Légalisation du cannabis en Afrique centrale : où en est-on ?
En Afrique centrale, le cannabis demeure interdit sous toutes ses formes dans les huit pays de la région, dont le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Gabon et le Tchad. Aucun cadre médical, industriel ou récréatif n'y a encore été adopté, contrairement à d'autres sous-régions du continent africain.

Sommaire
Un panorama uniformément prohibitionniste
Le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et São Tomé-et-Príncipe appliquent tous une législation qui classe le cannabis parmi les stupéfiants, avec des sanctions pénales à la détention comme à la production. Cette homogénéité régionale contraste avec la diversité observée ailleurs sur le continent, où plusieurs pays ont ouvert une voie médicale ou industrielle ces dernières années.
Le poids des conventions internationales
Ces législations s'appuient sur les conventions des Nations unies : la convention unique sur les stupéfiants de 1961 et la convention de 1971 sur les substances psychotropes. La quasi-totalité des États d'Afrique centrale les ont ratifiées sans réserve. Le droit de l'Union renvoie aussi à ces textes pour définir les notions de « drogue » et de « stupéfiant ». Une réforme nationale suppose donc, au minimum, une évolution de la doctrine appliquée à ces textes, ou une renégociation des engagements pris. Aucun projet de loi connu n'est aujourd'hui à l'étude dans la région pour ouvrir un marché médical ou industriel, à la différence du Maroc ou du Zimbabwe.
Ce qui a changé ailleurs sur le continent
Le Maroc a légalisé en 2021 la culture du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles avec la loi 13-21, tout en maintenant l'interdiction de l'usage récréatif. En Afrique australe, l'Afrique du Sud a dépénalisé l'usage privé par les adultes en 2018 à la suite d'une décision de sa Cour constitutionnelle. Le Lesotho a été le premier pays africain à délivrer des licences de culture à visée médicale, dès 2017, et le Zimbabwe a adopté un cadre médical et scientifique. Ces évolutions restent absentes en Afrique centrale, où le cadre pénal n'a pas bougé depuis les indépendances.
Une culture informelle qui persiste malgré l'interdit
Dans plusieurs pays de la région, notamment en République démocratique du Congo, une culture traditionnelle et informelle du cannabis existe de longue date dans certaines zones rurales, en dehors de tout cadre légal. Ces cultures ne changent rien au statut pénal du produit. Elles montrent l'écart, courant dans de nombreux pays, entre la loi écrite et les usages constatés.
Ce que ça change pour un consommateur français
La situation en Afrique centrale n'a aucune incidence directe sur le cadre applicable en France, où le CBD est autorisé à condition que le produit fini contienne au plus 0,30 % de THC. Dans l'arrêt Kanavape, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que le CBD extrait de la plante entière ne peut pas être considéré comme un stupéfiant. Cette situation rappelle en revanche une règle simple pour tout voyageur : transporter un produit CBD, même légal en France, vers un pays où le cannabis est classé stupéfiant expose à des poursuites locales, quelle que soit sa teneur en THC. Notre article sur la réglementation du CBD en France en 2026 détaille le cadre applicable sur le territoire national.
Questions fréquentes
Le CBD est-il légal en Afrique centrale ?
Non. Les huit pays de la région classent le cannabis, y compris ses dérivés, parmi les stupéfiants. Aucune exception n'existe pour le CBD à faible teneur en THC.
Pourquoi cette région n'a-t-elle pas suivi les réformes observées ailleurs en Afrique ?
Les évolutions constatées au Maroc, au Zimbabwe ou en Afrique du Sud résultent de décisions politiques ou judiciaires propres à chaque pays. Aucune dynamique comparable n'a émergé en Afrique centrale à ce jour.
Peut-on emporter un produit CBD acheté en France dans un pays d'Afrique centrale ?
Ce n'est pas recommandé. La légalité en France ne protège pas à l'étranger : mieux vaut se renseigner auprès de l'ambassade du pays de destination avant tout déplacement.
Existe-t-il un projet de réforme en cours dans la région ?
Aucun projet législatif significatif n'est documenté à ce jour dans les pays d'Afrique centrale concernant le cannabis médical ou industriel.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.