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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Non listé

AB-001

AB-001

1-adamantyl-(1-pentylindol-3-yl)methanone

Alias.1-pentyl-3-(adamant-1-oyl)indole · 3-[(adamantan-1-yl)carbonyl]-1-pentylindole · AB001

Cannabinoïde de synthèse adamantylé, agoniste complet de CB1, stupéfiant nommément classé en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₄H₃₁NO
Masse molaire
349.24 g·mol⁻¹
CAS
1345973-49-0
PubChem CID
57404070
Première description
Le composé est apparu sur le marché avant toute publication scientifique. Il a été repéré en 2010 dans des produits vendus en boutiques spécialisées en Irlande, puis notifié en 2011 au système d'alerte précoce européen par les autorités allemandes. La même année, l'Institut national de la pharmacie de Budapest en a élucidé la structure dans des poudres de haute pureté saisies à un aéroport hongrois et étiquetées comme stéarate de calcium ou acide malique, travail publié par Jankovics et ses collègues dans Forensic Science International en 2012. La première synthèse et la première évaluation pharmacologique publiées sont dues à l'équipe de Samuel Banister et Michael Kassiou, à l'université de Sydney, dans ACS Chemical Neuroscience en 2013. Le concepteur d'origine reste inconnu et la désignation AB-001 est une étiquette de marché sans signification chimique.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle relève du marché des cannabinoïdes de synthèse : la poudre, produite par des fournisseurs de chimie fine, est mise en solution puis pulvérisée sur un support végétal inerte et vendue en sachets sous des noms de fantaisie, circuit documenté en Irlande, en Hongrie et en Allemagne au début des années 2010. Aucun usage médical, alimentaire ou industriel n'existe pour ce composé, dont la seule utilisation légitime est celle d'étalon analytique en laboratoire.
InChIKey
SHWDYCMMUPPWQM-UHFFFAOYSA-N

En clair

L'AB-001 est une molécule fabriquée en laboratoire, absente du chanvre. Elle a circulé au début des années 2010 dans des sachets de plantes à fumer présentés comme des produits légaux, pulvérisée sur des feuilles inertes. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC, mais en les activant à fond, et elle est classée comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

  • CB1
    CE50 35 nM (essai fonctionnel de potentiel de membrane, récepteur humain) ; agoniste complet, efficacité comparable à WIN 55,212-2Agoniste
  • CB2
    CE50 48 nM (même essai fonctionnel, récepteur humain) ; agoniste completAgoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    8
  • Clarté
    6
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    10
  • High
    12

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

L'AB-001 est un adamantoylindole, agoniste complet des récepteurs CB1 et CB2. Dans l'essai fonctionnel publié en 2013 par l'équipe de Banister, la CE50 est de 35 nM sur CB1 et de 48 nM sur CB2, avec une efficacité comparable à celle de l'agoniste de référence WIN 55,212-2. La différence avec le cannabis tient moins à l'affinité qu'à l'efficacité : le Δ9-THC n'est qu'un agoniste partiel de CB1, alors que ce composé active pleinement le récepteur, sans plafond d'effet, mécanisme qui rend cette classe dangereuse. La même étude a toutefois observé chez le rat des effets cannabimimétiques faibles, l'hypothermie et la bradycardie restant à l'état de tendance, alors que l'analogue carboxamide APICA les produisait nettement ; cet écart entre puissance cellulaire et réponse animale n'est pas expliqué. La pharmacologie humaine n'a jamais été étudiée : les données humaines manquent sur la cinétique, le potentiel de dépendance et les effets d'un usage répété, et aucune série clinique ne concerne cette molécule précise. Le seul travail humain publié porte sur l'urine, où le composé inchangé est absent, la détection reposant sur ses métabolites hydroxylés sur la cage adamantane.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biologique : ce composé ne provient d'aucun métabolisme végétal ni animal et n'existe que par synthèse organique. Sa préparation relève de l'acylation d'un indole préalablement alkylé sur l'azote 1 par un dérivé de l'acide adamantane-1-carboxylique, chimie classique des aminoalkylindoles, décrite pour la première fois dans la publication de 2013 qui en a livré l'évaluation pharmacologique.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle relève du marché des cannabinoïdes de synthèse : la poudre, produite par des fournisseurs de chimie fine, est mise en solution puis pulvérisée sur un support végétal inerte et vendue en sachets sous des noms de fantaisie, circuit documenté en Irlande, en Hongrie et en Allemagne au début des années 2010. Aucun usage médical, alimentaire ou industriel n'existe pour ce composé, dont la seule utilisation légitime est celle d'étalon analytique en laboratoire.
Statut
Non listé

Adamantoylindole de la famille des aminoalkylindoles : noyau indole portant une chaîne pentyle sur l'azote 1 et, en position 3, un pont cétone relié à une cage adamantan-1-yle. Ce squelette n'a aucun rapport avec celui des cannabinoïdes du chanvre, bâtis sur un dibenzopyrane ou un résorcinol. La cage adamantane est symétrique et la molécule ne possède aucun centre stéréogène : il n'existe donc pas de stéréoisomères. Deux composés voisins se distinguent par un seul détail structural, l'APICA, où le pont cétone est remplacé par une liaison carboxamide, et l'AM-1248, qui porte un groupement N-méthylpipéridin-2-ylméthyle à la place de la chaîne pentyle ; les données publiées sur ces deux analogues leur appartiennent et ne décrivent pas l'AB-001.

Pharmacocinétique

La voie d'exposition documentée est l'inhalation, par combustion du produit pulvérisé sur un support végétal. Aucune étude d'absorption, de distribution ou d'élimination n'a été conduite chez l'humain, et les données humaines manquent sur la quantité produisant un effet comme sur la durée d'action. Le seul repère publié provient de la toxicologie urinaire : les métabolites restent détectables jusqu'à environ cent soixante heures après une prise, ce qui indique une élimination lente des produits de transformation. Chez le rat, le contraste entre une activité cellulaire nette et des réponses physiologiques faibles suggère une biodisponibilité ou une distribution défavorables, hypothèse qui n'a pas été mesurée.

Métabolisme

Le métabolisme est hépatique et extensif. Les travaux de Grigoryev, Kavanagh et Melnik sur urines humaines, publiés en 2012 dans Drug Testing and Analysis, montrent que le composé inchangé ne se retrouve pas dans l'urine : les produits majoritaires sont des dérivés monohydroxylés sur la cage adamantane, seuls ou associés à la perte de la chaîne pentyle portée par l'azote de l'indole. La recherche urinaire doit donc viser ces métabolites et non la molécule mère. Les autres transformations attendues pour cette classe, hydroxylation de la chaîne latérale et conjugaison au glucuronide, n'ont pas fait l'objet d'une caractérisation dédiée pour ce composé.

Toxicologie et risques

Aucune évaluation toxicologique systématique n'a été conduite et les données humaines manquent : la littérature ne comporte pour cette molécule précise ni série clinique, ni décès rapporté, ni donnée sur l'usage répété, ce qui reflète sa diffusion limitée et non une innocuité démontrée. Chez le rat, l'étude de 2013 n'a pas retrouvé les effets hypothermiques et bradycardiques caractéristiques des agonistes cannabinoïdes. Le risque tient d'abord à la classe : un agoniste complet de CB1 ne connaît pas le plafond d'effet du Δ9-THC, et les tableaux décrits pour d'autres cannabinoïdes de synthèse comportent tachycardie, vomissements répétés, agitation, confusion, convulsions et épisodes psychotiques. Ces observations appartiennent aux composés qui ont été étudiés et ne sont pas transposables telles quelles ici, car un fluor ou un carbone de différence suffit à changer le profil. Le danger propre à ce marché reste la tromperie sur le contenu : le produit se rencontre pulvérisé sur des plantes vendues comme article légal ou comme substitut du cannabis, la pulvérisation répartit la matière active de façon inégale sur le support, et la personne qui consomme ignore le plus souvent quelle molécule se trouve réellement dans le sachet.

Détection et analyse

La molécule échappe aux immunoessais cannabinoïdes courants, calibrés sur les métabolites du Δ9-THC. Sur les saisies, l'identification repose sur la chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, complétée par la spectrométrie de masse à temps de vol et par la résonance magnétique nucléaire, combinaison employée lors de l'élucidation structurale initiale en Hongrie. En toxicologie urinaire, la méthode publiée est une chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse ciblant les métabolites hydroxylés de la cage adamantane, la molécule mère étant absente de l'urine. La distinction avec les composés voisins, notamment l'analogue carboxamide APICA et l'AM-1248, exige un étalon de référence certifié.

Références

  1. 1.Banister SD, Wilkinson SM, Longworth M et coll. The synthesis and pharmacological evaluation of adamantane-derived indoles: cannabimimetic drugs of abuse. ACS Chemical Neuroscience, 2013.PMID 23551277
  2. 2.Jankovics P et coll. Detection and identification of the new potential synthetic cannabinoids 1-pentyl-3-(2-iodobenzoyl)indole and 1-pentyl-3-(1-adamantoyl)indole in seized bulk powders in Hungary. Forensic Science International, 2012.PMID 21813254
  3. 3.Grigoryev A, Kavanagh P, Melnik A. The detection of the urinary metabolites of 3-[(adamantan-1-yl)carbonyl]-1-pentylindole (AB-001), a novel cannabimimetic, by gas chromatography-mass spectrometry. Drug Testing and Analysis, 2012.DOI 10.1002/dta.350
  4. 4.Légifrance. Annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, famille des indol-3-yl méthanone.
  5. 5.Légifrance. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990, Journal officiel du 6 avril 2017.
  6. 6.Légifrance. Arrêté du 3 octobre 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990, définition générique des indol-3-yl méthanone.
  7. 7.PubChem CID 57404070, AB-001.

Données structurées

InChIKey
SHWDYCMMUPPWQM-UHFFFAOYSA-N
Formule
C24H31NO
Masse molaire
349.24 g·mol⁻¹
CAS
1345973-49-0
PubChem CID
57404070
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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