A-834735
Agoniste de synthèse complet de CB1 et CB2, classé stupéfiant en France, sans aucune donnée humaine.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₂H₂₉NO₂
CAS 895155-57-4
- Famille
- Agoniste synthétique des récepteurs CBLigand de recherche ou médicament
- Masse molaire
- 339,50 g/mol
Mis à jour le
En clair
A-834735 est une molécule fabriquée en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre : elle n'existe ni dans le cannabis, ni dans les produits au cannabidiol. Un laboratoire pharmaceutique l'a mise au point pour la recherche sur la douleur, et elle a ensuite été retrouvée dans des produits vendus illégalement au Japon. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC, mais beaucoup plus fortement, et elle est classée comme stupéfiant en France.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
- Bloque ou inhibe
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de A-834735 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de A-834735.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1AgonisteKi = 12 nM · humain65 sur 100
Frost et al. 2008, J Med Chem (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55940, CB1 humain recombinant (cellules HEK)
- CB2AgonisteKi = 0,2 nM · humain95 sur 100
Frost et al. 2008, J Med Chem (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55940, CB2 humain recombinant (cellules HEK)
- GPR55AntagonisteIC50 = 6,9 µM · humain19 sur 100
Hess et al. 2016, Forensic Toxicol (nouvel onglet) · recrutement de la β-arrestine, GPR55 humain ; valeur extrapolée (courbe incomplète, solubilité limitée)
Pharmacologie
A-834735 est un agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la famille des cétones indoliques : la même tête tétraméthylcyclopropylique que l'UR-144 et le XLR-11, mais une chaîne tétrahydropyran-4-ylméthyle sur l'azote indolique. Sa liaison privilégie le CB2 (d'un facteur 15 chez le rat dans l'essai de Chin et coll., de 17 sur récepteurs humains chez Thomas et coll.), ce qui n'atténue en rien le risque, car son efficacité intrinsèque est élevée aux deux récepteurs : sur le CB1 humain, la stimulation mesurée en essai fonctionnel approche le double de celle du CP55,940 de référence. Là où le THC est un agoniste partiel dont la réponse plafonne, un agoniste complet de cette efficacité ne connaît pas ce plafond, et c'est cette différence qui explique la sévérité propre aux intoxications par cannabinoïdes de synthèse. Chez le rat, la molécule franchit la barrière hématoencéphalique et produit une activation cérébrale régionale abolie par un antagoniste du CB1, ce qui montre que le signal central passe par ce récepteur malgré la sélectivité de liaison. Un second point compte autant : chauffée, la molécule s'ouvre en un produit de dégradation dont l'affinité pour le CB1 humain est environ huit fois supérieure à celle du composé de départ. Ce que la littérature n'établit pas est tout aussi net : aucune étude chez l'être humain, aucune donnée de métabolisme, aucun cas clinique publié, aucune action documentée sur TRPV1, PPAR gamma ou 5-HT1A (sur GPR55 humain, seul un antagonisme faible a été mesuré in vitro, CI50 extrapolée de 6,88 µM). Les données humaines manquent entièrement.
Sources clés.
- Chin CL et coll., British Journal of Pharmacology, 2008 : effets régionaux de A-834735 sur l'activité cérébrale du rat en IRM pharmacologique, affinités CB1 et CB2, blocage par le rimonabant (nouvel onglet)PMID 17965748
- Thomas BF et coll., Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2017 : dégradation thermolytique de A-834735, affinité et efficacité du produit d'ouverture du cycle sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 28087785
- Uchiyama N et coll., Forensic Toxicology, 2014, volume 32, pages 9 à 18 : identification de deux nouveaux types de drogues de synthèse, avec le cannabinoïde de synthèse A-834735, dans des produits illégaux (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-013-0194-5
- Hess C et coll., Forensic Toxicology, 2016 : Ki humains de A-834735 (25,0 nM sur CB1, 0,566 nM sur CB2) et antagonisme de GPR55 en recrutement de β-arrestine (CI50 extrapolée de 6,88 µM) (nouvel onglet)PMID 27429655
- Frost JM et coll., Journal of Medicinal Chemistry, 2008 : série des cétones indol-3-yl-tétraméthylcyclopropyliques comme ligands du récepteur CB2 ; Ki de A-834735 sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 18311894
- Frost JM et coll., Journal of Medicinal Chemistry, 2010 : variations de la chaîne portée par l'azote indolique dans la même série ; Ki de A-834735 sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 19921781
- Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV, version consolidée sur Légifrance : A-834,735 nommément inscrit sous son nom systématique (nouvel onglet)
- ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 : A-834,735 cité en exemple de la famille « indol-3-yl méthanone » (annexe IV) (nouvel onglet)
- Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (Légifrance, JORF du 6 avril 2017) (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre et de tout organisme vivant : elle n'existe ni dans le cannabis, ni dans les extraits de chanvre, ni dans aucun produit au cannabidiol. Elle a été conçue par l'industrie pharmaceutique comme candidat analgésique orienté vers le récepteur CB2, puis reprise comme agoniste de référence en imagerie cérébrale chez le rongeur. Une apparition hors du laboratoire est documentée : une équipe japonaise l'a retrouvée dans des produits illégaux, un contexte où ni la teneur, ni la pureté, ni même l'identité réelle de la substance présente ne sont connues de la personne qui achète.
- Première description
- Composé issu du programme cannabinoïde des laboratoires Abbott, à Abbott Park dans l'Illinois. La série chimique dont il relève, les cétones indol-3-yl-tétraméthylcyclopropyliques recherchées comme ligands sélectifs du récepteur CB2, a été décrite par J. M. Frost et ses collaborateurs dans le Journal of Medicinal Chemistry en 2008, puis complétée en 2010 par l'étude des variations de la chaîne portée par l'azote indolique ; A-834735 figure parmi les composés dont ces deux études rapportent les constantes d'affinité. Il est nommé dans la publication de Chin et ses collaborateurs, mise en ligne fin 2007 par le British Journal of Pharmacology, où il sert d'agoniste non sélectif de référence dans une étude d'imagerie cérébrale chez le rat. Il est ensuite identifié par une équipe japonaise dans des produits illégaux, résultat publié par Uchiyama et ses collaborateurs dans Forensic Toxicology (volume 32, 2014).
Origine
Synthèse en laboratoire
Aucune voie de biosynthèse : la molécule ne dérive d'aucun métabolisme végétal ou animal et n'a pas de précurseur naturel. Elle relève uniquement de la chimie de synthèse.
Cadre légal
- Union européenne
Aucun contrôle à l'échelle de l'Union : la substance ne figure pas à l'annexe de la décision-cadre 2004/757/JAI, qui ne retient parmi les agonistes cannabinoïdes de synthèse qu'une courte liste de composés ayant fait l'objet d'une évaluation formelle des risques par l'observatoire européen des drogues. A-834735 n'a jamais été soumise à une telle évaluation. Elle est également absente des tableaux de la convention de 1971 sur les substances psychotropes, et aucun examen critique du comité OMS d'experts de la pharmacodépendance ne lui a été consacré : il n'existe donc pas de mesure de contrôle internationale la visant. Le classement relève de chaque État membre, et la France a choisi de la nommer.
- France
A-834735 est nommément inscrit sur la liste française des stupéfiants et relève en outre d'une famille générique. Il figure à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 (liste consolidée de l'ANSM, mise à jour du 16 février 2026), cité sous son sigle et sous son nom systématique complet en exemple (« notamment ») de la famille générique des « indol-3-yl méthanone » : substituant sur l'azote du noyau indole de type alkyle, haloalkyle, cycloalkylméthyle, méthyl-oxane (ici le tétrahydropyran-4-ylméthyle) ou apparenté, et groupement de type naphtyle, benzyle, phényle, cyclopropyle ou adamantyle sur le carbone du pont méthanone. Cette famille et cette mention ont été introduites à l'annexe IV par l'arrêté du 31 mars 2017 (JORF du 6 avril 2017). Ce n'est donc pas le cas de figure des esters et éthers du tétrahydrocannabinol, captés par une définition générique propre au THC : la substance est citée en propre. Production, importation, détention, cession et usage relèvent du régime pénal des stupéfiants, et aucun produit au cannabidiol vendu légalement ne peut en contenir.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CB › Ligand de recherche ou médicament
- Classe
tetramethylcyclopropylketone
- Vérification
Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.
- Wikipédia (anglais)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Cétone indolique de la famille des aminoalkylindoles : un noyau indole acylé en position 3 par un motif 2,2,3,3-tétraméthylcyclopropyle, et sur l'azote indolique une chaîne tétrahydropyran-4-ylméthyle, c'est-à-dire un petit cycle oxygéné saturé au lieu de la queue pentyle des agonistes de synthèse classiques. La tête tétraméthylcyclopropylique est exactement celle de l'UR-144 et du XLR-11 ; seule la chaîne portée par l'azote change. Aucun cycle terpénique, aucun phénol résorcinolique : rien dans cette charpente ne rappelle le THC.
Pharmacocinétique
Les données humaines manquent entièrement : ni biodisponibilité, ni demi-vie, ni volume de distribution n'ont été mesurés chez l'être humain, et aucune étude d'administration contrôlée n'existe. Le peu que l'on sait vient du rat. Administrée par voie générale, la molécule franchit la barrière hématoencéphalique et atteint dans le cerveau des concentrations suffisantes pour occuper les récepteurs CB1 et CB2, ce que confirme l'apparition d'effets centraux mesurables en imagerie par résonance magnétique pharmacologique. Aucune donnée n'est publiée sur la fixation aux protéines plasmatiques ni sur les voies d'élimination.
Métabolisme
Aucune étude du métabolisme de A-834735 n'a été publiée : les voies de biotransformation, les isoformes du cytochrome P450 impliquées et les métabolites urinaires restent non caractérisés, et il n'existe donc aucun marqueur biologique validé permettant d'attester une exposition. La seule transformation documentée du composé n'est pas enzymatique mais thermique ; elle est décrite à la rubrique consacrée à la toxicologie.
Toxicologie et risques
Aucun cas d'intoxication humaine impliquant A-834735 n'est publié, et aucune donnée de sécurité chez l'être humain n'existe. Cette absence de signalement ne vaut pas preuve d'innocuité : elle traduit la rareté de la substance et l'absence de test de dépistage courant capable de la reconnaître. Deux éléments objectifs fondent malgré tout la prudence. Le premier est l'efficacité intrinsèque : sur le CB1 humain, la molécule stimule la protéine G près de deux fois plus que le CP55,940 de référence, alors que le THC, agoniste partiel, plafonne bien plus bas ; c'est cette différence qui explique que la famille produise des tableaux cliniques sans équivalent avec le cannabis. Le second est la thermolyse : soumise à la chaleur d'une combustion, la molécule s'ouvre en une cétone à chaîne insaturée dont l'affinité pour le CB1 humain est environ huit fois supérieure à celle du composé de départ et qui se comporte elle aussi en agoniste de très forte efficacité. Ce qui est réellement inhalé n'est donc plus exactement ce qui a été vendu, et peut se révéler plus actif. Les tableaux graves documentés pour d'autres agonistes complets de cette famille, convulsions, délires, troubles du rythme cardiaque, vomissements incoercibles, atteintes rénales aiguës et décès, appartiennent à ces analogues : ils n'ont pas été rapportés pour A-834735 et sont mentionnés ici pour situer le risque de classe, non pour décrire cette molécule.
Détection et analyse
La molécule ne figure pas dans les bibliothèques spectrales courantes : son identification dans les produits illicites analysés a reposé sur les méthodes des laboratoires officiels, chromatographies en phase gazeuse et liquide couplées à la spectrométrie de masse, complétées par la résonance magnétique nucléaire. Aucune méthode validée en matrice biologique n'a été publiée pour cette substance et aucun marqueur urinaire n'est décrit, faute d'étude de métabolisme. Les immunoessais employés pour le dépistage du cannabis, qui ciblent un métabolite du THC, ne la détectent pas. Un laboratoire doit en outre rechercher le produit d'ouverture du cycle formé à la chaleur, dont la structure a été établie et qui peut dominer dans un résidu de combustion.
Références
- Chin CL et coll., British Journal of Pharmacology, 2008 : effets régionaux de A-834735 sur l'activité cérébrale du rat en IRM pharmacologique, affinités CB1 et CB2, blocage par le rimonabant (nouvel onglet)PMID 17965748
- Thomas BF et coll., Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2017 : dégradation thermolytique de A-834735, affinité et efficacité du produit d'ouverture du cycle sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 28087785
- Uchiyama N et coll., Forensic Toxicology, 2014, volume 32, pages 9 à 18 : identification de deux nouveaux types de drogues de synthèse, avec le cannabinoïde de synthèse A-834735, dans des produits illégaux (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-013-0194-5
- Hess C et coll., Forensic Toxicology, 2016 : Ki humains de A-834735 (25,0 nM sur CB1, 0,566 nM sur CB2) et antagonisme de GPR55 en recrutement de β-arrestine (CI50 extrapolée de 6,88 µM) (nouvel onglet)PMID 27429655
- Frost JM et coll., Journal of Medicinal Chemistry, 2008 : série des cétones indol-3-yl-tétraméthylcyclopropyliques comme ligands du récepteur CB2 ; Ki de A-834735 sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 18311894
- Frost JM et coll., Journal of Medicinal Chemistry, 2010 : variations de la chaîne portée par l'azote indolique dans la même série ; Ki de A-834735 sur CB1 et CB2 humains (nouvel onglet)PMID 19921781
- Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV, version consolidée sur Légifrance : A-834,735 nommément inscrit sous son nom systématique (nouvel onglet)
- ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 : A-834,735 cité en exemple de la famille « indol-3-yl méthanone » (annexe IV) (nouvel onglet)
- Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (Légifrance, JORF du 6 avril 2017) (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom IUPAC
- [1-(oxan-4-ylmethyl)indol-3-yl]-(2,2,3,3-tetramethylcyclopropyl)methanone
- Autres noms
- A-834,735 · A834735 · A 834735 · (1-((tetrahydro-2H-pyran-4-yl)methyl)-1H-indol-3-yl)(2,2,3,3-tetramethylcyclopropyl)methanone · CHEMBL271158
Identifiants
- Formule
- C₂₂H₂₉NO₂
- CAS
- 895155-57-4
- PubChem CID
- 11544639(nouvel onglet)
- InChIKey
- NQTMRZNYLIGQCF-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CC1(C(C1(C)
C) C(= O) C2= CN(C3= CC= CC= C32) CC4CCOCC4) C
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