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CBD et bouffées de chaleur : aucun essai publié à ce jour

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7 min de lectureMis à jour le

Au 23 septembre 2026, aucun essai clinique publié n'a testé le CBD contre les bouffées de chaleur de la ménopause. Seule une étude chez le rat porte sur ce symptôme. Dans deux enquêtes, les femmes qui consomment du cannabis à la ménopause citent surtout le sommeil et l'anxiété ; 5 à 13 % seulement mentionnent les bouffées de chaleur.

Jeunes plants de chanvre dans un champ en fin de journée, sous un ciel gris

À retenir

  • Selon l'Inserm, un tiers à la moitié des femmes ont des bouffées de chaleur à la ménopause.
  • Aucun essai n'a été publié chez la femme. Un essai sur 50 femmes, terminé en 2024, n'a pas publié ses résultats.
  • La société nord-américaine de la ménopause a rangé en 2023 les cannabinoïdes parmi les options « non recommandées » contre ce symptôme.
  • Les traitements existants passent par un avis médical : traitement hormonal et, depuis 2023, un médicament non hormonal, le fézolinétant.
  • En France, un produit au CBD ne peut pas être présenté comme agissant sur la ménopause.

Les bouffées de chaleur : fréquentes et mieux comprises

En France, la ménopause arrive entre 45 et 55 ans, à 51 ans en moyenne. Selon l'Inserm, un tiers à la moitié des femmes ont des bouffées de chaleur. Elles diminuent avec le temps, mais un quart des femmes en ont toujours dix ans plus tard.

On comprend mieux aujourd'hui leur mécanisme. Une revue de 2023 décrit des neurones de l'hypothalamus, dits KNDy, qui envoient leurs signaux au centre de régulation de la température. Avec la baisse des œstrogènes, ces neurones s'activent davantage, et leur messager, la neurokinine B, déclenche les épisodes de chaleur. Cette découverte a mené à un nouveau médicament, présenté plus bas.

CBD et bouffées de chaleur : ce que la recherche a testé

Chez la femme, aucun résultat n'a été publié. Le registre international des essais mentionne un essai tchèque contre placebo, chez 50 femmes, avec des ovules vaginaux de 100 mg de CBD pendant 30 jours. Il s'est terminé en février 2024 sans résultats publiés. Un essai américain sur 104 femmes, achevé en octobre 2025, portait surtout sur l'humeur et l'anxiété, et ses résultats n'ont pas davantage été publiés.

La seule étude consacrée à ce symptôme a été menée chez le rat. Parue en avril 2026, elle a administré 10 mg de CBD par kilo et par jour à des rates privées de leurs ovaires, modèle du manque d'œstrogènes. Chez elles, le CBD a empêché la hausse de température de la queue observée chez les rates non traitées. Ni la dose ni l'effet obtenus chez l'animal ne se transposent à la femme.

En ligne, on lit souvent une autre hypothèse, celle du récepteur TRPV1, qui intervient dans la perception de la chaleur. En 2014, une équipe italienne a montré que le CBD active puis désensibilise ce récepteur dans des cellules en culture. Ce travail portait sur l'épilepsie, sans mesure de la température corporelle, et n'apprend rien sur la ménopause.

Ce que déclarent les femmes qui utilisent du cannabis

Deux enquêtes ont porté sur des femmes en périménopause ou ménopausées. Aux États-Unis, 258 femmes ont répondu en 2022 à une équipe de Harvard. Au Canada, ce sont 1 485 femmes de l'Alberta en 2023, dont 499 consommaient alors du cannabis. Les deux enquêtes parlent de cannabis sous toutes ses formes, avec ou sans THC, et non de CBD seul.

Barres horizontales des motifs d'usage du cannabis déclarés dans deux enquêtes : sommeil environ 65 %, anxiété environ 45 %, bouffées de chaleur 13,0 % et 4,8 %, sueurs nocturnes 12,6 % et 5,0 %
Motifs d'usage du cannabis déclarés à la ménopause. Sources : Dahlgren et al., Menopause, 2022 ; Babyn et al., BMJ Open, 2023

En tête vient le sommeil, cité par 67,4 % et 65 % des utilisatrices, puis l'humeur et l'anxiété. Les bouffées de chaleur arrivent loin derrière : 13,0 % dans l'enquête américaine et 4,8 % dans l'enquête canadienne. Au Canada, 74 % des utilisatrices trouvaient le cannabis utile. Ce ressenti, déclaré sans groupe de comparaison, ne mesure aucun effet, et les auteurs canadiens concluent eux-mêmes que sécurité et efficacité restent à évaluer.

Ce que disent les sociétés savantes et les autorités

La North American Menopause Society a examiné en 2023 les options non hormonales contre les bouffées de chaleur. Faute de preuves suffisantes, elle classe les cannabinoïdes parmi les options « non recommandées », avec le yoga, l'acupuncture et les extraits de soja.

En France, la HAS considère le traitement hormonal de la ménopause comme utile quand les troubles altèrent la qualité de vie. Il se prescrit à la dose la plus faible, pour la durée la plus courte, et se réévalue au moins une fois par an. Le fézolinétant, médicament non hormonal, est autorisé dans l'Union européenne depuis le 7 décembre 2023 ; il bloque l'action de la neurokinine B. Depuis fin 2024, l'Agence européenne du médicament demande un contrôle du foie avant et pendant ce traitement. Ces décisions se prennent avec un médecin.

CBD à la ménopause : les précautions qui s'appliquent

Si vous envisagez de prendre du CBD à cette période, tenez compte de deux limites. D'abord les médicaments : le CBD passe par les mêmes enzymes du foie que beaucoup de traitements, et l'article sur l'effet pamplemousse détaille ces interactions. Ensuite la dose. L'EFSA a publié en février 2026 un niveau provisoire de 2 mg de CBD par jour environ pour un adulte de 70 kg, qui ne s'applique pas aux personnes sous traitement.

Si vous prenez un traitement hormonal, un antidépresseur ou un anticoagulant, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Le calcul de l'EFSA est expliqué dans notre article sur la dose de CBD par jour, et les précautions liées à l'âge dans celui sur le CBD chez les personnes âgées.

Ce que la loi permet de dire

Sur un aliment, le règlement (CE) n° 1924/2006 interdit toute allégation de santé non autorisée. Un produit présenté comme agissant sur une maladie ou ses symptômes devient en outre un médicament par présentation. Quelle que soit sa forme, un produit au CBD ne peut donc pas être présenté par un vendeur comme un moyen de réduire les bouffées de chaleur ou les troubles de la ménopause.

Un site qui le fait devrait vous alerter sur le sérieux du vendeur. Ce qui est démontré, et à quelle dose, figure dans notre bilan des études cliniques sur le CBD.

Questions fréquentes

On l'ignore. Au 23 septembre 2026, aucun essai publié ne l'a testé chez la femme, et la seule donnée disponible vient d'une étude chez le rat parue en avril 2026.

D'après deux enquêtes nord-américaines de 2022 et 2023, surtout pour le sommeil et l'anxiété. Seules 5 à 13 % des utilisatrices citent les bouffées de chaleur. Ces enquêtes concernent le cannabis en général, et non le CBD seul.

Non. Le CBD n'est pas un médicament et n'a aucune indication dans la ménopause. Traitement hormonal et fézolinétant sont prescrits après un bilan médical.

Pas sans l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Le CBD peut interagir avec des médicaments, et le niveau provisoire de l'EFSA ne vaut pas pour les personnes sous traitement.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.