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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

O-1057

Ester hydrosoluble du Δ8-tétrahydrocannabinol, agoniste des récepteurs CB1 et CB2, classé stupéfiant en France par clause générique.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Récepteurs et activité

  1. CB1Agoniste89 sur 100

    pKi 8,36 sur membranes de cellules CHO exprimant CB1 ; pEC50 de 9,16 pour l'inhibition de l'AMP cyclique (Pertwee et coll., 2000)

  2. CB2Agoniste84 sur 100

    pKi 7,95 sur membranes de cellules CHO exprimant CB2 ; pEC50 de 9,72 pour l'inhibition de l'AMP cyclique (Pertwee et coll., 2000)

  3. Récepteurs cannabinoïdes du cerveau de ratAgoniste82 sur 100

    pKi 7,86 sur membranes de cerveau de rat (Pertwee et coll., 2000)

  4. Canal déférent de souris (récepteurs cannabinoïdes)Agoniste92 sur 100

    pEC50 9,73 sur les contractions évoquées électriquement, effet maximal 76,84 % ; antagonisé par le SR 141716A (pKB 8,90, contre 8,97 pour le CP55940) (Pertwee et coll., 2000)

La longueur d'une barre donne la force relative de l'interaction, à titre indicatif.

Signature subjective

Apaisement
12 sur 100
Détente du corps et de l'esprit ; baisse du bruit mental sans somnolence marquée.
Clarté
4 sur 100
Attention soutenue et pensée claire ; lucidité fonctionnelle, pas d'euphorie.
High
6 sur 100
Euphorie et intensité sensorielle ; perception du temps et de l'espace modifiée.
Appétit
8 sur 100
Stimulation de la faim et de l'appréciation gustative (effet « munchies »).
Repos
10 sur 100
Effet sédatif rapporté dans la littérature : endormissement facilité, phases de repos profond plus continues.
Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

O-1057 est un ester aminé du Δ8-tétrahydrocannabinol, conçu pour être plus puissant que le Δ9-tétrahydrocannabinol et pour se dissoudre dans l'eau. Les cannabinoïdes classiques se dissolvent mal dans l'eau et exigent un solubilisant qui peut lui-même avoir une activité pharmacologique ; l'estérification du phénol en position 1 par un acide morpholinobutyrique, employé à l'état de chlorhydrate, donne un composé soluble dans l'eau ou une solution saline. Sur membranes de cellules CHO exprimant les récepteurs CB1 et CB2, son pKi vaut 8,36 pour CB1 et 7,95 pour CB2, soit des affinités de l'ordre du nanomolaire, et il inhibe l'AMP cyclique avec un pEC50 de 9,16 et de 9,72 (Pertwee et coll., 2000). Chez la souris, l'injection intraveineuse réduit l'activité spontanée, abaisse la température rectale et produit une antinociception avec une DE50 de 0,02 mg/kg, effet que le SR 141716A bloque. Chez le rat, l'agoniste est auto-administré dans la coquille du noyau accumbens, et les rats sélectionnés pour leur préférence pour l'alcool s'en administrent à des concentrations plus faibles et à un rythme plus élevé que les rats Wistar (Hauser et coll., 2020). Les auteurs jugent son potentiel clinique comme analgésique digne d'étude, mais aucune donnée humaine n'est publiée : ni pharmacocinétique, ni métabolisme caractérisé, ni essai clinique, ni profil de sécurité.

Histoire

Provenance
Molécule de synthèse, sans espèce végétale recensée dans les données de référence. Elle a été décrite comme un cannabinoïde hydrosoluble nouveau, étudié sur cellules et rongeurs, et les sources consultées ne la rapportent dans aucun produit alimentaire ou cosmétique.
Première description
La première publication pharmacologique retrouvée dans les sources consultées date de 2000 : Pertwee et ses collègues, de l'Université d'Aberdeen, la présentent dans le British Journal of Pharmacology, avec Raj K. Razdan et Billy R. Martin parmi les auteurs. Le problème visé était la solubilité : les cannabinoïdes classiques ayant une très faible solubilité dans l'eau et exigeant un solubilisant, les auteurs voulaient savoir si une molécule hydrosoluble interagit avec les récepteurs cannabinoïdes lorsque seuls l'eau ou une solution saline servent de véhicule. La même stratégie, la conversion du phénol en ester de l'acide morpholinobutyrique, a été étendue à une série de cannabinoïdes hydrosolubles par Martin et ses collègues en 2006, dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie de biosynthèse : la molécule est obtenue par synthèse organique et appartient à la classe des esters aminés de tétrahydrocannabinols hydrosolubles, employés sous forme de chlorhydrate.

Classification structurelle

Δ8-tétrahydrocannabinol porteur, en position 1, d'un ester de l'acide 4-morpholinobutanoïque, et, en position 3, d'une chaîne 5'-cyano-1',1'-diméthylpentyle (pentyle portant deux méthyles géminés en 1' et un nitrile en 5'). Le noyau benzo[c]chromène est partiellement hydrogéné sur le cycle A (double liaison en position 8, méthyle en position 9) et porte un gem-diméthyle en position 6. Le nom de la chaîne latérale varie selon les publications : Lichtman et coll. (2000) écrivent 1',1'-diméthylheptyle, tandis que la désignation de l'étude princeps (Pertwee et coll., 2000) correspond à la structure ci-dessus. Les identifiants de cette fiche décrivent la base libre, alors que la pharmacologie publiée porte sur le chlorhydrate.

Pharmacocinétique

Aucune donnée pharmacocinétique n'est publiée dans les sources consultées : ni biodisponibilité, ni demi-vie, ni concentration cérébrale mesurée. La solubilité dans l'eau, but de sa conception, permet de l'administrer dans l'eau ou une solution saline sans solubilisant (Pertwee et coll., 2000). Les essais chez la souris utilisent les voies intraveineuse, intrathécale, intracérébroventriculaire et par gavage (Pertwee et coll., 2000), ainsi que l'inhalation d'aérosol (Lichtman et coll., 2000) ; l'action centrale se déduit de ces essais comportementaux, non d'un dosage.

Métabolisme

Le devenir métabolique de l'O-1057 n'est documenté dans aucune des sources consultées : ni métabolite identifié, ni enzyme mise en cause, ni étude d'interaction avec les cytochromes. Aucune hydrolyse de son ester en position 1 n'a fait l'objet de mesure publiée.

Toxicologie et risques

Aucune donnée de sécurité chez l'être humain et aucune étude de toxicité réglementaire ne sont publiées dans les sources consultées. Les signaux disponibles viennent de la souris et du rat. Chez la souris, l'injection intraveineuse réduit l'activité spontanée et abaisse la température rectale ; elle produit une antinociception au test du retrait de la queue, avec une DE50 de 0,02 mg/kg, et l'effet est antagonisé par le SR 141716A (3 mg/kg par voie intraveineuse) à la dose de 0,1 mg/kg (Pertwee et coll., 2000). Dans l'ensemble des essais de l'étude princeps, la molécule est plus puissante que le Δ9-tétrahydrocannabinol. Chez le rat, elle est auto-administrée directement dans la coquille du noyau accumbens, à des concentrations de 3,125 à 25 pmol par 100 nl ; les rats sélectionnés pour leur forte préférence pour l'alcool s'en administrent à des concentrations plus faibles et à un rythme plus élevé que les rats Wistar (Hauser et coll., 2020). Ce signal de propriétés renforçantes ne permet pas d'extrapoler une dose humaine, car aucune n'est connue.

Détection et analyse

Aucune méthode de dépistage ciblant l'O-1057 n'est publiée dans les sources consultées, et aucune publication de médecine légale ne lui est consacrée à notre connaissance. Les sources retrouvées ne rapportent aucune présence documentée de la molécule dans des produits saisis ou sur le marché.

Références

Données structurées

SMILES
CC1=CC[C@@H]2[C@@H](C1)c1c(OC(=O)CCCN3CCOCC3)cc(C(C)(C)CCCCC#N)cc1OC2(C)C
InChIKey
YRDNBEPFVBMTNP-CLJLJLNGSA-N

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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