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Canna·wiki11-OH-THC

Cannabinoïde semi-synthétique

Stupéfiant : clause générique

11-OH-THC11-Hydroxy-Δ9-tétrahydrocannabinol

(6aR,10aR)-1-hydroxy-6,6-dimethyl-3-pentyl-6a,7,8,10a-tetrahydrobenzo[c]chromene-9-methanol

Alias.11-OH-THC · 11-hydroxy-THC · 11-OH-Δ9-THC · 11-hydroxy-Δ9-tétrahydrocannabinol · 7-OH-THC

Métabolite actif majeur du THC formé par le foie ; il explique la puissance retardée des comestibles.

Niveau de détail

Identifiants

Formule
C₂₁H₃₀O₃
Masse molaire
330.50 g·mol⁻¹
CAS
36557-05-8
PubChem CID
644022
Première description
La molécule apparaît au début des années 1970, quand les travaux sur le métabolisme humain du cannabis cherchent à comprendre pourquoi l'effet du Δ9-THC ingéré diffère de celui du Δ9-THC fumé. Lemberger et collaborateurs en donnent la démonstration décisive en 1973 : administré par voie intraveineuse à neuf consommateurs occasionnels, le 11-OH-Δ9-THC produit en trois à cinq minutes une tachycardie marquée et un effet psychotrope, alors que le pic du Δ9-THC administré dans les mêmes conditions est retardé de dix à vingt minutes. Le métabolite n'est donc pas un produit de dégradation inerte, mais un porteur d'effet à part entière.
Origine
Aucune occurrence naturelle dans le plant de cannabis ni dans ses extraits. La molécule se forme dans l'organisme, comme métabolite de phase I du Δ9-THC, et elle est aussi préparée au laboratoire comme étalon analytique. Sa production endogène est massivement favorisée par la voie orale, où le premier passage hépatique transforme une fraction importante du THC ingéré.
InChIKey
YCBKSSAWEUDACY-IAGOWNOFSA-N

En clair

Le 11-OH-THC est ce que le foie fabrique à partir du THC. C'est lui qui explique pourquoi un comestible agit plus tard mais plus fort qu'un joint : passé par le foie, le THC se transforme en une molécule au moins aussi active que lui, qui atteint le cerveau à son tour.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Agoniste partiel
  • CB2
    Agoniste partiel
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

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  • Apaisement
    45
  • Clarté
    15
  • Sommeil
    60
  • Appétit
    80
  • High
    85

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le 11-hydroxy-Δ9-tétrahydrocannabinol est le principal métabolite actif du Δ9-THC, et la clé pharmacologique de la différence entre cannabis inhalé et cannabis ingéré. Formé par hydroxylation du méthyle en position 11 sous l'action du CYP2C9, il est produit en quantité bien supérieure par voie orale, où le premier passage hépatique et intestinal traite l'ensemble de la dose avant sa distribution. Agoniste partiel du CB1 d'affinité au moins égale à celle du THC, il est plus puissant que lui sur plusieurs mesures animales. Lemberger et collaborateurs (1973) en ont administré 1 mg par voie intraveineuse à neuf consommateurs occasionnels : tachycardie et effet psychotrope sont apparus en trois à cinq minutes, contre dix à vingt minutes pour le Δ9-THC dans les mêmes conditions, et l'intensité ressentie suivait les concentrations plasmatiques du métabolite inchangé. Son propre métabolisme fait ensuite intervenir le CYP3A, le CYP2C9 et la glucuronidation par l'UGT2B7, avant l'oxydation en acide 11-nor-9-carboxy-THC, inactif mais très persistant, qui est la cible des tests de dépistage urinaires.

Voie d'obtention (procédé chimique)

Il n'existe pas de voie végétale pour cette molécule : elle se forme dans le foie et l'intestin. Le Δ9-THC subit une hydroxylation du méthyle allylique porté par le carbone 11, réaction portée principalement par le CYP2C9. Cette étape est la première du métabolisme oxydatif du THC, avant l'oxydation ultérieure en acide 11-nor-9-carboxylique, lui-même inactif.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde semi-synthétique
Origine
Aucune occurrence naturelle dans le plant de cannabis ni dans ses extraits. La molécule se forme dans l'organisme, comme métabolite de phase I du Δ9-THC, et elle est aussi préparée au laboratoire comme étalon analytique. Sa production endogène est massivement favorisée par la voie orale, où le premier passage hépatique transforme une fraction importante du THC ingéré.
Statut
Stupéfiant : clause générique

Dérivé hydroxylé du squelette benzo[c]chromène du Δ9-THC. La modification porte sur le méthyle allylique en position 11, transformé en alcool primaire, le reste du squelette et la stéréochimie 6aR,10aR restant inchangés. Cette hydroxylation augmente légèrement la polarité sans compromettre le passage de la barrière hématoencéphalique, ce qui distingue le 11-OH-THC de son successeur métabolique, l'acide carboxylique correspondant, trop polaire pour être actif dans le cerveau.

Pharmacocinétique

La proportion de 11-OH-THC formée dépend fortement de la voie d'administration : faible après inhalation, elle devient comparable voire supérieure à celle du THC lui-même après ingestion, du fait du premier passage. Après administration intraveineuse de 1 mg chez l'humain, l'effet psychotrope et la tachycardie s'installent en trois à cinq minutes. Environ 75 % de la dose radiomarquée est excrétée, un quart dans les urines et la moitié dans les fèces, avec une disposition globalement comparable à celle du Δ9-THC.

Métabolisme

Le 11-OH-THC est lui-même métabolisé par le CYP3A et le CYP2C9, ainsi que par glucuronidation via l'UGT2B7. Kumar et collaborateurs (2022) ont quantifié la part extrahépatique de ces réactions, importante après consommation orale par l'intestin et après inhalation par le poumon. La voie terminale est l'oxydation de l'alcool en acide 11-nor-9-carboxy-THC, métabolite inactif mais très persistant, qui se conjugue à l'acide glucuronique avant élimination.

Toxicologie et risques

Le 11-OH-THC porte une part substantielle des effets indésirables attribués au cannabis ingéré : intensité inattendue, tachycardie, anxiété aiguë et épisodes de dépersonnalisation. Le décalage temporel propre à la voie orale, avec un effet qui met une à deux heures à s'installer, conduit fréquemment à une seconde prise avant l'apparition de la première, mécanisme classique des surdoses aux comestibles. Aucun seuil de sécurité n'est défini pour le métabolite pris isolément.

Détection et analyse

Le 11-OH-THC est recherché en toxicologie par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, dans le sang comme dans les urines. Sa présence conjointe avec le THC inchangé et l'acide 11-nor-9-carboxy-THC sert à estimer l'ancienneté d'une consommation : un rapport élevé de métabolites au THC oriente vers une prise ancienne ou orale, un THC prédominant vers une inhalation récente. Les immunoessais cannabis usuels ciblent en revanche l'acide carboxylique et non ce métabolite.

Références

  1. 1.Lemberger et coll. 1973 : pharmacologie comparée du Δ9-THC et du 11-OH-Δ9-THC chez l'humainPMID 4729039
  2. 2.Lemberger et coll. 1972 : pharmacologie, disposition et métabolisme du 11-hydroxy-THCPMID 5041775
  3. 3.Kumar et coll. 2022 : métabolisme extrahépatique du THC et du 11-OH-THCPMID 35370140

Données structurées

InChIKey
YCBKSSAWEUDACY-IAGOWNOFSA-N
SMILES
CCCCCC1=CC2=C([C@@H]3C=C(CC[C@H]3C(O2)(C)C)CO)C(=C1)O
Formule
C21H30O3
Masse molaire
330.50 g·mol⁻¹
CAS
36557-05-8
PubChem CID
644022
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.