KLS-13019
Analogue synthétique du CBD, antagoniste de GPR55 étudié dans la neuropathie chimio-induite chez le rongeur.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Récepteurs et activité
- GPR55Antagoniste75 sur 100
antagoniste sans activité agoniste dans un essai β-arrestine sur GPR55 humain (Brenneman et coll., 2022)
- Échangeur Na+/Ca2+ mitochondrial (mNCX)Modulateur45 sur 100
neuroprotection abolie par l'inhibiteur CGP-37157 (Brenneman et coll., 2018)
Signature subjective
- Apaisement
- 6 sur 100
- Détente du corps et de l'esprit ; baisse du bruit mental sans somnolence marquée.
- Clarté
- 4 sur 100
- Attention soutenue et pensée claire ; lucidité fonctionnelle, pas d'euphorie.
- High
- 2 sur 100
- Euphorie et intensité sensorielle ; perception du temps et de l'espace modifiée.
- Appétit
- 4 sur 100
- Stimulation de la faim et de l'appréciation gustative (effet « munchies »).
- Repos
- 4 sur 100
- Effet sédatif rapporté dans la littérature : endormissement facilité, phases de repos profond plus continues.
Pharmacologie
Le KLS-13019 est un analogue synthétique du cannabidiol dont la chaîne pentyle est remplacée par un groupe acétyl-azétidine plus polaire. Décrit en 2016 par Kinney, Brenneman et leurs collègues, il s'est montré 50 fois plus puissant que le CBD pour protéger des neurones d'hippocampe de la toxicité de l'ammonium et de l'éthanol ; une comparaison de 2018 retient un facteur de 31. Son mécanisme passe par l'échangeur sodium-calcium mitochondrial et par un antagonisme du récepteur GPR55, sans activité sur les récepteurs opioïdes. Chez la souris, il prévient comme le CBD la sensibilité mécanique induite par le paclitaxel et, à la différence du CBD, inverse une sensibilité déjà installée. Chez le rat, une étude de 2024 rapporte une inversion dose-dépendante de l'allodynie induite par le paclitaxel, par voie intrapéritonéale comme par voie orale. Le composé reste au stade préclinique.
Sources clés.
- Kinney et coll., découverte du KLS-13019, agent neuroprotecteur dérivé du cannabidiol, de puissance, sécurité et perméabilité améliorées, ACS Medicinal Chemistry Letters 2016 (nouvel onglet)PMID 27096053
- Brenneman et coll., comparaisons pharmacologiques entre le cannabidiol et le KLS-13019, Journal of Molecular Neuroscience 2018 (nouvel onglet)PMID 30109468
- Foss et coll., effets comportementaux et pharmacologiques du cannabidiol et de son analogue KLS-13019 dans des modèles murins de douleur et de renforcement, British Journal of Pharmacology 2021 (nouvel onglet)PMID 33822373
- Brenneman et coll., propriétés anti-inflammatoires du KLS-13019, nouvel antagoniste de GPR55, sur cultures de ganglions de la racine dorsale et d'hippocampe, Journal of Molecular Neuroscience 2022 (nouvel onglet)PMID 35779192
- Ippolito et coll., le KLS-13019, analogue structural du cannabidiol et antagoniste de GPR55, prévient et inverse la neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie chez le rat, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics 2024 (nouvel onglet)PMID 39134424
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (nouvel onglet)
- PubChem CID 91824155 : KLS-13019 (identifiants) (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule entièrement synthétique : analogue structural du cannabidiol dont la chaîne pentyle est remplacée par un groupe polaire de type acétyl-azétidine. Elle a été conçue par l'équipe de William Kinney et Douglas Brenneman au sein de la société Kannalife (KLS).
- Première description
- Décrit en 2016 dans ACS Medicinal Chemistry Letters, à l'issue d'un programme visant un candidat pour l'encéphalopathie hépatique. Les auteurs cherchaient des résorcinols à chaîne latérale modifiée, plus hydrophiles que le cannabidiol, afin d'en améliorer la sécurité et la biodisponibilité orale.
Origine (outil de recherche)
Aucune voie de biosynthèse : la molécule ne provient d'aucun organisme vivant. Elle s'obtient par synthèse organique, en greffant sur le résorcinol une chaîne latérale azotée avant le couplage au fragment terpénique du cannabidiol.
Cadre légal
- Union européenne
Aucune mesure de contrôle propre à l'échelle de l'Union européenne. La molécule ne figure à aucun tableau de la convention de 1961 sur les stupéfiants ni de la convention de 1971 sur les psychotropes. Elle ne dispose d'aucune autorisation de mise sur le marché et d'aucune autorisation de nouvel aliment au titre du règlement (UE) 2015/2283 : elle ne circule que comme produit chimique ou étalon destiné à la recherche.
- France
Substance non classée. Le KLS-13019 n'est nommé dans aucune annexe de l'arrêté du 22 février 1990 et n'entre dans aucune clause générique : ce n'est pas un tétrahydrocannabinol et il ne possède pas le noyau benzo[c]chromène visé par la décision ANSM du 22 mai 2024. Cette absence de classement ne vaut pas autorisation : la molécule est un candidat médicament au stade préclinique, sans autorisation de mise sur le marché.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
Analogue synthétique du cannabidiol. Le noyau résorcinol et le cycle terpénique du CBD sont conservés ; la chaîne pentyle est remplacée par un groupe (1-acétylazétidin-3-yl)méthyle, qui accroît l'hydrophilie de la molécule.
Pharmacocinétique
Aucune donnée pharmacocinétique humaine n'existe. L'étude de 2016 rapporte un profil in vitro compatible avec une meilleure biodisponibilité orale que celle du cannabidiol, et le composé est actif par voie orale comme par voie intrapéritonéale chez le rat et la souris.
Métabolisme
Le devenir métabolique du KLS-13019 n'est pas décrit dans les sources consultées.
Toxicologie et risques
Aucune étude de sécurité humaine n'est disponible. Sur cultures d'hippocampe de rat, le KLS-13019 seul s'est montré cinq fois moins toxique que le cannabidiol dans la comparaison de 2018, et l'étude de 2016 le décrit comme plus de 400 fois plus sûr que le CBD dans son test primaire. Ces mesures cellulaires ne constituent pas un profil de sécurité humain.
Détection et analyse
Composé de recherche sans méthode de dépistage de routine ; il se dose par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.
Références
- Kinney et coll., découverte du KLS-13019, agent neuroprotecteur dérivé du cannabidiol, de puissance, sécurité et perméabilité améliorées, ACS Medicinal Chemistry Letters 2016 (nouvel onglet)PMID 27096053
- Brenneman et coll., comparaisons pharmacologiques entre le cannabidiol et le KLS-13019, Journal of Molecular Neuroscience 2018 (nouvel onglet)PMID 30109468
- Foss et coll., effets comportementaux et pharmacologiques du cannabidiol et de son analogue KLS-13019 dans des modèles murins de douleur et de renforcement, British Journal of Pharmacology 2021 (nouvel onglet)PMID 33822373
- Brenneman et coll., propriétés anti-inflammatoires du KLS-13019, nouvel antagoniste de GPR55, sur cultures de ganglions de la racine dorsale et d'hippocampe, Journal of Molecular Neuroscience 2022 (nouvel onglet)PMID 35779192
- Ippolito et coll., le KLS-13019, analogue structural du cannabidiol et antagoniste de GPR55, prévient et inverse la neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie chez le rat, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics 2024 (nouvel onglet)PMID 39134424
- Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (nouvel onglet)
- PubChem CID 91824155 : KLS-13019 (identifiants) (nouvel onglet)
Données structurées
- SMILES
- CC1=C[C@H]([C@@H](CC1)C(=C)C)C2=C(C=C(C=C2O)CC3CN(C3)C(=O)C)O
- InChIKey
- VWVIOABMCXYUAS-RBUKOAKNSA-N
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