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AB-001

Cannabinoïde de synthèse adamantylé, agoniste complet de CB1, stupéfiant nommément classé en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₂₄H₃₁NO

CAS 1345973-49-0

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
Masse molaire
349,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

L'AB-001 est une molécule fabriquée en laboratoire, absente du chanvre. Elle a été repérée en 2010 dans des produits vendus en boutiques spécialisées en Irlande, puis dans des poudres saisies en Hongrie. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC, mais en les activant à fond, et elle est classée comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1AgonisteEC50 = 35 nM · ratpotentiel de membrane (FLIPR), cellules AtT-20 exprimant le CB1 de rat ; efficacité 105 % de WIN 55,212-2
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de AB-001 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de AB-001.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1AgonisteEC50 = 35 nM · rat58 sur 100

    Banister et al. 2013, ACS Chem Neurosci (nouvel onglet) · potentiel de membrane (FLIPR), cellules AtT-20 exprimant le CB1 de rat ; efficacité 105 % de WIN 55,212-2

  2. CB2AgonisteEC50 = 48 nM · humain55 sur 100

    Banister et al. 2013, ACS Chem Neurosci (nouvel onglet) · potentiel de membrane (FLIPR), cellules AtT-20 exprimant le CB2 humain ; efficacité 86 % de WIN 55,212-2

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

L'AB-001 est un adamantoylindole, agoniste complet des récepteurs CB1 et CB2. Dans l'essai fonctionnel publié en 2013 par l'équipe de Banister, la CE50 est de 35 nM sur CB1 et de 48 nM sur CB2, avec une efficacité de 105 % et de 86 % de celle de l'agoniste de référence WIN 55,212-2 (cellules AtT-20 exprimant le CB1 de rat et le CB2 humain). La différence avec le cannabis tient moins à l'affinité qu'à l'efficacité : le Δ9-THC n'est qu'un agoniste partiel de CB1, alors que ce composé atteint dans cet essai l'efficacité de l'agoniste complet de référence. La même étude n'a toutefois observé chez le rat ni hypothermie ni bradycardie significatives, même à 30 mg/kg, alors que l'analogue carboxamide APICA les produisait de façon dose-dépendante ; cet écart entre puissance cellulaire et réponse animale n'est pas expliqué. La pharmacologie humaine n'a jamais été étudiée : les données humaines manquent sur la cinétique, le potentiel de dépendance et les effets d'un usage répété, et aucune série clinique ne concerne cette molécule précise. Le seul travail humain publié porte sur l'urine, où le composé inchangé est absent, la détection reposant sur ses métabolites hydroxylés sur la cage adamantane.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle relève du marché des cannabinoïdes de synthèse : elle a été repérée en 2010 dans des produits vendus en boutiques spécialisées en Irlande, notifiée en 2011 par les autorités allemandes au système d'alerte précoce de l'agence européenne des drogues, et identifiée dans des poudres saisies en Hongrie. Aucun usage médical, alimentaire ou industriel n'est connu pour ce composé, dont l'usage légitime se limite à la recherche et à l'étalonnage analytique.
Première description
Le composé est apparu sur le marché avant toute publication scientifique. Il a été repéré en 2010 dans des produits vendus en boutiques spécialisées en Irlande, puis notifié en 2011 au système d'alerte précoce européen par les autorités allemandes (Grigoryev et coll., 2012). Il a aussi été identifié dans des poudres saisies par les douanes hongroises, structure élucidée par Jankovics et ses collègues dans Forensic Science International en 2012. La première synthèse et la première évaluation pharmacologique publiées sont dues à l'équipe de Samuel Banister, à l'université de Sydney, dans ACS Chemical Neuroscience en 2013. Le concepteur d'origine reste inconnu et la désignation AB-001 est une étiquette de marché sans signification chimique.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie biologique : ce composé ne provient d'aucun métabolisme végétal ni animal et n'existe que par synthèse organique. Sa première préparation publiée figure dans l'article de 2013 qui en a livré l'évaluation pharmacologique.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive

Classe

adamantoylindole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

AB-001 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Adamantoylindole de la famille des aminoalkylindoles : noyau indole portant une chaîne pentyle sur l'azote 1 et, en position 3, un pont cétone relié à une cage adamantan-1-yle. Ce squelette n'a aucun rapport avec celui des cannabinoïdes du chanvre, bâtis sur un dibenzopyrane ou un résorcinol. La cage adamantane est symétrique et la molécule ne possède aucun centre stéréogène : il n'existe donc pas de stéréoisomères. Deux composés voisins se distinguent par un seul détail structural, l'APICA, où le pont cétone est remplacé par une liaison carboxamide, et l'AM-1248, qui porte un groupement N-méthylpipéridin-2-ylméthyle à la place de la chaîne pentyle ; les données publiées sur ces deux analogues leur appartiennent et ne décrivent pas l'AB-001.

Pharmacocinétique

La voie d'exposition documentée est l'inhalation, par combustion du produit pulvérisé sur un support végétal. Aucune étude d'absorption, de distribution ou d'élimination n'a été conduite chez l'humain, et les données humaines manquent sur la quantité produisant un effet comme sur la durée d'action. Le seul repère publié provient de la toxicologie urinaire : les métabolites restent détectables jusqu'à environ cent soixante heures après une prise, ce qui indique une élimination lente des produits de transformation. Chez le rat, le contraste entre une activité cellulaire nette et des réponses physiologiques faibles suggère une biodisponibilité ou une distribution défavorables, hypothèse qui n'a pas été mesurée.

Métabolisme

Le métabolisme est hépatique et extensif. Les travaux de Grigoryev, Kavanagh et Melnik sur urines humaines, publiés en 2012 dans Drug Testing and Analysis, montrent que le composé inchangé ne se retrouve pas dans l'urine : les produits majoritaires sont des dérivés monohydroxylés sur la cage adamantane, seuls ou associés à la perte de la chaîne pentyle portée par l'azote de l'indole. La recherche urinaire doit donc viser ces métabolites et non la molécule mère. Les autres transformations attendues pour cette classe, hydroxylation de la chaîne latérale et conjugaison au glucuronide, n'ont pas fait l'objet d'une caractérisation dédiée pour ce composé.

Toxicologie et risques

Aucune évaluation toxicologique systématique n'a été conduite et les données humaines manquent : la littérature ne comporte pour cette molécule précise ni série clinique, ni décès rapporté, ni donnée sur l'usage répété, ce qui reflète sa diffusion limitée et non une innocuité démontrée. Chez le rat, l'étude de 2013 n'a pas retrouvé les effets hypothermiques et bradycardiques caractéristiques des agonistes cannabinoïdes. Le risque tient d'abord à la classe : un agoniste complet de CB1 ne connaît pas le plafond d'effet du Δ9-THC, et les tableaux décrits pour d'autres cannabinoïdes de synthèse comportent tachycardie, vomissements répétés, agitation, confusion, convulsions et épisodes psychotiques. Ces observations appartiennent aux composés qui ont été étudiés et ne sont pas transposables telles quelles ici, car un fluor ou un carbone de différence suffit à changer le profil. Le danger propre à ce marché reste la tromperie sur le contenu : le produit se rencontre pulvérisé sur des plantes vendues comme article légal ou comme substitut du cannabis, la pulvérisation répartit la matière active de façon inégale sur le support, et la personne qui consomme ignore le plus souvent quelle molécule se trouve réellement dans le sachet.

Détection et analyse

La molécule échappe aux immunoessais cannabinoïdes courants, calibrés sur les métabolites du Δ9-THC. Sur les saisies, l'identification repose sur la chromatographie en phase gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse, complétée par la spectrométrie de masse à temps de vol et par la résonance magnétique nucléaire, combinaison employée lors de l'élucidation structurale initiale en Hongrie. En toxicologie urinaire, la méthode publiée est une chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse ciblant les métabolites hydroxylés de la cage adamantane, la molécule mère étant absente de l'urine. La distinction avec les composés voisins, notamment l'analogue carboxamide APICA et l'AM-1248, exige un étalon de référence certifié.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
1-adamantyl-(1-pentylindol-3-yl)methanone
Autres noms
1-pentyl-3-(adamant-1-oyl)indole · 3-[(adamantan-1-yl)carbonyl]-1-pentylindole · AB001

Identifiants

Formule
C₂₄H₃₁NO
CAS
1345973-49-0
InChIKey
SHWDYCMMUPPWQM-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCN1C=C(C2=CC=CC=C21)C(=O)C34CC5CC(C3)CC(C5)C4

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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