie du cannabigérol qui engendre les cannabinoïdes du chanvre.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

pyrazole-carboxamide (valinamide)

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

AB-CHFUPYCA (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Agoniste de synthèse des récepteurs cannabinoïdes de la famille des pyrazole-carboxamides, sous-groupe des valinamides. La molécule associe un noyau pyrazole monocyclique, un groupe 4-fluorophényle en position 3, une chaîne cyclohexylméthyle portée par l'azote 1 et un résidu amide dérivé de la valine. Le pyrazole y remplace, par bio-isostérie, le noyau indazole des séries PINACA, FUBINACA et CHMINACA : AB-CHFUPYCA est l'analogue pyrazole d'AB-CHMINACA. Elle ne partage aucun squelette avec les cannabinoïdes du chanvre, bâtis sur un motif dibenzopyrane ou résorcinol. Le noyau pyrazole engendre un régio-isomère, le 5,3-AB-CHMFUPPYCA, dans lequel la fonction carboxamide et le groupe fluorophényle sont permutés ; la littérature désigne pour cette raison AB-CHFUPYCA sous le nom 3,5-AB-CHMFUPPYCA.

Pharmacocinétique

Les données humaines manquent entièrement : aucune étude d'administration contrôlée, aucun paramètre pharmacocinétique publié, ni chez l'humain ni chez l'animal. Un seul élément touche à l'exposition réelle : soumise aux conditions du fumage, la molécule n'est pas totalement stable et une fraction se dégrade par rupture de la liaison amide, de sorte qu'une part de ce qui est inhalé n'est plus la substance de départ. La quantité effectivement absorbée reste inconnue de la personne qui consomme, d'autant que la répartition du produit sur son support est inégale.

Métabolisme

Le métabolisme de phase I a été décrit par Franz et ses collègues sur microsomes hépatiques humains, pour AB-CHFUPYCA comme pour son régio-isomère : les profils des deux isomères sont qualitativement voisins et dominés par l'oxydation de la chaîne cyclohexylméthyle. Les métabolites monohydroxylés y sont abondants et les auteurs les proposent comme cibles de recherche urinaire. Les produits de dégradation formés à la chaleur ont également été retrouvés dans ces incubations, ce qui brouille l'interprétation. Les isoformes du cytochrome P450 impliquées n'ont pas été identifiées. Une étude ultérieure sur les carboxylestérases humaines a porté sur un analogue fluoré de la même série et non sur cette molécule : ses conclusions ne lui sont pas transposables.

Toxicologie et risques

Il n'existe aucune donnée de toxicité propre à cette molécule : les auteurs de la seule étude pharmacologique disponible relèvent explicitement l'absence de toute information sur ses effets chez l'humain comme chez l'animal, et aucun cas clinique ni décès ne lui est attribué dans la littérature. La classe des agonistes de synthèse des récepteurs cannabinoïdes est associée à des convulsions, des états d'agitation et de confusion, des hallucinations, une toxicité cardiovasculaire, des rhabdomyolyses, des comas et des décès, mais ces observations concernent des composés bien plus puissants et ne sont pas transposables à AB-CHFUPYCA, dont l'activité sur CB1 mesurée in vitro est faible. Les auteurs estiment le risque sanitaire immédiat probablement limité pour cette raison, sans pouvoir exclure une toxicité ni des effets ne passant pas par les récepteurs cannabinoïdes. Le danger documenté est ailleurs, dans le produit plutôt que dans la molécule : un cas d'étiquetage erroné, un produit secondaire chloré propre à l'une des voies de préparation, une répartition inégale sur le support, et le fait que des analogues de cette série ont été saisis en mélange avec un agoniste de synthèse réellement puissant, l'ADB-BUTINACA, observation qui porte sur ces analogues et non sur AB-CHFUPYCA elle-même.

Détection et analyse

La recherche analytique repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, complétée par la haute résolution pour le criblage non ciblé. La difficulté propre à cette molécule est son régio-isomère, dont la masse et la formule sont identiques : les critères chromatographiques, spectroscopiques et spectrométriques publiés par McLaughlin et ses collègues, appuyés sur la structure cristalline des deux formes, permettent de les distinguer. Mettre en évidence une consommation suppose de viser les métabolites monohydroxylés décrits sur microsomes humains. Un piège d'interprétation a été signalé : des produits de dégradation thermique se retrouvent aussi parmi les métabolites, ce qui pèse notamment sur l'analyse capillaire, où la présence d'un métabolite est habituellement lue comme la preuve d'une consommation plutôt que d'une contamination externe. Les tests immunochimiques courants destinés au cannabis ne détectent pas cette substance.

Références

  1. Deventer MH, Norman C, Reid R, McKenzie C, Nic Daéid N, Stove CP. In vitro characterization of the pyrazole-carrying synthetic cannabinoid receptor agonist 5F-3,5-AB-PFUPPYCA and its structural analogs. Forensic Sci Int, 2023 (nouvel onglet)PMID 36640535
  2. Bäckberg M et coll., Forensic Science International, 2023 : activité in vitro sur le CB1 humain (AequoScreen, cellules CHO-K1) ; le 3,5-AB-CHMFUPPYCA (AB-CHFUPYCA) est inactif (nouvel onglet)PMID 37116244
  3. Uchiyama N, Asakawa K, Kikura-Hanajiri R, Tsutsumi T, Hakamatsuka T. A new pyrazole-carboxamide type synthetic cannabinoid AB-CHFUPYCA identified in illegal products. Forensic Toxicol, 2015 (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-015-0283-8
  4. McLaughlin G, Morris N, Kavanagh PV, Power JD, Twamley B, O'Brien J, Talbot B, Dowling G, Brandt SD. The synthesis and characterization of the 'research chemical' 3,5-AB-CHMFUPPYCA and differentiation from its 5,3-regioisomer. Drug Test Anal, 2016 (nouvel onglet)PMID 26360802
  5. Franz F, Angerer V, Brandt SD, McLaughlin G, Kavanagh PV, Moosmann B, Auwärter V. In vitro metabolism of the synthetic cannabinoid 3,5-AB-CHMFUPPYCA and its 5,3-regioisomer and investigation of their thermal stability. Drug Test Anal, 2017 (nouvel onglet)PMID 26888282
  6. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (annexe IV, AB-CHFUPYCA nommément inscrite), JORF du 6 avril 2017 (nouvel onglet)
  7. Wagmann L, Stiller RG, Fischmann S, Westphal F, Meyer MR. Going deeper into the toxicokinetics of synthetic cannabinoids: in vitro contribution of human carboxylesterases. Arch Toxicol, 2022 (porte sur l'analogue 3,5-AB-5F-FUPPYCA, non sur AB-CHFUPYCA) (nouvel onglet)PMID 35788413

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
N-(1-amino-3-methyl-1-oxobutan-2-yl)-1-(cyclohexylmethyl)-3-(4-fluorophenyl)pyrazole-5-carboxamide
Autres noms
AB-CHMFUPPYCA · 3,5-AB-CHMFUPPYCA

Identifiants

Formule
C₂₂H₂₉FN₄O₂
CAS
1870799-79-3
InChIKey
NDYOOVJIZQTGHY-UHFFFAOYSA-N
SMILES
O=C(NC(C(N)=O)C(C)C)C1=CC(C2=CC=C(F)C=C2)=NN1CC3CCCCC3

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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