Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Non listé4-HTMPIPO
4-hydroxy-3,3,4-trimethyl-1-(1-pentylindol-3-yl)pentan-1-one
Alias.4 HTMPIPO · UR-144 hydraté
Produit d'hydratation de l'UR-144 retrouvé dans des produits vendus en ligne ; pharmacologie non caractérisée.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₁H₃₁NO₂
- Masse molaire
- 329.24 g·mol⁻¹
- CAS
- 1445751-38-1
- PubChem CID
- 72720476
- Première description
- Identifié en 2013 par Kavanagh et collaborateurs, du Trinity College de Dublin, dans des produits vendus sur internet sous l'appellation de substances légales. Le composé n'a pas été conçu comme une drogue nouvelle : il est le produit d'addition d'une molécule d'eau sur le cycle cyclopropane de l'UR-144, et il constituait le plus abondant des six composés apparentés détectés aux côtés de ce dernier.
- Origine
- Composé entièrement synthétique, sans occurrence naturelle. Il apparaît comme produit de transformation de l'UR-144 dans les préparations destinées au marché illicite, plutôt que comme substance délibérément fabriquée pour elle-même.
- InChIKey
- GWHGUYKAGQLPTQ-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le 4-HTMPIPO n'est pas une drogue conçue comme telle : c'est ce que devient l'UR-144, un cannabinoïde de synthèse, quand une molécule d'eau ouvre son petit cycle. Il a été trouvé dans des produits vendus en ligne. Ses effets n'ont jamais été étudiés.
Récepteurs et activité
- CB1Aucune donnée de pharmacologie publiée in vitro ni in vivo pour ce composéAgoniste
- CB2Aucune donnée disponibleAgoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement20
- Clarté12
- Sommeil20
- Appétit15
- High25
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le 4-HTMPIPO illustre un phénomène peu visible du marché des cannabinoïdes de synthèse : ce que contient un produit n'est pas toujours ce que son fabricant y a mis. Kavanagh et collaborateurs ont analysé en 2013 des produits vendus sur internet, sous forme végétale, résineuse et pulvérulente, contenant de l'UR-144. Ils y ont trouvé six composés apparentés, dont le plus abondant est celui-ci : le produit d'addition d'une molécule d'eau sur le cycle cyclopropane de l'UR-144, transformation qui ouvre ce cycle tendu et le convertit en une chaîne portant un alcool tertiaire. Les auteurs montrent que ce composé n'est lui-même pas stable : il se cyclise en un dérivé dihydrofuranique, lequel se reforme selon l'acidité du milieu, et il apparaît aussi comme artefact au cours de l'analyse par chromatographie gazeuse. La pyrolyse, c'est à dire ce qui se passe effectivement quand le produit est fumé, engendre encore d'autres molécules, communes à ce composé et à l'UR-144. Le tableau qui s'en dégage est celui d'un mélange instable : ce que l'usager inhale n'est ni ce qui a été vendu ni ce qui a été analysé. La question pharmacologique reste entière, et c'est la limite honnête de cette fiche : aucune mesure d'activité aux récepteurs cannabinoïdes n'a été publiée pour ce composé. On peut raisonner qu'ouvrir le cyclopropane compact de l'UR-144 en une chaîne flexible et polaire devrait réduire l'affinité, puisque ce motif est justement celui qui s'ancre dans la poche du récepteur, mais rien ne l'a vérifié.
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Origine entièrement chimique, décrite ici par classe uniquement. La molécule dérive de l'UR-144 par ouverture de son cycle cyclopropane sous l'effet d'une addition d'eau, réaction qui transforme le groupement tétraméthylcyclopropyle en une chaîne pentanone portant un alcool tertiaire. Le reste de la structure est inchangé : une cétone en position 3 d'un indole dont l'azote porte une chaîne pentyle. Kavanagh et collaborateurs décrivent en outre sa cyclisation réversible en dérivés dihydrofuraniques, et sa transformation par pyrolyse.
Cadre légal
International
Non inscrit aux conventions de 1961 et 1971
Union européenne
Détecté sur le marché des substances dites légales
France
Non inscrit nommément ; cyclopropane ouvert, hors de la famille de 2017
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Composé entièrement synthétique, sans occurrence naturelle. Il apparaît comme produit de transformation de l'UR-144 dans les préparations destinées au marché illicite, plutôt que comme substance délibérément fabriquée pour elle-même.
- Statut
- Non listé
Cétone d'indol-3-yle à chaîne ouverte, dérivée de l'UR-144 par ouverture du cyclopropane. L'indole porte une chaîne pentyle sur son azote et une fonction cétone en position 3, comme dans la molécule mère ; la différence tient entièrement à ce que porte cette cétone. Là où l'UR-144 présente un tétraméthylcyclopropyle rigide et compact, le présent composé présente une chaîne pentanone triméthylée terminée par un alcool tertiaire. Cette ouverture supprime la tension de cycle qui rendait l'UR-144 chimiquement fragile, et c'est précisément cette fragilité qui explique l'apparition spontanée du dérivé hydraté dans les produits. Le composé se cyclise de façon réversible en dérivé dihydrofuranique selon l'acidité du milieu.
Pharmacocinétique
Aucune donnée de pharmacocinétique n'est publiée, chez l'animal comme chez l'humain, et aucune dose humaine n'est caractérisée. Une observation issue du travail analytique importe pour l'exposition réelle : la pyrolyse du produit végétal transforme le composé, comme elle transforme l'UR-144, en une cétone insaturée commune aux deux. Ce qui atteint les voies respiratoires lors de la consommation n'est donc pas nécessairement la molécule présente dans le produit.
Métabolisme
Aucune étude de métabolisme n'est publiée pour ce composé. L'indole N-alkylé et l'alcool tertiaire sont des motifs habituellement pris en charge par les oxydations des cytochromes P450 et par la glucuronoconjugaison chez les composés apparentés, mais il s'agit d'une attente de classe et non d'un résultat mesuré.
Toxicologie et risques
Aucune donnée de toxicologie propre à ce composé n'existe et aucune dose humaine n'est caractérisée. Le risque à considérer est double. Celui de la classe d'abord : les agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes provoquent en Europe des intoxications graves comportant convulsions, troubles du rythme cardiaque, agitation et états psychotiques. Celui de l'instabilité chimique ensuite, qui est propre à cette molécule : sa présence dans un produit signale une préparation ou une conservation non maîtrisée, la composition réelle évolue avec le temps et l'humidité, et la combustion produit encore d'autres composés. L'usager n'a aucun moyen de savoir ce qu'il consomme.
Détection et analyse
Le dépistage immunochimique du cannabis ne détecte pas ces substances. L'identification repose sur la chromatographie gazeuse ou liquide couplée à la spectrométrie de masse. Une difficulté analytique spécifique doit être connue : le composé se cyclise en dérivé dihydrofuranique qui apparaît comme artefact de la chromatographie gazeuse elle-même, ce qui peut faire prendre un produit d'analyse pour un constituant du produit saisi, et la pyrolyse engendre de son côté un profil différent.
Références
Données structurées
- InChIKey
- GWHGUYKAGQLPTQ-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCn1cc(C(=O)CC(C)(C)C(C)(C)O)c2ccccc21
- Formule
- C21H31NO2
- Masse molaire
- 329.24 g·mol⁻¹
- CAS
- 1445751-38-1
- PubChem CID
- 72720476
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.