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Canna·wiki5F-MDMB-PICA

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

5F-MDMB-PICA

5F-MDMB-PICA

methyl (2S)-2-[[1-(5-fluoropentyl)indole-3-carbonyl]amino]-3,3-dimethylbutanoate

Alias.5F-MDMB-2201 · 5-Fluoro-MDMB-PICA · 5-Fluoro-MDMB-2201

Cannabinoïde de synthèse, agoniste complet du CB1, stupéfiant : les données humaines manquent.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₁H₂₉FN₂O₃
Masse molaire
376.50 g·mol⁻¹
CAS
1971007-88-1
PubChem CID
129597835
Première description
Substance apparue directement sur le marché des drogues, sans passé thérapeutique ni origine académique. La première notification au système d'alerte précoce de l'Union européenne date de septembre 2016, et la première identification aux États-Unis d'octobre 2016. Sa caractérisation analytique a été publiée par Mogler et ses collègues dans Drug Testing and Analysis en 2018, à partir de produits vendus comme mélanges à fumer et d'urines humaines. Le Comité OMS d'experts de la pharmacodépendance en a conduit l'examen critique lors de sa 42e réunion, en octobre 2019.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Elle est fabriquée clandestinement, importée le plus souvent sous forme de poudre, puis pulvérisée sur des mélanges de plantes destinés à être fumés, incorporée à des liquides de vapotage, ou imprégnée sur du papier et des textiles, une forme utilisée notamment pour l'introduction en milieu carcéral. Les produits finis circulent sous des noms commerciaux changeants et leur composition varie fortement d'un lot à l'autre.
InChIKey
CHSUEEBESACQDV-GOSISDBHSA-N

En clair

Le 5F-MDMB-PICA n'a rien de commun avec le CBD : c'est une molécule de laboratoire, fabriquée clandestinement, que l'on retrouve pulvérisée sur des herbes à fumer, dans des liquides de vapotage ou sur du papier imprégné. Elle agit sur les mêmes récepteurs que le cannabis, mais avec une force sans commune mesure, et elle a été retrouvée lors de séries d'intoxications collectives et de décès. Elle est classée comme stupéfiant en France et interdite au niveau international.

Récepteurs et activité

  • CB1
    CE50 = 0,45 nM, Emax = 110 % de la réponse au CP-55,940 ; Ki = 5,4 nM ([3H]CP-55,940, cellules HEK)Agoniste
  • CB2
    CE50 = 7,4 nM, Emax = 94 % de la réponse au CP-55,940Agoniste
  • CB1 (recrutement de la β-arrestine 2)
    CE50 = 3,26 nM, Emax = 331 % de la réponse au JWH-018 ; sur CB2, CE50 = 0,87 nM, Emax = 244 %Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    10
  • Clarté
    6
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    12
  • High
    12

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le 5F-MDMB-PICA appartient aux agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes de type indole-3-carboxamide, sous-famille des tert-leucinates, et constitue l'analogue indolique du 5F-ADB. Les essais in vitro le décrivent comme un agoniste complet du récepteur CB1 humain, avec une CE50 de 0,45 nM et un effet maximal supérieur à celui de la référence CP-55,940, là où le Δ9-THC affiche une CE50 de 171 nM et ne se comporte que comme un agoniste partiel. Sur CB2, la CE50 est de 7,4 nM. L'affinité de liaison, avec un Ki de 5,4 nM, reste proche de celle du Δ9-THC : ce n'est donc pas l'affinité qui distingue la molécule, mais son efficacité intrinsèque maximale, et c'est cette pleine activation du récepteur CB1 qui fonde le profil de risque de toute la famille. Au-delà de ce mécanisme, les données humaines manquent. Le Comité OMS d'experts de la pharmacodépendance n'a identifié en 2019 aucune étude clinique, aucune donnée de pharmacocinétique chez l'homme, aucune étude de dépendance ni de potentiel d'abus, et aucune toxicologie expérimentale. Ce qui est documenté relève de l'observation de terrain : détections post mortem, admissions hospitalières et épisodes de surdoses groupées, presque toujours en présence d'autres substances, ce qui empêche d'attribuer les effets observés à cette seule molécule.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biologique connue : cette molécule n'est pas biosynthétisée et n'existe dans aucun organisme vivant. Elle relève de la seule chimie de synthèse, par formation d'un lien amide entre un acide indole-3-carboxylique N-alkylé et un ester méthylique de tert-leucine. Aucun précurseur placé sous contrôle international n'est nécessaire, ce qui explique le renouvellement rapide de cette famille sur le marché illicite.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Elle est fabriquée clandestinement, importée le plus souvent sous forme de poudre, puis pulvérisée sur des mélanges de plantes destinés à être fumés, incorporée à des liquides de vapotage, ou imprégnée sur du papier et des textiles, une forme utilisée notamment pour l'introduction en milieu carcéral. Les produits finis circulent sous des noms commerciaux changeants et leur composition varie fortement d'un lot à l'autre.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Cannabinoïde de synthèse de la famille des indole-3-carboxamides, sous-groupe dit tert-leucinate (motif MDMB), avec chaîne N-(5-fluoropentyle) et ester méthylique ; analogue indolique du 5F-ADB, dont il ne diffère que par le remplacement du noyau indazole par un noyau indole.

Pharmacocinétique

Aucune étude clinique chez l'homme n'est disponible et aucune posologie n'est documentée. L'exposition se fait presque toujours par inhalation, en fumée ou en vapotage, à partir de supports végétaux, de liquides ou de papiers imprégnés dont la teneur varie fortement d'un échantillon à l'autre, si bien que la quantité réellement reçue reste inconnue de la personne qui consomme. Une part de l'hydrolyse de l'ester et de l'amide pourrait se produire dès la pyrolyse, les produits ainsi formés n'étant pas nécessairement actifs. En contexte médico-légal, les concentrations sanguines relevées sont extrêmement faibles, ce qui traduit à la fois la puissance de la molécule et sa disparition rapide de la circulation.

Métabolisme

Le métabolisme est essentiellement hépatique. Les travaux sur microsomes et sur hépatocytes humains, confrontés à des urines authentiques, décrivent l'hydrolyse de l'ester méthylique et de la fonction amide, une mono-hydroxylation sur la chaîne alkyle ou sur le noyau indole, une défluoration oxydative suivie de conversion en acide pentanoïque ou propanoïque, une déshydrogénation et une N-désalkylation, ces voies se combinant entre elles puis se prolongeant par glucuronoconjugaison. Douze métabolites de phase I ont été retrouvés dans l'urine humaine, et vingt-deux après incubation avec des hépatocytes. Le produit d'hydrolyse de l'ester méthylique et un dérivé hydroxylé du noyau indole sont retenus comme marqueurs de consommation, la molécule mère n'étant que très rarement détectable dans l'urine.

Toxicologie et risques

Le Comité OMS d'experts de la pharmacodépendance n'a identifié aucune étude de toxicologie expérimentale. Les signaux disponibles viennent du terrain. Lors de séries de surdoses collectives survenues aux États-Unis en 2018, à New Haven puis à Washington, les tableaux cliniques associaient altération de la conscience, delirium agité et convulsions, mais d'autres cannabinoïdes de synthèse et parfois du fentanyl étaient présents. Les effets indésirables rapportés pour cette famille regroupent nausées et vomissements, agitation, anxiété, confusion, hallucinations, psychose, tachycardie, hypertension et insuffisance rénale aiguë. Le portail toxicologique de l'ONUDC recensait trente-trois cas impliquant le 5F-MDMB-PICA, dont dix-sept prélèvements post mortem, très majoritairement chez des polyconsommateurs. Deux décès rapportés en Allemagne, attribués à une acidocétose, ne comportaient aucune autre substance exogène détectable. La puissance de la molécule, l'absence d'étiquetage fiable et l'hétérogénéité des produits rendent le surdosage accidentel fréquent, et un usage soutenu s'accompagne d'un syndrome de sevrage difficile.

Détection et analyse

Le dépistage repose sur la recherche des métabolites urinaires par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem ou haute résolution, le produit d'hydrolyse de l'ester méthylique servant de cible principale, la molécule mère n'étant que rarement retrouvée. Les immunodosages cannabis usuels ne la détectent pas. En laboratoire de police scientifique, l'identification des poudres, des végétaux et des papiers imprégnés associe spectrométrie de masse, spectroscopie infrarouge et résonance magnétique nucléaire, la distinction avec les analogues indazoliques voisins imposant un étalon de référence certifié. Des essais fonctionnels sur cellules, fondés sur le recrutement de la β-arrestine 2, servent également au criblage des nouveaux agonistes. La molécule a aussi été recherchée dans les eaux usées à des fins de surveillance épidémiologique.

Références

  1. 1.OMS, Comité d'experts de la pharmacodépendance, 42e réunion : rapport d'examen critique du 5F-MDMB-PICA, Genève, octobre 2019
  2. 2.ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (mise à jour du 16 février 2026), entrée 5F-MDMB-PICA ou 5F-MDMB-2201
  3. 3.ONUDC, entrée en vigueur des décisions de classement de la 63e session de la Commission des stupéfiants (tableau II de la Convention de 1971, 3 novembre 2020)
  4. 4.Mogler L et al., Detection of the recently emerged synthetic cannabinoid 5F-MDMB-PICA in legal high products and human urine samples, Drug Testing and Analysis, 2018DOI 10.1002/dta.2201
  5. 5.Noble C, Cannaert A, Linnet K, Stove CP, Application of an activity-based receptor bioassay to investigate the in vitro activity of selected indole- and indazole-3-carboxamide-based synthetic cannabinoids at CB1 and CB2 receptors, Drug Testing and Analysis, 2019DOI 10.1002/dta.2517
  6. 6.PubChem, fiche du composé 5F-MDMB-PICA (CID 129597835)

Données structurées

InChIKey
CHSUEEBESACQDV-GOSISDBHSA-N
SMILES
CC(C)(C)[C@@H](C(=O)OC)NC(=O)C1=CN(C2=CC=CC=C21)CCCCCF
Formule
C21H29FN2O3
Masse molaire
376.50 g·mol⁻¹
CAS
1971007-88-1
PubChem CID
129597835
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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