Légalisation du cannabis en Afrique de l'Est : panorama 2026
En Afrique de l'Est, les cadres légaux du cannabis divergent nettement d'un pays à l'autre. Le Rwanda et l'Ouganda ont ouvert une filière médicale tournée vers l'exportation, tandis que le Kenya, la Tanzanie et l'Éthiopie maintiennent une interdiction stricte de toute forme d'usage.

Sommaire
Rwanda et Ouganda : une filière export, pas domestique
Le Rwanda a autorisé, par une décision gouvernementale de 2021, la culture du cannabis à des fins médicales destinées exclusivement à l'exportation, sans ouvrir de marché de consommation domestique. L'Ouganda suit une logique similaire depuis plusieurs années : des licences de culture pour l'export médical ont été délivrées à des opérateurs, notamment vers l'Europe et l'Amérique du Nord. L'usage récréatif reste illégal sur le territoire ougandais. Les deux pays suivent la même stratégie : développer une filière agricole exportatrice sans changer le droit applicable aux citoyens.
Kenya, Tanzanie, Éthiopie : la ligne dure
Le Kenya classe toujours le cannabis parmi les stupéfiants au titre du Narcotic Drugs and Psychotropic Substances Act, malgré des propositions parlementaires régulières de réforme qui n'ont pas abouti à ce jour. La Tanzanie applique une répression stricte, particulièrement marquée à Zanzibar. L'Éthiopie maintient également une interdiction totale, sans signal de réforme à l'horizon.
Burundi, Somalie, Djibouti, Soudan du Sud
Les autres pays de la région n'ont adopté aucune réforme notable et appliquent des cadres prohibitionnistes hérités des conventions des Nations unies : la convention unique de 1961 sur les stupéfiants et la convention de 1971 sur les substances psychotropes. Le droit de l'Union renvoie aussi à ces textes pour définir la notion de stupéfiant. L'instabilité institutionnelle de certains de ces pays limite par ailleurs toute perspective de réforme à court terme.
Ce que ça change pour un consommateur français
Aucune de ces évolutions n'a d'effet sur le cadre applicable en France, où le CBD reste autorisé dès lors que le produit fini contient au plus 0,30 % de THC. Ce seuil est aligné sur celui du règlement (UE) 2021/2115, qui réserve l'éligibilité aux aides de la politique agricole commune aux variétés de chanvre titrant moins de 0,3 % de tétrahydrocannabinol. Les filières export du Rwanda ou de l'Ouganda concernent des opérateurs industriels et des marchés réglementés, pas les particuliers. Aucun produit destiné à la consommation individuelle ne peut légalement transiter par ces circuits vers la France sans autorisation.
Questions fréquentes
Peut-on acheter du cannabis légalement en Afrique de l'Est ?
Non pour un particulier. Les filières légales du Rwanda et de l'Ouganda concernent l'exportation médicale encadrée par des licences industrielles, pas la vente aux consommateurs locaux ou étrangers.
Le Kenya va-t-il légaliser le cannabis prochainement ?
Aucune réforme n'a été adoptée à ce jour, malgré plusieurs propositions parlementaires. Le cannabis reste classé stupéfiant au Kenya.
Cette région a-t-elle un lien avec le CBD vendu en France ?
Non. Le cadre français du CBD, avec un seuil de THC de 0,30 % dans le produit fini, est indépendant des législations est-africaines, qui concernent des filières agricoles distinctes.
Le Rwanda autorise-t-il la consommation locale de cannabis ?
Non. La culture médicale autorisée depuis 2021 est réservée à l'exportation. L'usage récréatif reste interdit pour les résidents rwandais.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.