Cannabis en Afrique centrale : 9 pays, zéro marché légal
Aucun des neuf pays d'Afrique centrale n'a ouvert de marché légal du cannabis, ni médical, ni industriel, ni récréatif, et aucun n'exempte le CBD. Conformément aux conventions de l'ONU, le cannabis y reste un stupéfiant. En 2026, on relève deux nuances : une annonce ministérielle en RDC, et le Rwanda, membre de la communauté régionale, qui encadre le cannabis médical depuis 2021.

- 01Quels pays forment l'Afrique centrale ?
- 02Un interdit adossé aux conventions de l'ONU
- 03Cameroun : ce que prévoit la loi de 1997
- 04RDC : une annonce en 2026, pas une réforme
- 05Rwanda : le seul membre de la CEEAC avec un cadre médical
- 06Ce qui a bougé ailleurs en Afrique
- 07Voyager avec du CBD vers l'Afrique centrale
- 08Questions fréquentes
À retenir
- Selon le classement de l'ONU, l'Afrique centrale compte neuf pays, du Tchad à l'Angola, et aucun n'autorise le cannabis ni le CBD.
- Au Cameroun, une loi de 1997 interdit toute culture de cannabis et range l'huile de cannabis parmi les drogues « à haut risque ».
- En RDC, le ministre de l'Agriculture a dit en août 2026 vouloir développer une culture médicale ; aucune loi n'a suivi.
- À la frontière de ces pays, un produit CBD légal en France reste un produit de cannabis. Laissez-le hors de vos bagages.
Quels pays forment l'Afrique centrale ?
Dans la nomenclature M49 des Nations unies, on trouve neuf pays en « Afrique centrale » : l'Angola, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République démocratique du Congo (RDC), la Guinée équatoriale, le Gabon et São Tomé-et-Príncipe. La Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) compte deux membres de plus, le Burundi et le Rwanda, que l'ONU classe en Afrique de l'Est.
Le périmètre retenu change le bilan. Aucun des neuf pays de la liste onusienne n'a adopté de cadre légal pour le cannabis, alors que dans la CEEAC, le Rwanda fait exception pour le seul usage médical. Nous nous appuyons sur les textes publiés que nous avons pu consulter au 23 septembre 2026. Pour un voyage ou un projet précis, seule l'ambassade du pays fait foi.
| Pays | Cadre en septembre 2026 | Ce qui a bougé récemment |
|---|---|---|
| Cameroun | Culture interdite, usage puni (loi de 1997) | Rien |
| RDC | Interdiction générale (loi de 2003), exception sous autorisation pour la médecine et la recherche | Annonce ministérielle d'août 2026 |
| Angola, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, São Tomé-et-Príncipe, Tchad | Cannabis classé stupéfiant | Aucune réforme publiée |
| Rwanda (CEEAC, hors liste ONU) | Cadre médical et de recherche sous licence depuis 2021 | Usage récréatif toujours interdit |
Un interdit adossé aux conventions de l'ONU
La convention unique sur les stupéfiants de 1961 inscrit le cannabis à son tableau I, qui impose le plus haut niveau de contrôle. Le 2 décembre 2020, la Commission des stupéfiants de l'ONU l'a retiré du tableau IV par 27 voix contre 25 ; il y figurait depuis 59 ans, aux côtés de l'héroïne. Ce vote n'a rien légalisé. Le cannabis demeure au tableau I, et les conventions continuent d'en interdire l'usage non médical.
Les lois d'Afrique centrale suivent la même logique. Le chanvre à faible teneur en THC n'y est pas distingué du cannabis psychotrope, et aucun seuil comparable aux 0,30 % français n'est fixé. Sans seuil, un produit CBD ne dispose d'aucune catégorie propre et relève du cannabis.
Cameroun : ce que prévoit la loi de 1997
Pour le Cameroun, et pour lui seul dans la région, nous avons pu lire le texte pénal en entier. Dès son article 8, la loi n° 97/019 du 7 août 1997 relative au contrôle des stupéfiants pose le principe : « La culture du pavot à opium, du cocaïer et de la plante de cannabis est interdite sur le territoire national. » Tout propriétaire de terrain doit détruire les plants qui y poussent.
L'article 102 prévoit les peines applicables à une petite quantité destinée à la consommation personnelle. L'huile de cannabis y est nommée, sans aucune condition de teneur :
| Produit détenu pour soi | Emprisonnement | Amende |
|---|---|---|
| Drogue « à haut risque », y compris l'huile de cannabis | 2 mois à 1 an | 25 000 à 1 250 000 F CFA |
| Autre dérivé de la plante de cannabis | 1 à 6 mois | 25 000 à 500 000 F CFA |
Hors usage personnel, cultiver ou transformer des drogues à haut risque expose à 10 à 20 ans d'emprisonnement (article 91). Le texte ne donne aucun statut distinct à l'huile de CBD, qu'un contrôle peut donc traiter comme une huile de cannabis.
RDC : une annonce en 2026, pas une réforme
La loi congolaise n° 004/2003 du 13 mars 2003 interdit la production, la détention et la vente de cannabis. Le cabinet du ministre de l'Agriculture indique qu'elle prévoit une exception, sous autorisation de l'État, pour les usages médicaux et scientifiques. D'après le quotidien congolais La Prospérité, ce même ministre a annoncé en août 2026, en visite au Nord-Kivu, vouloir promouvoir une culture de cannabis à des fins médicales.
Des députés contestent l'initiative, inquiets pour la sécurité des provinces en conflit. Aucune loi nouvelle n'avait été votée à la date de cet article. Pour un particulier, la situation est inchangée : en RDC, détenir du cannabis ou un dérivé reste une infraction.
Rwanda : le seul membre de la CEEAC avec un cadre médical
Le 28 juin 2021, le Rwanda a publié un arrêté ministériel sur le cannabis et ses produits. La culture, la transformation, l'importation et l'exportation y sont autorisées sous licence, à des fins médicales et de recherche, et l'usage médical passe par la prescription d'un médecin spécialiste. L'usage récréatif reste exclu. L'arrêté ne crée pas non plus de catégorie « chanvre bien-être » comparable au CBD vendu en France.
Ce qui a bougé ailleurs en Afrique
D'autres régions du continent ont avancé. En 2021, le Maroc a légalisé les usages médicaux, cosmétiques et industriels du cannabis, sous licence d'une agence nationale ; notre article sur la loi 13-21 et l'ANRAC détaille ce dispositif. Le 28 mai 2024, l'Afrique du Sud a promulgué une loi sur l'usage privé du cannabis par les adultes. Les voisins de l'Est ont pris d'autres voies, décrites dans notre panorama de l'Afrique de l'Est.
Chacune de ces réformes repose sur une loi ou un règlement qui crée des licences et des contrôles. L'Afrique centrale n'a publié aucun texte de ce type. Pour situer ces choix face à ceux de l'Europe et des Amériques, voir notre comparaison des trois modèles légaux dans le monde.
Voyager avec du CBD vers l'Afrique centrale
La vente de CBD est légale en France parce que l'arrêté du 30 décembre 2021 autorise les variétés de chanvre et les produits qui contiennent au plus 0,30 % de Δ⁹-THC. Dans l'affaire Kanavape, le 19 novembre 2020, la Cour de justice de l'Union a en outre jugé qu'un État membre ne peut pas interdire le CBD légalement produit dans un autre État membre. Ces règles s'arrêtent aux frontières de l'Union européenne et ne protègent pas un voyageur au Cameroun, au Gabon ou en RDC.
N'emportez vers ces pays ni fleur, ni résine, ni huile de CBD, même avec un certificat d'analyse. Leur droit ne connaît pas le seuil de 0,30 %, et la loi camerounaise vise l'huile de cannabis sans parler de teneur. Les contrôles au départ de la France sont détaillés dans notre guide pour voyager en avion avec du CBD ; l'article sur le seuil de 0,3 % de THC explique ce qui rend un produit légal ici.
Questions fréquentes
Non. La loi n° 97/019 interdit de cultiver la plante de cannabis et punit la détention de ses dérivés, huile de cannabis comprise, sans exception liée à la teneur en THC. Un produit CBD n'a donc pas de statut propre au Cameroun.
Aucun des neuf pays de la liste de l'ONU n'a de filière médicale en fonctionnement. En RDC, une annonce ministérielle d'août 2026 vise à créer une culture médicale, mais aucune loi n'a été votée à ce jour. Membre de la CEEAC, le Rwanda encadre le cannabis médical depuis 2021.
Nous vous le déconseillons fermement. Légal en France, le produit ne l'est pas pour autant à l'étranger, et aucun de ces pays ne fixe de seuil de THC pour le chanvre. Avant de partir, renseignez-vous auprès de l'ambassade du pays.
Non. La Commission des stupéfiants a sorti le cannabis du tableau IV de la convention de 1961 ; il figure toujours au tableau I. Les conventions internationales continuent d'en interdire l'usage non médical.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.