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A-836,339

Agoniste de synthèse sélectif du récepteur CB2, outil de laboratoire, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

C₁₆H₂₆N₂O₂S

CAS 959746-77-1

Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CBLigand de recherche ou médicament
Masse molaire
310,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

A-836,339 est une molécule entièrement fabriquée en laboratoire, absente du chanvre. Un laboratoire pharmaceutique l'a mise au point en 2008 pour étudier le récepteur CB2, celui des cellules immunitaires, et non pour être consommée ; elle a ensuite servi de traceur en imagerie médicale expérimentale chez l'animal. Elle a été retrouvée une fois dans un produit douteux vendu au Japon, et elle est classée comme stupéfiant en France : aucun produit CBD légal n'en contient.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB2AgonisteKi = 0,6 nM · humaindéplacement du [3H]CP-55940, CB2 humain recombinant
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de A-836,339 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de A-836,339.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB2CB2 trouvé dans 5 régions du corps

  1. RatedenseTrès abondant dans la rate1
  2. Cellules immunitairesprésentSurtout lymphocytes B et cellules NK1
  3. PeauprésentKératinocytes, mastocytes et fibres nerveuses2
  4. IntestinprésentCellules immunitaires de la muqueuse du côlon3
  5. OsprésentPrésent sur les ostéoclastes4

Valeurs citées

  1. CB2AgonisteKi = 0,6 nM · humain87 sur 100

    Yao et al. 2009, J Pharmacol Exp Ther (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55940, CB2 humain recombinant

  2. CB1AgonisteKi = 270 nM · humain43 sur 100

    Yao et al. 2009, J Pharmacol Exp Ther (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP-55940, CB1 humain recombinant

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

A-836,339 est un agoniste des récepteurs cannabinoïdes très sélectif du CB2 : 0,64 nanomole par litre d'affinité sur le CB2 humain contre 270 sur le CB1, soit un rapport voisin de 420, confirmé chez le rat. Cette sélectivité porte sur la liaison et n'exclut pas un effet central : des effets médiés par le CB1, mesurés chez le rongeur par la baisse de l'activité locomotrice spontanée à une dose plus élevée et par un profil d'activation visible en imagerie par résonance magnétique pharmacologique, apparaissent dès que l'exposition augmente. Le THC est un agoniste partiel dont la réponse plafonne ; les agonistes de forte efficacité de la classe des cannabinoïdes de synthèse ne connaissent pas ce plafond, ce qui explique la sévérité propre à leurs intoxications, mais l'efficacité intrinsèque de A-836,339 n'est pas chiffrée dans les sources consultées. Ce que la littérature établit se limite au modèle animal : effet antihyperalgésique dans l'inflammation induite par l'adjuvant complet de Freund, bloqué par un antagoniste du CB2 et indépendant du CB1 et des récepteurs opioïdes mu, efficacité dans la constriction chronique du nerf sciatique sans tolérance après cinq jours de traitement, modulation des neurones spinaux à large gamme dynamique chez le rat neuropathique. Ce que la littérature n'établit pas est tout aussi net : aucune donnée humaine, aucune étude de métabolisme, aucun cas clinique publié, aucune action documentée sur TRPV1, GPR55, PPAR gamma ou 5-HT1A.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre et de tout organisme vivant. Elle a été conçue par l'industrie pharmaceutique comme sonde sélective du récepteur CB2, puis reprise par la recherche en imagerie médicale : sa version marquée au carbone 11 a servi de radioligand expérimental pour la tomographie par émission de positons chez le rongeur, et plusieurs analogues fluorés ont été construits sur sa charpente. Le signalement documenté hors laboratoire concerne un « produit douteux » analysé par un laboratoire de Tokyo (Uemura et coll.), que les auteurs présentent comme le premier cas de ce type pour cette substance.
Première description
Mise en ligne en octobre 2008, puis publiée en janvier 2009 dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics par Betty B. Yao et ses collaborateurs des laboratoires Abbott, à Abbott Park dans l'Illinois. Elle a été conçue comme outil pharmacologique, pour isoler le rôle du récepteur CB2 dans la douleur inflammatoire et neuropathique sans passer par le récepteur CB1 ; le sigle reprend la numérotation interne du laboratoire. La molécule quitte le champ académique quelques années plus tard : l'Institut métropolitain de santé publique de Tokyo isole un composé inconnu dans un produit douteux vendu au Japon et l'identifie comme étant A-836,339, résultat publié dans Forensic Toxicology (en ligne en août 2013, volume 32 de 2014), que les auteurs présentent comme le premier cas d'identification de ce composé dans un produit douteux.

Origine

Synthèse en laboratoire

Aucune voie de biosynthèse : la molécule ne dérive d'aucun métabolisme végétal ou animal et ne possède aucun précurseur naturel. Elle relève exclusivement de la chimie de synthèse.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Agoniste synthétique des récepteurs CB › Ligand de recherche ou médicament

Classe

carboxamide d'iminothiazoline (tétraméthylcyclopropane), hors des séries indole et indazole

Vérification

Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.

Wikipédia (anglais)

A-836,339 (nouvel onglet)

Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.

Classification structurelle

Carboxamide de 2-iminothiazoline, chimiquement étranger aux séries indole et indazole qui dominent les agonistes cannabinoïdes de synthèse. Un noyau thiazole méthylé en positions 4 et 5 porte une chaîne 2-méthoxyéthyle sur son azote, et la fonction ylidène est acylée par un motif 2,2,3,3-tétraméthylcyclopropanecarboxylique. Aucun cycle aromatique condensé, aucune chaîne pentyle, aucune parenté de squelette avec le THC : rien dans sa structure ne la désigne au premier regard comme un cannabinoïde.

Pharmacocinétique

Les données humaines manquent entièrement : ni biodisponibilité, ni demi-vie, ni volume de distribution n'ont été mesurés chez l'être humain, et aucune étude d'administration contrôlée n'existe. Le peu que l'on sait provient de l'imagerie animale. Marquée au carbone 11 et injectée à la souris, la molécule se distribue surtout dans le foie, puis le rein, l'intestin, la rate et le coeur, la fixation cérébrale restant la plus basse des organes étudiés chez l'animal sain ; le signal splénique, supprimé par un antagoniste sélectif du CB2, correspond à la localisation immunitaire de ce récepteur. Les auteurs décrivent un composé lipophile, à forte liaison non spécifique, défaut qui a motivé la recherche d'analogues moins lipophiles. Chez le rat, l'administration par voie générale suffit à produire des effets centraux, signe d'un passage de la barrière hématoencéphalique.

Métabolisme

Aucune étude du métabolisme de A-836,339 elle-même n'a été publiée : voies de biotransformation, isoformes du cytochrome P450 impliquées et métabolites urinaires restent inconnus. Caillé et coll. ont bien décrit six métabolites, issus principalement de réactions d'oxydation, après incubation sur microsomes hépatiques humains et de rat, mais ce travail portait sur un analogue fluoré construit sur la même charpente thiazolique, et non sur la molécule d'origine : ces résultats appartiennent à l'analogue et ne peuvent pas lui être transposés.

Toxicologie et risques

Aucun cas d'intoxication humaine impliquant A-836,339 n'est publié à ce jour, et aucune donnée de sécurité chez l'être humain n'existe. Cette absence de signalement ne vaut pas preuve d'innocuité : elle traduit surtout la rareté de la substance et l'absence de méthode de dépistage courante capable de la reconnaître. Chez le rongeur, les seuls effets indésirables décrits sont centraux et médiés par le récepteur CB1, avec une réduction de l'activité locomotrice spontanée aux expositions élevées, tandis que les effets antihyperalgésiques observés aux expositions faibles étaient bloqués par un antagoniste du CB2 et indépendants du CB1 comme des récepteurs opioïdes mu. Le danger réel tient au contexte de rencontre : une poudre vendue hors de tout circuit contrôlé n'a ni teneur annoncée, ni pureté vérifiée, ni composition stable, et peut contenir tout autre agoniste cannabinoïde de synthèse, famille responsable de convulsions, de délires, de troubles du rythme cardiaque, de vomissements incoercibles, d'atteintes rénales aiguës et de décès. Rien n'autorise à supposer qu'un composé décrit comme sélectif du CB2 en laboratoire se comporte sans danger chez une personne qui en consomme.

Détection et analyse

L'identification initiale a exigé un arsenal analytique complet : les chromatographies en phase gazeuse et liquide couplées à la spectrométrie de masse ont donné une masse de 310 daltons, la mesure de masse exacte a fixé la composition élémentaire, puis la résonance magnétique nucléaire et la diffraction des rayons X sur monocristal ont établi la structure. Le recours à la cristallographie dit assez la difficulté : sans étalon de référence, la molécule n'est identifiable par aucune bibliothèque spectrale courante. Les immunoessais utilisés pour le dépistage du cannabis ne la détectent pas, et aucun marqueur urinaire validé n'a été décrit, faute d'étude de métabolisme.

Références

  1. Yao BB et coll., Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2009 : caractérisation de l'agoniste CB2 sélectif A-836339 en pharmacologie in vitro, modèles de douleur in vivo et IRM pharmacologique (valeurs de Ki humaines reprises via ChEMBL et la littérature ultérieure ; texte intégral non consulté) (nouvel onglet)PMID 18931146
  2. Horti AG et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2010 : synthèse et biodistribution du [11C]A-836339, radioligand candidat pour l'imagerie TEP des récepteurs CB2 (nouvel onglet)PMID 20554448
  3. McGaraughty S et coll., Neuroscience, 2009 : A-836,339 module l'activité des neurones spinaux à large gamme dynamique chez le rat neuropathique (nouvel onglet)PMID 19063946
  4. Hsieh GC et coll., British Journal of Pharmacology, 2011 : sites d'action centraux et périphériques de l'analgésie médiée par CB2 chez le rat, avec A-836,339 et AM1241 (nouvel onglet)PMID 20880025
  5. Pottier G et coll., Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism, 2017 : le [11C]A-836339 ne met pas en évidence de variation des récepteurs CB2 après neuroinflammation chez le rat (nouvel onglet)PMID 28079433
  6. Uemura N et coll., Forensic Toxicology, 2014, volume 32, pages 45 à 50 : identification de A-836,339 comme composé inédit trouvé dans un produit douteux (Institut métropolitain de santé publique de Tokyo) (nouvel onglet)DOI 10.1007/s11419-013-0201-x
  7. Caillé F et coll., Molecular Pharmaceutics, 2017 : relations structure activité sur les dérivés thiazoliques et métabolisme microsomal d'un analogue fluoré de A-836,339 (données de l'analogue, non de la molécule d'origine) (nouvel onglet)PMID 28968497
  8. ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026 : A-836,339 nommément inscrit à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 (nouvel onglet)
  9. Décision-cadre 2004/757/JAI du Conseil, version consolidée du 12 janvier 2026, annexe des substances soumises à des mesures de contrôle dans l'Union (nouvel onglet)
  10. Organe international de contrôle des stupéfiants, liste verte des substances psychotropes placées sous contrôle de la convention de 1971, édition 2026 (nouvel onglet)
  11. PubChem, fiche du composé CID 17754357 (A-836,339) (nouvel onglet)
  12. Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (Légifrance, JORF du 6 avril 2017) : A-836,339 nommément inscrit à l'annexe IV (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom IUPAC
N-[3-(2-methoxyethyl)-4,5-dimethyl-1,3-thiazol-2-ylidene]-2,2,3,3-tetramethylcyclopropane-1-carboxamide
Autres noms
A-836339 · A836339 · [11C]A-836339

Identifiants

Formule
C₁₆H₂₆N₂O₂S
CAS
959746-77-1
InChIKey
JKGIMVBQKSRTGX-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CC1=C(SC(=NC(=O)C2C(C2(C)C)(C)C)N1CCOC)C

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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